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La libération de Liège.

Tout ce qui concerne la libération de l'Europe et qui n'est pas développé au sein des sections ci-dessus.
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La libération de Liège.

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Marc  Nouveau message 05 Jan 2006, 15:58

Vu que je suis Liégeois, l'envie m'est venue de vous raconter comment s'est déroulée la libération de ma ville en septembre 1944. Les faits que je vais vous raconter sont tirés du livre "Liège libéré" de Marc Moisse (Les Editions du Molinay).
Ces faits montrent le courage des résistants qui ont combattu aux côtés des Américains.
Mon récit se divise en trois chapitres.
I: Avant la libération.
II: La libération.
III: Après la libération.
J'espère que la lecture vous intéressera.


I: Avant la libération.

Quelle était la situation à l'époque?

Création du Grand-Liège
Sous l'occupation allemande, le Collège des Bourgmestres liégeois dont le président se nommait Joseph Bologne, fait de la résistance administrative en retardant les décisions allemandes. Comment? En évoquant les droits constitutionnels et la législation belge qui sont bafoués.
Un arrêté allemand de novembre 1942 dissout les Conseils Communaux de Liège et de ses 25 communes environnantes. L'agglomération liégeoise est ainsi fusionnée dans une nouvelle entité administrative appelée "Le Grand-Liège". Les bourgmestres, échevins et conseillers communaux qui avaient été élus démocratiquement sont révoqués. Les Allemands les remplacent par des membres du parti rexiste.
Avant Liège, les villes d'Anvers et de Charleroi ont subi le même sort.

Les mouvements de résistance.
Divers mouvements se créent: le Front de l'Indépendance (FI) et l'Armée de Libération (AL) qui contiennent le plus grand nombre de membres, l'Armée Secrète, Clarence, Benoît...
De mai 1940 à 1943, ces groupes se limitent à faire de la prospection, du recrutement. Les hommes forment des régiments divisés en bataillons eux-mêmes composés de pelotons contenant de 3 à 10 hommes.
A partir de la mi-mai 1943, arrivent les premiers sabotages de voies de chemin de fer et de pylônes.
Les FI ont leur état-major sous la cathédrale et cachent des aviateurs anglais avant de les rapatrier. La nuit, ils détroussent les soldats allemands pour prendre leurs armes et tentent de mettre les traîtres hors d'état de nuire.

Le rationnement.
Les gens reçoivent des timbres pour les denrées de première nécessité mais le ravitaillement n'est suffisant pour personne. Chaque Belge ne dispose que d'une ration de 1000 calories par jour (contre 2400 à 2700 calories avant la guerre).
Le marché noir bat son plein. Par exemple, les oeufs sont en moyenne 54 fois plus chers en 1944 par rapport à 1939.

Les loisirs.
Ils sont peu nombreux: jardinage, promenades, visite de la famille (pour économiser le chauffage), cinéma, cartes, écoute de Radio-Londres.

Les derniers mois d'occupation.
Les premiers bombardements alliés arrivent le 1° mai 1944 à 17 heures 30. Ils visent les quartiers ferroviaires de Kinkempois. Les bombes sont larguées à très haute altitude et sont peu précises. Elles provoqueront la mort de 24 personnes en ce premier jour.
D'autres bombardements suivront les jours suivants. La population souffre. La Résistance tente, par des feuilles clandestines, de lui faire comprendre la nécessité de la chose.

Des exécutions.
Le 18 juillet, les Allemands veulent empêcher la population de rejoindre les mouvements de libération. Les arrestations se multiplient. Des résistants sont fusillés pour l'exemple (dont 10 FI le 18 juillet à la Citadelle).
En août, les Allemands sont de plus en plus nerveux. Les fouilles se succèdent, las bâtiments publics sont fermés, certaines rues sont interdites à la circulation afin d'éviter les attentats.
Les travailleurs des services communaux mettent tout en oeuvre pour ralentir l'administration.
Dans les usines et dans les mines, les ouvriers travaillent au ralentit et sabotent même les pièces destinées à être envoyées en Allemagne.


L'incroyable avancée des Alliés.
Au Nord de la Loire, les Alliés avancent sur différents fronts. Le 20 août, Rambouillet tombe, Paris le 25. La population liégeoise ne peut croire encore en sa libération. Des rumeurs de libération des premières villes belges sont vite démenties.
Mais l'espoir renaît quand le samedi 2 septembre, Radio-Londres annonce que les armées alliées sont entrées en Belgique. Tournai est libéré. Les villes se suivent au fil des jours: Bruxelles (3/9), Charleroi, Anvers (4/9), Gembloux (5/9), Courtrai, Gand, Namur (6/9), Andenne, Ciney, Saint-Trond (7/9).
Entre Huy et Liège, la résistance anti-chars allemande ralentit la progression alliée. La 3° DB américaine se scinde en deux parties pour prendre Liège en tenaille. Pour les Liégeois, l'attende est interminable.

Les grands collaborateurs prennent la fuite.
Le 2 septembre, ces personnes s'enfuient vers l'Allemagne pour se mettre au service des Allemands. Mais plus tard, l'Allemagne exsangue ne faisant rien en leur faveur, ils reviendront en Belgique (en 1945).

Dernière parution de "La Légia, le 3 septembre."
Ce journal collaborationniste fera semblant de croire jusqu'au bout en la victoire allemande.

Ordre de mobilisation des FI.
Dès le lendemain de la libération de Tournai, plus personne ne veut reprendre le travail dans les usines. Les partisans regagnent leurs organisations clandestines. Tous s'apprêtent au combat. Ils réquisitionnent des écoles pour rassembler leurs troupes.

Tragédie de Forêt-Trooz.
Le mercredi 6 septembre, il est 3 heures. Un groupe de résistants est réuni au château de Forêt, sur les hauteurs de Liège. Un détachement allemand engage le combat. Les affrontements dureront 5 heures. Les résistants, faute de munitions, finissent par se rendre. Violant les lois sur la guerre, les Allemands exécuteront 35 prisonniers sur place. Après avoir perpétré ce crime odieux, ils brûleront les corps des malheureux.
Dernière édition par Marc le 05 Jan 2006, 17:15, édité 1 fois.


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Marc  Nouveau message 05 Jan 2006, 16:46

II: La libération.

7 septembre 1944, premier jour.

La 3° DB a libéré Liège.
Cette unité a été mise en activité en avril 1941 en Californie. Elle a été transférée en Angleterre à l'automne 1943. Elle a débarqué à Omaha Beach le 23 juin. Elle se composait entre autres de 11 000 hommes, 390 chars, 54 obusiers, 753 véhicules semi-chenillés et 3650 véhicules à roues.

La bataille des terrils.
Les Allemands avaient installé des batteries sur les terrils des charbonnages avoisinant Liège.
Le 7 septembre, les Américains approchent de Wasseige. Un étudiant leur dessine un croquis de batteries surplombant le 'terril du corbeau". Plus de 200 soldats allemands sont à leurs postes ce jour-là.
Le pillonage commence vers 14 heures 15 et atteint les installations allemandes. Des FI tentent d'atteindre le sommet du terril (trois d'entre eux tombent au combat). Les Allemands battent en retraite et dévalent le terril. La plupart sont faits prisonniers par les FI.
A Flémalle, un autre terril (celui des "Kessales") est occupé. Les FI se rendent compte que les Américains sont tout près de Flémalle car les batteries de ce terril sont entrées en action. Les résistants déterrent alors leurs armes pour se battre. Certains d'entre eux ne sont même pas armés. Ils attaquent les Allemands et parviennent à les mettre en fuite.


La bataille de Rocourt.
Les premiers soldats américains apparaissent dans la matinée. Quelques chars allemands résistent mais sont vite détruits.

Les résistants se préparent au combat.
Ils établissent les points stratégiques à atteindre et organisent un système de liaison (des nageurs) entre les deux rives de la Meuse dans le cas très probable où les Allemands feraient sauter les ponts.
Ils établissent aussi des postes de secours.

13 heures.
Le 1° bataillon des FI se lance à l'assaut de la prison Saint-Léonard. Les 300 détenus qui s'y trouvent sont libérés. Parmi eux, il y a trois aviateurs anglais. La libération de cette prison n'est pas très difficile car l'autorité allemande la remet aux résistants de manière surréaliste. Le 4 septembre, en effet, le notaire Mattard de Jupille, emprisonné à Saint-Léonard, est appelé dans le bureau de l'officier en charge de la prison. Celui-ci a un sens très poussé des formalités, éducation militaire oblige. Il nomme sur-le-champ le notaire en qualité de directeur de la prison. Celui-ci montre son étonnement. L'officier allemand déclare que le notaire est le seul prisonnier à pouvoir être désigné en sa qualité de juriste et de surcroît ancien combattant de 1914-1918. Après avoir prêté serment, le notaire reçoit de l'officier l'inventaire des avoirs de la prison, les fiches individuelles de chaque prisonnier contre un reçu dressé par le notaire tout heureux de recouvrer aussi facilement sa liberté.
A l'arrivée des FI, en deux temps trois mouvements, les 300 prisonniers quittent leurs cellules prêtes à recevoir les prisonniers allemands et les inciviques.

15 heures.
Les Allemands font sauter l'hôtel des Téléphones de la rue de l'Université. Les pompiers subissent le feu incessant des Allemands durant cinq heures. Ils ne peuvent sauver l'hôtel mais empêchent que l'incendie ne se propage dans tout le quartier. Ils sont aidés par des FI.
Cette absence de communications handicapera fortement la relance de toute la région liégeoise après la guerre.

15 heures 30: Tragédie de Fontainebleau, Hocheporte et du cadran.
Les Allemands sentant la menace américaine se préciser essaient par tous les moyens de rendre les rues importantes impraticables. Ils envoient de petits chars "Goliath" sur les immeubles et la population. Ces chars sont téléguidés et munis d'explosifs. Partout, c'est la tristesse et la désolation. Durant des heures, on assiste à un va et vient incessant de civières portant des victimes ensanglantées, aveugles, mutilées. L'arrivée des secours est retardée par des pans entiers de maisons qui jonchent les rues. On dénombre 33 morts mais beaucoup d'autres décèderont durant les jours suivants.

15 heures 15: prise de la Citadelle.
Le 8° bataillon des FI reçoit l'ordre de prendre la Citadelle. Des membres de la section V de l'AL accourent en renfort. Les couleurs nationales sont hissées à une tour, annonçant à la ville entière les premiers pas victorieux de la libération de la Cité Ardente. Les prisonniers sont libérés et bientôt remplacés par ceux de l'autre camp.

16 heures: la place Saint-Lambert et ses abords sont libérés.
Le 5° bataillon des FI prend position sur la place afin de contrôler la route Liège-Bruxelles. Une autre section du 1° bataillon a pour mission de s'emparer d'un square proche. Ils rencontrent des chars allemands qui tirent au moindre mouvement. Le combat dure deux heures puis les derniers chars allemands partent en retraite.
Les résistants guident les Américains qui arrivent.

16 heures 30: prise du palais provincial.
Des hommes l'assiègent par l'arrière où se trouvent les gardes laissés par les collaborateurs. L'opération ne présente plus, en réalité, de grands risques car le palais provincial est quasi vide.

17 heures: des résistants commencent à chercher des collaborateurs.
Les résistants s'emparent de bâtiments stratégiques occupés par les nazis. Afin que la population ne détruise inconsciemment ces bâtiments pouvant renfermer des documents importants, ceux-ci sont gardés.
Des collaborateurs sont arrêtés et protégés tant bien que mal de la vindicte populaire. Ils sont livrés à la justice.
Dans les jours suivants, 3000 personnes seront internées.

17-18 heures.
Des Allemands éparpillés résistent dans le quartier de Saint-Martin et tirent sur les passants.

17 heures: la gare quasi intacte.
Dans l'après-midi, les SS sont venus pour détruire le gare des Guillemins. Mais ils sont "accueillis" par les membres de l'Armée de Libération et n'insistent pas.
La gare et tout ce qu'elle contient restera protégée par ces résistants et redeviendra opérationnelle dès le 9 septembre.

18 heures: l'hôtel de ville.
Les ML et les FI se rencontrent pour établir une "stratégie commune" pour le lendemain. Elle consistera à harceler l'ennemi sans répit afin de libérer la rive droite de la Meuse. Les positions sur cette rive sont bien repérées.
Dans le centre-ville, c'est la liesse générale, les libérateurs sont accueillis en héros.
Les Liégeois donnent ce qu'ils peuvent aux GI'S: quelques tomates ou quelques oeufs. En échange, ils reçoivent des boîtes de sucre, des cigarettes, de la poudre pour faire des orangeades, des chewing-gums (à la grande épouvante des mamans), des paquets de beurre, des barres de fruits sechés, du chocolat...

Au soir du 7 septembre, la rive gauche est libérée mais la rive droite est toujours occupée. Pendant que les habitants du centre sortent leurs drapeaux et font la fête, les combats font encore rage pour la maîtrise de la rive droite de la Meuse et du sud de la ville. Dans les quartiers encore occupés par les Allemands, certaines personnes montent dans les greniers pour voir de l'autre côté du fleuve les gens qui font éclater leur joie.
Dernière édition par Marc le 05 Jan 2006, 18:25, édité 1 fois.


 

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Marc  Nouveau message 05 Jan 2006, 18:25

8 septembre 1944, deuxième jour.

4 heures du matin.
Les combats interrompus par la nuit reprennent de plus belle. Les résistants passent les premiers la Meuse pour entrer en contact avec l'ennemi.

9 heures.
Les Allemands commencent à perdre du terrain partout. Les résistants sont de mieux en mieux armés grâce aux pistolets, carabines, grenades, mitraillettes pris à l'ennemi.

10 heures.
Les chars américains passent la Meuse et atteignent la rive droite. Ils réduisent un fortin installé sur les quais.

12 heures.
Les Allemands font sauter le pont de Fragnée. Le courageux concierge d'un immeuble voisin les empêche de faire de même avec le pont de Fétinne. Il extirpe la dynamite logée dans les piles du pont.
Les troupes allemandes sont en déroute. Elles essaient de se reformer sur la route d'Aix-la-Chapelle mais finissent par se replier encore. Beaucoup de soldats sont faits prisonniers.

15 heures.
Le quartier d'Outremeuse est définitivement libéré. La ville entière est donc débarassée de ses envahisseurs.

Samedi 9 septembre.
Signe de la liberté recouvrée, la presse réapparaît. Les locaux de "La Légia", journal collabo, sont directement remis aux rédacteurs de "La Meuse". En ce premier jour de la libération, la population s'arrache les exemplaires de l'édition spéciale mis en vente pour se constituer des souvenirs.

Dimanche 10 septembre.
Liège rend hommage à ses morts. La population organise un cortège et se rend à la Citadelle où les personnes ont été fusillées. Ils se rendent ensuite à l'endroit du cadran là où les "Goliath" allemands ont fait leur sinistre besogne. Ils redescendent enfin vers le Perron, symbole de la liberté des Liégeois.

III: Après la liberation.
La joie et la liesse sont de courte durée car le pire reste à venir. La vie est là qui rappelle à chacun la dure réalité. Il faut bien désenchanter sur plusieurs choses:

- Les ennuis de rationnement s'accentuent, la famine s'installe, le marché noir est toujours florissant.

- La reconstruction des bâtiments est lente et difficile.

- Le peuple réclame justice car la traque des collaborateurs tarde à
venir et la justice est trop lente. En 1945, 232 collaborateurs belges seront cependant passés par les armes. Beaucoup d'autres iront en prison.

- Les résistants sont mis à l'écart du pouvoir par le gouvernement.

- Les usines ont du mal à redémarrer, les ouvriers entrent en grève.

- Le bourgmestre Joseph Bologne est démis de ses fonctions car il est
accusé d'avoir transmis durant l'occupation les adresses de 170 militants communistes. Mais pouvait-il s'opposer aux ordres de l'occupant?

- La population doit rendre ses vieux billets déclarés sans valeur pour en recevoir de nouveaux (2000 francs par personne, le reste viendra plus tard). Cela provoque la panique chez les profiteurs de guerre obligés de déclarer leurs revenus illicites.

- L'électricité est souvent coupée par manque de charbon dans les centrales électriques, l'économie est au ralentit, il y a pénurie de main-d'oeuvre dans les mines.

- Les écoles occupées par les soldats ou détruites ne rouvriront leurs portes que le 24 mars 1945.

- La voirie est dans un état lamentable, défoncée par le lourd charroi américain.

- La moitié des camions de la Ville ne roulent plus, faute de carburant.

- Entre le 30 novembre 1944 et le 31 janvier 1945, pas moins de 936 V1 et V2 tombent sur l'agglomération liégeoise faisant 1035 morts, plus de 2000 blessés et des sinistrés par milliers.
Une anecdote personnelle: Mes parents se sont mariés un matin de janvier 1945. Sur la place de l'église, des soldats américains étaient installés et les félicitaient par des cris de joie. L'après-midi de cette même journée, un V1 est tombé droit sur l'église. Celle-ci fut complètement détruite mais le plus triste fut la mort de deux ou trois de ces soldats qui accueillaient si chaleureusement les jeunes mariés. A quelques heures près, le destin aurait pu m'empêcher tout simplement d'exister et il s'est acharné sur ces pauvres soldats. A quoi tient la vie?



En conclusion, même après la guerre, il faudra beaucoup de mois avant que l'existence ne redevienne plaisante dans la ville de Liège. Mais ce fut sans doute la même chose dans toutes les villes ayant connu pareil drame.

J'espère que ce sujet vous aura intéressé et je vous remercie d'y avoir prêté attention. :wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Igor  Nouveau message 05 Jan 2006, 21:03

Marc a écrit:J'espère que ce sujet vous aura intéressé et je vous remercie d'y avoir prêté attention. :wink:


Marc tu espères bien, on ne parlera jamais assez de l'histoire des petits pays comme la Belgique. Petits par la taille bien entendu. :wink:

J'aimerais juste connaître tes sources.
Cordialement

vétéran
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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Marc  Nouveau message 06 Jan 2006, 09:10

Merci, Igor.
Comme je l'ai mis au début du sujet, mes sources viennent toutes du livre que j'ai lu.
Il s'agit de "Liège libéré" par Marc Moisse (Editions du Molinay).


 

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Kelilean  Nouveau message 06 Jan 2006, 10:47

Intéressant tout ça!.

:wink:


 

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Don Yakov  Nouveau message 06 Jan 2006, 17:01

Très intéressant effectivement,


Par ailleur si quelqu'un avait des inforamations sur la libération d'Aubel..

Tout ce que je sais c'est quelle a eu lieu le 11 septembre 44 entre 18 et 19h00...et par la Big Red One...

Merci!


 

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de JeeBee  Nouveau message 06 Jan 2006, 23:48

Hourraaaa!!! Des autres Liègeois. Hum, un peu de sérieux. C'est très intérressant. Etes-vous membres du CLHAM?

A part cela, vous n'avez pas plus d'infos sur la libération de Ans?


 

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Marc  Nouveau message 07 Jan 2006, 10:02

JeeBee a écrit:Hourraaaa!!! Des autres Liègeois. Hum, un peu de sérieux. C'est très intérressant. Etes-vous membres du CLHAM?

A part cela, vous n'avez pas plus d'infos sur la libération de Ans?


Non, je ne fais pas partie du CLHAM? Au fait, qu'est-ce que c'est ?
Parce que, justement, au sujet de la libération d' Ans et environs, voici intégralement le texte qui en parle. Et l'auteur annonce avoir pris ses sources (en fait divers témoignages) dans le bulletin du CLHAM Liège libre Tome 1 page 83 avec comme sujet "La bataille de Rocourt" écrit par Léon Dengis.

"Dans la matinée du 7 septembre, il y avait de l'agitation dans la commune. On parlait de l'avance rapide des Américains; on disait qu'ils étaient à "la tête de Boeuf" à Montegnée. Aussi la méprise fut-elle grande lorsque l'on crut reconnaître les premiers Américains. Hélas, c'étaient des Allemands opérant un repli! Les premiers Américains apparurent. Ils furent acclamés par la population qui fut priée de s'abriter dans les maisons. Bientôt, le combat s'engagea: Dans la rue, la bataille faisait rage, le premier tank allemand était passé dans le carrefour où étaient les Américains pour finalement s'arrêter rue F. Lefèvre, derrière le mur d'une ferme, intact mais sans carburant. Les soldats l'abandonnèrent. Un autre fut également abandonné, un troisième s'arrêta un peu plus loin, au bord de la carrière. Sur la chaussée de Tongres, ce n'était qu'explosions, coups de canons et crépitements de munitions. Un Panzer se rangea dans le coin du terrain de chez Houben. Probablement, ses occupants mirent-ils le feu eux-mêmes à leur véhicule.
Pendant ce temps, les autres membres de l'équipage s'engagèrent dans la rue de Lantin (aujourd'hui rue Pirotte) pour tenter de surprendre les Américains dans la rue d'Ans. Ils avaient été vus par un habitant, Christian Osterbosch, qui courut prévenir les Américains qui étaient dans le camion et qui avaient une mitrailleuse. L'issue du combat ne faisait pas de doute: les Américains étaient plus nombreux et mieux armés.
Les GI's laissèrent avancer les Allemands et quand ils furent à leur portée, ils les clouèrent au sol, faisant trois tués et des blessés. L'officier allemand avait la tête ouverte. Le lendemain matin, il était toujours sur le talus, avec une grenade dans chaque main; il n'avait plus ses bottes! Pendant la bataille, un officier américain traversa la rue et fut atteint par une balle dans la région du coeur. C'est M. Bovy qui le fit porter chez M. Lacroix et qui alla chercher le docteur Simon qui vint donner les premiers soins au blessé.
Le tank qui avait été atteint devant chez moi roula encore quelques mètres et alla se flanquer contre une maison. La nuit tombante favorisa la fuite. Dans leur retraite, les Allemands prirent à parti un groupe de secouristes. Plusieurs blessés moururent sur place faute de soins.
Vers quatre heures du matin, j'allais voir à la fenêtre d'en haut; je fus à la joie de voir les soldats américains sur la route. Je compris que nous étions libérés."


Don Yakov a écrit:Très intéressant effectivement,


Par ailleur si quelqu'un avait des inforamations sur la libération d'Aubel..

Tout ce que je sais c'est quelle a eu lieu le 11 septembre 44 entre 18 et 19h00...et par la Big Red One...

Merci!


Il ne parle pas de la libération d'Aubel. Le récit s'arrête au moment où les Allemands se replient sur la route d'Aix-la-Chapelle. Donc celle qui part de Liège et va vers Fléron puis le pays de Herve...
J'ai cependant une carte, pas trop détaillée, qui montre, en effet que la 3° Division Blindée américaine se serait plutôt dirigée après vers la vallée de la Vesdre (Verviers puis Eupen).


 

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Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Marc  Nouveau message 07 Jan 2006, 14:21

Marc a écrit:
JeeBee a écrit:Hourraaaa!!! Des autres Liègeois. Hum, un peu de sérieux. C'est très intérressant. Etes-vous membres du CLHAM?

A part cela, vous n'avez pas plus d'infos sur la libération de Ans?


Non, je ne fais pas partie du CLHAM? Au fait, qu'est-ce que c'est ?
Parce que, justement, au sujet de la libération d' Ans et environs, voici intégralement le texte qui en parle. Et l'auteur annonce avoir pris ses sources (ce sont, en fait, divers témoignages) dans le bulletin du CLHAM Liège libre Tome 1 page 83 avec comme sujet "La bataille de Rocourt" écrit par Léon Dengis.

"Dans la matinée du 7 septembre, il y avait de l'agitation dans la commune. On parlait de l'avance rapide des Américains; on disait qu'ils étaient à "la tête de Boeuf" à Montegnée. Aussi la méprise fut-elle grande lorsque l'on crut reconnaître les premiers Américains. Hélas, c'étaient des Allemands opérant un repli! Les premiers Américains apparurent. Ils furent acclamés par la population qui fut priée de s'abriter dans les maisons. Bientôt, le combat s'engagea: Dans la rue, la bataille faisait rage, le premier tank allemand était passé dans le carrefour où étaient les Américains pour finalement s'arrêter rue F. Lefèvre, derrière le mur d'une ferme, intact mais sans carburant. Les soldats l'abandonnèrent. Un autre fut également abandonné, un troisième s'arrêta un peu plus loin, au bord de la carrière. Sur la chaussée de Tongres, ce n'était qu'explosions, coups de canons et crépitements de munitions. Un Panzer se rangea dans le coin du terrain de chez Houben. Probablement, ses occupants mirent-ils le feu eux-mêmes à leur véhicule.
Pendant ce temps, les autres membres de l'équipage s'engagèrent dans la rue de Lantin (aujourd'hui rue Pirotte) pour tenter de surprendre les Américains dans la rue d'Ans. Ils avaient été vus par un habitant, Christian Osterbosch, qui courut prévenir les Américains qui étaient dans le camion et qui avaient une mitrailleuse. L'issue du combat ne faisait pas de doute: les Américains étaient plus nombreux et mieux armés.
Les GI's laissèrent avancer les Allemands et quand ils furent à leur portée, ils les clouèrent au sol, faisant trois tués et des blessés. L'officier allemand avait la tête ouverte. Le lendemain matin, il était toujours sur le talus, avec une grenade dans chaque main; il n'avait plus ses bottes! Pendant la bataille, un officier américain traversa la rue et fut atteint par une balle dans la région du coeur. C'est M. Bovy qui le fit porter chez M. Lacroix et qui alla chercher le docteur Simon qui vint donner les premiers soins au blessé.
Le tank qui avait été atteint devant chez moi roula encore quelques mètres et alla se flanquer contre une maison. La nuit tombante favorisa la fuite. Dans leur retraite, les Allemands prirent à parti un groupe de secouristes. Plusieurs blessés moururent sur place faute de soins.
Vers quatre heures du matin, j'allais voir à la fenêtre d'en haut; je fus à la joie de voir les soldats américains sur la route. Je compris que nous étions libérés."


Don Yakov a écrit:Très intéressant effectivement,


Par ailleur si quelqu'un avait des inforamations sur la libération d'Aubel..

Tout ce que je sais c'est quelle a eu lieu le 11 septembre 44 entre 18 et 19h00...et par la Big Red One...

Merci!


Il ne parle pas de la libération d'Aubel. Le récit s'arrête au moment où les Allemands se replient sur la route d'Aix-la-Chapelle. Donc celle qui part de Liège et va vers Fléron puis le pays de Herve...
J'ai cependant une carte, pas trop détaillée, qui montre, en effet que la 3° Division Blindée américaine se serait plutôt dirigée après vers la vallée de la Vesdre (Verviers puis Eupen).


 

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