Bonjour
Pour rebondir sur une file
de Prosper sur "Les PG Anglo-Américains
juifs et la solution finale." avec les
prisonniers de guerre juifs français La captivité en Allemagne des soldats juifs de FranceParmi les
prisonniers de guerre de France détenus en Allemagne
de 1940 à 1945 se trouvaient environ 13 000 soldats
juifs. Si leur statut
de prisonnier
de guerre les plaçait aux marges
de la Shoah, leur judéité tendait à les singulariser au sein du monde captif, où ils subirent antisémitisme et discriminations. Cette problématique identitaire et ce destin commun tendirent à rassembler ces
Juifs au sein
de chaque camp militaire, et furent l’occasion
de l’éclosion
de formes communautaires éphémères aux traits diasporiques.
Quelques mois après sa libération, le philosophe Emmanuel Levinas témoigna
de son expérience pendant la Seconde
Guerre mondiale : malgré sa présence en Allemagne, il avait survécu, protégé par son statut
de prisonnier
de guerre. Tel fut le destin singulier
de tous les
prisonniers de guerre juifs de l’armée française.
C’est au printemps 1940 que s’initia cet épisode historique pour le moins paradoxal. Suite à la débâcle
de l’armée française, l’armée allemande constitua une masse gigantesque
de prisonniers de guerre. Près
de 1,6 million
de ces soldats fut transféré outre-Rhin, et répartis pour la durée
de la
guerre dans un vaste système
de camps
de détention militaire. Disséminés sur le territoire du Reich, les oflags accueillirent les officiers, et les stalags les sous-officiers et les hommes
de troupe. Les conditions
de vie y étaient difficiles, mais globalement, le statut
de prisonnier
de guerre tel qu’il était défini par la convention
de Genève
de 1929 fut respecté : les captifs
français furent dans l’ensemble traités avec humanité et protégés contre les actes
de violence
Parmi ce flot
de captifs, se trouvaient environ 13 000
Juifs. Pendant que les
Juifs de France et
de toute l’Europe subissaient la destruction, ces milliers
de soldats
juifs trouvèrent
de fait derrière les barbelés une forme
de refuge inattendu en plein cœur du Reich : cette captivité
de guerre constitua un temps et un lieu aux marges
de l’histoire dramatique
de la diaspora juive. Bien qu’exceptionnelle, l’histoire
de ces hommes demeure méconnue et peu renseignée. En effet, cet épiphénomène original se situe dans une forme d’angle mort historiographique : la question n’est qu’à peine défrichée dans l’historiographie
de la captivité
de guerre, et cette petite minorité
de Juifs reste très peu visible dans celle
de la Shoah – à laquelle elle échappa par sa présence dans le circuit militaire
de la captivité.
De surcroît, ces singuliers rescapés eurent tendance à se replier dans une mémoire très discrète après la
guerre. Par ailleurs, la matière pour écrire cette histoire ne se trouve pas aisément : ses sources sont rares, lacunaires, éparpillées et difficiles d’accès. Un patient travail d’enquête permet toutefois d’en rassembler les traces, et
de constituer un corpus
de sources administratives et
de témoignages, qui permet d’esquisser les grands traits
de l’histoire quotidienne
de leur captivité......
Suite ici
https://journals.openedition.org/diasporas/1181cordialement