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Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Le traité de Versailles donne lieu à l'instauration de la République de Weimar puis à la montée du National Socialisme. Quelques années plus tard, l'annexion des Sudètes et de l'Autriche annonce les prémices de la seconde guerre mondiale.
MODÉRATEUR : gherla, alfa1965

Nouveau message Post Numéro: 311  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 09 Juil 2008, 04:08

Bruno Roy-Henry a écrit:Il suffit de taper son nom sur les moteurs de recherches... On ne peut nier que les Républicains étaient plutôt favorables aux nazis, tout au moins au début. Ce qui ne peut pas être reproché à Roosevelt et à la majorité des démocrates.

On ne peut cependant oublier l'attitude du père Kennedy, sans parler de Lindbergh qui regroupa un puissant mouvement pour la non-intervention. Et qui était proche des idées d'Alexis Carrel dont on retrouve certains concepts dans le nazisme...


Oui mais quand vous dites les "les américains", vous mettez tout le monde dans le même sac.

Qu'il y ait eu des républicains voire des démocrates qui aient eu des sympathies pour les régimes fascistes, c'est un fait, ils se sont regroupés, comme je l'ai déjà précisé, dans le groupe America First, mais cela ne présume pas de la politique au niveau du gouvernement. De plus, la politique rooseveltienne fut, en l'occurence, assez anti-fasciste pour infirmer la thèse du grand capital américain responsable du déclenchemen de la seconde guerre mondiale. (relire le topic ...)

Par contre l'équation du type, telle entreprise ou telle banque a travaillé avec les nazis ou avec le Reich, donc elle est responsable de la montée du nazisme, ne tient pas. Thyssen a certes financé le parti nazi, et il mettait son pognon dans les banques américaines, mais ça ne présume pas du fait qu'un Preston Bush, reçoivent Thyssen dans son bureau avec un gros cigare et lui demande de financer Hitler ! Le milliardaire allemand faisait, ce qu'il voulait, de son argent, je ne pense pas que c'est son banquier qui disposait de ses fonds ...Un Le Pen, aujourd'hui, met bien son argent dans une banque, ce n'est pas pour ça que je vais accuser son banquier d'être le responsable de l'idéologie du Front National.

Dans un pays capitaliste, les acteurs économiques sont à peu près libres de leur choix et ils investissent là où bon leur semble, si ça peut rapporter de l'argent. Que la Standard Oil, ou Ford, aient bossé avec le Reich, comme d'autres entreprises étrangères, ne présument pas que le gouvernement de ces pays soit à l'unisson.
La confusion est ici souvent faite par une certaine mouvance marxisante ou par des organisations conspirationnistes d'extrême droite. Ce n'est pas parce que certaines entreprises américaines ont vendu des armes à l'Iran, lors de l'affaire de l'Irangate, que le gouvernement américain soutenait les mollahs.
L'argent n'a pas d'odeur, c'est peut-être moralement répréhensible, mais c'est la réalité. D'ailleurs, que je sache, même les soviétiques ont travaillé avec les nazis.


 

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Nouveau message Post Numéro: 312  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 09 Juil 2008, 11:09

Bonjour,
Je suis tout a fait d'accord sur le fait qu'il est impossible et faux de tenter de reprocher "aux americains" d'avoir aide et supporte les nazis jusqu'a l'entree en guerre des USA.

De meme, que certains industriels americains n'aient pas abandonne tous leurs avoirs en Allemagne apres la prise du pouvoir d'Hitler est assez comprehensible. Apres tout, Total travaille de nos jours en Birmanie et Carrefour en Iran...
:mrgreen:

Par contre, il n'en reste pas moins que certains americains influents ont politiquement apprecie le national-socialisme et se sont fait les relais d'opinion de ces derniers aux USA. En sus de ceux nommes plus haut, je citerais aussi Henry Ford, grand admirateur d'Hitler, dont l'hebdomadaire "Dearborn Independent" continuera de donner les "Protocoles des Sages de Sion" comme preuve d'une supposée menace juive jusqu'en 1927.

C'etait donc peut-etre sur ces gens-la qu'Hitler comptait pour "calmer le jeu" avec les USA.


 

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Nouveau message Post Numéro: 313  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 09 Juil 2008, 13:28

Ce que j'ai posté au début sur ce topic.
Certains "pauwelistes" arguent de l'influence de Henry Ford sur Hitler pour démontrer la culpabilité du grand capital américain dans l'émergence du nazisme. Mais Henry Ford incarnait-il vraiment l'établishment américain ? Je suis tombé sur un article d'André Kaspi, Henry Ford, le roi de l'automobile, in L'Histoire n°36, septembre 1990, p 34-46, qui précise la personnalité du grand patron américain.

1) Une origine rurale qui l'influencera toute sa vie.

Henry Ford est né le 20 juillet 1863 à Dearborn, dans le Michigan, dans une famille de petit fermier. Peu doué à l'école, il n'est pas, non plus, attiré par les travaux des champs. C'est la mécanique qui le passionnera très vite, et il ira faire son apprentissage à Détroit. Plus tard, engagé par Edison, il bricolera ses moteurs qui donneront sa fameuse Ford T, qui sortira le 1er octobre 1908.
Ford sera influencé toute sa vie par ses origines rurales, se méfiant des banquiers, de Wall Street, de la Haute Société et des bureaucrates de Washington. Il sera marqué par la baisse des prix agricoles, à la fin du XIXe siècle, qui va toucher de plein fouet les paysans américains qui haïront l'oligarchie de la côte Est.
Ford se méfie tellement des banquiers qu'il ne proposera pas de crédit pour l'achat de ses Ford T, et cela, jusque dans les années 20, ce dont profiteront ses concurrents pour lui tailler des croupières !

2) Un patron social qui s'opposera aux syndicats !

Henry Ford lorsqu'il lance sa Ford T, en 1908, qui connaîtra un succès fulgurant, passant de la production de 32 000 véhicules en 1910 à 750 000 en 1916 et de 22 % de part du marché de l'automobile en 1912, à plus de 61 % en 1921, va avoir la réputation d'un patron social, au début de son aventure. En effet, il paie très bien ses ouvriers qui seront, d'ailleurs, ses meilleurs clients ! Il est d'ailleurs un patron assez paternaliste qui essaie d'améliorer la vie de tous les jours de ses ouvriers.

Mais après le krach de 1929, le vieil homme se montre férocement hostile aux syndicats et les salaires des ouvriers vont devenir inférieurs à ceux pratiqués par General Motors et Chrysler.
Son service d’ordre recrute dans le milieu et cogne dur. Le 7 mars 1932, un groupuscule de syndicalistes communistes se heurte au service d’ordre de la Ford, soutenu par la police de Dearborn. L’un des leaders et trois de ses compagnons sont abattus par une rafale de mitrailleuse. Lorsque la loi de 1933, dite National Industrial Recovery Act autorise les syndicats, Ford fait la sourde oreille.
En 1935, une nouvelle loi, proposée par le sénateur Robert Wagner, est votée par le Congrès et remplace le NIRA. Un Bureau National a pour mission de veiller aux relations entre les employés et leurs patrons, de pourchasser les pratiques injustes, d’aider à la mise en place de représentations syndicales. Les ouvriers de l’automobile saisissent l’occasion pour tenter d’imposer à Ford la présence d’un syndicat. Peine perdue ! Le 26 mai 1937, les leaders du mouvement sont passés à tabac par le service d’ordre. Henry Ford va résister jusqu’en juin 1941, jour où il signe une convention collective avec l’United Automobile Workers. Une grande victoire pour le syndicalisme américain contre celui qui fut, jadis, l’entrepreneur du peuple.

3) La tentation du politique : du pacifisme à l'antisémitisme !

a) Des convictions pacifistes.

Le déclenchement de la Grande Guerre l’a bouleversé. Pour lui, tout soldat est un « meurtrier ». La guerre résulte pour lui des intrigues des banquiers et des marchands de canons. Wall Street mène l’horrible complot. Pour arrêter le carnage, Henry Ford décide de lancer une campagne d’opinion qui devait incite les belligérants à rétablir la paix.
Après avoir rencontré Wilson, Ford embarque, le 4 décembre 1915, sur l’Oscar II, « le bateau de la paix ». Son but, répète-t-il, est de « renvoyer chez eux avant Noël les hommes qui combattent dans les tranchées".
Mais des tensions à bord naissent et s’amplifient, et, arrivé à Oslo le 18 décembre, Ford quitte ses compagnons et retournent aux USA.
En 1918, il se présentera pour le poste de sénateur fédéral du Michigan, sur 500 000 suffrages exprimés, il sera battu par 4 400 voix.

b) La dérive antisémite.

En novembre 1918, Henry Ford a acheté un hebdomadaire, le Dearborn Independent. Parmi les causes à défendre, la SDN, les méfaits de la propriété absentéiste (?), les logements décents, la nationalisation du téléphone, du télégraphe, des chemins de fer, la prohibition des boissons alcoolisées, les droits des femmes, la méfiance à l’encontre des banquiers.
Le 22 mai 1920, L’Independent commence la publication de 91 articles sur « Le Juif International : un problème mondial. » Pendant deux ans, le complot des Juifs est inlassablement dénoncé. La source ? Les Protocoles des sages de Sion, faux document fabriqué en Russie, en 1903. Les Juifs sont accusés de corrompre, aux USA, la vie politique, les milieux financiers, les mœurs et de vouloir prendre le pouvoir dans le monde, tantôt sous le masque du capitalisme, tantôt sous celui du bolchevisme.
« En Amérique, nous révèle l’hebdomadaire, la plupart des grosses affaires, les trusts et les banques, les ressources nationales et les principales productions agricoles comme le tabac, le coton et le sucre, sont entre les mains des financiers juifs ou de leurs agents. Les Juifs sont les propriétaires les plus puissants et les plus nombreux du pays. Ils dominent le monde du théâtre. Ils ont la maîtrise absolue des publications (…). Il y a une race, une partie de l’humanité, qui n’a jamais été bien accueillie et a pourtant réussi à s’emparer du pouvoir auquel la race la plus fière des Gentils n’a jamais aspiré. »

Son antisémitisme plonge ses racines dans le mouvement populiste américain des années 1890, avec la crise rurale consécutive à la baisse des produits agricoles, porté par l’hostilité des fermiers à l’oligarchie financière.
La campagne de presse prend fin brutalement en janvier 1922, parce que l’image de marque de Ford en a subi les effets, mais parce que les producteurs de cinéma de Hollywood ont menacé de montrer à l’écran des modèles T qui dérapent ou s’écrasent contre des arbres.
Elle reprend en 1924 pour se terminer devant les tribunaux, trois ans plus tard. Ford fera amende honorable. En une longue lettre il présente ses excuses à la communauté juive. Malgré tout, il restera le porte-parole de l’antisémitisme.
A l’étranger, sa phobie fera des émules. C’est grâce à lui que Les Protocole des Sages de Sion ont eu une large diffusion dans l’Allemagne des années 20. Hitler a lu les articles du Dearborn Independent, a accroché le portait de Ford dans son appartement, et est le seul américain à avoir été cité dans Mein Kampf.



Conclusion:

Henry Ford était-il représentatif de l'établishment américain ? Certainement pas ! Patron paternaliste, marqué par ses origines rurales, l'homme se méfiera toute sa vie des financiers de Wall Street (il refusera la pratique du crédit durant longtemps !) et des bureaucrates de Washington. Peu intéressé par la vie mondaine, menant une vie rangée, son antisémitisme prendra ses racines idéologiques dans le populisme américaine qui naîtra sur les ferments de la crise agricole.
Ford verra dans l'image du juif, le capitaliste et le bolchevique, un être syncrétique et démoniaque qui dirige, en sous-main, l'économie mondiale.
Atypique dans le paysage des patrons américains, il se mettra d'ailleurs à dos Hollywood et sera traîné devant les tribunaux pour son antisémitisme. Si peu intégré à l'etablishment, qu'il sera battu deux fois à des élections sénatoriales !!
Mais d'après Kaspi, c'est son journal qui diffusera Les Protocoles des sages de Sion qui influencera grandement Adolf Hitler.
Aussi, Henry Ford incarne plutôt un certain populisme américain de l'Amérique profonde plutôt que le capitalisme de Wall Street !


Voilà, in extenso, le passage posté. Ford était antisémite et plutôt pro-fasciste, mais il ne fut jamais élu sénateur, malgré sa fortune, comme quoi l'argent ne fait pas tout, et n'incarne pas, à lui tout seul, la politique des USA. Le fait que des hommes politiques ou des patrons aient eu des sympathies pour les régimes fascistes, ne signifient pas, que le gouvernement américain l'était aussi, tout prouve le contraire, que cela soit de la clause Cash and Carry, en 1937, à la Charte de l'Atlantique, en 1941.

J'ai l'impression de toujours me répéter.


 

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Nouveau message Post Numéro: 314  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 20 Juil 2008, 13:10

Me voilà à New-York depuis une semaine, il y fait très chaud, mais la ville est
assez incroyable. Avant de vous poster un petit article sur Fort Hamilton, seule base militaire de New-York, j'apporte encore un peu de l'eau dans mon moulin. Je suis en train de lire, le soir, Mémoires d'un rouge, d'Howard Fast, un écrivain américain qui a travaillé pour l'OWI, durant la guerre, l'Office of War Information, dont l'objectif était de donner des infos, aux pays étrangers, d'un point de vue américain :

Image

http://en.wikipedia.org/wiki/Office_of_War_Information

A noter, qu'Howard Fast, était plutôt de gauche et qu'il fut mit sur les listes noires du sénateur Mac Carthy, après la guerre. Tous les jours, Fast devait pondre un communiqué de 15 minutes, qui, après traduction dans plusieurs langues, devaient inonder les ondes moyennes européennes.
Page 28, Fast évoque une demande singulière d'un sous-secrétaire d'Etat :

"(...) je fus demandé au téléphone par un sous-secrétaire d'Etat. Il m'appelait de Washington pour m'informer que Staline avait consacré la totalité de son ordre du jour au courage et au dévouement d'un certain Ivan Ivanovitch. En conséquence, le président Roosevelt estimait que notre BBC devait à son tour rendre hommage à ce même Ivan Ivanovitch. Il était 18 heures ; il fallait donc balancer une journée de boulot et préparer une nouvelle émission sur Ivan Ivanovitch. (...) Le président Roosevelt savait bien entendu que le nom d'Ivan Ivanovitch désignait le fantassin russe de base, de même que nous avions notre GI Joe, et il présumait, j'imagine, que son sous-secrétaire d'Etat le savait aussi , et que l'émission de 15 minutes serait un panégyrique du soldat d'infanterie russe. Mais le sous-secrétaire d'Etat l'ignorait, moi aussi."

Il s'en suivra que Fast essaiera désespérément de mettre un visage sur ce fameux Ivan, et qu'après avoir fait chou blanc durant 3 heures, arriva à se renseigner auprès de l'agence Tass sur le fait que cet Ivan, n'était autre que le nom générique donné au fantassin russe !

Au-delà de l'anecdote, cela montre, encore une fois, que le président Roosevelt n'était pas soviétophobe, et qu'il avait une haute considération pour le combattant soviétique.


 

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Nouveau message Post Numéro: 315  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 02 Aoû 2008, 17:18

tietie007 a écrit:
Me voilà à New-York depuis une semaine, il y fait très chaud, mais la ville est
assez incroyable. Avant de vous poster un petit article sur Fort Hamilton, seule base militaire de New-York, j'apporte encore un peu de l'eau dans mon moulin. Je suis en train de lire, le soir, Mémoires d'un rouge, d'Howard Fast, un écrivain américain qui a travaillé pour l'OWI, durant la guerre, l'Office of War Information, dont l'objectif était de donner des infos, aux pays étrangers, d'un point de vue américain :

Image

http://en.wikipedia.org/wiki/Office_of_War_Information

A noter, qu'Howard Fast, était plutôt de gauche et qu'il fut mit sur les listes noires du sénateur Mac Carthy, après la guerre. Tous les jours, Fast devait pondre un communiqué de 15 minutes, qui, après traduction dans plusieurs langues, devaient inonder les ondes moyennes européennes.
Page 28, Fast évoque une demande singulière d'un sous-secrétaire d'Etat :

"(...) je fus demandé au téléphone par un sous-secrétaire d'Etat. Il m'appelait de Washington pour m'informer que Staline avait consacré la totalité de son ordre du jour au courage et au dévouement d'un certain Ivan Ivanovitch. En conséquence, le président Roosevelt estimait que notre BBC devait à son tour rendre hommage à ce même Ivan Ivanovitch. Il était 18 heures ; il fallait donc balancer une journée de boulot et préparer une nouvelle émission sur Ivan Ivanovitch. (...) Le président Roosevelt savait bien entendu que le nom d'Ivan Ivanovitch désignait le fantassin russe de base, de même que nous avions notre GI Joe, et il présumait, j'imagine, que son sous-secrétaire d'Etat le savait aussi , et que l'émission de 15 minutes serait un panégyrique du soldat d'infanterie russe. Mais le sous-secrétaire d'Etat l'ignorait, moi aussi."

Il s'en suivra que Fast essaiera désespérément de mettre un visage sur ce fameux Ivan, et qu'après avoir fait chou blanc durant 3 heures, arriva à se renseigner auprès de l'agence Tass sur le fait que cet Ivan, n'était autre que le nom générique donné au fantassin russe !

Au-delà de l'anecdote, cela montre, encore une fois, que le président Roosevelt n'était pas soviétophobe, et qu'il avait une haute considération pour le combattant soviétique.


Howard Fast, p.39, raconte une anecdote révélatrice du changement d'attitude des autorités américaines sur la question des communistes.
En Janvier 1944, il est composé par Louis G.Cowan, nouveau directeur des émissions radios de l'OWI. Celui-ci lui apprend qu'il va être muté de la radio à la propagande écrite. Le fait est que la radio américaine émettant d'Afrique du nord, il faut, comme tout américain, un passeport pour sortir du territoire et le Ministère des Affaires étrangères avait mis son veto pour en délivrer un à Howard Fast ! Pourquoi ? Car il était considéré comme un communiste ou comme un sympathisant communiste.

Cowan lui affirma que ces accusations venaient du FBI et d'Edgar J.Hoover. Il lui précisa que d'après le FBI, les correspondants des bureaux
hongrois, allemands et espagnols étaient aussi des communistes.
Fast nous dit aussi que Cowan l'a supplié de ne pas démissionner, ce qu'il a fait le 21 janvier 1944.
L'écrivain américain date de cette période le début de la chasse aux sorcières, à la fois à l'OWI, à l'OSS de William Donovan.

Ce témoignage de Fast met en lumière une certaine dichotomie entre le gouvernement et l'administration américaine. D'un côté, on a un pouvoir politique qui s'incarne dans Roosevelt, qui est plutôt philosoviétique, voir la mansuétude du président américain envers Staline à Yalta, ou la stratégie d'Ike de s'arrêter, en Allemagne, pour laisser Berlin aux soviétiques, alors que les troupes américaines auraient pu arriver bien avant l'armée rouge dans la capitale du Reich, et un FBI, aux mains du très puissant et très anticommuniste Hoover et une OSS de Donovan, qui commencent à voir dans l'URSS et les communistes, le prochain ennemi après la chute du Reich.
Ce qui pourrait expliquer le brutal changement de politique, après la mort du Président, et l'arrivée de Truman.


 

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Nouveau message Post Numéro: 316  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 05 Aoû 2008, 16:20

Pour confirmer mon message précédent, sur les divergences d'appréciation qu'ils pouvaient y avoir entre l'administration et le gouvernement, à propos du communisme, Howard Fast, qui va intégrer le Parti communiste américain durant la seconde guerre mondiale, nous raconte l'organisation, par le Parti, d'un meeting pro-Roosevelt, en 1944 et son invitation à la Maison Blanche. (p.138-142)

Le parti communiste avait, en effet, choisi de soutenir Roosevelt, contre Thomas Dewey, le gouverneur de New-York, pour les élections présidentielles.
Lionel Berman, un ponte du Comité des Arts et des Sciences, organisation du PCA, avait laissé entendre à Fast que la réception de Truman aussi bien que le meeting au Madison Square Garden avaient été débattus avec le Président (p.138), qui, contre l'avis de ses conseillers, avait donné son feu vert.

Pour la réception de Truman, l'hôtel Astor fut loué, au niveau de la 44eme rue, et le nouveau vice-Président savait très bien que cette réception était organisé par les communistes américains et il ne s'en montra pas le moins du monde embarrassé. Quant au meeting pro-Roosevelt, au Madison Square Garden, il fut un succès.

Après la réélection de Roosevelt, le Président invita à la Maison Blanche les dirigeants de notre Comité des Arts et des sciences et Fast s'en souvient comme d'une journée mémorable, où il put serrer la main d'un Roosevelt déjà moribond.

On peut remarquer que même après sa réélection, en 1944, et alors que la guerre est gagnée pour les américains, Roosevelt se montre encore plein d'attention avec le Parti Communiste Américain qui l'a soutenu durant sa campagne présidentielle. Aucun anticommunisme donc, chez le Président des USA, ce qui, apparemment, ne fut pas le cas de son entourage ni de son administration (voirle refus du FBI de délivrer un passeport à Fast, en janvier 1944, pour l'Afrique du Nord, car il était suspecté de sympathie communiste.)


 

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Nouveau message Post Numéro: 317  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 17 Aoû 2008, 21:46

Une curiosité, ce soir, au Cinéma de Minuit, Mission to Moscow, film soviétophile sur l'action de Joseph Davies, envoyé, en 1936, comme ambassadeur à Moscou. Réalisé en 1943 par Michael Curtiz, le film fut utilisé comme pièce à charge contre son scénariste, Howard Koch, durant la fameuse "Chasse aux sorcières" quelques années plus tard.
Mais encore une pièce en faveur de la soviétophilie de Roosevelt, qui a, d'après Marc Ferro, dans 7 hommes en guerre, énormément favorisé les films en faveur des alliés, à Hollywood.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=50124.html


 

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Nouveau message Post Numéro: 318  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 04 Oct 2008, 05:59

Le thème de Hitler, créature du grand capital américain est assez présent dans une certaine mouvance anti-impériraliste, notamment sur le site le Grand Soir, de Michel Collon, sympathisant du Parti des travailleurs de Belgique, dont le leader spirituel, Ludo Martens, est un admirateur du Petit Père des peuples :

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2004-06-01%2013:11:24&log=lautrehistoire

Evidemment, l'article du facétieux Michel est truffé de contre-vérité et instrumentalise l'histoire à des fins purement idéologiques !


 

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Nouveau message Post Numéro: 319  Nouveau message de Igor  Nouveau message 04 Oct 2008, 11:54

Ça fait un peu, "conspirationnistes de tous les pays unissez-vous". :P
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 320  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 04 Oct 2008, 21:55

Igor a écrit:Ça fait un peu, "conspirationnistes de tous les pays unissez-vous". :P


La vérité n'est pas de ce monde ... :D


 

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