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Pacte Germano-Soviétique

Le traité de Versailles donne lieu à l'instauration de la République de Weimar puis à la montée du National Socialisme. Quelques années plus tard, l'annexion des Sudètes et de l'Autriche annonce les prémices de la seconde guerre mondiale.
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Re: Pacte Germano-Soviétique

Nouveau message Post Numéro: 161  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 14 Sep 2009, 16:20

là je joue à l'extérieur, je veux dire hors du champ de mes spécialités, n'étant guère soviétologue et encore moins kremlinologue. Je serai donc humble, ce qui ne devrait pas mécontenter certains, si leurs revendications sont sincères et non jouées !

Il me semble plausible que Staline ait espéré ne faire qu'une bouchée de la Finlande, étant donné la disproportion des forces et des populations, ainsi que la passivité des Occidentaux dans l'affaire polonaise et leur investissement, à défaut de leur activité, dans la guerre contre l'Allemagne.

Cela dit, je crois qu'il reste prudent vis-à-vis de ces mêmes Occidentaux (par exemple en ne soviétisant pas d'emblée les Etats baltes, se contentant d'en occuper les points stratégiques), ce qui laisse la porte ouverte à l'idée que le gouvernement Kuusinen pouvait aussi être conçu comme une monnaie d'échange, dans certains cas de figure.

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Re: Pacte Germano-Soviétique

Nouveau message Post Numéro: 162  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 14 Sep 2009, 18:53

tietie007 a écrit:
carlo a écrit:
tietie007 a écrit:
J'ai déjà donné mon point de vue sur la question. Je n'ai pas de déclaration de Staline, ni de Molotov sur le désir de reprendre les territoires perdus ...Mais il suffit de voir que les territoires réannexés appartenaient tous, sauf la Bucovine du Nord, à l'ancien Empire russe ...


L'empire russe était territorialement plus étendu que l'URSS, ça me paraît une fatalité. Mais pourquoi, si Staline chausse les bottes des Tzars, ne pas revendiquer Varsovie, Helsinski ou même Harbin?


tietie007 a écrit:Donc c'est une interprétation personnelle, vous n'êtes pas obligé d'y adhérer. Les intérêts stratégiques de la Russie n'ont pas changé en passant du régime tsariste au régime soviétique, et on y retrouve des permanences malgré la différence des systèmes !


Bien sûr il y a des permanences géographiques, mais si Staline avait eu les obsessions grand-russes que vous lui prêtez il me semble qu'il aurait été moins prudent après-guerre, lâchant prise sur toute une série de dossiers: les détroits, l'Azerbaïdjan iranien, Port-Arthur ou la Grèce... Ce portrait d'une URSS impérialiste a bien sûr des aspects séduisants, mais comme pour la paranoïa sur un autre fil, il me semble insuffisant pour caractériser l'action de Staline en politique étrangère. Il me paraît extrêmement réducteur et de nouveau un peu simpliste, ceci dit sa politique a des aspects impérialistes et des justifications qui sonnent parfois grand-russes, mais généralement a posteriori. La base de l'expansion étant essentiellement opportuniste et à vrai dire, même si je sais que vous n'aimez pas le mot, défensive.


2°) Carrère d'Encausse, dans son Staline, 1979, parle de la réhabilitation de la nation russe, dans les années 30, notamment par le biais des études historiques. Je n'ai pas le livre sous la main, mais il y a eu, dans les années 30, un changement radical dans l'objet des études historiques, se réduisant alors quasi-exclusivement à la génèse de la Révolution bolchevique et se concentrant désormais, sous l'impulsion de Staline, sur la réhabilitation des grands hommes de l'histoire russe. Le cinéma soviétique connaîtra la même évolution, avec des sujets révolutionnaires, dans les années 20, jusqu'à l'Alexandre Nevski de 1938 ou d'Ivan le Terrible, en 1944. En fait, la nation qu'invoque les dirigeants bolcheviques, dans leurs discours post-invasion, en 1941, avait été réhabilitée depuis quelques années et le passé russe n'était plus occulté comme dans les années 20.
Evidemment, l'expansion soviétique, comme je l'ai déjà précisé, à d'autres raisons, mais il ne faut pas négliger cet aspect nationaliste qui revient avec le Petit Père des Peuples.


Source : Staline, L'ordre par la Terreur, d'Hélène Carrère d'Encausse, Champs Flammarion, 1979.

1°) La réhabilitation de la nation (p.77-85).

Les bolcheviques avaient, dès le début, été confrontés aux problèmes nationaux et durant plusieurs années, le régime soviétique s'est réclamée d'une société fondée sur la conscience de classe et non sur la conscience nationale.
Or dès le début des années 30, on distingue un changement idéologique qui va conduire à réhabiliter la nation sous diverses formes.
L'apparition d'une conscience nationale collective peut se situer aux alentours de 1934-35. Des éléments extérieurs expliquent ce changement et l'Allemagne nationale-socialiste a certainement joué un rôle considérable. La vision colonialiste d'Hitler, à propos de l'URSS, va entraîner un réflexe de défense nationale. Cette évolution est favorisée par l'effacement du Komintern qui ne se réunit plus en Congrès à partir de 1935.
Dès 1934, deux termes font alors, dans les journaux, une réapparition éclatante, termes oubliés, abandonnés, à cause de leurs résonances nationales et non sociales : Russie et Patrie !
Ce retour à la Nation est confirmé dans la lutte contre l'opposition avec des accusations de « cosmopolitisme » dondée sur des « origines nationales étrangères à la Russie ».
La Constitution de 1936 est d'ailleurs là pour rappeler que l'Etat transitoire de Lénine devient durable, correspondant à une réalité historique lointaine, l'Etat russe. Au cours de la discussion, les Izvestias soulignent cet arrière-plan historique de l'Etat soviétique, en invitant les citoyens soviétiques à connaître l'histoire de la Russie.
Juste après la révolution bolchevique, l'étude de l'histoire de la russie fut reléguée au profit d'une conception historique nouvelle fondée sur l'étude des classes en lutte. Jusqu'en 1932, cette conception fut celle de toute l'école historique soviétique dominée par le grand historien Pokrovski.
Dès 1932, la perspective développée par l'école de Pokrovski ne semble plus coïncider totalement avec l'idéologie générale. Dans un article de Proletarskaia Revoliutsia, Staline met en route une critique de l'histoire qui conduira rapidement à une condamnation sans appel.
Vers 1936, l'école historique soviétique s'intéresse non seulement à ces mouvements populaires, mais aussi à la formation de l'Etat russe. Des films comme Pierre le Grand ou Alexandre Nevski, d'Eisenstein, à partir de 1937-1938, s'inscrivent dans cette réhabilitation du passé russe.
Les éditions d'Etat publie Tolstoï et le gouvernement célèbre solennellement le 125e anniversaire de la bataille de Borodino, en 1937.


 

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Re: Pacte Germano-Soviétique

Nouveau message Post Numéro: 163  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 23 Sep 2009, 18:59

François Delpla a écrit:là je joue à l'extérieur, je veux dire hors du champ de mes spécialités, n'étant guère soviétologue et encore moins kremlinologue. Je serai donc humble, ce qui ne devrait pas mécontenter certains, si leurs revendications sont sincères et non jouées !

Il me semble plausible que Staline ait espéré ne faire qu'une bouchée de la Finlande, étant donné la disproportion des forces et des populations, ainsi que la passivité des Occidentaux dans l'affaire polonaise et leur investissement, à défaut de leur activité, dans la guerre contre l'Allemagne.

Cela dit, je crois qu'il reste prudent vis-à-vis de ces mêmes Occidentaux (par exemple en ne soviétisant pas d'emblée les Etats baltes, se contentant d'en occuper les points stratégiques), ce qui laisse la porte ouverte à l'idée que le gouvernement Kuusinen pouvait aussi être conçu comme une monnaie d'échange, dans certains cas de figure.


Il soviétise les états baltes juste après la défaite de la France, alors que la confusion règne à l'ouest. D'ailleurs, le sort de la Lituanie n'est pas très clair dans les Protocoles Secrets du pacte germano-soviétique.
L'Article 1 des Protocoles secrets précise :

1. En cas de réorganisation territoriale ou politique des zones appartenant aux États baltes — Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie — la frontière nord de la Lituanie sera la frontière entre les sphères d’intérêt de l’Allemagne et de l’URSS. Dans cette perspective, les parties contractantes reconnaissent les intérêts de la Lituanie dans la région de Vilno.

En résumé, la Lituanie faisait parti de la sphère d'influence allemande.

Or le 10 janvier 1941, lors d'une addiction au Protocole secret, le comte von Schulenburg, au nom du gouvernement du Reich allemand, d’une part, V.M. Molotov, au nom du gouvernement de l’URSS d’autre part, se sont mis d’accord sur ce qui suit :

1. Le gouvernement allemand renonce à ses prétentions sur la partie du territoire de la Lituanie mentionnée dans le protocole additionnel secret du 28 septembre 1939 et indiquée sur la carte jointe à ce protocole.


2. Le gouvernement de l’Union des républiques socialistes soviétiques est prêt à compenser auprès du gouvernement de l’Allemagne le territoire indiqué par l’article 1 du présent protocole en versant à l’Allemagne une somme de 7,5 millions de dollars-or, équivalant à 31,5 millions de marks allemands.


Le règlement de ce montant de 31,5 millions de marks sera assuré par le gouvernement de l’URSS de la manière suivante : un huitième, soit 3 millions 937 500 marks, sera réglé par la livraison de métaux non ferreux pendant les trois mois suivant la signature du présent protocole ; les sept huitièmes restant, soit 27 millions 562 500 marks, seront réglés en or et viendront en déduction des paiements en or dus par l’Allemagne à la date du 11 février 1941 conformément à l’échange de lettres entre M. Schnurre, président de la délégation économique allemande, et A.I. Mikoïan, commissaire du peuple au commerce extérieur de l’URSS, dans la cadre de la signature de l’accord du 10 janvier 1941 « sur les livraisons mutuelles à effectuer pendant la seconde période d’application de l’accord économique du 11 février 1940 entre l’Allemagne et l’URSS ».


Moscou, le 10 janvier 1941


Pour le gouvernement du Reich allemand : Von Schulenburg


Sur instruction du gouvernement de l’URSS : V. Molotov





En fait les allemands et les soviétiques ont régularisé le coupe de force soviétique sur la Lituanie ...








Source : http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=756


 

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