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Deportation des homosexuels

De l'opération T4 à la solution finale, la dictature nazie atteint un degré d'horreur jamais atteint dans l'histoire moderne. Juifs, homosexuels, communistes, dissidents, Tziganes, handicapés sont euthanasiés, déportés, soumis à des expériences médicales.
MODÉRATEUR : Gherla, Frontovik 14

Deportation des homosexuels

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 21 Avr 2007, 01:47

Bonjour

Voici le texte qui figure sur la page d'accueil d'un site très intéressant, très documenté et très bien fait.

www.triangles-roses.org

Je vous suggère d'aller faire un tour dans les sections ARCHIVES et PHOTOS du site. Dans la section archives il y a des tas de discours de l'époque et la section Photos présentent des clichés commentés et classés en 3 périodes dès 1933. C'est très intéressant.
Pour les plus courageux, la section liens renvoie vers un tas de sites dans différentes langues (pas seulement des sites sur la déportation des homosexuels). On trouve aussi des documents video et des articles dans la section ad hoc mais hélas, pas de bibliographie !!! Etonnant tant les autres sections sont complètes et bien faites.



histoire d'une déportation évincée
Ces pages sont consacrées à un thème jusqu'à très récemment écarté des livres d'histoire, de la mémoire collective et de l'iconographie officielle de l'univers concentrationnaire : la persécution par les nazis de dizaines de milliers d'individus en raison de leur seule orientation sexuelle.



une gangrène sociale

Dans l'Allemagne nazie, le 8 mars 1933, les premiers camps de concentration ouvrent leurs portes. Berlin, qui était considéré comme la capitale de la liberté homosexuelle, devient le théâtre d'une active répression : les boîtes de nuit, les lieux de rencontre, les cafés et les bars homosexuels sont fermés, et les hommes qui les fréquentaient sont arrêtés, incarcérés ou déportés. Les nazis ont entrepris de purifier l'Allemagne de ce qu'ils considèrent comme une gangrène sociale.

Les homosexuels arrêtés pour infraction au paragraphe 175 du Code pénal allemand qui réprime les relations "contre nature" entre hommes sont soit incarcérés soit transférés vers des camps de concentration. Bon nombre d'entre eux sont placés en détention au terme d'une décision administrative et non judiciaire. Plus tard, une fois le régime installé, certains homosexuels découverts au sein de l'armée, de l'administration ou autres corps d'élite nazis seront exécutés sans autre forme de procès.

L'objectif des nazis n'est pas, comme dans le cas d'autres minorités, d'exterminer les homosexuels. Il s'agit essentiellement de modifier par le chantage, la contrainte et la force si nécessaire le comportement d'asociaux incapables de procréer et susceptibles, parce que fondamentalement corrupteurs, de détourner la jeunesse du Reich de sa mission "historique" : la guerre et la conquête d'un espace vital à l'Est. Pour parvenir à cette fin, la science elle-même est mise à contribution. De nombreuses expériences "médicales", parmi lesquelles des implantations de glandes synthétiques, seront effectuées sur les déportés homosexuels dans le but de les ramener à la normalité. En 1939, le Reichsführer Heinrich Himmler, principal artisan de la chasse aux "invertis", autorise les commandants de camp à faire pratiquer des castrations sur les détenus homosexuels. Beaucoup mourront des suites de ces interventions.



triangles roses

Dans les camps nazis, les déportés homosexuels doivent porter un triangle rose, pointe tournée vers le bas, qui les identifie comme tels. La hiérarchie concentrationnaire les place au plus bas de l'échelle sociale des camps, ce qui ne leur permet guère d'entretenir des relations d'entraide avec les autres déportés et d'améliorer ainsi leurs chances de survie. Victimes expiatoires toutes désignées puisque déjà mises au ban de la société non carcérale, les homosexuels sont, à l'instar des Tziganes, astreints aux travaux les plus durs et les plus dégradants. De fait, statistiquement, le taux de mortalité de ces déportés est parmi les plus élevés des camps.

A la fin de l'année 1944, les premiers camps sont libérés par les Alliés. L'extrême confusion qui règne alors en Europe et l'amalgame fait autour du phénomène concentrationnaire laissent présager des difficultés auxquelles les déportés homosexuels vont être confrontés pour faire admettre leur statut de victimes du nazisme. Pour beaucoup d'entre eux, en effet, le retour à la liberté s'accompagne d'une autocensure justifiée par une législation hostile toujours en vigueur (parfois héritée des régimes totalitaires tout juste défunts, comme en France) et la difficulté sociale, familiale ou professionnelle de divulguer le motif exact de leur déportation.



une question "qui n'existe pas"

Après la guerre, la très grande majorité des déportés homosexuels a disparu dans l'anonymat. L'absence de reconnaissance officielle de cette déportation spécifique, l'absence jusque dans les années soixante-dix d'un militantisme homosexuel constitué, le silence des intellectuels et le peu d'intérêt des chercheurs et des historiens pour une question "qui n'existe pas" ont longtemps occulté une réalité qui s'est peu à peu estompée dans la mémoire collective.
En France, en 1982, Pierre Seel, confronté une nouvelle fois à l'homophobie des institutions, décide de "rompre le silence" et de témoigner de sa douloureuse expérience de déporté homosexuel. Trente ans après les faits, sous le pseudonyme d'Heinz Heger, un Autrichien avait décrit lui aussi "l'envers de la légende des camps" dans un livre qui remettait en question la vision traditionnelle de la déportation.
Quelques mois plus tôt, "Bent", une pièce écrite par Martin Sherman, juif et homosexuel, avait abordé pour la première fois sur la scène d'un théâtre londonien les tortures infligées à ces deux minorités. Jouée à Broadway et à Paris, la pièce montre une réalité jusqu'alors écartée de l'iconographie officielle des camps de déportés.



Alors quel souvenir entretient-on aujourd'hui ?

Les déportés se fondent-ils tous dans un même creuset de souffrance et de persécution ? Sont-ils tous également victimes d'une même barbarie ou, comme le souligne un philosophe, "subsiste-t-il entre les différentes catégories de détenus quelque chose de la structure totalitaire de ce qu'étaient les camps de concentration nazis ?". Pendant des années, les homosexuels qui souhaitaient rendre hommage à leurs aînés morts en déportation ont été tenus à l'écart des manifestations officielles. A plusieurs occasions, leurs gerbes ont même été piétinées par des délégations d'anciens déportés. Aujourd'hui encore, lors des commémorations de la Journée nationale du souvenir, les associations homosexuelles doivent, dans le meilleur des cas, se contenter d'un mince strapontin. Leurs dépôts de gerbe sont le plus souvent dissociés de la cérémonie principale. A Paris, cette cérémonie "subalterne" n'est autorisée qu'après le départ des invités officiels, des représentants des autorités et de la Garde républicaine...



une déportation ignominieuse

De nombreuses associations militent aujourd'hui dans le monde pour que les mêmes raisons homophobes n'emportent pas à tout jamais le témoignage des oubliés de l'Histoire que sont les déportés homosexuels. Parallèlement, des chercheurs, des historiens ont exhumé des archives et des documents, et avancé des chiffres. Selon le United States Holocaust Memorial de Washington, le total des homosexuels arrêtés entre 1933 et 1945 se situe entre quatre-vingt-dix mille et cent mille. Dix à quinze mille d'entre eux ont péri dans l'univers carcéral et concentrationnaire nazi. Ces chiffres, bien évidemment, ne sont que des estimations.

Les déportés homosexuels, quant à eux, ont gardé le silence. Faut-il considérer comme digne de mémoire et de respect la déportation des uns et comme ignominieuse la déportation des autres ?

Le silence qui entoure la déportation des homosexuels, comme celle des Tziganes, des francs-maçons, des malades mentaux, des handicapés, des témoins de Jéhovah, peut laisser croire à une approbation tacite, et cette désagréable impression demeurera tant que persistera cette occultation sélective de la mémoire officielle qui continue d'imposer l'indifférence...

Aujourd'hui, les travaux menés sur la déportation homosexuelle ne doivent pas servir à dresser une comptabilité répertoriant les déportés par catégorie, à hiérarchiser les victimes en fonction de leur nombre ou de leur spécificité. L'oeuvre de mémoire doit être collective, ouverte, indivisible.

A l'aube d'un millénaire qui voit renaître les passions nationalistes, les discours d'exclusion et les appels à l'intolérance, il est indispensable de rappeler ce qui a été, de ne laisser subsister aucune zone d'ombre d'où germeront les futures entreprises maléfiques issues de notre aveuglement...

Franck Dennis, webmaster, mars 1999.

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http://www.hexagonegay.com/TrianglesRos ... rique.html
Historique des actions menées, quelques éléments et chiffres sur les déportations homosexuelles

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http://www.hexagonegay.com/TrianglesRoses/Livres.html
Quelques éléments bibliographiques parmi lesquels :
- LES OUBLIES DE LA MEMOIRE
Jean Le Bitoux, éd. Hachette Littérature (05/2002)
- MOI, PIERRE SEEL, DEPORTE HOMOSEXUEL,
Pierre Seel, éd. Calmann-Levy (1994)
- LA DEPORTATION DES HOMOSEXUELS, ONZE TEMOIGNAGES ALLEMAGNE 1933-1945
Lutz van Dijk, éd. H&O (2000)


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de °(-_O)°  Nouveau message 21 Avr 2007, 10:34

merci pour ce exte, on oublie très souvent les autres couleurs triangulaires ;)

beau texte...


 

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Comme promis j'ai commencé quelques recherches sur le sujet

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 21 Avr 2007, 16:48

Bonjour

Comme promis j'ai commencé quelques recherches sur le sujet de la déportation des homosexuels et ce n'est pas simple pour diverses raisons.

La première est que la plupart des sites où je suis allée pour le moment sont des sites militants gays et, forcément, leur approche de la question est très passionnée et pas toujours rigoureuse ce qui ne remet pas du tout en cause leur bonne foi et leur volonté de relater des faits... disons que c'est plutôt dans la façon de le faire que le bas blesse parfois un peu...

Une autre raison est que les livres et références historiques sérieuses sur le sujet sont finalement assez rares à ce jour pour des tonnes de raisons (dont certaines assez faciles à comprendre quand on essaie de se replacer dans le contexte homophobe de l'après guerre et qui, parfois, perdure encore hélas).

Dans un premier temps je vais donc vous envoyer des liens et des articles de différents sites, les uns nuançant voire contredisant un peu les autres...

Ensuite, j'ai écrit à quelques sites et je ne manquerai pas de vous envoyer des copies de nos échanges si je les pense intéressants.

@ + et bonne lecture

Cécile


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Cpt Miller  Nouveau message 21 Avr 2007, 16:52

oui très beau texte assez triste aussi pour ces 6 000 000 de personnes mortes dans ces quan de concentration et d'extermination :(


 

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Igor  Nouveau message 21 Avr 2007, 17:02

Cpt Miller a écrit:oui très beau texte assez triste aussi pour ces 6 000 000 de personnes mortes dans ces quan de concentration et d'extermination :(


Le sujet porte sur les homosexuels déportés dans les camps nazis, pas sur les Juifs.

Merci d'être un peu plus attentif Cpt Miller, il me semble qu'on t'a déja fait des remarques.
Cordialement

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Argumentaire en 10 questions

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 21 Avr 2007, 17:07

Je commence par ce site et cet article car il me semble à la fois bien fait pour les points concernant les faits liés à la déportation des homosexuels pendant WW2, simple, prudent sur le plan sémantique (on n'y parle pas comme dans d'autres articles que j'ai lus "d'extermination des homosexuels") et symptômatique d'un mélange devoir de mémoire envers le passé/militantisme et luttes du présent.

En outre, c'est un des rares sites à donner des chiffres et à citer ses sources.

Concernant Pierre Seel, vous verrez dans d'autres articles que le cas n'est peut-être pas si simple...

http://www.france.qrd.org/assocs/lgp-id ... ation.html




Déportation des homosexuels
Argumentaire en dix questions


Ce texte n'est pas une synthèse historique. C'est simplement un argumentaire sur l'essentiel, authentifié par des sources historiques, des livres, des déclarations. Il chronique également l'actualité comme celle du Parlement allemand le 7 novembre 2000 demandant pardon pour le sort infligé aux homosexuels entre 1933 et 1969.



1. Quel a été le sort des homosexuels allemands lors de l'élection d'Adolf Hitler à la chancellerie du Reich le 30 janvier 1933 ?

Ils ont été immédiatement raflés avec les antifascistes, torturés et internés. Le premier camp de déportation à ouvrir fut celui de Sachsenhausen à trente kilomètres de Berlin, huit jours avant celui de Dachau, à quinze kilomètres de Munich, le 8 mars 1933. Ces arrestations se sont généralisées sur tout le territoire conquérant du IIIème Reich, et ce jusqu'en 1944.

Cette mémoire fragile qui nous vient de nos aînés témoigne que même à une apogée de la visibilité homosexuelle comme elle existait en Europe dans les années vingt, nous avons pu être victimes des pires traitements.



2. Quels chiffres peut-on raisonnablement avancer concernant ces arrestations, ces incarcérations et ces déportations d'homosexuels ?

On a longtemps avancé des chiffres multiples, faute de témoignages, faute d'archives. Après mai 1968, quelques témoignages anonymes ont fusé, en Allemagne, en Autriche, en France. Dans les années 70, dans le mouvement homosexuel, on parlait de centaines de milliers de déportés. Dans les années 80, on parlait d'un million, un chiffre gênant alors que l'holocauste juif venait à peine d'être reconnu. Ce chiffre hasardeux était alors authentifié par des historiens comme Pierre Miquel par TF1.

Les chiffres se sont récemment précisés, au milieu des années 90, de par une coordination entre des historiens allemands, britanniques et américains, puis par le Schwules Museum de Berlin et le Musée de l'Holocauste de Washington, où une salle est consacrée à la déportation homosexuelle par les nazis : entre 100.000 et 150.000 homosexuels ont été arrêtés par les nazis entre 1933 et 1944. Entre 10.000 et 15.000 se sont retrouvés en camp de concentration. Les deux-tiers sont morts entre les barbelés avant la victoire des Alliés. À côté de ces déportés raflés sans jugement, il y a de plus environ 50.000 condamnations en application du paragraphe 175 du code pénal
(qui date de 1871, et qui a été régulièrement agravé par les nazis). Ce sont des incarcérations avec de terribles sévices. Mais le travail historique n'en est qu'à ses débuts.



3. Que s'est-il passé pour les homosexuels français pendant l'Occupation ?

Les homosexuels alsaciens et mosellans, ces provinces ayant été annexées par le IIIème Reich en 1940, tombèrent sous le joug du code pénal allemand, dont le § 175 condamnait de trois à cinq ans de prison la sexualité entre hommes. La police française de ces provinces offrit à la Gestapo des fichiers d'homosexuels illégalement constitués (car l'homosexualité n'était pas pénalisée en France). C'est ainsi que Pierre Seel, un jeune homosexuel de Mulhouse, s'est retrouvé convoqué par la Gestapo, torturé dix jours durant par les SS puis envoyé au camp d'internement de Schirmeck, à trente kilomètres au nord-ouest de Strasbourg. Les Alsaciens et les Mosellans ont ainsi subi le sort des homosexuels allemands, autrichiens et des autres pays annexés.

À Nice, Comté passé sous juridiction mussolinienne, les homosexuels ont subi une autre juridiction.

Dans ce qui restait de cette France morcelée, sans que la moindre pression allemande ait lieu, le cabinet du Maréchal Pétain a concocté en août 1942 une loi homophobe, condamnant les rapports entre hommes adultes : la première pénalisation depuis 150 ans, depuis l'instauration du code Napoléon, au sortir de l'Ancien Régime où l'homosexualité et le lesbianisme étaient punis du bûcher.



4. Il y a donc bien eu une déportation des homosexuels français par les nazis ?

Bien sûr. En France l'attestent Azéma, Vidal-Naquet, Glucksmann, Foucault comme Sartre, avec des interprétations certes différentes, mais le fait est là. De plus, des déportés pour homosexualité ont témoigné. Dire le contraire serait du révisionnisme ou du négationnisme.

Du révisionnisme en se gaussant de la longue incertitude sur les chiffres, ou en disant "oui, on a bien entendu parler d'un déporté homosexuel, Pierre Seel; mais il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France, sauf lui". Son livre paru en 1994, Pierre Seel a obtenu précipitamment sa carte de déporté, mais pas pour homosexualité. C'est pourquoi, Pierre Seel est toujours mobilisé malgré ses problèmes de santé et ses maigres ressources financières. N'y en aurait-il qu'un que l'horreur d'être raflé, torturé, expulsé ou interné pour sa seule préférence sexuelle est épouvantable et indigne quand on a le statut de citoyen. Et Pierre Seel avait 18 ans quand il fut déporté dans un camp alsacien.

Du négationnisme en exploitant des décennies durant le silence des témoins, des survivants de cette haine nazie des homosexuels, puis en misant sur leur âge avancé. Et en continuant de les terroriser avec des arguments patriotiques ou familiaux ou des preuves relativement introuvables cinquante ans après. En devinant aussi que témoigner de cette déportation de Français pour homosexualité fut impossible dans les années cinquante et soixante de par l'homophobie ambiante.



5. Y a-t-il eu des rafles d'homosexuels dans Paris occupé ?

Non, aucunement. Des rumeurs ont couru pendant des décennies. Mais rien ne le prouve. Il y eut par contre des arrestations concernant quelques homosexuels français qui s'approchaient de trop près de certains dignitaires nazis. Et lors de la Libération, les Alliés ayant dans leur propre code des articles de loi pénalisant l'homosexualité, le § 175 fut maintenu en Allemagne jusqu'en 1969, et complètement abrogé en 1994, comme l'article 331 en France jusqu'en 1982. Cela a maintenu d'autant ce silence sur cette déportation : survivants, témoins, chercheurs et histoire officielle.

Quelques indemnités et reconnaissances furent bien tardives : fonds suisse d'indemnisations à toutes les victimes du nazisme, vote du parlement allemand (le 7 novembre 2000), fondation Spielberg, etc. Et quelques plaques existent dans les principaux camps de concentration, ainsi que quelques monuments (Amsterdam, Berlin, Sydney).



6. Que sait-on du sort des lesbiennes entre 1933 et 1944 ?

Le § 175 ne concernait que la sodomie entre hommes. Sous les successives juridictions hitleriennes, cette condamnation s'est élargie aux embrassades, voire aux fantasmes, mais aux relations entre hommes seulement. Là résidait le scandale premier. Et deux SS surpris enlacés devaient être fusillés sur le champ. Les lesbiennes ne faisaient pas partie de cette violence juridique. Elles furent toutefois persécutées et parfois déportées en tant que filles de mauvaise vie, femmes trop indépendantes. Elles portaient le triangle noir des asociaux. Comme les homosexuels masculins, leur grand tort était de ne pas participer à l'effort du Reich, soit faire des bébés, la jeunesse allemande étant au front.



7. Comment faire avancer ce dossier ?

Une dizaine de villes françaises disposent d'une communauté homosexuelle locale qui dépose une gerbe lors de la Journée nationale du Souvenir de la Déportation, le dernier dimanche d'avril. Des incidents, bousculades et injures ont encore eu lieu (Besançon, Lille, Rouen, Lyon). Certains actes d'ostracisme ont été condamnés par le stribunaux, comme à Reims en 1999. Il nous faut signifier, dans la dignité, que nous ne manifestons que dans le recueillement et le souvenir de nos aînés. D'autres dépôts de gerbe se passent mieux (Bordeaux, Marseille, Strasbourg). En général, les télévisions locales et les quotidiens régionaux relatent cette manifestation.

Cet ancrage régional n'a pas son équivalent à Paris. Le 29 avril 2001, pour la première fois depuis six ans, une délégation déposera une gerbe sur l'Île de la Cité à Paris.

Il faut également exiger une commission historique du Ministère qui pourra officialiser cette persécution dans les livres d'histoire. Cela est urgent car les témoins ont désormais très âgés, particulièrement pour témoigner.

La construction d'un espace de recueillement est également demandée à Strasbourg, où des homosexuels français furent raflés, mais aussi capitale d'une Europe dont les homosexuels furent persécutés, par Hitler, mais aussi par Staline, Franco et Mussolini. Telle est notre exigence de mémoire.



8. Quel rapport avec la Lesbian & Gay Pride ?

Après la reconstruction politique de la Lesbian & Gay Pride dans les années 1990 et l'obtention du pacs, il semblait important que le mouvement homosexuel français se penche sur son passé. La LGP Île-de-France a ainsi décidé par un vote en décembre 2000 que le devoir de mémoire serait l'un des axes de son action en 2001. Elle a consacré l'une des trois tables rondes de la conférence sur la discrimination qu'elle a organisée le 7 avril dernier, ce qui lui a valu d'être reçue la veille par le cabinet du Secrétariat d'État aux Anciens combattants. Une journée de films et de documentaires est prévue en juin, pendant la semaine de la Lesbian & Gay Pride. Une prise de parole et une visibilité spécifique sont également proposées pour le jour de la Marche parisienne. Le Gage s'est proposé d'être le partenaire de tous ces événements. De nombreuses LGP en France ont indiqué leur intention d'une action particulière.



9. La prochaine Journée nationale du Souvenir de la déportation aura lieu le dimanche 29 avril. Que faire ?

Le Secrétariat d'État aux Anciens combattants et victimes de guerre (Jean-Pierre Masseret, ministre ; Laurent Bellini, chef du protocole) a adressé à l'ensemble des préfets une circulaire, détaillant la procédure suivie à Paris, pour éviter tout incident qui nuirait au recueillement nécessaire lors de ces commémorations.

À Paris, le Secrétariat d'État a invité une délégation des associations à faire partie des cérémonies officielles et facilitera notre accès à l'enceinte du mémorial national, pour que nous y déposions une gerbe de fleurs, après la cérémonie officielle.

De façon générale, les associations homosexuelles doivent avertir les autorités (mairie, préfecture) de leur intention de participer aux cérémonies. Comme à Paris, des représentants d'association homosexuelles devraient être invités à participer à la cérémonie officielle ; ils ne porteraient alors aucune insigne. Aucun discours n'est généralement prononcé lors de ces cérémonies. Un rassemblement homosexuel silencieux, sans banderole, portant des triangles roses, pourra être présent à proximité pendant la cérémonie officielle ; à l'issue de celle-ci, le dépôt d'une gerbe du souvenir des déportés homosexuels pourra être fait dans l'enceinte du mémorial ; cette gerbe doit être sobre. Certaines personnalités, présentes lors de la cérémonie officielle, peuvent accompagner ce dépôt de gerbe.

La presse quotidienne régionale et France 3 Région sont généralement présents. Prévenez le Mémorial de la Déportation Homosexuelle qui rassemble au niveau national les informations sur ces cérémonies :



Mémorial de la Déportation Homosexuelle
33 rue Richer - 75009 Paris

Tél: 01 45 23 90 88
http://www.chez.com/triangles



10. À l'issue des élections municipales, que peut-on souhaiter pour ces cérémonies d'avril 2001 ?

À Paris, il faut souhaiter que Bertrand Delanoë honore ses engagements en soutenant la mise en place d'une commission historique. Il faut obtenir sa présence pour déposer la gerbe homosexuelle, après la cérémonie officielle.

À Lille, Martine Aubry a signé la pétition des Flamands Roses demandant une plus grande dignité officielle pour ce dépot de gerbe concernant les déportés pour homosexualité par le nazisme. Après Marie-Christine Blandin et Guy Hascoet qui, en charge de la gerbe homosexuelle, ont subi ces dernières années des résistances protocolaires, Martine Aubry se doit de déposer cette gerbe et d'honorer la minute de silence qui suit.

À Lyon, Gérard Collomb a également tenté de déposer cette gerbe l'an dernier malgré le service d'ordre. Il devrait aussi faire partie de cette cérémonie "latérale".

Références
Un site français : Triangles Roses.
La Pink Triangle Coalition.


 

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Pierre SEEL

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 21 Avr 2007, 17:34

Une bio-hommage à Pierre Seel :



http://pageperso.aol.fr/devoiretmemoire ... eseel.html



Pierre SEEL,
son histoire et son combat :




A notre «Témoin de l’Histoire»

"Je souhaite que d'autres déportés homosexuels comme moi témoignent pour que le crime nazi ne soit plus ignoré ni accepté par l'effet de l'oubli."
Pierre SEEL


Le seul déporté français pour motif d'homosexualité à avoir témoigné publiquement des raisons de sa déportation fût Pierre SEEL.


En 1940, Pierre SEEL avait porté plainte suite au vol de sa montre dans un lieu de drague sur Mulhouse. A l'annexion de l'Alsace par les Allemands, la Gestapo arrêta Pierre SEEL, le 3 mai 1941, sur le motif du paragraphe 175, grâce aux fichiers que la Police française établissait sur les homosexuels avant la guerre.


Durant 2 semaines, il connaîtra interrogatoires, tortures… et viol.
Il sera déporté et interné dans le camp de SCHIRMECK et du STRUTHOF (Alsace) durant six mois. Puis, il sera enrôlé de force dans l'armée allemande et envoyé sur le front russe.

Après la guerre, il gardera le silence comme ses camarades homosexuels victimes de la barbarie nazie.

En 1981, François MITTERAND conduira sa majorité à abroger les dispositions pénales anti-homosexuelles. Il demandera à son ministre de l'intérieur de supprimer le groupe de contrôle des homosexuels à la préfecture de police et les fichiers les concernant.


Pierre SEEL a connu l’éveil de son combat, en 1982 avec une "lettre ouverte" adressée à l'évêque de Strasbourg pour ses attaques homophobes. Il a lutté pour que les autorités françaises le reconnaissent officiellement comme déporté politique «pour fait homosexualité» durant la Seconde Guerre Mondiale.

Il publia alors, en 1994 un livre : «Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel» chez Calmann-Lévy. Témoignant continuellement, il n'a eu de cesse de se battre pour que les cérémonies du souvenir de la déportation accueillent en leur sein les représentants d'associations homosexuelles, qui désiraient porter la mémoire des déportés homosexuelLEs. Après des années de combats, les autorités les avaient, à partir de 2001, progressivement invitées.

Le Premier Ministre, Lionel JOSPIN évoquera en avril 2001 la déportation pour homosexualité lors d'un discours public.

Pierre SEEL expliquait, en avril 2003, que tant qu'il ne serait pas reconnu "déporté pour homosexualité", il se considérerait "comme un sans papier".

En 2005, le Président de la République Jacques Chirac a franchi un pas historique en reconnaissant, lors de son discours en avril 2005, la déportation de français pour motif d'homosexualité.

Pierre SEEL est décédé à l’âge de 82 ans, le 25 novembre 2005 à Toulouse.

Ce petit homme nous a quitté, mais seul, Pierre était grand dans son combat. Il a su communiquer sa force de reconnaissance aux militants de chaque ville lors des commémorations de la journée du souvenir. Grâce à lui, nous n’oublierons pas les oubliéEs. Nous garderons à jamais son énergie qui va au delà de la reconnaissance des déportés. Il a incarné une prise de conscience des gays et des lesbiennes sur notre propre passé et celui de notre avenir. Il restera pour nous, ce qu’il aimait à dire de lui, un «Témoin de l’Histoire».

Grâce à lui, nous n'oublierons plus les oubliéEs.


 

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Vichy et les homosexuels

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 21 Avr 2007, 17:45

un son de cloche plus nuancé que sur beaucoup de sites gays... un autre point de vue sur la question des persécutions et de la déportation des homosexuels pendant WW2.
il est notamment question de Pierre Seel à nouveau (avec photo et référence à son livre).
Je n'ai rien changé ni enlevé au texte mais c'est moi qui souligne certains passages en gras ou en couleur (idem dans les articles précédents).

@ +

Cécile


http://www.communautarisme.net/Vichy-et ... _a369.html



Vichy et les homosexuels

Alors que les militants gay tentent d'obtenir une reconnaissance officielle des triangles roses par les autorités françaises, il est plus qu'utile de procéder à une mise au point sur les faits historiques en rappelant notamment qu'à l'exception des territoires annexés par l'Allemagne (Alsace-Lorraine) il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France.

Les militants gay se livrent à un lobbying forcené pour aboutir à une commémoration officielle par les autorités françaises de la déportation homosexuelle pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Elu UMP d'Ile de France et président du mouvement "Aujourd'hui, Autrement", Jean-Luc Romero, a demandé au gouvernement que les associations homosexuelles soient officiellement autorisées à « commémorer partout en France les victimes homosexuelles de la barbarie nazie » à l'occasion de la Journée nationale de la Déportation, le 24 avril prochain (1). A l'appui de cette revendication, Jean-Luc Romero affirme que « des homosexuels français ont été arrêtés, déportés, torturés ». De leur côté, l'Inter-Centres LGBT, l'association Les «Oublié(e)s» de La Mémoire et le collectif Homoboulot ont été reçus au ministère délégué aux Anciens combattants -où ils ont leurs entrées (2)- pour relayer la même revendication (3).

Si la persécution des homosexuels par les nazis n'est pas contestable, il convient de préciser les faits en ce qui concerne la France occupée. On lit souvent que le régime de Vichy a pénalisé l'homosexualité. Ce n'est pas tout à fait exact. Connue comme la « loi Darlan », la loi n° 744 du 6 août 1942 interdisait les « actes contre-nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de 21 ans ». Il s'agit ainsi davantage d'une définition discriminatoire -puisque, c'est un fait, il n'en allait pas de même pour les relations hétérosexuelles- de la protection des mineurs que d'une prohibition de l'homosexualité à proprement parler. Quant à la déportation homosexuelle orchestrée par le régime nazi -en application du fameux paragraphe 175 du code pénal allemand de 1871 qui interdisait les relations sexuelles entre hommes-, elle n'a concerné en France que les homosexuels d'Alsace et de Moselle qui, après l'armistice de 1940, étaient sous le joug du reich allemand et non sous celui du gouvernement de Pétain. En dépit de tous les crimes dont il s'est rendu complice, le régime de Vichy n'a pas déporté les homosexuels en tant que tels.

La confusion sur ce sujet a récemment été entretenue par la diffusion en prime-time du téléfilm Un amour à taire, une « fiction sur la déportation homosexuelle » qui, paraît-il, « a été occultée ». Il s'agit en réalité d'un téléfilm sur la descente aux enfers d'un jeune français amoureux d'un résistant qui, après avoir été dénoncé par son propre frère, est déporté comme prisonnier politique dans un camp de concentration (4). Là-bas, son parcours croise celui de déportés homosexuels alsaciens avec lesquels il se solidarise comme le montre une scène où il revêt une tenue frappée du triangle rose, image qui sera opportunément retenue sur l'affiche du téléfilm paru en DVD le lendemain de sa diffusion sur France 2.

Dans le même temps, on a réédité le livre Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, récit pathétique des mésaventures d'un jeune alsacien, interné six mois au camp de Schrimeck avant d'être libéré, renvoyé chez ses parents puis enrôlé dans la Wehrmacht comme tant d'autres « malgré-nous » (5). Frappé du triangle bleu des « asociaux » -et non du triangle rose qui désignait les homosexuels- Pierre Seel était peut-être un homosexuel déporté à Schrimeck, mais pas un « déporté homosexuel ». Nuance. Son parcours qui, comme il le raconte lui-même, l'a conduit à combattre les partisans yougoslaves sous l'uniforme nazi, disqualifie Pierre Seel pour recevoir la Légion d'Honneur que réclament pour lui ses soutiens du mouvement gay (6) au nom de ces « oubliés de la mémoire » que seraient les homosexuels (7).

Seuls les ignorants ignoraient la déportation homosexuelle. L'existence des triangles roses est mentionnée dans de nombreux manuels scolaires ou livres sur la déportation. Un ouvrage d'Eugen Kogon soulignant le sort épouvantable réservé aux déportés homosexuels dans les camps, L'Etat SS, le système des camps de concentration allemands, a été publié en France dès 1947 !

C'est donc un faux « tabou de la déportation homosexuelle » que le téléfilm de France 2 et l'ouvrage de Pierre Seel prétendent briser. Derrière ces deux projets, on retrouve le même homme, Jean Le Bitoux, qui a tenu la plume de Pierre Seel et officié comme « conseiller historique » pour la production d'Un amour à taire ( 8 ). Ancien magnat du minitel rose et fondateur de Gai-Pied dans les années 1980, Jean Le Bitoux a fondé le Mémorial de la Déportation Homosexuelle avec Thierry Meyssan, l'auteur du livre qui prétendait qu'aucun avion ne s'était écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001 (9)…

Avec de telles références, on comprend que ce Mémorial n'ait jamais été reconnu par les associations de déportés comme la FNDIRP (Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes) et l'UNADIF (Union nationale des déportés et internés français) qui font valoir à juste titre que la commémoration de la déportation homosexuelle a du sens à Berlin ou à Strasbourg mais qu'elle est hors-sujet à Paris.

Les auteurs d'Un amour à taire ne cachent pas que ce téléfilm est le fruit d'une « volonté militante, partagée par tous les gens qui sont intervenus sur le film, du réalisateur aux acteurs en passant par le diffuseur » (10), ce qui ne l'a pas empêché d'obtenir un financement du CNC et un accord de diffusion de France 2 avant même l'écriture du scénario ! De même, Jean Le Bitoux a truffé le récit de Pierre Seel de considérations anachroniques sur la lutte contre l'homophobie et sur le mouvement gay (11).

La question de la déportation est ainsi devenue un enjeu des revendications communautaires qui prennent en otage le devoir de mémoire. Derrière les discours sur les « triangles roses français », on voit ainsi se développer un phénomène malsain de concurrence des victimes visant à disputer aux juifs l'héritage historique de l'extermination nazie dans le but de s'attribuer une part de la « dette imprescriptible de la France à l'égard des juifs » évoquée récemment par Jean-Pierre Raffarin.

Aussi importe-t-il de se baser sur les faits et de veiller à ce que la simplification de la vérité n'aboutisse pas à la travestir dans un but politique. Comme le rappelait récemment l'historien Pierre Vidal-Naquet, « dire que Vichy a déporté les homosexuels n'est peut-être pas du révisionnisme, mais c'est un mensonge » (12).


------------------------------------------------------------
(1) Communiqué du 24 mars 2005 du parti Aujourd'hui Autrement : lire en ligne
(2) Laurent Bellini, l'ancien président de la « chorale gay » Melo'Men qui chante chaque année sur le site du Mémorial de la Déportation en souvenir des Triangles roses a été directeur du protocole au ministère des Anciens Combattants (le rôle actif qu'il a joué auprès des autorités pour faire reconnaître la déportation homosexuelle est expliqué sur le site : http://www.hexagonegay.com/TrianglesRos ... 04-01.html)
(3) L'ensemble des revendications homosexuelles autour de la commémoration de la déportation figure sur le site des « Oublié(e)s » de La Mémoire (lire en ligne).
(4) Voir à ce sujet sur le site de l'Observatoire du Communautarisme : Manipulations autour de la déportation homosexuelle
(5) Pierre Seel (avec Jean Le Bitoux), Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Calmann-Lévy, 1994, réédition en mars 2005.
(6) A la fin du mois de mars 2005, Jean Le Bitoux a écrit à la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur pour qu'une décoration soit remise à Pierre Seel.
(7) Jean Le Bitoux, Les oubliés de la mémoire, Hachette Littératures, 2002.
( 8 ) Un bonus du DVD d'Un amour à taire est constitué d'une interview de Jean Le Bitoux.
(9) Voir l'entretien de Thierry Meyssan sur le site du Mémorial de la Déportation homosexuelle : lire en ligne
(10) E-llico : « La télé reconnaît les triangles roses » lire en ligne
(11) La réédition précipitée du livre de Pierre Seel dans la foulée de la diffusion du téléfilm Un amour à taire a omis de corriger les estimations fantaisistes de la déportation homosexuelle qu'il contenait :
- « on estime à trois cent cinquante mille le nombre des homosexuels déportés. Parmi eux, bien peu en réchappèrent » (p. 179)
- « il y a eu huit cent mille personnes massacrées pour fait d'homosexualité » (p. 191)
En réalité, les estimations du nombres de déportés au triangle rose varient entre 5.000 et 63.000, le nombre de morts dans les camps étant compris dans une fourchette de 5.000 à 15.000 (chiffres consultables à l'adresse internet suivante : lire en ligne)
(12) Forum du 24 janvier 2005 du quotidien permanent du Nouvel Observateur : lire en ligne


Mercredi 13 Avril 2005


 

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 22 Avr 2007, 20:26

Bonjour

Des extraits d'un long article issu de l'observatoire des communautarismes que je vous engage à découvrir dans son intégralité en cliquant ici :

http://www.communautarisme.net/Manipula ... _a337.html

Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son dit-on... on peut dire que celui-ci diffère de quelques autres précédemment cités dans ce fil.

@ +

Cécile

--------------------------------------------------------------------------------

Manipulations autour de la déportation homosexuelle

"Un amour à taire", un téléfilm diffusé sur France 2 entretient la confusion en transposant dans la France de Vichy la déportation homosexuelle orchestrée en Allemagne par les nazis en se fondant sur des thèses fantaisistes qui sont contredites par les travaux des historiens.

(...) Pour traiter auprès du grand public français du théme méconnu de la déportation homosexuelle, Un amour à taire n'a pas lésiné sur les moyens. (...) Un téléfilm poignant, opportunément programmé pendant les commémorations organisées pour la libération des camps d'extermination. Une histoire bouleversante. Mais une histoire qui n'est pas conforme à l'Histoire.

Si nul ne conteste que le régime nazi a persécuté et déporté les homosexuels en Allemagne, en application des dispositions discriminatoires du fameux paragraphe 175 (2), il n'en fut pas de même en France. En effet, même si le régime de Vichy a rétabli des mesures faisant de l'homosexualité une infraction pénale (3) qui avaient disparu du droit français depuis l'adoption du Code Napoléon, le gouvernement de Pétain n'a pas mis en oeuvre la déportation des homosexuels. Les seuls français qui ont été déportés pour leur homosexualité -on estime leur nombre à environ 200- étaient originaires d'Alsace et de Lorraine, deux régions soumises au joug nazi après avoir été annexées par le IIIème Reich en 1940. Considérés comme allemands, les homosexuels alsaciens ou mosellans se virent appliquer la législation allemande réprimant l'homosexualité.

Les historiens sont catégoriques sur ce point : Vichy n'a pas déporté les homosexuels.

Ainsi, dans leur ouvrage Négation, dénégation : la question des triangles roses (4), Michel Celse et Pierre Zaoui affirment : "la politique anti-homosexuelle nazie ne visa jamais à traquer tous les homosexuels d'Europe. Elle concerna par principe les homosexuels allemands ou considérés comme allemands dans les territoires annexés ou rattachés au Reich – tels entre autres les autrichiens, les alsaciens et certains lorrains. L'homosexualité, pour les mêmes raisons qui justifiait aux yeux des nazis qu'elle fut combattue dans les populations allemandes, n'avait pas à l'être au sein de populations non-allemandes, dont elle ne pouvait que contribuer à précipiter le déclin. Les homosexuels non-allemands ne furent expressément visés par la répression nazie qu'en cas de relations impliquant un ou des partenaires allemands". De même, les chercheurs en histoire de l'institut Adiamos ont abouti à des conclusions similaires dans leurs travaux sur la déportation : "Qu'en est-il de la déportation des homosexuels dans le reste de la France ? Il faut être clair, les travaux historiques ne révèlent rien. S'agit-il d'un oubli, d'une censure des historiens ? Non, car cela correspond au cadre juridique répressif de l'époque. Cela ne veut pas dire que des homosexuels n'ont pas pu être déportés, mais non pour leur homosexualité...".

(...)

le "conseiller historique" recruté par la production sur ce téléfilm était Jean Le Bitoux, un personnage pour le moins controversé. Fondateur à la fin des années 1970 du magazine homosexuel Gai Pied, et président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle, Jean Le Bitoux a été récemment écarté pour incompétence du projet d'archives homosexuelles de la Ville de Paris. Auparavant, il avait notamment fait paraître le livre de souvenirs de Pierre Seel, un homosexuel alsacien rescapé des camps. Bien que Pierre Seel n'ait pas porté le fameux triangle rose (il était marqué du triangle bleu des catholiques au camp de Schirmeck) et qu'il ait par la suite été enrôlé par la Wehrmacht pour combattre sur le front de l'Est, Le Bitoux a donné à son livre d'entretiens le titre ambigu de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (6).

Il est donc surprenant que Jean Le Bitoux ait validé sur le plan historique un téléfilm sur l'histoire de déportés au triangle rose dont l'action se situe à Paris alors qu'il admet lui-même que la déportation homosexuelle en France est un mythe. Dans une interview au magazine gay E-Male, Jean Le Bitoux qualifie les rafles d'homosexuels de "rumeurs qui ne sont pas fondées" et admet que la vie sociale et nocturne homosexuelle "ne posait pas de réel problème à l'occupant allemand" (7).

Faisant fi de ces faits incontournables, le téléfilm de France 2 s'achève sur une scène filmée de nos jours à Paris, au Mémorial de la Déportation situé sur l'Ile de la Cité. On y voit la chorale homosexuelle Melo'Men ( 8 ) chanter pour rendre hommage aux "oubliés de la mémoire" (9) que seraient les triangles roses français. Une façon appuyée pour les auteurs d'Un amour à taire d'accréditer auprès du grand public l'idée d'une persécution des homosexuels équivalente à celle que mena le régime de Vichy à l'encontre des juifs.

Cette idée n'est d'ailleurs pas nouvelle. Elle avait été lancée dès la fin des années 1980 avec la création du Mémorial de la Déportation Homosexuelle. Alors inconnu, le premier président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle est devenu célèbre par la suite puisqu'il s'agit de Thierry Meyssan, l'auteur du livre Une effroyable imposture qui prétendait qu'aucun avion ne s'était abattu sur le Pentagone le 11 septembre 2001. Une référence, assurément...

Porté par des hurluberlus (Jean Le Bitoux et Thierry Meyssan) et décrié par les associations de déportés (10), le Mémorial de la Déportation Homosexuelle a pourtant obtenu une reconnaissance politique de la part de Lionel Jospin et de Bertrand Delanoë. Le maire de Paris est donc mal placé pour dénoncer "les falsificateurs de l'histoire" comme il l'a fait à l'occasion des cérémonies organisées pour le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration.

Un amour à taire est le fruit d'un projet militant (11), comme l'explique Pascal Fontanille, co-scénariste et producteur du téléfilm : "Il y a une certaine volonté militante, partagée par tous les gens qui sont intervenus sur le film, du réalisateur aux acteurs en passant par le diffuseur". (12)

(...)

La manipulation des faits historiques dans le but de donner corps à la thèse fantaisiste d'une déportation homosexuelle en France doit sans doute être replacée dans la perspective de la concurrence des victimes qui agite aujourd'hui les mouvements communautaristes. (...)

Détourné par des militants communautaires qui comptent sur l'ignorance de leurs relais médiatiques pour toucher le grand public, le devoir de mémoire peut servir de prétexte à toutes les dérives s'il ne repose pas sur une connaissance solide des faits historiques. Avec la diffusion d'Un amour à taire, le service public audiovisuel ne contribue pas à cet impératif de connaissance.

LIre aussi sur le site de l'Observatoire du Communautarisme, Vichy et les homosexuels


---------------------------
(1) Christian Faure n'en est pas à son premier téléfilm sur l'homosexualité. Il a aussi réalisé Juste une question d'amour, un téléfilm relatant une histoire d'amour entre deux jeunes hommes et diffusé sur France 2 en 2000 .
(2) Le paragraphe 175 du code pénal allemand de 1871 interdisait les relations sexuelles entre hommes. Cette disposition servit de fondement juridique aux persécutions exercées par les nazis à l'encontre des homosexuels.
(3) En août 1942, le régime de Vichy introduit dans le code pénal une disposition interdisant les relations homosexuelles pour les mineurs.
(4) Michel Celse et Pierre Zaoui, Négation et dénégation : la question des "triangles roses" (http://www.triangles-roses.org/negation_denegation.htm)
(5) Association pour la Documentation, l'Information et les Archives des Mouvements Sociaux, Histoire et Mémoire. Déportation et Déportés
(http://cigales.free.fr/iso_album/histoi ... emoire.pdf).
(6) Pierre Seel et Jean Le Bitoux, Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Calmann-Lévy.
(7) E-Male n° 86, 6 janvier 2005.
( 8 ) La chorale homosexuelle Melo'men a été notamment présidée par Laurent Bellini qui a activement milité pour une reconnaissance politique de la déportation homosexuelle en France lorsqu'il était au cabinet du secrétaire d'Etat aux anciens combattants sous le gouvernement Jospin.
(9) Jean Le Bitoux, Les oubliés de la mémoire, Hachette Littératures.
(10) Notamment la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP) et l'Union nationale des déportés et internés français (UNADIF).
(11) Lorsqu'il répond aux interviews de la presse gay, Christian Faure dit "nous" en parlant des homosexuels...
(12) E-llico : "La télé reconnaît les triangles roses"
(http://www.e-llico.com/content.php?section=tele&id=107)
(13) Les thèses récentes insistant sur l'existence de déportés noirs (métis issus d'unions entre des femmes allemandes et des soldats alliés des régiments coloniaux au lendemain de la première guerre mondiale) dans les camps nazis peuvent aussi être appréhendées dans ce contexte.


Un passage de la version initiale du texte ("Ils seront déportés : Sarah parce que juive, Jean et Philippe parce qu'ils sont homosexuels. Pour elle l'étoile jaune, pour eux le triangle rose") a suscité un correctif de la part de l'ancien président de l'association Melo'Men en format PDF


Lundi 17 Janvier 2005


 

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sur un forum

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 22 Avr 2007, 20:51

Bonsoir

On est là sur un forum gay qui annonce :

Homo, bi, hétéro,
Une autre vision du monde gay et lesbien.
Moins de stéréotypes, plus d'information.


Un des fils du forum est consacré à la déportation. Le message d'introduction est intéressant, certains des commentaires qui le suivent aussi. le son de cloche est radicalement différent du message précédent.

Certains passages du message sont pompés mot à mot sur des articles issus d'autres sites gays (encore un qui ne sait pas qu'on cite ses sources !). J'ai reconnu notamment l'article consacré aux déportations de lesbiennes que j'ai envoyé dans la section "les femmes et la guerre" et que j'ai enlevé ici.

La fin du message est intéressante tant elle montre que cette question de la déportation des homosexuels et de sa reconnaissance est étroitement liée à des revendications militantes très actuelles. Mais une fois de plus ce message ne donne pas de chiffres concernant les déportations homosexuelles ayant eu lieu sur le sol français.

Rappelons aussi qu'a priori Pierre Seel ne portait pas l'étoile rose (cf messages précédents dans ce fil), il n'est donc pas absurde, à première vue que son statut ne soit pas celui d'un déporté pour homosexualité.

Bref, cette histoire est très complexe, très douloureuse et éminemment polémique et politique (voir la déclaration de Monsieur Sarq et le problème des commémorations évoqués en fin de message).

J'aurais beaucoup aimé envoyer un message à "l'auteur" (auteur partiel à moins que ce que j'ai lu ailleurs soit de lui aussi... hum...) de ce texte et tenter d'avoir de sa part un avis plus dépassionné et moins militant en racadrant les choses au maximum mais hélas, il faut s'abonner pour écrire sur le forum... dommage.

@ +

Cécile

http://www.france.qrd.org/assocs/lgp-id ... ation.html

**********************************************************

La déportation homosexuelle, grande oubliée de l'Histoire?

par jedi69 le 1 Août 2005 dans Art et Culture / Divers
19 commentaires

Les homosexuels ont été déportés par les nazis, cependant la marche vers la reconnaissance de cette déportation n'est pas encore terminée.

Les quelques réactions sur la déportation homosexuelle dans un des topics m'a donné envie d'écrire cet article car je participe à la journée du souvenir de la déportation depus quelques années déjà.

Rappel historique

Entre 1933 et 1945 des milliers d'homosexuels ont été déportés dans les pays annexés ou occupés par le régime nazi. C'est certes bien peu de chose en comparaison des millions de juifs déportés et exterminés dans les camps, mais cela a existé et pourtant cette déportation est le plus souvent la grand oubliée de l'histoire.

La population des détenus dans les camps de concentration est fortement hiérarchisée selon les catégories correspondant aux raisons d'internement et selon les fonctions remplies au sein du camp. Les "opposants politiques", les "races inférieures", les "criminels", les "asociaux". Les homosexuels étaient classés parmi les asociaux et étaient donc les moins considérés dans les camps.

Les homosexuels nouvellement arrivés sont immédiatement intégrés à des commandos de travail spéciaux chargés d'exécuter des tâches particulièrement dures et humiliantes. Heger décrit un commando spécial composé d'homosexuels et de quelques juifs. Son but était de construire une butte de terre destinée à retenir les balles derrière les cibles du champ de tir. Rapidement les SS préféraient tirer sur les déportés. Ce commando dura environ quinze jours mais il y eut plus de quinze morts. Proportionnellement au nombre de déportés, ce commando, pour le temps qu'il dura, fut bien plus meurtrier que celui de la carrière d'argile.

Les nazis pratiquent aussi des expériences qui ne concernent que les homosexuels et qui ont pour objectif de guérir l'homosexualité. Injections d'hormones, greffes de glandes, castrations, lobotomies furent entre autres tentées. Certains purent être "libérés pour bonne conduite" (ceux qui acceptaient volontairement la castration par exemple), mais en fait de libération ils étaient envoyés dans les rangs des divisions disciplinaires.

(...)

Il n'existe que très peu de témoignages de déportés pour homosexualité, car à leur retour ils les homosexuels étaient toujours considérés comme des criminels. En France, la loi de 1942 lancée par Pétain pénalisant l'homosexualité devient l'article 331 du code pénal. Plus grave seront les décisions prises sous De Gaulle ; en 1960 l'amendement Mirguet classe l'homosexualité "fléau social" et donne au gouvernement le droit de légiférer par décret pour la combattre. Il faudra attendre 1982 pour que l'article 331 soit abrogé par François Mitterrand.

La réalité de cette occultation

A ce jour un seul déporté pour homosexualité a obtenu une carte de Déporté (et encore c'est une carte de déporté politique qu'il a reçu), il s'agit de Pierre Seel, dont Jean le Bittoux a recueilli le témoignage pour son livre : "Moi, Pierre Seel, Déporté homosexuel".

Les livres d'histoire ne font pratiquement jamais mention de cette forme de déportation.

De plus, lors des cérémonies officielles du souvenir de la déportation (le dernier dimanche d'avril), les déportés homosexuels sont copieusement ignorés. N'étant pas conviées aux cérémonies officielles de nombreuses font une cérémonie en marge de la cérémonie officielle, mais doivent pour cela attendre le départ des officiels. Souvent les gerbes déposés par les association homosexuelles étaient jetées ou piétinées par les anciens combattants. Cela dit la situation évolue.

Cette occultation est inacceptable, comme le disais André Sarq : " Chaque assassinat d'un homosexuel par un nazi s'est doublé d'un assassinat (occultation, négation) de sa mémoire par les familles, les politiques, l'histoire officielle. Il y a bien eu pour chaque homme deux meurtres. Et je suis incapable de distinguer lequel l'emporte dans l'ignoble."

Les premiers résultats historiques et une évolution vers une reconnaissance

Il aura fallu attendre le 26 avril 2001 pour que l'état français reconnaisse officiellement les persécutions subie par les homosexuels à cette époque par la voix de son premier Ministre Lionel Jospin "Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l'Occupation contre certaines minorités - les réfugiés espagnols, les Tziganes ou les homosexuels. Nul ne doit rester à l'écart de cette entreprise de mémoire".

Le 15 novembre suivant, un rapport de la Fondation pour la mémoire de la déportation précisait que 210 personnes au moins ont été victimes de déportation pour homosexualité (dont 206 d'Alsace et de Moselle). Leur nombre réel est sans doute bien supérieur mais le colonel Claude Mercier, signataire du rapport, constate lui-même qu'il n'est pas certain "d'avoir eu accès à toutes les archives du monde combattant comme des Archives de France".

Et en 2002, le Président de la République, Jacques Chirac, déclarait que "le devoir de mémoire n'ignore pas les souffrances que les homosexuels ont endurées".

J'assistes aux cérémonies de Lyon depuis 2002. Cette année là, malgré cette reconnaissance officielle les forces de l'ordre tentent de nous empêcher de passer pour notre cérémonie officieuse, alors que ce n'était pas le cas les années précédentes même si la situation n'étais pas rose non plus. Il aura fallu l'intervention des plusieurs élus (adjoint, maires d'arrondissements) pour que les forces de l'ordre cèdent. Le drapeau français a été décroché en plein milieu de la cérémonie provocant le dégoût et la colère parmi les militants et les quelques élus qui étaient restés. En 2003, pas d'opposition particulière de la police mais toujours une cérémonie à part. En 2004, 2 représentants d'associations sont invités à la cérémonie officielle et 4 dans les salons de l'hôtel de ville pour le buffet. Au cours de son discours, le maire évoque la déportation de homosexuels. Cette année, 5 représentants de nos associations étaient invités à la cérémonie officielle et à la mairie (j'en faisais partie). Aucune mention de cette déportation dans le discours de maire, et l'an des représentants des anciens combattants affirme dans son discours qu'il n'existe que deux types de déportés : les déportés pour des raisons politiques et pour des motifs religieux.

Lyon est l'une des rares villes ou les homosexuels sont intégrés aux cérémonies officielles.

Cette année également les assises de la mémoire gaie, consacrées à la déportation, sont inaugurées au CHRD (Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation) grâce à l'adjointe à l'intégration des citoyens malgré une très forte opposition des associations d'anciens combattants.

Bref les choses évoluent, mais le combat n'est pas terminé.


 

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