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Les crimes de la LVF à Kruszyna

Dans cet espace, sont rassemblés sous forme de fiches l'ensemble des biographies, résumés de bataille, thèmes importants concernant la seconde guerre mondiale.
MODÉRATEUR: Vincent Dupont

Les crimes de la LVF à Kruszyna

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 23 Avr 2008, 20:31

Merci Borovick pour cet article

............. Des crimes commis en camp de détention.


...... "Mort aux Juifs", ces simples mots, inscrits à la craie sur un wagon de la SNCF au départ de Paris, ne seront pas que de simples menaces. Ce train, occupé par des Français, des volontaires français pour le front de l'Est, ce train salué par les autorités de Vichy, transporte, parmi ces militaires de la Légion des Volontaires Français aux professions de foi douteuses, des criminels. Ce "Mort aux Juifs", inscription anonyme perdue au milieu d'autres intentions guerrières, sera mis en pratique seulement quelques jours apres l'arrivée d'un autre train de la LVF à Kruszyna, en Pologne le 15 décembre 1942.

- La LVF à l'Est :
En 1941, apres cinq jours de transport, les volontaires français arrivaient pres de Radom, au Sud de Varsovie, à Kruszyna. Par contingents de 3-400 hommes, ils vont constituer, à partir de septembre, une unité de la Wehrmacht, le "Französische Infanterie-Regiment 638" aux ordres du Colonel Roger-Henri Labonne. Affectés en première ligne, ses deux bataillons passeront une semaine, cloués au sol par les obus soviétiques, devant Moscou en décembre 1941, avant de voir la presque totalité de ses effectifs rapatriée en France. "Démissionnaires", ces militaires, jugés inaptes au combat par les Allemands, n'auront connu de leur volonté de combattre le Bolchévisme, que le goût de la neige russe, sans jamais avoir affronté les soldats de l'Armée Rouge. Pourtant, en 1942, depuis Paris, les trains continuent de transporter de nouveaux volontaires français afin de renforcer à trois bataillons le Régiment 638. La LVF, retirée du front pour son incapacité, débute son "travail" d'armée d'occupation en Biélorussie. En 1942, la Résistance soviétique est mal organisée et mal armée. Les Français s'emploient à la pacification des campagnes en compagnie d'autres unités de la Wehrmacht formées de volontaires non-allemands et de "Einsatzgruppen" SS. La sale besogne qui leur est confiée par l'OKW est celle d'éliminer le soutient des paysans aux partisans. Pour cela, on "Zabralize", terme propre aux hommes de la LVF qui détruisent les villages, pillent les fermes et sélectionnent les habitants ..... on "Liquide". (.... l'inventaire de leurs actions policières sera connu un jour, lorsque la Biélorussie ouvrira ses frontières et ses archives). Mais, c'est également en Pologne que la LVF se fera remarquer par son ardeur ......... aux exécutions de civils.
A Kruszyna.


- Kruszyna, district de Radom :
En mars 1941, la Wehrmacht, en vue de ses opérations militaires futures à l'Est, a besoin de bases de départ en logistique et de formation pour ses soldats. Le service - Heeresforstsichtamt IV - pour la Pologne, sélectionnera les villes de Mielec (Deba), Varsovie (Rembertow), Poznan (Warthe Lager), Lodz (Schieratz) et Radom (Kruszyna). La garnison s'implantera à 25 kms au Nord de cette ville, important noeud ferrovière et routier, sur une plaine peu peuplée, délimitée par la route Bialobrzegi-Jedlinsk à l'Ouest, la rivière Radomka au Sud et à l'Est, la route Bialobrzegi-Glowaczow au Nord.
La zone deviendra l'"Truppenübungsplatz Mitte" de Radom, intégré au Gouvernement Général de Cracovie, avec son Q.G. à Radom-ville, et ses installations militaires à Kruszyna : construction d'une gare, de casernements (type baraques en bois), de salles d'instruction, d'un terrain d'aviation, d'un terrain de manoeuvre pour blindés, de champs de tir, de bunkers ..... Ce sera la destination des trains de la LVF ainsi que pour plusieurs autres "Légions" non-allemandes, pour une période d'enrôlement et d'instruction de quelques mois; les militaires sont installés dans des sous-camps, regroupés suivant le pays d'origine, les Français - à coté des Italiens et des volontaires de Vlassov - à 2 kms au nord de la commune de Bartodzieje, occuperont un terrain de 7 ha.
Kruszyna devient le "moule" idéologique et militaire d'une armée européenne, vêtue et armée à l'allemande qui prêtera le serment de fidélité à Adolf Hitler et obéira à ses ordres.
Tous ces travaux demandent énormément de main d'oeuvre. Les Allemands utiliseront les habitants de la zone et implanteront plusieurs camps de travail forcé "Zwangsarbeiter" à Jedlinsk, Bialobrzegi et au lieu dit "Wolska Dabrowa" (1,5 km à l'Est du casernement de la LVF) où seront internés des Juifs, femmes et hommes, soumis à la politique de l'extermination par le travail -"Vernichtung durch Arbeit"- Les nazis emploieront des Juifs, raflés et sélectionés de par leur constitution physique, dans les différents ghettos du G.G. : Radom, Cracovie ou Lublin.
Ces ouvriers et ouvrières, employés par des firmes de construction privées allemandes devront bâtir des fortifications, creuser des tranchées, installer des lignes électriques, paver les chemins de terre et la rampe de la gare, entretenir la voie ferrée et les routes, dans des conditions de vie concentrationnaires avec des exécutions sommaires journalières.
Il est à noter que le polygone de Kruszyna faisait l'objet d'une attention particulière de la part de la Résistance polonaise, avec :
- le maquis "Kozienice", AK, a/o du Cdt Bronislaw Nowac, créé en février 1940, qui avec 1300 combattants équipés et armés, comptait 21 groupements de renseignement, de sabotage et d'attaque répartis tout autour de Kruszyna (dont le N° 18 a/o du Cdt Jozef Drazyk à Glowaczow). Les accrochages seront fréquents, meurtriers et la répression tres dure.
- le maquis "Kononowicz", NSZ communiste, a/o du Cdt Tadeusz Grunkiewicz, relévera les activités du camp depuis juillet 1942. Ils passeront à l'action en octobre, s'attaquant principalement à la Gendarmerie allemande, afin de délivrer des prisonniers en transit (17.3.1943 - 26.3.1943 - 19.5.1943)
Le jour appartenait aux Allemands, la nuit aux Polonais.
Au début 1942, débute l'Action Reinhardt.


- L'Action Reinhardt" à Kruszyna :
En 1942, est organisée l'extermination de toute la population juive du Général Gouvernement a/o du général SS Globocnik. Durant toute l'année, les ghettos des villes seront vidés et leurs occupants transportés et assassinés par le gaz à Belzec, Treblinka, Oswieciem et Sobibor. Pres de 1,7 million de Juifs périront. La fin de l'Action Reinhardt est programmée pour se terminer fin 1942, en décembre. Au camp de Wolska Dabrowa, à cette date, se trouve environ 550 Juifs. Contrairement aux nombreux "on-dit' d'apres guerre, l'information sur la "Solution finale"circulait en Pologne. AK avait averti Londres, les trains circulant par dizaine laissaient des preuves au bord des voies (messages), la Police Juive informait la direction des ghettos. A Kruszyna, l'information inquiéte et en ce mois de décembre 1942, les prisonniers s'alarment en voyant passer ces trains. Les Français de la LVF, présents au camp - un convoi de volontaires est arrivé de Paris le 15 décembre - ne feront pas QUE suivre l'instruction du fantassin , ils deviendront des "Trawnikis", ces gardiens de camps au service de la machine d'extermination allemande.
Les Français participeront à l'Action Reinhardt.

- 17 et 18 décembre 1942 :
Ces deux jours du journal de marche de la LVF en Pologne sont cités par Raul Hiberg dans son livre : "Exécuteurs, victimes, témoins" (page 108). Hiberg à relevé cette information dans un document allemand de 1942, un rapport, écrit par le Lieutenant de Gendarmerie Egger, en poste à Kruszyna et signé par le Major Schad, commandant en second du camp militaire. Le Lt Egger rend compte de sa mission au Q.G. à Radom : le transfert des prisonniers juifs et des incidents ayant entrainé la mort de 113 d'entre eux.


- Rapport Egger :

Camp de Kruszyna le 19.12.1942
Réf : 1080/42
...... A la Kommandantur du Tr.Ue.Pl. "Mitte" à Radom
...... Du Cdt en Sd de la Tr.Ue.Pl. "Mitte" à Kruszyna
Objet : Déplacement des Juifs à Kruszyna

......... Au camp de Kruszyna, se trouvaient 557 Juifs en attente d'un transfert aux environs du 18.12.1942.
......... Ces Juifs, en ayant terminé le 16.12.1942 avec les entreprises privées de construction, étaient sans travail et devaient impérativement partir en congé dans leurs pays d'origine. La mission avait pour objet de rassembler tous les Juifs en un seul lieu ayant des garanties de sécurité équivalentes à celles d'une zone militaire . Auparavant, la Police Juive, qui savaient qu'ils étaient les prochains à partir -"nun darankämen" - a été conduite hors du camp vers les autres lieux de détention afin de confirmer la véracité de ces congés.
........ Le regroupement des Juifs, suivant la ligne politique du G.G., devait être obligatoirement terminé le 17 décembre dans la matinée. Pour faire ce rassemblement, j'étais seulement accompagné de 2 Gendarmes et de 8 légionnaires français - "Mann franz. Legionären" - Le Major Schad en a été informé. Durant la marche, alors que les Juifs étaient sous escorte, plusieurs m'attaquérent par derriére et mon manteau - "Gummimantel" - fût déchiré. Pendant cette agression, alors que les Gendarmes les repoussaient avec leurs fusils, des Juifs tentèrent de s'enfuir dans plusieurs directions. Les Français ouvrirent le feu et 4 d'entre eux furent abattus. Les 4 morts ont été enterré à 3 kms du camp. Apres cet incident, j'ai ordonné aux Francais d'enfermer les Juifs dans les baraques. De part l'attitude agressive des Juifs, j'ai décidé d'utiliser d'autres Français, disponibles, au camp. Le Major me les envoya en renfort, ainsi que 4 soldats du génie et le matériel nécessaire à l'éclairage des alentours des baraques.
Par la suite, j'ai réclamé au dépôt de la Gendarmerie à Radom des moyens de transport pour 25 Ukrainiens vers Kruszyna, 15 hommes vers Jedlinsk et pour les Juifs détenus au Poste de Gendarmerie de Bialobrzegi.
Le Major Ruschanski mit à ma disposition deux camions pour faciliter ces déplacements dans un cercle de 60 kms. Le 18, j'utilisais les Français et les 25 Ukrainiens pour maintenir une garde serrée et éviter, ainsi, toute tentative d'évasion. Les Juifs devaient embarquer dans les camions et devant leur détermination, j'ai du employer la fermeté et la force. Les Français firent usage de leurs armes et exécutérent les blessés au sol.
......... Pendant ces deux jours, 113 Juifs furent tués dans le camp de Kruszyna et à ses alentours, lors de tentative d'évasion ou de rebellion.
Pendant leur transport en Firley à Jedlinsk, 18 Juifs sur 60 furent tués. Puis aucun incident jusqu'à Szydlowiec. Là, durant la descente des camions, 2 furent abattus et les autres conduits dans le Ghetto. Dans la rue, j'ai abattu deux Juifs qui refusaient d'avancer.
Aussitôt apres, je suis retourné à Kruszyna où les travaux d'ensevelissement exécutés par 20 ouvriers polonais prenaient du retard. J'ai demandé à 3 firmes privées de me fournir 10 ouvriers chacune. Ces 30 hommes sous la garde de 2 Gendarmes ont terminé le travail le 18 au soir, ce qui a été rapporté par le Major Schad à la Gendarmerie de Radom.
......... Je tiens à signaler que toutes ces exécutions ont été causées par l'agressivité des Juifs ainsi que par la volonté d'éviter les évasions. Celles-çi auraient donné une possibilité aux Juifs de rejoindre les groupes de partisans et ainsi être la cause d'un accroissement des attaques armées et des pillages.

Signatures :
Major und Unterkommandant Schad
Rez.Leutn.d.Gend. Egger


Rédigé de la main de Egger, et en dehors de toutes réserves sur la formulation, ce rapport est précis et il engage clairement la responsabilité des volontaires français. Avec ceux qui ont participé au massacre, ce sont plusieurs centaines de militaires de la LVF qui "savaient", qui "connaissaient" les faits, ces "excés comme l'écrivent certains en France.
Maintenant , on ne peut nier que :
... la LVF était présente à Kruszyna en Pologne
... la LVF est une unité militaire au passé criminel.

D'autant, qu'aux crimes de décembre 1942, s"ajoute, à ce jour, le meurtre d'une tres jeune mére de famille polonaise, Zofia A. Cette paysanne cultivait, seule, son loppin de terre (secteur sous contrôle de la "Wehrmachtgute Bartodzieje"). Des Français de la LVF en patrouille, l'attaquérent, la violérent et l'assassinérent (coups de bayonnette au visage). Pour camoufler leur crime, ils l'enterrerent partiellement. Peu apres, le corps fût découvert par sa famille, inquiête de ne pas la voir revenir des champs.
Zofia fût inhumée religieusement à Bartodzieje
Son fils vit actuellement à Katowice


- Que sont devenus ces criminels français ?. Quelles sont leurs identités ?.
Ont-ils été inquiétés avant ou apres la Libération en France ? . Ont-ils disparus dans la nature ?. Ont-ils passé une retraite heureuse ?.
Qu'est devenu le Lieutenant Egger ?

Apres guerre, en Allemagne, des jugements ont été rendu pour des crimes commis dans ce même secteur, avec par exemple :
- Rossbach, Karl : Waffen SS, 11 SS Inf. Reg. condamné à 6 ans et demi de détention pour le meurtre de plusieurs Juifs à Bialobrzegi en 1941 (Tribunal de Ulm)
- Wei.. Josef, Ludwig : SIPO à Radom, condamné à 7 ans de détention pour le meurtre d'un Juif à Szydlowiec en 1942 (Tribunal de Hambourg)
- Nell.., Paul, Gerhard : condamné à perpétuité pour le meurtre de plusieurs Juifs du Ghetto de Radom en 1942 (Tribunal de Hambourg)
- Hol.. Jakob : condamné à 15 ans de détention pour le meurtre de plusieurs Juifs à l'usine Steyr-Daimler-Puch de Radom en 1942 (Tribunal de Rostock)


........... Loin de la phraséologie lyrique des amis de la LVF - celle des "Glorieux combattants français contre le Bolchévisme" - qui manipulent et masquent la réalité des faits, la France se doit de reconnaître la participation du Gouvernement de Vichy à l'Holocauste. La France doit sacraliser le lieu précis du martyr Juif à Kruszyna. La France doit mener une enquête sur les crimes de masse et individuels commis par la LVF en Pologne et en Bielorussie, en commençant par ouvrir et diffuser ses archives (les militaires français de retour rédigeaient un rapport d'activité). Pas de prescription pour les crimes commis en camp de détention. Au nom des 113 victimes juives des 17 et 18 décembre 1942, de Zofia, la paysanne polonaise, le silence doit être brisé, la vérité connue, les faits jugés, les assassins désignés nominativement et condamnés .... s'ils sont encore vivants.

Se taire, protéger, excuser, pardonner ou occulter ces crimes, c'est se rendre complice des responsables de ces meurtres ... des donneurs d'ordres allemands aux exécuteurs français.

Le travail de recherche doit se poursuivre !
Et il se poursuivra !

Rédacteur Borovick

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