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Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Le traité de Versailles donne lieu à l'instauration de la République de Weimar puis à la montée du National Socialisme. Quelques années plus tard, l'annexion des Sudètes et de l'Autriche annonce les prémices de la seconde guerre mondiale.
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 321  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 03 Jan 2009, 14:53

Le livre d'Andrew Nagorski, sur La Bataille de Moscou, Editions de Fallois, 2008, si il parle un peu de tout, sauf de cette bataille proprement dit, a un passage intéressant sur les résidents américains de l'ambasse des USA à Moscou. Un petit résumé :

1°) Les doutes de William Bullitt, 1933-1936.

Bullitt, après une lune de miel qui dura quelques mois avec le régime soviétique, fut assez effrayé par l'ambiance qui régnait durant les purges, et envoya des rapports assez pessimistes à Cordel Hull sur le futur des relations américano-soviétiques. Seul un membre de l'ambassade désapprouvait l'attitude de son supérieur, le colonel Philip Faymonville, principal attaché militaire, prétendait ainsi que les victimes des purges staliniennes étaient incontestablement coupables et qu’il n’y avait eu que des « cas isolés » de violences contre les paysans lors de la brutale campagne de collectivisation des terres. Selon Bohlen « l’incontestable parti pris prorusse » de Faymonville en faisait le « maillon faible » du personnel de l’ambassade. (p.155) On retrouvera ce Faymonville régulièrement ...

2°) Un ambassadeur philosoviétique, Joseph Davies 1936-1938.

Bullitt, qui commençait à être mal accepté par le Kremlin fut remplacé par le très pro-soviétique Joseph Davies.
Ami personnel et partenaire de golf du Président et, grâce à la fortune de sa deuxième femme, Marjorie Merriweather Post, héritière de la compagnie General Foods, ayant apporté une importante contribution financière à sa campagne, Davies n’avait aucune expérience des problèmes russes. C’est ce qui enchanta tout particulièrement le ministre soviétique des Affaires Etrangères, Litvinov, lorsqu’il reçut le rapport de son ambassadeur à Washington :
« Davies, précisait ce rapport, ne comprend rien à nos affaires, mais il est plein du plus sincère désir de travailler en complète coopération avec nous et d’appliquer strictement les instructions de Roosevelt. »

Le nouvel ambassadeur eut les yeux de Chimène pour Uncle Joe :

« Staline, écrivait-il dans son Journal à la date du 11 mars 1937, est un homme très fort et très capable, à l’esprit pratique, plein de sens commun et de sagesse. Molotov est un homme exceptionnel, pourvu de grandes capacités intellectuelles. » (p.157)

La cécité de l'ambassadeur est à son apogée lors des procès de Moscou. Rendant compte à Cordell Hull du procès Boukharine et ses coaccusés, il écrivait qu’à son avis, la culpabilité des prévenus avait été « établie et prouvée, au-delà d’un doute raisonnable pour justifier le verdict et l’application du châtiment prévu par le code criminel soviétique ».
Charles Bohlen, qui était revenu dans la capitale soviétique, fut effaré par les rapports concoctés par Davies et s’efforça de saisir ses mobiles. « Il désirait ardemment assurer le succès d’une ligne prosoviétique et s’appliquait probablement à refléter les vues de certains des conseillers de [i]Roosevelt pour renforcer sa position politique à Washington.[/i] »

Davies avait dans ses petits papiers un reporter du New-York Times, lauréat du prix Pulitzer, Walter Duranty, qui avait nié l’existence de la famine ukrainienne lors de la Collectivisation et faisait régulièrement l’apologie de Staline.
« Je me sentirai toujours, écrivait Davies dans son Journal, une obligation toute particulière envers Walter Duranty, qui disait la vérité telle qu’il la voyait, et à les yeux du génie. »

Image

http://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Duranty

3°) La lucidité de Laurence Steinhardt (1938-1941).

Steinhardt, avocat new-yorkais appartenant à la haute bourgeoisie juive, ancien ambassadeur en Suède, n’en restait pas moins le neveu de Samuel Untermeyer, grand contributeur financier de la campagne du Président, et ouvertement philosoviétique. Roosevelt pensait certainement qu’il s’inscrirait dans la ligne de Davies, plus que dans celle de Bullitt, mais Steinhardt se révéla très vite « prêt à faire face aux tactiques d’obstruction soviétiques quand c’était nécessaire. »
Dès que le nouvel ambassadeur commença à adopter cette attitude, les responsables soviétiques se mirent à l’attaquer en termes virulents. Konstantin Oumansky, l’ambassadeur soviétique à Washington, affirma que Steinhardt était « un riche bourgeois juif répandant l’odeur nauséabonde du sionisme. » (P.160)
Si après le pacte germano-soviétique, Roosevelt se montra tenté par plus de fermeté envers l’URSS, en suivant la politique de réciprocité, au niveau du traitement des diplomates, prônée par son ambassadeur, le président se rallia assez rapidement à une attitude pleine de mansuétude envers l’URSS.

4°) Le philosoviétisme d'Harry Hopkins.


Cette politique s’incarnait dans Harry Hopkins, l’un des plus proches conseillers de Roosevelt, dont les tendances prosoviétiques avaient déjà attiré l’attention de Moscou.
Hopkins était très proche des positions de l’ancien ambassadeur Joseph Davies, qui servait toujours à Roosevelt de conseiller pour les affaires russes et dînait régulièrement avec l’ambassadeur soviétique, Oumansky, à Washington. (P.165)
D’ailleurs, on vit réapparaître l’ancien attaché militaire de Davies, à Moscou, le Colonel Faymonville, qui se retrouva affecté, dès le 13 juillet 1941, à la Division Aid Reports, à Washington, chargé de superviser l’application des accords de prêt-bail vers l’URSS. (p.166)

Fin juillet 1941, Hopkins partit en URSS rencontrer Staline. Le géorgien lui fit grande impression et il fut convaincu de la résistance des soviétiques face aux allemands.
D’ailleurs, le 2 août, le président américain adressa une note très sèche à Wayne Coy, chargé de superviser le programme d’aide à l’URSS en l’absence d’Hopkins, soulignant que, 6 semaines près le déclenchement de Barbarossa, les USA, n’avaient encore « pratiquement rien fait » pour livrer le matériel et les denrées demandées par les soviétiques.
« Franchement, écrivait-il, si j’étais un russe, j’aurais l’impression d’avoir été abusé par les USA. » (p.170)

Roosevelt désigna Averell Harriman pour un nouveau voyage à Moscou, avec qui il adjoint la présence du très soviétophile colonel Faymonville.

La correspondance entre Staline et Roosevelt est d'ailleurs aujourd'hui assez bien connu avec ce livre :

http://larouchepub.com/other/book_reviews/2007/3427fdr_stalin_corres.html

et il illustre le fait que Roosevelt avait beaucoup de sympathie pour Staline et voyait dans le Petit Père des Peuples, un allié incontournable, même pour l'après-guerre.


 

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Re:

Nouveau message Post Numéro: 322  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 07 Fév 2009, 20:04

tietie007 a écrit:
Bruno Roy-Henry a écrit:
tietie007 a écrit:Quant à ce concept de duperie, je ne comprends pas très bien ... Voulez-vous signifier qu'Hitler à tromper tout son monde ? Alors oui, Hitler a trompé tout son monde, mais il a surtout profité d'un contexte international favorable, entre l'épouvantail bolchevique qui effrayait les classes dominantes anglaises et une France très affaiblie ! Lorsque Daladier revient de Munich, en septembre 1939, je n'ai pas l'impression, en écoutant son incise en descendant de son avion au Bourget, devant la foule en délire, qu'il n'ait pas compris qu'Hitler l'avait roulé dans la farine ...Le Taureau du Vaucluse le savait bien, mais la IIIeme République agonisante n'avait pas les forces nécessaires pour s'opposer à l'Aigle nazi !


Septembre 38 ! Munich, c'est en 38... ;)

Vous parlez de la France affaiblie... Mais affaiblie PAR QUI ? qui a concocté les plans Dawes et Young (pour renégocier et étaler la dette allemande) ? Tout en exigeant d'être payé en OR ?

Sinon les USA... Finalement, ils n'ont pas été payé totalement en or, mais en grande partie quand même (dette française auprès des USA).

Sur le plan diplomatique, rappelons la politique désastreuse des APPEASERS anglais qui ont fait pression sur la France pour qu'elle se modère et renonce à une politique belliciste, de la crise de la Rhénanie (mars 36) à la crise de Munich (août/septembre 38 !)


1) Affaiblie par la 1ere guerre mondiale ...et il me semble que les USA ne sont en rien dans le déclenchement de cette guerre ! Affaiblissement démographique, économique, politique.
Au niveau institutionnel, la 3e République sera minée par les scandales, attaquées par la droite nationale et le parti communiste, conférant une durée de vie très limitée à tous les gouvernements !
La France est frileuse diplomatiquement, incapable de faire des choix clairs, et se contentant de faire du suivisme sur la politique anglaise.
Sarraut ne bougera pas lors de la crise rhénane, en mars 36, car son état-major est pusillanime, Daladier ira à Canossa, à Munich, en septembre 38, tout en sachant que Munich n'est qu'un emplâtre sur une jambe de bois.

Dans Notre siècle, de René Rémond, Fayard 1991, au paragraphe, Une nouvelle politique étrangère (pages 78 et 79), en faisant référence au Cartel des Gauches qui prit le pouvoir en 1924, l'historien français précise :

"La gauche radicale ou socialiste, nourrit de tout temps une sympathie de principe pour la Grande-Bretagne, quel que soit le parti au pouvoir. Le premier geste du Président du Conseil, Edouard Herriot, est de rendre visite au premier ministre britannique pour rétablir avec l'Angleterre des relations étroites, distendues depuis l'occupation de la Ruhr. (...)
Ce sera dès lors, un trait constitutif de notre politique étrangère que de ne pas se dissocier de la Grande-Bretagne. Le précédent de la Ruhr, où l'initiative de Poincarré avait isolé la France, le sentiment qu'elle serait de moins en moins à même d'imposer seule sa volonté à une Allemagne révisionniste (*d'ailleurs le Cartel adoptera une position conciliatrice, en août 1924, en acceptant le plan Dawes qui réevaluera à la baisse les réparations de l'Allemagne), imposeront à presque tous les gouvernements l'entente avec Londres, condition catégorique de la sécurité française. Comme la Grande-Bretagne ne déviera pas de la ligne de ses intérêts propres, c'est la France qui fera ordinairement les concessions à ce qu'on a joliment appelé la "gouvernante anglaise".
A quelques exceptions près, dont le plus notable est le revirement amorcé en avril 1934, par Louis Barthou, mais qui ne lui a pas survécu, les gouvernements français s'aligneront sur les positions du Foreign Office avec l'espoir d'infléchir, à la longue, ses vues : cette docilité rend compte aussi bien de la politique de non-intervention en Espagne, en 1936, que des fluctuations dans la crise tchèque, en 1938."


 

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 323  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 07 Fév 2009, 20:30

tietie007 a écrit:Fin juillet 1941, Hopkins partit en URSS rencontrer Staline. Le géorgien lui fit grande impression et il fut convaincu de la résistance des soviétiques face aux allemands.
D’ailleurs, le 2 août, le président américain adressa une note très sèche à Wayne Coy, chargé de superviser le programme d’aide à l’URSS en l’absence d’Hopkins, soulignant que, 6 semaines près le déclenchement de Barbarossa, les USA, n’avaient encore « pratiquement rien fait » pour livrer le matériel et les denrées demandées par les soviétiques.
« Franchement, écrivait-il, si j’étais un russe, j’aurais l’impression d’avoir été abusé par les USA. » (p.170)



quoi donc est à redire ici ?

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 324  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 07 Fév 2009, 21:07

François Delpla a écrit:
tietie007 a écrit:Fin juillet 1941, Hopkins partit en URSS rencontrer Staline. Le géorgien lui fit grande impression et il fut convaincu de la résistance des soviétiques face aux allemands.
D’ailleurs, le 2 août, le président américain adressa une note très sèche à Wayne Coy, chargé de superviser le programme d’aide à l’URSS en l’absence d’Hopkins, soulignant que, 6 semaines près le déclenchement de Barbarossa, les USA, n’avaient encore « pratiquement rien fait » pour livrer le matériel et les denrées demandées par les soviétiques.
« Franchement, écrivait-il, si j’étais un russe, j’aurais l’impression d’avoir été abusé par les USA. » (p.170)



quoi donc est à redire ici ?


Rien, et ça prouve bien que Roosevelt était très soviétophile ...


 

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 325  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 07 Fév 2009, 21:20

Il faut être soviétophile pour constater cela et en tirer les conséquences, dans l'été 41 ?

Il me semblait qu'il suffisait d'être hitlérophobe.

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 326  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 07 Fév 2009, 21:28

François Delpla a écrit:Il faut être soviétophile pour constater cela et en tirer les conséquences, dans l'été 41 ?

Il me semblait qu'il suffisait d'être hitlérophobe.


Roosevelt était les deux. Mais tout indique qu'il avait une haute opinion de l'URSS et qu'il a, presque chaque fois, choisi des "missi dominici" très soviétophile pour aller discuter le bout de gras avec Uncle Joe, surtout Joseph Davies et Harry Hopkins.


 

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 327  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 08 Fév 2009, 07:31

La question intéressante est : a-t-il ciré (par moments) les bottes de Staline par naïveté (thèse ultra-dominante) ou par calcul (il était à la recherche de partenaires puissants pour simplifier et contrôler le monde) ?

en d'autres termes, quand il traite de temps en temps Staline de grand démocrate, cela veut-il dire qu'il le pense pour le passé et le présent, ou qu'il espère que la victoire sur le nazisme, les nécessités de la reconstruction etc. obligeront l'URSS à s'ouvrir et à coopérer ?

il ne faut pas non plus négliger la guerre, contre l'Allemagne et le Japon à la fois, et le fait que Roosevelt quitte la scène avant la fin : tout propos antisoviétique compliquait les opérations et versait du baume sur les plaies nazies, et inversement, ach bonchour le sel !

imaginez-vous une campagne contre le tsarisme dans les journaux français de 1916 ?

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Nouveau message Post Numéro: 328  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 08 Fév 2009, 08:50

François Delpla a écrit:La question intéressante est : a-t-il ciré (par moments) les bottes de Staline par naïveté (thèse ultra-dominante) ou par calcul (il était à la recherche de partenaires puissants pour simplifier et contrôler le monde) ?

en d'autres termes, quand il traite de temps en temps Staline de grand démocrate, cela veut-il dire qu'il le pense pour le passé et le présent, ou qu'il espère que la victoire sur le nazisme, les nécessités de la reconstruction etc. obligeront l'URSS à s'ouvrir et à coopérer ?

il ne faut pas non plus négliger la guerre, contre l'Allemagne et le Japon à la fois, et le fait que Roosevelt quitte la scène avant la fin : tout propos antisoviétique compliquait les opérations et versait du baume sur les plaies nazies, et inversement, ach bonchour le sel !

imaginez-vous une campagne contre le tsarisme dans les journaux français de 1916 ?


Je constatais la soviétophilie d'un Roosevelt pour souligner que la thèse de certains historiens, comme Jacques Pauwels, ne tenait pas la route !
Non, il n'y aurait pas eu de campagne contre le Tsar, dans les journaux français, en 19&6, mais la soviétophilie du président américain date bien d'avant l'entrée en guerre des USA et de l'attaque allemande à l'Est. Même le pacte germano-soviétique, si il a froissé le Président, ne va pas vraiment changer les choses. Pourquoi ? Difficile à dire. Peut-être car l'URSS est un pays assez mal connu, de laquelle peu d'informations filtrent, la plupart bien encadrées par la propagande du NKVD. En France aussi, l'URSS bénéficie d'une très bonne presse, dans les milieux de gauche, à partir des radicaux, voir le bouquin d'Herriot, dithyrambique sur La Nouvelle Russie.


 

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Re: Re:

Nouveau message Post Numéro: 329  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 08 Fév 2009, 11:39

tietie007 a écrit:"La gauche radicale ou socialiste, nourrit de tout temps une sympathie de principe pour la Grande-Bretagne, quel que soit le parti au pouvoir. Le premier geste du Président du Conseil, Edouard Herriot, est de rendre visite au premier ministre britannique pour rétablir avec l'Angleterre des relations étroites, distendues depuis l'occupation de la Ruhr. (...)
Ce sera dès lors, un trait constitutif de notre politique étrangère que de ne pas se dissocier de la Grande-Bretagne. Le précédent de la Ruhr, où l'initiative de Poincarré avait isolé la France, le sentiment qu'elle serait de moins en moins à même d'imposer seule sa volonté à une Allemagne révisionniste (*d'ailleurs le Cartel adoptera une position conciliatrice, en août 1924, en acceptant le plan Dawes qui réevaluera à la baisse les réparations de l'Allemagne), imposeront à presque tous les gouvernements l'entente avec Londres, condition catégorique de la sécurité française. Comme la Grande-Bretagne ne déviera pas de la ligne de ses intérêts propres, c'est la France qui fera ordinairement les concessions à ce qu'on a joliment appelé la "gouvernante anglaise".
A quelques exceptions près, dont le plus notable est le revirement amorcé en avril 1934, par Louis Barthou, mais qui ne lui a pas survécu, les gouvernements français s'aligneront sur les positions du Foreign Office avec l'espoir d'infléchir, à la longue, ses vues : cette docilité rend compte aussi bien de la politique de non-intervention en Espagne, en 1936, que des fluctuations dans la crise tchèque, en 1938."[/align]


En effet, c'est indéniable. Or l'Angleterre a choisi de s'entendre avec Hitler, depuis le 18 juin 1935 et ne variera pas de politique jusqu'en mars 1939 ! Mais si la France a été contrainte de s'aligner derrière l'Angleterre, c'est bien parce qu'elle sait qu'elle n'a aucun secours à attendre des USA qui lui sont hostiles : d'abord, avec l'administration républicaine jusqu'en 1932, ensuite, avec les démocrates...

Les investissements américains jusqu'en 29 se font en Allemagne, pas en France. La France doit payer sa dette, et il y aura -à ce sujet- une partie de bras de fer avec les USA... Les investissements américains reprendront après 1933, toujours en Allemagne, pas avec la France. Curieux, non ?


 

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Re: Re:

Nouveau message Post Numéro: 330  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 09 Fév 2009, 06:25

Bruno Roy-Henry a écrit:
tietie007 a écrit:"La gauche radicale ou socialiste, nourrit de tout temps une sympathie de principe pour la Grande-Bretagne, quel que soit le parti au pouvoir. Le premier geste du Président du Conseil, Edouard Herriot, est de rendre visite au premier ministre britannique pour rétablir avec l'Angleterre des relations étroites, distendues depuis l'occupation de la Ruhr. (...)
Ce sera dès lors, un trait constitutif de notre politique étrangère que de ne pas se dissocier de la Grande-Bretagne. Le précédent de la Ruhr, où l'initiative de Poincarré avait isolé la France, le sentiment qu'elle serait de moins en moins à même d'imposer seule sa volonté à une Allemagne révisionniste (*d'ailleurs le Cartel adoptera une position conciliatrice, en août 1924, en acceptant le plan Dawes qui réevaluera à la baisse les réparations de l'Allemagne), imposeront à presque tous les gouvernements l'entente avec Londres, condition catégorique de la sécurité française. Comme la Grande-Bretagne ne déviera pas de la ligne de ses intérêts propres, c'est la France qui fera ordinairement les concessions à ce qu'on a joliment appelé la "gouvernante anglaise".
A quelques exceptions près, dont le plus notable est le revirement amorcé en avril 1934, par Louis Barthou, mais qui ne lui a pas survécu, les gouvernements français s'aligneront sur les positions du Foreign Office avec l'espoir d'infléchir, à la longue, ses vues : cette docilité rend compte aussi bien de la politique de non-intervention en Espagne, en 1936, que des fluctuations dans la crise tchèque, en 1938."[/align]


En effet, c'est indéniable. Or l'Angleterre a choisi de s'entendre avec Hitler, depuis le 18 juin 1935 et ne variera pas de politique jusqu'en mars 1939 ! Mais si la France a été contrainte de s'aligner derrière l'Angleterre, c'est bien parce qu'elle sait qu'elle n'a aucun secours à attendre des USA qui lui sont hostiles : d'abord, avec l'administration républicaine jusqu'en 1932, ensuite, avec les démocrates...

Les investissements américains jusqu'en 29 se font en Allemagne, pas en France. La France doit payer sa dette, et il y aura -à ce sujet- une partie de bras de fer avec les USA... Les investissements américains reprendront après 1933, toujours en Allemagne, pas avec la France. Curieux, non ?


1°) L'administration républicaine, par le biais d'Hoover, a essayé de mener une politique de désarmement, qui n'était pas acceptée par les européens et les japonais. Voir les 4 Conférences initiées par les américains, dans les années 20 et 30.

2°) Que font les USA dans le duo franco-anglais ? Pourquoi les USA seraient-ils hostiles à la France ? La 3eme loi de neutralité, votée, en 1937, et consacrant le "cash and carry", prouve le contraire, puisque ce sont les alliés, et donc la France, qui ont la maîtrise des océans ...

3°) Les dettes de guerre n'ont pas été réglées ...d'où, l'isolationnisme américain et la loi "cash and carry" ... Non, après la crise de 29, les fonds américains vont fuir l'Allemagne et l'Europe. Par la suite, le commerce américano-allemand va se réduire fortement sous l'impulsion de la politique autarcique menée par le Reich, en 1937, avec un Goering qui prend les rênes du Ministère de l'Economie et du plan de 4 ans.

Source : Le mythe de la bonne guerre, de Jacques Pauwels, p. 68.

Entre 1933 et 1938, le volume des exportations américaines vers l'allemagne plongea de 8,4 % à 3,4%. En 1938, leur valeur était estimée à seulement 406 millions de $ contre 2 milliards de $, 10 ans auparavant.

Une source inattaquable, puisqu'on ne peut pas accuser Pauwels d'américanophilie ! :D


 

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