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Omaha Beach : quatre heures de cauchemar avant l'enfer

Dans cet espace, sont rassemblés sous forme de fiches l'ensemble des biographies, résumés de bataille, thèmes importants concernant la seconde guerre mondiale.
MODÉRATEUR: Vincent Dupont

Omaha Beach : quatre heures de cauchemar avant l'enfer

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Origfild  Nouveau message 18 Fév 2004, 20:09

Utah_beach a écrit:Omaha Beach s'étend entre les écueils de la pointe e la percée, à l'ouest, et Port-en-Bessin à l'est. C'est un croissant de sable bordé, du côté de la terre, par un ligne de hauteurs qui s'élèvent doucement d'une trentaine de mètres au-dessus de la plage, jusq'à un plateau formé de champs entourés de haies, parcouru de chemins creux et parsemé de hameaux. La région est assez peu peuplée, le plus gros village (Trévières) à 7 km de la côte, ne compte que 800 habitants. Les villages de la côte, Vierville, Saint-Laurent et Colleville, s'élèvent en bordure de la plage, à 2km l'un de l'autre, reliés par un étroit chemin de 1000 ou 1200 mètres de mer. une promenade de front de mer, bordée d'une vingtaine de villas, entre Vierville et Saint-Laurent, domine une digue basse de maçonnerie ou de pieux qui limite la plage; la digue s'abaisse par endroits, livrant passage à d'étroits sentiers qui permettent d'atteindre les villages. A marée basse (le cas du débarquement), la plage monte en pente douce jusqu'à la digue ou, par endroits, jusqu'à la barrière de roche de 2,50 à 3m de haut, séparant le sable de l'herbe dure. La marée descendante et les courants creusent la plage de rigoles profondes. les extremités rocheuses de la ligne de hauteurs qui borde le croissant de la plage fourinssaient d'excellents emplacements pour les armes lourdes de flanquement, qui pouvaient ainsi prendre par surprise la totalité de la plage et ses approches de mer. Derrière l'obstacle constitué par la digue, l'ennemi avait organisé des retranchements qui réunissaient les blockhaus, les points d'appui et les épaulements bétonnés d'où il pouvait diriger sur la plags des feux croisés, denses et meurtriers. Théoriquement, les mitrailleuses, les canons de 88 et de 75 ne devaient pas laisser un pouce de sable à l'abri sur toute la largeur et d'un bout à l'autre de la plage. A l'arrière de cette première, les pentes de la falaise étaient truffées de nouveaux retranchements, de nids de mitrailleuses, de champs de mines. La plage elle-même n'était minée que modérement et surtout dans la zone des sentiers d'accès. Entre les laisses de haute et de basse mer, un enchevêtrement d'obstacles meurtriers semblait interdire le passage de tout engin dépassant les dimensions d'une boîte d'allumettes. Mais tous ces dispositifs avaient été soigneusement étudiés grâce aux reconnaissances nocturnes menées par de petits détachments et grâce aux innombrables photographies aériennes.

Omaha Beach ne recelait donc aucun mystère et aucune surprise capable de surprendre les Alliés. L'arrivée récente, même, d'une division supérieure aux autres ( la 352ème) avait été décelée par le service renseignement britannique et communiquée aux Américains de la 1ère armée. Malheuresement, l'information avait été considérée comme douteuse par le 2ème bureau de la 1ère armée et n'avait pas été diffusée aux échelons d'exécutions. pour ce lancer à l'attaque de cette formidable position, le général Bradley avait même rejeté le magnifique arsenal d'engins blindés du général Hobart et n'avait accepté contrecoeur l'aide des chars DD.

Le 6 juin, à 3heures, la force O ( O comme Omaha), commandée par le contre-amiral Hall, de la marine US, et transportant 34000 hommes et 3300 véhicules avec un deuxième échelon de même importance qui le suivait à quelques heures, commença de mettre à l'eau ses moyens d'assault à 12 miles au large. Hors de l'abri du Cotentin, ce furent 4 heures de cauchemar: les hommes se battaient contre la mer déchaînée avec l'energie du desespoir. Alors que les plus gros vaisseaux avaient du mal à maintenir leur position dans une mer très forte, les petis bateaux, plats et instables, se trouvèrent d'un seulcoup, soumis à toute la violence du noroît par des creux de 2mètres; ils se remplissaient plus vite que les pompes ne les vidaient. Quelques navirse porteurs avaient confiés à la mer des péniches deja chargées; mais d'autres avaient d'abord mis à l'eau les LCI vides, puis tentaient d'y transborder les hommes. Ce fut un incroyable supplice pour les soldats malades qui essayaient de sauter dans ces esquifs tanguant bord sur bord.

Dès leur mises à l'eau, dix péniches coulèrent bas et 300 hommes, dans l'obscurité, soutenus par leur gilet de sauvetage, tentèrent de survivre; des équipements, des débris de toute sorte et même des engins privés de direction les heurtaient, ajoutant au danger. Dans quelques 200 péniches, des hommes, abrutis par le mal de mer, trempés, raidis par le froid, qui, quelques instants plus tard, devraient se lancerà l'assault d'un ennemi retranché, au-delà d'une plage battue par un feu d'enfer, ces hommes devaient aider l'équipage à maintenir à flot leur bateau, en écopant à coups de casque, l'eau embarquée.

Enfin, au bord de l'épuisement physique et nerveux, les forces d'assault approchèrentdu rivage et leurs engins manoeuvrèrent pour l'écouage final. Mais ces hommes de l'avant-garde de l'invasion étaient plus nus encore et plus seuls qu'ils le pensaient, si tant est qu'ils puissent encore penser. La mer les avaient dépouiller de l'artillerie et des chars, et les équipes spécialisées du génie avaient souffert autant qu'eux. Avec une folle irréflexion, le commandant de la flotte de débarquement des blindés, chargé de mettre à terre 32 chars DD à "H-5", avait lancé les lourds véhicules en haute mer, à 6 km des côtes. Même avec d'excellents équipages, les chances eussent été faibles; mais dans les conditions du moment, 27 sombrèrent en quelques minutes; deux, grâce aux qualités exceptionnelles de leur équipage ... ou à la chance, réussirent à atteindre la plage. Trois autres encore furent épargnés grâce au blocage accidentel de la rampe de la péniche, qui les transporta donc jusqu'à la plage. Ainsi, des 96 chars prévus pour assurer l'appui de 1450 hommes constituant la première vague de huit compagnies et le premier échelon des détachements spécialisés du génie, les deux tiers seulement purent participer à l'assault.


 

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