François Delpla a écrit:J'en ai encore autant à ton service, avec le roman sur Staline négligeant le danger allemand au profit du nippon, comme s'il ignorait que la Sibérie est une meilleure barrière que la Pologne, et l'Allemagne une puissance autrement redoutable, sur terre, que le Japon.
Tout cela est spéculatif et absolument pas documenté.
Par ailleurs, l'argument selon lequel le pacte g-s de 39 donnerait une idée de l'attitude soviétique en 38 en cas d'agression contre la Tchéco ne tient pas, car il inverse l'ordre des facteurs.
Je te rappelle que ce pacte est la conséquence, d'une part de Munich, d'autre part du très faible empressement de Paris et de Londres à se rapprocher de Moscou même après que, le 15 mars, Hitler eut déchiré Munich.
C'est donc un chef-d'oeuvre diplomatique de Hitler : en caressant la fibre anticommuniste, il a détourné Londres et Paris de leur naturelle (et finalement victorieuse, en 1945, après combien de sang et de larmes) alliance avec Moscou devant toute attitude agressive de tout gouvernement allemand comme en 14, après quoi il pouvait prendre la place et signer, lui, avec un Staline acculé.
Eh oui, même si cela ne plaît pas à Carlo, je traite Staline d'acculé !
Mais, pas de problème
La décision occidentale de le mettre hors course, décision aussi tchèque car il est encore prêt à intervenir contre les Polonais dans l'affaire de Teschen, est effectivement une habile manœuvre d'Hitler. J'aurais pourtant tendance à remettre en perspective cette réussite. En effet en 1938, l'anticommunisme est un sentiment autrement plus développé que l'antifascisme, voir l'antinazisme et Hitler joue sur du velours, son régime a des moyens diplomatiques que l'URSS n'a pas. Le nazisme est à l'évidence un moindre mal. Le communisme c'est autre chose, il apparaît comme une menace fondamentale (le nazisme n'a aucun problème avec la propriété privée...).
Personne n'a envie de voir l'armée rouge hors de ses frontières. De plus Hitler et Staline, ce n'est pas du tout le même genre de vision stratégique. Hitler se fiche visiblement d'avoir des alliés puissants, il est persuadé qu'il pourra réussir seul sa politique d'expansion. Staline a-t-il seulement une politique d'expansion? Il a une politique de défense (autrement efficace que celle d'Hitler d'ailleurs), mais il ne définit avant-guerre que des objectifs intérieurs, il se méfie de la guerre.
Sa diplomatie sera plus louvoyante, plus pragmatique que celle d'Hitler, marquée du sceau de l'humilité, mais au final quelle différence! car si je ne m'abuse, c'est finalement la proximité des troupes soviétiques qui finit pas acculer Hitler au suicide.

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