C'est faux.
Rien qu'en France, Mandel, Paul-Boncour, Kérillis, Taittinger, voire Reynaud démentent vos propos. Je ne parle pas des militaires, comme les maréchaux Lyautey et Franchet d'Espérey ou le général de Castelneau...
Pour ma part je n'ai pas la même lecture que vous de ces témoignages, produits dans le contexte particulier et justificateur d'après guerre. Un historien ne doit pas être dupe de cela.
Quant aux historiens que vous citez, ils ne disent pas tous ce que vous affirmez, et ceux qui l'ont dit ne le diraient certainement plus aujourd'hui.
La charge émotionnelle des événements liés à la Seconde guerre mondiale a poussé à la recherche de coupables, aux tirades justificatrices comme je le dis plus haut, plutôt qu'à des explications rationnelles, historiennes et scientifiques.
Pour ma part, je persiste à penser qu'en 1935, Hitler (par ruse peut-être, on n'en sait trop rien) est vu comme un équivalent de Mussolini ou de Franco, pas plus, peut-être même moins.
Avec certes une dominante antisémite, mais l'antisémitisme avait dominé en France moins de quarante ans plus tôt, sans pour autant, heureusement, produire de massacre ou de guerre.
Nous faisons, nous, une différence avec ses homologues totalitaires de nos jours parce que l'holocauste fait de Hitler le monstre indépassable du XXe siècle. Mais c'est une explication produite
a posteriori.
N'oublions pas que les belliqueux, en 1935-36, ce sont justement l'Italie Mussolinienne en Ethiopie et l'Espagne franquiste contre son propre peuple. Pourquoi alors ne pas intervenir contre eux ?
Hitler quant à lui ne fait vraiment la guerre qu'en 1939 ! Le reste, il l'a obtenu par la négociation et la diplomatie. D'où son immense prestige intérieur. On l'oublie trop souvent.
C'est cela le contexte dont je parle et qui est omis jusqu'ici dans la réflexion.