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Nouveau messagePosté: 05 Sep 2007, 17:12
de François Delpla
Je ne compare pas Boulanger à Hitler, mais Bismarck à Daladier, Baldwin ou Macdonald et Roosevelt.

Hitler endort la méfiance en déclarant, à la surprise générale, qu'il respectera tous les traités. Est-on obligé de le croire ?

Il se planque aussi derrière le fait que les nazis sont ultra-minoritaires dans un gouvernement conservateur où ils n'ont QUE la direction et l'Intérieur !

Maintenant, imaginez une conférence urgente des vainqueurs de Versailles pour analyser la situation. L'incendie du Reichstag est-il seulement concevable dans une telle ambiance ? et la dégonflade générale desdits conservateurs après ledit incendie alors qu'on vient de leur dire que les autres puissances les avaient à l'oeil ?

Convoquez Staline à la réunion, et Hitler saute comme un bouchon.

En fait tout cela on l'a fait, mais sur des années et en laissant l'Allemagne se préparer tranquillement.

Nouveau messagePosté: 05 Sep 2007, 17:21
de Igor
François Delpla a écrit:Hitler endort la méfiance en déclarant, à la surprise générale, qu'il respectera tous les traités. Est-on obligé de le croire ?


En 1933 je pense qu'on peut lui accorder le bénéfice du doute. A la fin des années 30 ce n'est évidemment plus le cas. Ça a d'ailleurs été la grande erreur de Pétain et de son régime, à savoir croire en la parole d'un type qui n'en avait pas.

Maintenant, imaginez une conférence urgente des vainqueurs de Versailles pour analyser la situation. L'incendie du Reichstag est-il seulement concevable dans une telle ambiance ? et la dégonflade générale desdits conservateurs après ledit incendie alors qu'on vient de leur dire que les autres puissances les avaient à l'oeil ?

Convoquez Staline à la réunion, et Hitler saute comme un bouchon.

En fait tout cela on l'a fait, mais sur des années et en laissant l'Allemagne se préparer tranquillement.


Quel aurait été l'ordre du jour de cette conférence ?
Et quelle(s) décision(s) aurai(en)t été prise(s) ?
Hitler était arrivé au pouvoir dans un climat troublé certes, mais en respectant globalement les procédures du régime de Weimar. Appelé à la tête du pays par le président Hindenburg, après consultation des forces politiques, dirigeant un gouvernement de coalition.
Je ne vois pas quels auraient été les moyens de pression franco-russo-britanniques, et surtout comment les justifier.

Nouveau messagePosté: 05 Sep 2007, 17:24
de François Delpla
A contrario, pouvez-vous imaginer le renfort qu'a constitué immédiatement, pour Hitler, le fait que l'Allemagne ne soit pas mise au ban des nations ?

Nouveau messagePosté: 05 Sep 2007, 22:41
de Nicolas Bernard
Il était prévisible que les futurs Alliés ne bougeraient pas. Pourquoi l'auraient-ils fait ? La S.D.N., face à l'invasion de la Mandchourie par le Japon en 1931, s'était contentée de nommer une commission d'enquête - dont le rapport, défavorable à ce dernier, le poussera à se retirer de l'organisation mondiale en mars 1933. La S.D.N. s'est évidemment couverte de ridicule, et ce précédent ne manquera pas d'influencer certains dictateurs européens.

Nouveau messagePosté: 05 Sep 2007, 23:49
de Audie Murphy
N'y existait-il pas aussi un sentiment de responsabilité pour les déboires que connaissait l'Allemagne par les vainqueurs de 18 ? Et ne voyait-on pas les discours de Hitler comme légitimes de la part d'un chef d'état dont le pays rame pour se sortir du trou dans lequel on a contribué à l'y plonger ?

oui

Nouveau messagePosté: 06 Sep 2007, 06:16
de juin1944
Ceux-ci declarent en 39 une guerre platonique a Hitler, le laisse depecer la Pologne en faisant secher leur linge sur la ligne Maginot, ne font rien ou pas grand-chose en pensant que "croquemitaine se degonflera", tombent bille en tete dans le panneau en envoyant le fer de lance des armees alliees en Belgique, persuades qu'ils allaient ecraser la "faiblarde" Wehrmacht dont les generaux "preparaient un coup d'etat", et se font avoir comme des bleus a Sedan en mai 40...

Cela pourrait faire l'objet d'un nouveau fil Daniel. Pourquoi la France n'a t'elle donc pas bougé alors que le Reich étripait la Pologne ? Deux réponses s'offrent
1= parce que la France était gouvernée par des faibles incapables de prendre une décision politique cohérente c'est à dire respecter les termes de l'accord Franco Polonais qui aurait voulu que nous intervenions rééllement dès l'entrée en guerre et non en mai 1940, pris à revers.
2= parce que la France était consciente des carences de son armée et en avait mesuré les limites face à la force militaire Allemande

Sujet intéressant non ?
si quelqu'un souhaite développer ce débat, je suggère de le faire dans un nouveau fil


Pour rester dans le sujet, force est de reconnaitre qu'en 1933, rien ne laissait encore supposer le visage de l'Europe des cinq années suivantes. Sauf l'ouverture du camp de Dachau un an plus tard, ce qui n'a pas engendré beaucoup de réactions.

Re: oui

Nouveau messagePosté: 06 Sep 2007, 11:20
de Daniel Laurent
juin1944 a écrit:Cela pourrait faire l'objet d'un nouveau fil Daniel. Pourquoi la France n'a t'elle donc pas bougé alors que le Reich étripait la Pologne ? Sujet intéressant non ?
si quelqu'un souhaite développer ce débat, je suggère de le faire dans un nouveau fil

Oui, tres interessant, mais je laisse a quelqu'un d'autre le soin d'ouvrir ce nouveau fil.

Car, vois-tu, un tyran des temps modernes m'a attire par la ruse dans ses filets et je suis tellement couvert de boulot a mouliner et planifier du papier qu'il me faut reduire un peu ma participation au forum pour ne pas risquer d'echouer dans ma mission, il pourrait m'envoyer en camp.
:mrgreen:

Nouveau messagePosté: 06 Sep 2007, 17:10
de Bruno Roy-Henry
De quand date le rétablissement du service militaire en Allemagne ?

C'était bien le 16 mars 1935, non ? La France avait là un prétexte tout trouvé pour réoccuper la Rhénanie.

Il suffisait de le vouloir. Un traité est un traité. Celui qui le viole s'expose à en subir les conséquences.

A ce moment-là, c'est Laval qui était au pouvoir. Il ne semble pas que Gamelin lui ait proposé cette option. Les élections étant prévues pour mai 1936, Laval aurait pu se donner le beau rôle et porter un coup fatal aux nazis...

Mais Laval avait-il l'énergie nécessaire pour cela ? Il ne faut pas oublier qu'il venait de la gauche et qu'il était acquis à un certain pacifisme... Celui dont on ne se relève pas !

Nouveau messagePosté: 06 Sep 2007, 17:18
de Bruno Roy-Henry
Hum... Au temps pour moi ! En mars 1935, c'est Pierre-Etienne Flandin qui est président du Conseil...

Mais Laval est ministre des Affaires Etrangères. Il avait donc son mot à dire. Flandin est clairement à droite, et je pense, obnubilé par le péril communiste.

Néanmoins, c'est une grosse faute de n'avoir rien fait ! Flandin était anglophile, ceci explique sans-doute cela. Albion ne souhaitait pas d'ennuis avec Hitler, du moins pas à cet instant.

et en France, on suivait les desiderata de la nurse anglaise !

Nouveau messagePosté: 07 Sep 2007, 02:46
de Audie Murphy
Et mes 2 questions tiennent toujours...