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"Knock'em all down" : Aix-la-Chapelle, 1944

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"Knock'em all down" : Aix-la-Chapelle, 1944

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 30 Mar 2006, 19:10

Voici enfin la traduction de cet article en anglais que je promettais...

« Knock'em all down » : la réduction d'Aix-la-Chapelle, octobre 1944.
Christopher R. Gabel, Ph. D.


La cité d'Aix-la-Chapelle (Aachen en allemand-par commodité j'emploie ce terme dans le récit) est située au nord-ouest de l'Allemagne, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec la Belgique et les Pays-Bas. Elle est à cheval sur un des deux axes historiques d'avancée entre la France et l'Allemagne. Pendant la Seconde guerre mondiale, Aix-la-Chapelle fut la première grande ville allemande à être directement attaquée par les forces terrestres alliées. La ville n'était pas, pourtant, d'une importance capitale pour la défaite de l'Allemagne nazie. C'est seulement par chance, pourrait-on dire, que les soldats alliés se retrouvèrent impliqués eux-mêmes dans des combats de rues à l'intérieur de cette vieille cité.

La campagne qui mena à Aachen commença avec le débarquement en Normandie du 6 juin 1944, l'opération Overlord. La mission de cette force multinationale sous le commandement du général Dwight D. Eisenhower était « d'entreprendre les opérations visant le coeur de l'Allemagne et la destruction de ses forces armées. ».

La progression initiale visant cet objectif fut lente, en raison des efforts frénétiques des Allemands pour contenir, voire éliminer la tête de pont alliée en France. Après une bataille d'attrition prolongée en Normandie, les Alliés lancèrent le 25 juillet l'opération Cobra, un assaut délibéré pour percer hors du secteur où ils étaient confinés. Les Allemands, qui avaient prévu partout un cordon défensif, manquèrent de moyens pour prévenir cette percée qui se transforma en poursuite. Durant le mois d'août, les forces sous le commandement d'Eisenhower libérèrent la plupart du nord-ouest de la France, la Belgique et le Luxembourg. Le plan d'Eisenhower pour la nouvelle phase de la campagne prévoyait une double percée, avec le 21ème groupe d'armées britannique sur la gauche et le 12ème groupe d'armées américain sur la droite. Ce dernier, commandé par le Lieutenant General Omar Bradley, devait débouler de France en Allemagne par le biais du « corridor de Metz », en Lorraine. Le groupe d'armées britannique, sous les ordres du Field Marshal Bernard Law Montgomery, fournirait l'effort principal. Les plans préparés avant l'invasion prévoyaient que ce groupe devait passer de Liège à Cologne à travers le « corridor d'Aachen ». Il pourrait ainsi traverser le Rhin et s'emparer de la région vitale de la Ruhr, capture qui détruirait de manière effective toute capacité allemande de poursuivre la guerre. L'axe d'Aachen ne constituait pas la route la plus directe entre la Normandie et la Ruhr, mais il avait l'avantage de se trouver dans le rayon d'action des bases aériennes en Angleterre et d'être à proximité des ports britanniques sur la Manche. Si les Alliés avaient respecté à ce plan, Aachen se serait trouvée sur le chemin des Britanniques, et non des Américains.

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Les circonstances de la guerre dérangent souvent les plans les plus établis, et la campagne contre l'Allemagne n'échappe pas à la règle. La rapidité de l'avance alliée à travers la France devança la création d'une base de support logistique systématique, rendant essentiel le fait que les Alliés capturent rapidement les ports le long des côtes de la Manche en France et en Belgique. Une autre demande imprévue fut la capture de ces mêmes secteurs côtiers, d'où les Allemands procédaient au lancement de bombes volantes sans pilotes, connues sous le nom de V-1, contre la Grande-Bretagne. En accord avec cette stratégie, les forces alliés traversèrent d'abord la Seine, et Eisenhower déplaça la zone de progression du 12ème groupe d'armées plus au nord. Pour maintenir le contact avec les forces britanniques, Eisenhower divisa le groupe d'armées en deux, et la 1st US Army passa au nord des Ardennes, en couverture du flanc droit des Britanniques. La 3rd US Army progressait seule en Lorraine. Cette décision plaçait Aachen dans la zone d'opérations de la 1st US Army du Lieutenant General Courtney H. Hodges.

Un des développements ultérieurs pendant cette poursuite dictée serait que les Américains se retrouveraient eux-mêmes impliqués en combat dans Aachen. La 1st US Army avançait au nord-est de la Seine avec trois corps -le XIXème à gauche, le Vème au centre et le VIIème à droite. Le VII Corps, commandé par le Major General J. Lawton Collins, était en avance par rapport à ses deux homologues situés à sa gauche. Comme la poursuite s'étirait, un grand corps de troupes allemandes se retrouva devant les XIX et V Corps. Ces troupes étaient les restes des 7ème et 15ème armées allemandes qui refluaient en désordre vers l'Allemagne. Le 1er septembre, Hodges ordonna à Collins de faire pivoter son corps d'armée de 90° sur la gauche dans une tentative pour piéger les troupes allemandes ramassées le long des deux autres corps américains. Sur ce principe, le VII Corps fit mouvement vers le nord, atteignit Mons en Belgique et le 3 septembre s'installa pour barrer la route aux ennemis en retraite. Après la course des derniers jours, des éléments d'une vingtaine de divisions allemandes foncèrent tête baissée dans le piège. La « poche de Mons » donna aux Alliés quelques 25 000 prisonniers allemands. En exécutant son mouvement vers le nord, le VII Corps bouscula son voisin, le V Corps, et devint le corps central de la 1st US Army. Lorsque l'avance vers l'est reprit, le VII Corps se trouva lui-même sur la route d'Aachen.

Le VII Corps de Collins traversa la frontière allemande le 12 septembre. Aachen, située seulement à 16 km, était virtuellement ville ouverte. Pourtant, la ville n'était alors pas encore un objectif. Assumant le fait que l'armée allemande était alors battue, et que la poursuite à l'intérieur de la France et de la Belgique se poursuivrait en Allemagne, la 1st US Army devait contourner Aachen dans le but d'atteindre le Rhin, à une cinquantaine de km. En fait, la poursuite était tout ce dont la 1st US Army était capable avant d'atteindre le point de rupture. Elle était entrée en Allemagne 233 jours avant les plans établis pour le soutien logistique. L'équipement et les ravitaillements étaient proches de l'épuisement. Au sein du VII Corps, la 3rd US Armored Division était tombée au tiers de son équipement normal de 230 chars moyens. Le ravitaillement pour l'armée devait être acheminé par des camions roulant depuis la Normandie, une procédure qui avait largement cessé d'être assez efficace (les camions transportant le ravitaillement pour le 12th US Army Group consommaient autant d'essence qu'une des deux armées de campagne). Au sein de la 1st US Army, le XIX Corps fut à court d'essence dès le 9 septembre et resta en arrière dans la course vers la frontière. En ce jour où le VII Corps entrait en Allemagne, la 1st US Army devait compter uniquement sur des rations capturées pour nourrir les troupes. Avec une priorité mise sur l'acheminement du carburant afin de continuer la poursuite, la 1st US Army se trouvait contrainte de rationner les munitions jusqu'à la mi-octobre. La crise logisitique fut un peu atténuée lorsque le service du chemin de fer se mit en place à Liège, en Belgique, le 18 septembre, mais il se passera encore des mois avant que la situation de l'approvisionnement ne soit complètement résolue.

De plus, la 1st US Army était dangereusement étirée. Elle avait atteint la frontière allemande sur un front de près de 130 km, à l'intérieur duquel le VII Corps en tenait plus de 30. La doctrine de l'époque prescrivait un front de 8 à 16 km pour une unité de la taille du VII Corps. La 1st US Army n'avait aucune réserve. Des lignes de front si étendues avaient pu être un avantage durant la phase de poursuite, mais les Alliés étaient sur le point de comprendre que celle-ci touchait à sa fin. L'armée allemande, toujours mordante, était en voie de reconstitution après sa défaite en France. Déterminés à défendre leur patrie, les soldats allemands pouvaient se réjouir de compter sur une ligne fortifiée, le Westwall, connu par les Alliés sous le nom de Ligne Siegfried.

Le Westwall était un ensemble de quelques 3 000 pillboxes, bunkers, et postes d'observation s'appuyant mutuellement et couvrant toute la frontière occidentale de l'Allemagne. Sa construction avait débuté en 1936, après que la Wehrmacht ait réoccupée la Rhénanie, en violation du traité de Versailles censé mettre fin à la Grande guerre. L'effort de construction s'intensifia en 1938 avec la crise de Munich. Après la conquête allemande de la France, en 1940, le Westwall avait été laissé à l'abandon et son état se détériora rapidement. Pourtant, il fut un atout supplémentaire dans les combats pour les défenseurs.

Les Allemands n'ont jamais cru que le Westwall pourrait stopper à lui seul un envahisseur. Son but était de retarder l'attaquant jusqu'à ce qu'une force mobile de contre-attaque puisse intervenir. Dans un sens, c'est ce qu'espérait Adolf Hitler en 1944. Il ordonna que les Alliés soient contenus sur le Westwall le temps nécessaire pour amasser des forces suffisantes afin de lancer une contre-offensive majeure à travers les Ardennes. Cette offensive, appelée par les Américains Battle of the Bulge (bataille du Saillant), eut finalement lieu au mois de décembre.

Aachen était, pour des raisons pratiques, une constituante du Westwall. La cité était tapie entre deux ceintures de bunkers et d'obstacles, l'une à l'ouest, l'autre à l'est. Le secteur d'Aachen était en fait une des portions les plus lourdement fortifiées du Westwall. Aachen elle-même, pourtant, n'était pas fortifiée. Il n'y avait rien à dire pour recommander d'en faire un champ de bataille, selon les perspectives allemande ou américaine. En tant que position défensive, Aachen était vulnérable par le fait qu'elle reposait dans une dépression environnée de hauteurs sur tous les côtés. Du point de vue américain, Aachen n'était pas un objectif de valeur. Le maillage routier existant rendait parfaitement faisable le contournement de l'ensemble de la zone urbaine. Bien qu'Aachen recèle quelques industries et des mines de charbon, elle n'était nullement vitale à l'effort de guerre allemand. De plus, des raids aériens alliés massifs avaient déjà endommagé ou détruit la moitié des constructions de la ville. Sa population d'avant-guerre de 165 000 personnes était tombé à moins de 20 000 en septembre 1944. Une évacuation mandatée des civils, ordonnée par Hitler lui-même, déplaça l'essentiel du reliquat. A la lumière de ce qui s'est finalement passé, il semble ironique que le jour où le VII Corps entrait en Allemagne, les Américains prévoyaient de contourner Aachen, alors que le commandant allemand de la place, quant à lui, escomptait céder la ville sans combat.

Mais Adolf Hitler avait de toutes autres intentions. Il ne voulait laisser aucune ville allemande à l'ennemi, particulièrement celle d'Aachen chargé d'un tel poids symbolique. L'histoire d'Aachen remontait à l'époque romaine, où elle était connue sous le nom latin d'Aquisgranum. Le nom romain dérivait des nombreuses sources thermales minérales situées là, que les Romains transformèrent en thermes. Les qualités médicinales supposées des bains d'Aachen continuèrent d'attirer des visiteurs jusqu'au XXème siècle. En plus de cela, Aachen était la capitale de l'empire européen de Charlemagne au début du Moyen-Age et lieu de couronnement officiel du Saint Empire Romain Germanique de 813 à 1531. Hitler, qui avait baptisé son régime du nom de IIIème Reich, considérait le Saint Empire fondé par Charlemagne comme le Ier Reich. Il n'était pas question d'abandonner Aachen à l'envahisseur.

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En tant que champ de bataille, la cité d'Aachen comportait en 1944 trois types de terrains urbains. Le coeur de la cité regroupait les restes du Moyen-Age, avec des rues sinueuses et des bâtiments très resserrés. Les constructions en maçonnerie étaient prépondérantes. Plus au nord, sur un terrain en hauteur, on trouvait les sources minérales et les hôtels attenants construits alentour. Ici les rues étaient plus larges et plus rectilignes et le gros de la zone consistait en parcs boisés à côté des lieux de villégiature. Entourant le centre-ville et le secteur « balnéaire » se trouvait une zone industrielle avec des usines, des mines de charbon et des zones résidentielles. Les soldats américains qui combattirent en définitive à l'intérieur d'Aachen eurent l'avantage de bénéficier d'excellentes cartes (obtenues en France) et grâce à la supériorité aérienne alliée, de photos aériennes. Bien que champ de bataille complexe, Aachen n'en était pas un mystérieux.

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La gare principale d'Aachen, fin 1944.

La bataille d'Aix-la-Chapelle commença le 12 septembre avec de chaque côté, le désir de s'emparer ou de tenir la cité elle-même. A cette date, le VII Corps commença une pénétration du Westwall au sud de la ville dans l'espoir de percer rapidement à travers la plaine de Cologne et au-delà. Au 15 septembre, des éléments des 1st US I.D. et 3rd Armored Division avaient achevé la pénétration, mais la progression était lente et les pertes conséquentes. Même tenues par des troupes de seconde ligne, les fortifications du Westwall représentaient un formidable rempart. Le mauvais temps entrava en outre le rush américain. Le terrain gorgé d'eau limitait les possibilités de mouvement en dehors des routes, et le temps nuageux fournit aux Allemands l'opportunité de renforcer le secteur d'Aachen sans interférence de l'aviation alliée. Les officiers du renseignement américain notèrent l'arrivée des premiers renforts dès le 14 septembre. Le 17, les Allemands étaient assez forts pour commencer à monter des contre-attaques.

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Un M4 Sherman franchit des dents de dragon près d'Aachen, le 16 septembre.

Avec une progression freinée par la résistance allemande, le mauvais temps, et les problèmes logistiques, le haut-commandement américain reconnut que la poursuite était terminée. Le 22 septembre, la 1st US Army passa sur la défensive. Le 24, le Rhin cessa d'être un objectif immédiat. A la place, la 1st US Army jugea nécessaire de réduire Aachen, qui constituait désormais un dangereux saillant sur le flanc gauche du VII Corps et de sa percée dans le Westwall.

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Lorsque la 1st US Army reprit sa marche une semaine plus tard, la première tâche fut d'encercler Aachen. Le 2 octobre, le XIX Corps lança un assaut délibéré sur le Westwall au nord de la ville. 26 bataillons d'artillerie et 432 appareils d'appui tactique pilonnèrent les positions allemandes, à la suite de quoi la 30th I.D. attaqua vers l'est, forçant un passage sur la rivière Wurm et entrant dans le Westwall. Ni les préparations d'artillerie ou celle aérienne n'eurent d'impact sur les constructions du Westwall, et l'infanterie, tronçonnée en petites équipes, dut donc réduire un par un les bunkers à la grenade, à la charge explosive et au lance-flammes. La 2nd Armored Division commença de passer dans la tête de pont lentement élargie le 3 octobre. Au 6 octobre, la 30th I.D. avait investi le Westwall et obliqué vers le sud, avec la 2nd Armored Division faisant face à l'est pour couvrir son flanc gauche. La réaction allemande à cette incursion fut vigoureuse mais désordonnée. Des contre-attaques violentes et décousues commencèrent le 4 octobre. Parmi les unités envoyées contre la 30th I.D. se trouvait un régiment de grenadiers amoindri retiré de la garnison d'Aachen.

Le 7 octobre, la 1st US Army ordonna à la 1st I.D. d'attaquer au nord en direction de sa collègue la 30th I.D, formant ainsi la mâchoire sud de la tenaille. Le 18th Infantry Regiment, qui mèna l'assaut, assaillit latéralement le Westwall à travers un terrain industriel et suburbain. L'unité forma des équipes anti-pillboxes disposant de lance-flammes, de torpilles Bangalores et de charges de démolition. Le régiment fut renforcé par une batterie de canons autopropulsés de 155 mm, une compagnie de Tank Destroyers et une autre de M4 Sherman. Un officier de liaison avec l'aviation accompagnait chaque bataillon. 11 bataillons d'artillerie et une compagnie de mortiers de 4,2 inches appuyèrent l'assaut. La mission du 18th était d'avancer d'environ 5 km et de s'emparer de trois collines qui se succèdaient sur sa route. La première d'entre elles, Verlautenheide, tomba lors d'une attaque avant l'aube le 8 octobre qui suivit de près un intense bombardement à l'artillerie lourde. Dans l'après-midi du même jour, le 18th s'empara de la deuxième hauteur, baptisée Crucifix Hill, avec la même tactique : attaque suivant de près la fin de la préparation d'artillerie. Pour l'attaque de la troisième et dernière colline, le 18th changea de tactique. Dans la nuit du 9 octobre, deux compagnies infiltrèrent les lignes ennemies à travers les pillboxes et prirent position sur Ravel's Hill sans tirer un coup de feu. Après un nettoyage effectué en contournant les positions ennemies, le 18th se retrancha et attendit l'arrivée de la 30th I.D. venant du nord.

Avec les Américains soigneusement perchés sur Ravel's Hill, le fossé entre la 1st I.D. au sud et la 30th I.D. au nord était large de moins de 2 km. Pourtant, des renforts allemands continuaient d'affluer. Le LXXXI. Korps du général Friedrich J. Koechling, défendant le secteur d'Aachen, commença à recevoir des troupes du I. SS-Panzerkorps qui comprenait l'incomplète 3. Panzergrenadier Division et la 116. Panzerdivision. La mission de Koechling était d'annihiler les inflitrations américaines dans le Westwall. Pourtant, la pression des événements le força à lancer les unités arrivées par petits paquets, de manière saccadée, plutôt que de les regrouper en vue d'une plus grande contre-offensive. En conséquence, les deux divisions d'infanterie américaines étaient capables de repousser toutes les attaques et de supporter les tirs d'artillerie, mais seulement si elles pouvaient compter sur un appui-feu terrestre et aérien solide. La 30th I.D. mit une semaine pour combler l'écart la séparant de sa soeur.

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A la suite de cette jonction, la 1st US Army décida de procéder à la réduction d'Aachen elle-même, bien que l'encerclement fut incomplet. La 1st US Army en arriva à cette décision non pas par désir de s'emparer de la ville, mais à cause d'un besoin de raccourcir les lignes et pour libérer les troupes encerclant la ville afin de les employer à contrer les forces allemandes arrivant de l'est. Dans l'essence, la réduction d'Aachen était un objectif secondaire. Le principal effort de la 1st US Army était la bataille d'encerclement à l'est de la cité. Cela étant le cas, les seules forces disponibles pour s'emparer immédiatement d'Aachen étaient deux bataillons de la 1st I.D. .

Heureusement pour les Américains, la défense du centre-ville d'Aachen était également une priorité secondaire pour les Allemands, qui se sentaient plus concernés par l'élimination des percées américaines dans le Westwall au nord et au sud de la ville. La garnison d'Aachen proprement dite consistait avant tout en la 246. Volksgrenadier Division, amputée de 4 de ses 7 bataillons d'infanterie. Les Volksgrenadier Division, qui apparurent pour la première fois dans l'ordre de bataille allemand à l'automne 1944, étaient des divisions hâtivement constituées, pour la plupart avec des survivants d'unités brisées dans diverses batailles. Ces unités n'avaient pas une dotation standard complète en artillerie, mais étaient abondamment pourvues à titre de compensation en armes automatiques. Le commandant de la 246. V.G. D. était le colonel Gerhard Wilck. Ce dernier avait également sous ses ordres deux bataillons de forteresse (troupes statiques formées avec du personnel de seconde ligne), quelques éléments de personnels au sol de la Luftwaffe et 125 policiers locaux. Pour appuyer son infanterie, Wilck disposait aussi de 5 Panzer IV armés d'un canon à haute vélocité de 75 mm, et de 32 pièces d'artillerie de calibres compris entre 75 et 150 mm. L'arme la plus dangereuse dans l'arsenal de Wilck était sans doute le Panzerfaust, une arme antichar sans recul délivrant un obus à charge creuse capable de percer 20 cm de blindage. Le principal défaut du Panzerfaust était sa faible portée -30 à 80 m- mais dans un combat urbain rapproché, il pouvait se révéler mortel.

Wilck prit le commandement à Aachen le 12 octobre, un jour seulement avant l'assaut sur la ville. Il établit son QG dans le luxueux hôtel Quellenhof, situé dans la zone de villégiature du côté nord de la ville. La position de Wilck n'était pas très enviable. Hitler lui avait ordonné de défendre Aachen jusqu'à la dernière extrémité, et Wilck était conscient que les soldats qui failliraient à leur devoir verraient leurs familles poursuivies par la Gestapo. Pourtant, ces forces groupaient seulement 5 000 hommes de qualité inégale, si l'on excepte les renforts pouvant arriver au cours de la bataille.

Bien qu'il ne le sache pas, Wilck surclassait les Américains en nombre dans un rapport de 3 à 4 contre 1. De plus, les deux bataillons de la 1st I.D. chargés de réduire la ville d'Aachen n'avaient aucune expérience du combat urbain. Au mieux, ils avaient entendu des récits de combats urbains livrés par d'autres unités dans le bouche-à-oreille, et ce n'était guère rassurant.

La doctrine officielle s'avérait de peu de secours pour ces hommes. Le mieux que fournissait les manuels de campagne existants était quelques pages sur le combat urbain dans les villes et les villages. Il n'y avait aucune référence pour les grandes agglomérations. De plus, ces manuels indiquaient clairement que l'attaque frontale était la moins bonne des solutions en regard de cet objectif. Ils recommandaient d'envelopper la ville ou de l'éviter.

D'un autre côté, la doctrine officielle présentait une bien pâle figure du type de défense que l'on pouvait rencontrer dans une zone bâtie. Les manuels proclamaient que l'ennemi défendrait la ville en profondeur, et que les bâtiments et en particulier les greniers seraient fortifiés pour en faire des points forts capables de riposter à une attaque tous azimuts. Peut-être le passage le plus utile de ces manuels était celui avertissant que les rues seraient balayées par les tirs, et que le meilleur moyen de progresser pour l'infanterie était de sauter de bâtiment en bâtiment en perçant des trous dans les murs.

Comme les tactiques employées de nos jours, les manuels évoquaient des procédures méthodiques et intensives d'appui-feu. Les opérations étaient par nécessité décentralisées, vu le manque d'observation. Les unités devaient avancer par bonds, réduisant un par un les points forts par des bombardements d'artillerie suivis de près par des assauts de l'infanterie. De fréquentes haltes le long des lignes de phase (les rues principales) seraient nécessaires pour restaurer le contact entre unités adjacentes. Pour les tanks, la doctrine suggérait de manière inutile que « des opportunités se présenteront d'elles-mêmes fréquemment où le soutien des chars s'avérera crucial. ».

Certains arguent que la doctrine de l'US Army était exacte sur les grandes lignes, mais il était clair que les troupes américaines assaillant Aachen auraient à apprendre leur tâche sur le tas. Un facteur travaillant en faveur des Américains était que l'unité chargée de cette opération était une des plus expérimentées de toute l'armée américaine. Le 26th Infantry Regiment de la 1st I.D., commandé par le colonel John F.R. Seitz, était au front depuis le débarquement en Afrique du Nord du 8 novembre 1942. Deux des trois bataillons du régiment étaient disponibles pour la réduction d'Aachen : le 2nd, commandé par le lieutenant-colonel Derrill M. Daniel, et le 3rd du lieutenant-colonel John D. Torley. Partant du principe que les défenses allemandes d'Aachen seraient orientées au sud, où les Américains étaient en position depuis plus d'un mois, le commandant de la 1st I.D., le Major General Clarence R. Huebner décida de déplacer ces deux bataillons vers l'est et de les faire attaquer sur un axe est-ouest. Le 1106th Engineer Combat Group, constitué de deux bataillons, reçut pour mission de tenir le périmètre au sud d'Aachen tandis que l'attaque traverserait son front.

Le colonel Seitz assigna au 2/26 le nettoyage du coeur d'Aachen. A sa droite, le 3/26 était chargé de l'effort principal, devant prendre les hauteurs de la face nord de la cité, le Salvatorberg et le Lousberg. Les deux bataillons reçurent des ordres pour déplacer tous les civils rencontrés. Les Américains espéraient qu'aucun Allemand, civil ou militaire, ne resterait derrière leurs lignes et ils avancèrent à travers la ville.

Du 8 au 12 octobre, les deux bataillons se frayèrent un chemin pour atteindre leurs positions à l'est et au sud-est d'Aachen, saisissant l'opportunité pour se familiariser avec les techniques et les tactiques du combat urbain pendant leur avance. A la tombée de la nuit, le 12 octobre, le 2/26 arriva au pied du remblai de la ligne de chemin de fer Aachen-Cologne. A sa droite, le 3/26 occupa ses positions de départ dans la zone industrielle juste à l'est d'Aachen proprement dite.

Dans le même temps, le 10 octobre, Huebner envoya un ultimatum à la garnison d'Aachen, lui donnant 24h pour se rendre. Lorsque celui-ci expira le 11, les Américains débutèrent un bombardement préparatoire de deux jours sur la cité. 12 bataillons d'artillerie du VII Corps et de la 1st I.D. expédièrent 4 800 obus sur la ville le premier jour, tandis que 4 groupes aériens du IXth Tactical Air Command, totalisant quelques 300 chasseurs-bombardiers, larguèrent 62 t de bombes. Le 12, ce furent 5 000 coups et 99 t de bombes qui tombèrent sur Aachen. Il est improbable que cette démonstration de puissance de feu ait eu un quelconque impact sur les défenseurs, qui s'étaient de longue date réfugiés dans les sous-sols, les bunkers, les abris anti-aériens et autres positions sûres.

Le 1106th Engineer Combat Group, surplombant Aachen de ses lignes en hauteur au sud de la ville, fit sa propre contribution, unique en son genre, au tir de préparation. Les sapeurs bourrèrent des tramways avec des explosifs capturés, leur attachèrent des fusées à retardement, et les jetèrent du haut de la colline sur les pentes menant au centre-ville. Le 1106th fabriqua trois de ces engins, qu'ils affublèrent du titre de « V-13 ». Le premier explosa prématurément, et le second dérailla en butant sur l'épave du premier. Après qu'une patrouille ait nettoyé avec succès les rails, le troisième engin fut lancé dans la cité, explosa de manière retentissante, sans dommage pour la garnison semble-t-il.

Dans l'analyse de la réduction d'Aachen elle-même, il est important de souligner que les deux bataillons américains impliqués firent face à différents défis et menèrent différentes batailles. Pour des buts analytiques, il est plus logique de traiter chacun séparément.

Le 2/26, ayant mission de nettoyer la partie la plus dense de la vieille ville, conduisit une opération urbaine méthodique et spécialisée. Par chance, le Lt Col. Daniel, commandant du bataillon, écrivit un récit détaillé après les guerre des méthodes employées. Ses préparatifs commencèrent avec une reconfiguration de son bataillon qui intégra les armes de combat d'unités de faible ampleur. Chaque compagnie de fusiliers devint une Task Force. En plus des trois sections de fusiliers et de la section de soutien (mitrailleuses légères et mortiers de 60 mm) organiques de la compagnie, Daniel ajouta 3 chars ou TD que la companie dispatchait ensuite au sein des sections. Les tanks M4 Sherman pesaient environ 35 t, étaient équipés d'un canon de 75 mm pouvant tirer des obus AP, HE et au phosphore. Les TD étaient les M10, basés sur le M4, embarquant une pièce à haute vélocité de 76 mm largement estimée pour son habilité à percer murs et fortifications. Il est à noter que M4 et M10, longs d'environ 6 m et larges de 2,70 m, étaient assez petits pour évoluer même dans un environnement urbain assez étroit. Daniel attribua également à chaque compagnie de fusiliers deux canons antichars de 57 mm, tirés de la compagnie antichar régimentaire, deux équipes de bazookas, un lance-flammes, et deux mitrailleuses lourdes (cal. 30 à refroidissement par eau, capables de tirer en continu).

Chacune des compagnies du 2/26 était assignée à une zone de progression, au sein de laquelle chaque section, accompagnée de son char ou de son TD, recevait une rue précise à nettoyer. Utilisant les cartes détaillées à sa disposition, Daniel planifia « le système de la rougeole » (sic) dans lequel toutes les intersections et les bâtiments éminents étaient dénombrés pour accélérer les communications et assurer la coordination entre les éléments du bataillon. Daniel ordonna par la suite qu'une liaison sûre et constante devait être maintenue entre les unités adjacentes en permanence. Lorsque les unités avançaient, Daniel définissait des arrêts à des check-points désignés pour le rétablissement du contact sur toute la ligne. Les opérations offensives s'arrêtaient au crépuscule le long des lignes de phase prévues (les rues principales) pour éviter la confusion et la perte d'observation inhérentes au combat nocturne.

La logistique posa des problèmes particuliers pour le 2/26. Anticipant d'importantes dépenses de munitions, Daniel improvisa un bataillon mobile de dépôt de munitions qui gardait l'allure de ses compagnies de pointe. Pour faciliter les évacuations médicales dans les rues encombrées de gravats, Daniel débaucha quelques transporteurs M29, appelés « Weasels ». Ces petits véhicules polyvalents étaient entièrement chenillés et mesuraient 3,50 m de long et 1,65 m de large, mais pouvaient transporter une charge de près de 550 kg.

Le 13 octobre commença la réduction d'Aachen, avec deux bataillons faisant mouvement de manière simultanée mais attaquant séparément. Le premier obstacle auquel fut confronté le 2/26 fut le remblai de la voie de chemin de fer, de 3 à 6 m de hauteur qui courait du sud-ouest au nord-est le long du front du bataillon. 3 bataillons d'artillerie délivrèrent un tir de préparation de 23 minutes sur l'autre bord du remblai, mais la zone en question étaient laissée sans défense. Le remblai demeurait, pourtant, un problème pour le passage des chars et des autres véhicules. Deux blindés parvinrent malgré tout à le franchir, quand on découvrit que les véhicules pouvaient rouler tout droit à travers une station de chemin de fer construite sur le remblai, une fois que quelques murs eurent été mis à bas. Après le nettoyage du remblai, les deux compagnies d'assaut pivotèrent à gauche et firent face vers l'ouest. La 3ème compagnie du 2/26 suivait derrière, prête à prendre sa place dans la ligne.

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Avec un front de quelques 2 000 m (deux à quatre fois la longueur recommandée par la doctrine officielle) et aucune réserve, le 2/26 comptait sur sa patience, sa minutie et sa puissance de feu pour maintenir son avance. Le leitmotiv du bataillon dans cette opération était « Knock'em all down ». Il n'y avait aucune tentative pour éviter les dommages collatéraux ; en fait, les troupes montraient un grand degré d'enthousiasme en ruinant une ville allemande. De manière plus pragmatique, Daniel pensait que les Allemands ne pourraient pas espérer combattre efficacement avec un tintamarre d'immeubles s'affaissant en permanence près de leurs oreilles. De manière générale, la procédure de Daniel était d'utiliser toute la puissance de feu disponible pour clouer au sol les défenseurs et les refouler dans les greniers, où l'infanterie les attaquait et les éliminait à la baïonnette et à la grenade.

« Knock'em all down !. » débutait avec un barrage d'artillerie. L'artillerie lourde mettait à mal les lignes de communication allemandes pour isoler le champ de bataille. L'artillerie moyenne et les mortiers pilonnaient l'arrière immédiat du front. Les artilleurs employaient des fusées à retard pour s'assurer que les obus pénètrent les bâtiments avant d'exploser. L'artillerie de corps et de division était déployée au sud de la ville, autorisant celle-ci à appuyer l'avance des troupes de manière parallèle au front. Avec le danger de « friendly fire » ainsi diminué, les artilleurs étaient capables d'ajuster leurs tirs à quelques mètres près des lignes de l'infanterie. Pourtant, depuis que la bataille d'encerclement faisait rage, les forces combattant dans Aachen ne purent pas compter sur un soutien d'artillerie permanent.

Les chars et TD assignés aux sections étaient, d'un autre côté, des sources toujours présentes d'appui-feu mobile. Les troupes américaines, bien conscientes du danger que représentait les Panzerfaüste en combat urbain, développèrent des tactiques d'armes combinées dans lesquelles l'infanterie protégeait les chars des Panzerfaüste tandis que les chars engagaient les points fortifiés qui entravaient l'infanterie. Les sections maintenaient généralement leur char une rue en arrière de celle en train d'être sécurisée. Le char ou le TD s'avançait prudemment autour du coin de rue et fournissait un tir sur un bâtiment précis. Ainsi l'infanterie pouvait investir le bâtiment tandis que le blindé reportait son tir sur celui jouxtant le premier. Une fois que le bloc avait été systématiquement ratissé, toutes les armes disponibles faisaient feu sur les positions éventuelles visibles de tireurs au Panzerfaust, pendant que le blindé se ruait en avant dans la rue juste nettoyée.

En ce qui concerne l'infanterie, les sections de fusiliers restaient dans les rues le moins longtemps possible. Les mitrailleuses lourdes fournissaient un feu continu dans les rues tout au long de l'avance, gênant ainsi les mouvements allemands latéraux, tandis que l'infanterie américaine passait de bâtiment en bâtiment en pratiquant des brèches dans les murs mitoyens avec des bazookas et des charges de démolition. Le mode préféré pour nettoyer les immeubles étaient de progresser du haut vers le bas, la grenade étant alors une arme de choix.

Le 2/26 élimina chaque position allemande rencontrée, n'en contournant intentionnellement aucune. Toutes les bouches à égout furent scellées pour prévenir la réoccupation de positions derrière les lignes américaines. En accord avec les ordres donnés par le haut-commandement, tous les civils rencontrés furent évacués de la ville.

Comme le combat progressait le 14 octobre, le 2/26 reçut un renfort supplémentaire du VII Corps sous la forme d'un canon autopropulsé de 155 mm (il en fut de même pour le 3/26 à cette date). Cette arme tirait un projectile perforant de 43 kg à une vitesse initiale de 840 m par seconde -une énergie cinétique suffisante pour pénétrer tout un bloc de bâtiment. Daniel fut sérieusement appliqué à prendre soin de cet atout.

A la fin de la journée, le 2/26 atteignit sa ligne de phase désignée mais un écart subsistait entre son flanc droit et la gauche du 3/26 plus au nord. Daniel blâma le 3/26 de s'ancrer sur une mauvaise position sur sa gauche. Heureusement, les Allemands n'exploitèrent pas ce point faible, bien que le 2/26 perdit un de ses canons antichars de 57 mm par un tir venu de ce trou dans la ligne.

Le 2/26 poursuivit son avance méthodique le 15 octobre. Il acheva la liaison avec le 3/26, sécurisant ainsi son flanc droit. La G Company, sur le flanc gauche, rencontra une structure massive de trois étages fortifiée, qui se révéla être un gigantesque abri anti-aérien au-dessus du sol. Un tir de semonce du lance-flammes de la compagnie provoqua la reddition de 200 soldats et de 1 000 civils allemands abrités derrière la structure, aux murs épais de 5 m.

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Photo du US Army Signal Corps, 15 octobre : une mitrailleuse cal. 30 du 2/26 prend en enfilade une rue d'Aix-la-Chapelle.

Au crépuscule, les Allemands lancèrent une contre-attaque avec une compagnie, et un soutien blindé, le long de la Hindenburg Strasse. Le 2/26 mit deux heures à contenir l'attaque et à restaurer sa ligne. Cette action coûta aux Américains un TD, un canon antichar et une mitrailleuse lourde. Les Allemands laissèrent dans l'affaire un de leurs chars et l'équivalent d'une section d'infanterie. Ce combat se révélerait être le plus important de ceux livrés par le 2/26 pendant la réduction d'Aachen.

Le matin suivant, les 1st et 30th I.D. firent enfin leur jonction à l'est de la ville, encerclant ainsi complètement Aachen. Les Allemands répondirent par de violentes contre-attaques, forçant la 1st I.D. à suspendre les opérations offensives dans la ville par mesure de précaution. Le 2/26 profita de cette pause pour sécuriser sa position. Sur le flanc gauche du bataillon, le 1106th Engineer fit pivoter son aile droite en avant de ses lignes au sud de la ville pour s'aligner avec le 2/26. Le bataillon décida aussi de s'occuper d'une pillbox repérée au bout de la Hindenburg Strasse. Daniel amena à pied d'oeuvre son canon autopropulsé de 155 mm dans ce but. Pour le protéger, il ordonna à ses TD de tirer sur les rues des carrefours intermédiaires. Pour couvrir les TD, l'infanterie sécurisa les bâtiments où ceux-ci pouvaient être à la portée de Panzerfäuste. Une fois en place, le 155 détruisit complètement la « pillboxe », qui s'avéra plus tard être en fait un tank camouflé.

Le 2/26 continua son avance méthodique les 17 et 18 octobre. Le 1106th Engineer Group continua de se déplacer en avant pour couvrir le flanc du bataillon. Tandis qu'il avançait, le front du 2/26 s'élargissait au fur et à mesure. La 1st I.D. attacha la C Company (1/26) sous les ordres de Daniel, où elle assuma la responsabilité d'une zone sur le flanc droit.

Pendant cette période, le 2/26 fut assailli lui-même sur ses arrières, en dépit de toutes les précautions prises pour qu'aucun Allemand n'ait été laissé derrière les assaillants. Après une recherche méticuleuse, les Américains découvrirent que le feu provenait d'un clocher d'église, renforcé avec du béton et transformé en poste d'observation. Cette position était protégée des tirs d'armes légères de l'infanterie et même de ceux des canons de 76 des TD ; Daniel rappela donc à nouveau sa pièce automouvante de 155 mm. Un seul obus fit effondrer toute la structure dans la rue adjacente. Cette utilisation d'un canon de 155 comme arme anti-sniper est peut-être l'incarnation-type de « Knock'em all down ».

Le front du 2/26 continua à s'élargir lorsqu'il pénétra dans la partie occidentale de la ville à partir du 19 octobre. Un autre bataillon, le 2/110 (28th I.D.), fut mis à disponibilité « uniquement pour des missions défensives ». Cette force, qui avait été engagée dans un combat plus précoce, occupa un trou qui émergeait entre le 2/26 et le 1106th Engineer. Le même jour, en opérant en coopération avec le 3/26 sur la droite, des éléments du 2/26 s'emparèrent des basses pentes du Salvatorberg.

Le 20 octobre, l'aile droite du bataillon fut impliquée dans une violente bataille pour l'Ecole Technique (fait inconnu des Américains, le QG allemand d'Aachen était situé quelques pâtés de maisons plus loin dans la zone du 3/26). Inversement, la résistance s'effondra à la gauche du bataillon près de la lisière occidentale de la ville. L'Ecole Technique tomba le 21 octobre, livrant plusieurs centaines de prisonniers. Ce fut la dernière résistance organisée rencontrée par le 2/26. Le bataillon traversa un remblai de chemin de fer à la limite ouest de la cité avec un barrage de grenades répété de la même manière que lorsqu'il était entré dans Aachen. Il était en train de sécuriser le terrain au-delà de ce remblai, quand un message arriva annonçant que le commandant allemand, le colonel Wilck, s'était rendu au 3/26.

Tandis que les actions du 2/26 dans Aachen furent largement des opérations de nettoyage face à des défenseurs faiblement organisés, le 3/26 fit plutôt l'expérience d'une bataille rangée. Son environnement de combat était aussi différent. A l'inverse du terrain fortement urbanisé sur lequel combattit le 2/26, le 3/26 rencontra d'abord une zone industrielle, puis avança ensuite dans les parcs et les lieux de villégiature qui recouvraient les collines sur la face nord de la ville. Le contrôle de ces hauteurs, qui surplombaient le centre-ville, était la clé de la prise d'Aachen, un fait connu dans les deux camps. Le colonel Wilck plaça le meilleur de ses troupes sur le chemin du 3/26.

Le 3/26 lança son attaque le 13 octobre à travers les usines et les hôtels au nord-est d'Aachen. Bien que son front soit considérablement plus étroit que celui du 2/26, le 3/26 avança avec ses deux flancs dégagés. Après une progression en ligne droite le long de la Juelicher Strasse pendant plusieurs heures, le bataillon fut arrêté par un tir de canon de 20 mm forçant l'infanterie à évacuer la rue, laissant ainsi deux blindés à la merci de tirs de Panzerfaust. Un des deux fut détruit et le second, endommagé, fut abandonné par son équipage. Plus tard, des fantassins réussiront à faire redémarrer le char endommagé.

Le 14 octobre, le 3/26 concentra deux de ses trois compagnies dans la réduction d'un point fortifié allemand à l'église Ste-Elizabeth. A la fin de la journée, des éléments avançaient au coin de Farwick Park, à quelques îlots seulement du QG de Wilck à l'hôtel Quellenhof. En réponse, Wilck transporta son PC dans un abri anti-aérien à 1 200 m à l'ouest du bâtiment. Le soir même, Wilck reçut les seuls renforts qui lui parviendront de toute la bataille. Le bataillon SS Rink, une force mixte d'infanterie et de 8 canons d'assaut, atteignit la position de Wilck après s'être taillée un chemin à travers la 30th I.D. . Bien que cette force soit déjà sérieusement entamée, en tant qu'unité SS elle regroupait les meilleurs hommes et les plus fanatiques que l'Allemagne pouvait alors offrir. Wilck assigna à ce bataillon la tâche de stopper le 3/26.

Le jour suivant débuta bien pour le 3/26. Le bataillon acheva la jonction avec le 2/26 sur sa gauche, sécurisant ainsi un de ses flancs. L'attaque contre Farwick Park progressa de manière continue, avec l'appui de mortiers de 4.2 inches fournis par le QG de la division. Avançant à travers des pelouses et des jardins luxueux, le 3/26 atteignit le voisinage de l'hôtel Quellenhof, l'ancien QG de Wilck, lorsque le bataillon SS Rink contre-attaqua en force. La contre-attaque repoussa les Américains de Farwick Park en désordre. Il fallut attendre 17h pour que le 3/26 contienne finalement l'attaque et stabilise ses lignes.

A la suite de ce repli, le 3/26 resta sur la défensive pendant deux jours. Les forces américaines à l'extérieur de la cité complétèrent l'encerclement le 16 octobre, face à de sérieuses contre-attaques allemandes. Le 3/26 mit à profit cette pause pour panser ses blessures et attendre des renforts du VII Corps. Du côté allemand, Wilck savait que ses
4 392 soldats disponibles le 16 ne seraient probablement plus jamais renforcés.

Le 3/26 reprit l'offensive le 18 octobre. Une patrouille envoyée au-delà du flanc droit prit contact avec la 30th I.D., offrant ainsi un degré de sécurité dans cette direction. Le bataillon renouvela son attaque sur Farwick Park, regagnant le terrain perdu le 15, et assaillit l'hôtel Quellenhof. Après des combats acharnés à l'intérieur des majestueuses chambres de l'édifice, les Américains repoussèrent leurs adversaires dans les sous-sols et les submergèrent avec des grenades et des tirs de mitrailleuses dirigés directement à travers les fenêtres. Le 3/26 contrôlait Farwick Park à la fin de la journée. Le terrain pris le 18 mettait le 3/26 en position pour attaquer le Salvatorberg et le Lousberg, objectifs décisifs pour la bataille d'Aachen. Plus important, la bataille de l'hôtel Quellenhof semble avoir disloqué le bataillon SS Rink et ainsi la défense allemande en général.

Pour l'assaut final, le VII Corps renforça le 3/26 avec la Task Force Hogan, composée d'un bataillon d'infanterie mécanisée et d'un bataillon de chars (moins une compagnie), de la 3rd Armored Division. L'attaque, coordonnée par le QG de la 1st I.D., démarra à 7h30 le 19 octobre. La TF Hogan, avançant à droite, passa derrière le Lousberg et attaqua du nord-ouest tandis que le 3/26 attaquait de l'est. Les deux pointes avancèrent fermement face à une résistance affaiblie. Le 3/26 s'empara du Salvatorberg et fit mouvement sur les pentes du Lousberg proprement dit. L'avance de la TF Hogan coupa la dernière voie de repli pour les forces allemandes d'Aachen et à 12h02, elle établit le contact avec le 3/26 sur le Lousberg.

Avec le spectre de la défaite sous les yeux, Wilck communiqua à ses troupes un ordre de ses supérieurs de se battre jusqu'au dernier homme et jusqu'à la dernière cartouche. On ne sait pas combien de soldats allemands le reçurent, mais la résistance était clairement en voie de décomposition. Le 20 octobre, lorsque la TF Hogan et le 3/26 nettoyèrent le Lousberg, l'issue ne faisait plus de doutes.

La fin du drame survint le 21 octobre, lorsque des éléments du 3/26 se rapprochèrent d'un bunker anti-aérien au sud du Lousberg, sans savoir que c'était le QG de Wilck. Le lieutenant-colonel Corley, commandant du bataillon, dépêcha sa pièce de 155 mm automotrice pour réduire la position. Avant que la pièce n'ait ouvert le feu, Wilck envoya un drapeau blanc porté par quelques prisonniers américains retenus dans le bunker. Il diffusa un dernier message radio proclamant sa loyauté envers le Führer et envers l'Allemagne avant de se rendre au 3/26. La reddition de la garnison d'Aachen prit effet à 12h05.

Le système de communications allemand ayant été détruit quelques temps auparavant, Wilck n'avait aucun moyen de donner l'ordre de se rendre au gros de ses troupes. Les Américains jugèrent bon de conduire un officier de l'état-major de Wilck dans un véhicule blindé pour faire le tour des positions où les Allemands tenaient encore. Les deux bataillons du 26th Infantry, le 1106th Engineer et la TF Hogan récupérèrent 1 600 prisonniers après la reddition de Wilck, portant le total des prisonniers durant la réduction d'Aachen à 3 473 exactement.

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Prisonniers allemands quittant Aachen vers leurs camps de détention.

A 16h15, le 26th Infantry rapporta « mission ici terminée désormais, avec la TF Hogan ». Le régiment patrouilla encore deux jours dans Aachen, avant d'être relevé par un bataillon d'artillerie de campagne. Aachen était sécurisé, mais pour le 26th Infantry la guerre n'était pas encore terminée. Le lendemain il prit position sur la ligne de front à l'est, en face de l'Allemagne.

La garnison militaire d'Aix-la-Chapelle ne constituait pas la seule opposition allemande que les Américains durent affronter. Quelques 7 000 civils habitaient encore la ville lorsque la réduction débuta, et tous devaient être évacués et recensés. Deux agences étaient chargées de s'occuper des civils. Le Counter Intelligence Corps fichait les évacués, débusquait les espions, les éventuels saboteurs et les officiels de haut-rang. Les espions suspectés étaient envoyés à la 1st Army Military Commission pour être jugés. Les déserteurs allemands étaient délégués au Provost Marshal en tant que prisonniers de guerre. Le travail du Counter Intelligence Corps était grandement facilité par l'obsession nazie de la documentation -tous les Allemands avaient des papiers d'identité. Après le processus de filtrage, le personnel du Gouvernement Militaire enregistrait les évacués et leur fournissait vivres et abris.

Sur les 7 000 civils d'Aachen, près de 6 000 furent déplacés au cours des combats. Au départ, les évacués étaient simplement regroupés dans un champ pour un filtrage par le Counter Intelligence Corps avant d'être d'être acheminés dans des camps de personnes déplacées derrière les lignes alliées. Comme la réduction d'Aachen se poursuivait à bon train et que le nombre de réfugiés augmentait, le Gouvernement Militaire réquisitionna quelques baraquements à Brand, à 6 ou 7 km d'Aachen. Là, les évacués étaient mis à l'abri (et derrière des clôtures) pendant que le filtrage et le recensement s'effectuaient.

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Les évacués d'Aachen arrivent à Brand.

Partout, les responsables américains de la prise en charge des civils évacués d'Aachen trouvèrent des gens passifs, voire coopératifs. Les nazis fanatiques avaient quitté la ville durant l'évacuation ayant précédé la bataille. Ceux qui étaient restés semblaient être satisfaits que la 1st US Army prennent soin d'eux. Après une décennie de domination nazie de plus en plus brutale, sans mentionner les horreurs que la guerre avait apportées parmi eux, les évacués d'Aachen trouvaient la loi militaire américaine relativement bénigne. Le groupe le plus joyeux parmi les évacués était incontestablement formé par les Russes et les Polonais, travailleurs forcés libérés par les Américains.

A l'intérieur de la ville prise, les équipes du Counter Intelligence Corps cherchaient des bâtiments spécifiques pour trouver des informations à caractère militaire, sans grand succès. D'autres équipes sécurisèrent les centres de communication et collectèrent tous les transmetteurs radios pour prévenir toute relation avec l'extérieur de la part d'espions laissés en arrière. Un rapport déclara spécifiquement « qu'aucun pigeon n'avait été trouvé ». C'était en réponse à des rumeurs selon lesquelles les espions allemands derrière les lignes alliées se servaient de pigeons pour communiquer avec leur patrie. Le personnel du contre-espionnage rassembla également quelques 1 000 civils qui avaient échappé à l'évacuation durant la bataille.

Il apparaît que les Allemands n'avaient fait aucun préparatif de subversion contre les forces d'occupation en prévision de la chute d'Aachen. Le service du contre-espionnage rapporta qu'il n'y avait eu aucun cas avéré de sabotage, de piège ou de foyer de résistance trouvé au sein de la cité. Au regard de toutes ses prouesses sur les niveaux tactique et opérationnel de la guerre, l'Allemagne nazie se révéla singulièrement inapte à la guerre clandestine, couvrant l'espionnage, le contre-espionnage et la subversion. A aucun moment de la conquête alliée de l'Allemagne, un mouvement populaire de résistance cohérent ne menaça les forces d'occupation, en dépit de la rhétorique d'Adolf Hitler.

Les opérations urbaines peuvent bien représenter le nouveau visage de la guerre dans un monde de plus en plus urbanisé. Aujourd'hui, il existe une tendance à considérer les opérations urbaines comme une forme distincte, plutôt ésotérique de l'art de la guerre, demandant des capacités de combat spécialisées. Comme ce récit le démontre clairement, la réduction d'Aachen posa des défis qui invoquèrent un certain degré d'innovation et d'adaptation. Les plus notables furent la création de petites équipes interarmes et les mesures prises pour s'occuper des civils. On ne doit pas mésestimer, cependant, que la bataille pour Aachen ressort du combat conventionnel, même si elle a été livrée dans un espace urbain.

D'abord, il faut noter qu'Aachen a été une bataille linéaire, plus particulièrement dans le secteur du 2/26. Le bataillon se donna de la peine pour s'assurer que tous les Allemands étaient soit de l'autre côté de sa ligne de front, soit en route vers les centres de détention. Il fut particulièrement couronné de succès dans le maintien d'une bataille linéaire. Même dans la zone du 3/26, où la situation était plus fluide, la linéarité prévalut.

Ensuite, les tactiques employées à Aachen incorporaient les concepts standards de tir et mouvement communs aux batailles en rase-campagne de l'époque. L'intention tactique, que les Américains accomplirent de manière routinière, était de pousser l'ennemi à l'impuissance par la puissance de feu, de telle sorte que lorsque l'infanterie attaquait, elle tombait sur un ennemi prêt à se rendre. La même chose peut être affirmée à l'égard de la doctrine d'armes combinées de l'US Army en général, telle qu'elle fut appliquée pendant la Seconde guerre mondiale.

Enfin, il faut remarquer que des deux côtés, attaquants et défenseurs, ce furent des forces conventionnelles qui furent engagées. Les forces américains étaient capables de passer du combat conventionnel au combat urbain en quelques jours. Elles ne possédaient pas d'équipement spécialement désigné pour les opérations urbaines, ni non plus de doctrine officielle conséquente pour les guider dans leurs efforts. Bien qu'aucune unité américaine engagée n'ait jamais réduite de ville auparavant, elles possédaient l'expérience du combat dans des espaces clos au sein du bocage de Normandie. Sans surprise, l'organisation et les tactiques utilisées à Aachen ressemblaient à celles utilisées avec succès en Normandie.

La bataille d'Aachen défie la vision traditionnelle sous un autre aspect. Les opérations urbaines sont généralement considérées comme coûteuses, comme des pertes de temps et comme des opérations dans lesquelles le défenseur peut infliger autant de pertes à l'adversaire que ses propres effectifs. A Aachen pourtant, les défenseurs surclassaient les assaillants en nombre, et ne réussirent qu'à tenir neuf jours en raison des méthodes offensives américaines et de la nature incohérente de la défense allemande. Les deux bataillons du 26th Infantry (plus les unités attachées) qui supportèrent le choc du combat dans Aachen perdirent 75 morts, 414 blessés et 9 disparus pour sécuriser une ville défendue par près de 5 000 soldats ennemis. Pour l'US Army, le vrai bain de sang de la campagne en 1944 ne fut pas une opération urbaine, mais plutôt la bataille de la forêt de Huertgen.

Les Allemands, d'un autre côté, perdirent toutes les troupes affectées à la défense d'Aachen. Près de la moitié du total fut capturée, en dépit de l'ordre d'Hitler de combattre jusqu'au dernier homme. Un petit nombre réussit sûrement à s'échapper, mais le reste fut tué ou blessé. La cause allemande ne gagna pas beaucoup au sacrifice de ses troupes.

Sur deux plans, cependant, la bataille d'Aachen rejoint la vision traditionnelle. D'abord, bien qu'Aachen elle-même ne soit pas fortifiée, la guerre en fit une forteresse. Les murs de pierre érigés à d'autres fins peuvent être un facteur défensif supplémentaire entre les mains allemandes. De plus, lorsque les Allemands réduisirent la ville en ruines à l'aide de bombardements terrestre et aérien, ils rendirent les immeubles impropres à des usages civils mais ne les détruisirent pas en tant que positions de combat. Le combat dans les ruines d'une ville est beaucoup plus problématique que celui dans une ville intacte.

Secondo, Aachen montre que les civils constituent une dimension inévitable dans les opérations urbaines. En dépit de deux mandats d'évacuation (un par le gouvernement allemand avant la bataille, un par les forces américaines pendant), environ 1 000 civils restaient dans la cité lors de la reddition du colonel Wilck. Bien que ce nombre représente une petite fraction de la population d'avant-guerre, il fut largement suffisant pour retenir l'attention des vainqueurs. Les planificateurs futurs ne peuvent jamais assumer la présence de civils dans les opérations urbaines.

Dans le contexte de la campagne de l'US Army en Europe en 1944, les opérations urbaines ne furent pas un problème majeur. En partie par chance et en partie par planification, les Américains évitèrent les combats dans de véritables agglomérations telles Paris ou Berlin. Quand ils eurent à combattre en zone bâtie, les troupes américaines s'adaptèrent et se motivèrent. Donnée par l'intensité de la guerre, « Knock'ell all down » servit admirablement en tant que technique. La réduction d'Aachen, une affaire d'importance secondaire pour la 1st US Army alors qu'elle pénétrait en Allemagne, était juste un travail rompant avec le quotidien pour une force militaire compétente et expérimentée.

Source :

Urban Operations, an Historical Casebook, Combat Studies Institute, Command & General Staff College, Fort Leavenworth, Kansas, 2 Oct 2002
Dernière édition par Kelilean le 31 Mar 2006, 14:13, édité 2 fois.


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 31 Mar 2006, 14:09

Bon mon post est visiblement, une fois de plus, trop long et détaillé pour susciter des réactions (mdr). Mais tant pis, j'ai la folie des grandeurs ces temps-ci (lol).

Pour info, je pense que ça peut en intéresser certains, j'envisage prochainement la traduction d'un autre article en anglais sur la bataille d'Okinawa. Je trouve en effet qu'on s'attache beaucoup à l'aspect aéronaval de cette épopée (kamikazes, mission suicide du Yamato, etc) et très peu en revanche au pan des combats au sol. Mais dans l'article, tout est abordé, ce sera donc tout bénéfice pour le public (lol).

Amicalement,

:wink:
Dernière édition par Kelilean le 31 Mar 2006, 14:31, édité 1 fois.


 

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de bilou95  Nouveau message 31 Mar 2006, 14:27

T'as pas mal aux doigts de taper tout ça? Parce que moi j'ai mal à la tête de tout lire et de tout comprendre.... :D

Si pas de réaction, c'est que nous restons sans voie, tout simplement.

Que dire de plus?

Bilou

PS: tu ne ferais pas des études d'Histoire toi? :wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 31 Mar 2006, 14:30

T'as pas mal aux doigts de taper tout ça? Parce que moi j'ai mal à la tête de tout lire et de tout comprendre....

Si pas de réaction, c'est que nous restons sans voie, tout simplement.

Que dire de plus?

Bilou

PS: tu ne ferais pas des études d'Histoire toi?


J'ai plutôt mal aux pieds et aux jambes à cause des manif anti-CPE de ces dernières semaines (lol).

Clique sur ma touche Profil en bas de mes messages et tu auras la réponse à ta dernière question. :lol: :wink:

Amicalement


 

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 31 Mar 2006, 22:54

Bonjour,

FELICITATIONS.

J'ai passé un agréable et intéressant moment à lire ce post.

Je le relirai avec plus d'attention.

Ma premiére impression est que PARIS l'a échappé belle, si les Allemands avaient décidé d'en faire une festung pour fixer un maximum de forces alliées, la France aurait récupéré un tas de ruines.

Il me parait intéressant de faire une comparaison entre Aachen et les combats menés par les Russes à Berlin,ainsi que la défense allemande,notamment par rapport au nombre de chars russes démolis

La doctrine américaine << knock'em all down >> aurait elle été meilleure
à Berlin ?

Cordialement.
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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de St Ex  Nouveau message 01 Avr 2006, 10:13

Très bien comme DAB, merci Kéli.

Bilou, quand c'est trop long, t'imprimes, et comme ça, t'as de la lecture au restac.

St Ex


 

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 01 Avr 2006, 10:26

Bonjour,

FELICITATIONS.

J'ai passé un agréable et intéressant moment à lire ce post.

Je le relirai avec plus d'attention.


Tout d'abord merci. :wink:

Ma premiére impression est que PARIS l'a échappé belle, si les Allemands avaient décidé d'en faire une festung pour fixer un maximum de forces alliées, la France aurait récupéré un tas de ruines.


Il est certain qu'en cas de combats de rues dans Paris même, les dégâts auraient été à la mesure de l'affrontement. Heureusement, la ville y a échappé !.


Il me parait intéressant de faire une comparaison entre Aachen et les combats menés par les Russes à Berlin,ainsi que la défense allemande,notamment par rapport au nombre de chars russes démolis

La doctrine américaine << knock'em all down >> aurait elle été meilleure
à Berlin ?

Cordialement.


Pour répondre rapidement, même si effectivement une comparaison détaillée serait instructive à n'en pas douter, la tactique américaine appliquée à Aachen a été d'une certaine manière reprise par les Russes dans les grandes lignes après leurs déboires initiaux (cf l'ouvrage de Beevor et les HS Historica récents sur le sujet). Cependant, n'oublions pas que nous sommes en présence de deux mentalités différentes : les Américains sont déjà "obsédés" par l'aspect "le moins de pertes possibles" alors que les Russes, en caricaturant, sont exactement à l'opposé. Ainsi, les traditions militaires des pays/nations influencent largement la façon de combattre, ce qui n'empêche pas des adaptations tout à fait pragmatiques.

Amicalement,

:wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 19 Avr 2006, 15:11

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Le dernier hors-série Militaria traite des combats pour Aix-la-Chapelle. Je n'avais pas acheté le magazine depuis quatre numéros, j'en suis à la moitié et je me rends compte que le texte diminue en volume (il me semble).
A noter aussi que les images d'époque sont très rares dans ce numéro, et que le magazine s'inscrit apparemment dans une optique "retour sur le terrain", qui aboutit à la présence de nombreuses photos contemporaines (superbes), mais qui prennent de la place sur les photos "historiques"... et les hors-série Militaria manquent par définition de place -c'était aussi vrai pour le texte.

Bref, un complément bien utile à ma traduction, mais pas assez étoffé à mon goût. L'autre moitié porte sur les combats dans la forêt de Hürtgen.


 

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