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2e régiment de Dragons

Tout ce qui concerne la libération de l'Europe et qui n'est pas développé au sein des sections ci-dessus.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 171  Nouveau message de Vincent Dupont  Nouveau message 26 Sep 2011, 23:21

dynamo a écrit:Excellent relevé de la température de l'époque.
C'était chaud à Auch.

Comme tu dis dynamo ! On comprends pourquoi le personnel et les cadres du 2e RD rejoignirent soit l'AFN, soit le maquis après la dissolution de l'armée de Vichy !! Je vous ai épargné le reste du dossier mais Schlesser se faisait semble-t-il souvent tirer les oreilles par l'Hôtel Thermal (Secrétariat d'Etat à la Guerre puis DN) avec ses petits écarts, mais comme il savait insuffler un fort esprit de jeunesse, de compétition dans son régiment, en parfait accord avec l'idéologie du régime, tout était régulièrement étouffé :mrgreen:
Vincent

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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 172  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 08:42

Dernière édition par le pitaine le 04 Oct 2011, 09:11, édité 1 fois.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 173  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 09:07

voici un extrait:

http://sdonac32.pagesperso-orange.fr/1942.htm

LE 2e DRAGONS RAVIVE LA FOI PATRIOTIQUE

Dans le dossier documentaire "1941 An II de la Résistance gersoise", nous évoquions l'activité résistante du 2e Dragons en garnison à Auch depuis septembre 1940. Il convient d'ajouter quelques compléments à notre narration des faits, destinés à éclairer au mieux la suite des évènements. Ce régiment sous une autre composition, avait été engagé trois mois avant dans la bataille de Moncornet gagnée par le Général de GAULLE. Loin des opérations de maintien de l'ordre selon la vocation donnée par les conditions de l'armistice à une armée de transition limitée à 100 000 hommes, le 2e Dragons sous la conduite d'un chef hors de pair, le colonel SCHLESSER, va s'employer deux ans durant à forger les armes du retour au combat. Lors de son installation dans la capitale de la Gascogne, il comprend des cavaliers de régiments dissous, appelés de la classe 1939, des engagés principalement de la zone occupée, des Alsaciens-Lorrains. Mais progressivement, il va recevoir les engagements de Gersois, chez qui par son entrain et sa volonté évidente de reprendre le combat, il a ranimé la foi patriotique. Pour eux, c'est un moyen commode de porter les armes, tout en restant au pays ou à proximité de leur famille (1). Ce sont les mêmes raisons qui poussent les jeunes dans l'ouest du département à choisir le 18ème régiment d'infanterie (R.I.) qui a un bataillon à Aire-sur-l'Adour. De nombreux Auscitains trouvent également à s'embaucher dans le personnel civil employé par le régiment afin de réserver le maximum d'hommes aux tâches militaires (1 bis) La pratique des sports tient une large place dans l'entraînement de la troupe. On voit alors les clubs des environs d'Auch, ceux de football-association en particulier, solliciter le concours des Dragons pour renforcer leurs équipes. Ailleurs, comme dans l'Armagnac, les militaires participent aux vendanges, emmenés par des engagés du lieu. Ainsi, des liens privilégiés se nouent entre les Dragons et la population gersoise. Ils vont faciliter bien des choses, le moment venu. Il a été parlé aussi du camouflage d'armes et matériel militaire réalisé par le 2e Dragons dès son arrivée à Auch. On trouve des dépôts un peu partout, les propriétaires savent tenir leur langue, persuadés qu'ils participent à la préparation de la "deuxième bataille de France". SCHLESSER, qui fait défiler ses hommes dans la ville en chantant "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine", veut que son régiment soit prêt à engager à nouveau le combat lorsque l'occasion se présentera. De fait, il existe un plan élaboré par la section clandestine de l'Etat-Major de l'Armée à l'instigation du général GIRAUD après son évasion d'Allemagne en mai 1942. Ses dispositions prévoient l'établissement d'une tête de pont sur la côte méditerranéenne qui, tenue et défendue par l'Armée d'armistice serait de nature à faciliter un débarquement allié. Or, le débarquement allié se produisant en Afrique du Nord, il n'était guère pensable qu'un second débarquement ait lieu, à la suite, en Méditerranée. Par contre, il fallait s'attendre à une réaction allemande consistant à envahir la zone non occupée. Fidèle à sa pensée de reprendre le combat, l'Armée d'armistice est normalement mise en alerte par ordre de l'Etat-Major de l'Armée (EMA), lequel a pris la précaution de s'éloigner de Vichy. C'est le brigadier André DURAND de MONESTROL, du service des transmissions au 2e Dragons, qui reçoit, étant de vacation, le premier télégramme provenant de la XVIIe Région Militaire de Toulouse, elle même alertée dans la nuit du 9 au 10 novembre 1942 par l'EMA. Le message prescrit aux troupes d'armistice "en cas d'avance allemande au-delà de la ligne de démarcation" de se déplacer en dehors des garnisons et des axes principaux de pénétration, toutes munitions étant prises. L'ordre est exécuté au quartier ESPAGNE comme dans tous les corps de troupe.

1) Il s'ajoute des avantages financiers, habituels dans les engagements dans l'Armée, non négligeables.
(1 bis) A la date du 5 novembre 1942, les effectifs du 2ème Dragons étaient les suivants: 31 officiers, 138 sous-officiers, 852 brigadiers et hommes de troupe. Le régiment comptait d'autre part, 446 chevaux et 128 véhicules. Source: Service Historique de l'Armée de Terre.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 174  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 09:07

Dans la matinée du 10, tous les Dragons sont sur le pied de guerre, prêts à faire mouvement. Arrive alors un nouveau message, non de l'EMA mais du Secrétariat à la Guerre (Général BRIDOUX), annulant le premier et ordonnant à la troupe de rester sur place (1). Celle-ci, surprise sinon déçue est dans l'obligation de rejoindre ses chambrées. On doit au colonel PAILLOLE qui était l'adjoint de SCHLESSER lorsque celui-ci, avant 1940, occupait les fonctions de chef des services de contre-espionnage et resté son ami, d'importantes précisions sur l'attitude adoptée par le commandant du 2e Dragons dans des circonstances dramatiques (2). Le 25 octobre 1942, les deux hommes s'étaient rencontrés à Toulouse. L'intervention alliée était déjà dans l'air. C'est alors que SCHLESSER lui avait fait part de ses intentions: dispersion du régiment et organisation de points de résistance en liaison avec les patriotes locaux. Le 11 novembre, dans la matinée, alors que les Allemands sont annoncés, SCHLESSER appelle son ami, lui demandant ce qu'il doit faire alors que la Région a prescrit de ne pas bouger. La question dépasse malheureusement les attributions de son correspondant qui s'engage cependant à faire de son mieux pour l'aider à passer en Espagne... on a souvenance (3) que le colonel SCHLESSER, à l'instar du général de Lattre de TASSIGNY à Montpellier, avait fait quitter le quartier à un escadron motorisé commandé par le capitaine BRIDOUX (4) aux fins d'occuper de nouveaux emplacements, puis avait envoyé l'adjudant GRATTARD pour le rattraper aux environs d'Aubiet et l'enjoindre de retourner. Selon le témoin Gérard GAMBIER, à l'époque maréchal des logis chef qui, de l'atelier de réparation du régiment, était passé à l'escadron BRIDOUX, le détachement en cause devait se porter à la forêt de Montech (Tarn-et-Garonne) que l'on suppose être la zone de rassemblement des forces de l'Armée d'armistice de la XVIIe Région Militaire en cas d'invasion de la zone non occupée par les Allemands. Il précise que les automitrailleuses faisant partie de la colonne étaient dépourvues de tourelles et seulement armées de fusils mitrailleurs. Il va de soi qu'elle n'était pas de taille à engager le combat contre l'envahisseur et de toute manière l'ordre de résister était devenu caduc. Néanmoins, le chef de corps maintient aux entrées principales de la caserne les automitrailleuses qu'il y a fait placer. Risquant une rencontre inopinée avec les Allemands, le lieutenant PUGA se trouve le même jour en manœuvres avec un escadron cycliste dans la campagne à l'ouest d'Auch. Il apprend par la cabine téléphonique du village que les Allemands sont aux abords du quartier. Il appelle alors le colonel pour savoir s'il doit rentrer ou non. Sa réponse est: "Pour faciliter l'action que je veux mener (sic), je vous demande de rentrer". "L'action" envisagée n'était autre que le passage en Espagne. Pour l'heure PUGA et ses hommes retournent sans incident, à la caserne Lannes où ils logent. Ce n'est que des mois plus tard que lui-même et quelques autres réussiront à franchir la frontière. Fait extraordinaire, pendant 15 jours la vie au quartier continue alors que les Allemands sont à ses portes.
1) Le témoin André DURAND de MONESTROL se souvient que le nom du Maréchal PETAIN était invoqué dans ce contre-ordre.
(2) Le journal "Rhin et Danube" (anciens de la 1ère Armée française) N° 376 d'avril 1986. Depuis juillet 1940, le colonel PAILLOLE dirigeait un réseau clandestin, camouflé dans une entreprise de travaux ruraux (TR) qui menait une action impitoyable contre les agents de l'ennemi.
(3) Dossier "1942 l'année charnière".
(4) Le capitaine BRIDOUX est le propre fils du général BRIDOUX alors secrétaire d'Etat à la guerre. Il effectuait au 2e Dragons son temps de commandement obligatoire. Plus tard, il s'engagea dans la L.V.F. et périt probablement sur le front de l'Est.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 175  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 09:08

Les Dragons restent cependant sur le qui-vive; les gardes sont renforcées, des armes automatiques installées en D.C.A. Mais aussi du matériel de toute sorte est sorti, qui ne profitera pas à l'ennemi (1). Vient l'ordre dicté par HITLER, de démobilisation de l'Armée d'armistice le 27 novembre. La Wehrmacht est prête à entrer de force dans les casernes. C'est ce qui se passe à Auch; les Allemands empruntent une porte de service pour s'introduire dans le quartier et faire irruption dans la cour d'honneur. Les Allemands exigent de retirer eux-mêmes les armes des cavaliers disséminés dans les chambrées et autres locaux du corps. Le colonel refuse de les recevoir tandis que la situation se durcit, risquant de dégénérer en affrontements meurtriers. Le commandant MARCHAL de la Subdivision Militaire, qui connaît la langue allemande, est désigné pour parlementer avec les envahisseurs. Il fait valoir que les Dragons sont capables de se battre dans un sursaut de révolte si des violences sont exercées sur eux ou sur leurs chefs. Aussi obtient-il que les armes soient récupérées par l'autorité militaire et déposées au manège. Un délai de 48 heures est en conséquence accordé au régiment pour remettre ses armes. C'est par groupe et en rang que les hommes vont venir jeter, aux pieds des Allemands, leurs armes. Le dernier acte est constitué par les adieux pathétiques à l'étendard qui se déroule au soir du 29 novembre. Si l'armée d'armistice a fini de vivre, les paroles du colonel SCHLESSER néanmoins remplissent le cœur de ses hommes qui sont prêts à reprendre la lutte sous une autre forme. A ce stade du récit, il sied de rappeler " l'évasion" de l'étendard du 2ème Dragons, le régiment d'Auch dissous le 27 novembre 1942. Cet emblème qui porte dans ses plis des noms prestigieux comme Austerlitz ou Iéna, fut caché après la séparation du régiment à La Romieu, chez Monsieur BOUET (tué à Meilhan le 7 juillet 1944). A la demande du colonel SCHLESSER, l'étendard doit à son tour quitter le sol métropolitain. L'opération est organisée par un officier de l'entourage du colonel PAILLOLE, directeur de la Sécurité militaire à Alger. Le capitaine de NEUCHEZE, échappé du Val de Grâce à Paris, où les Allemands l'ont mis en surveillance, vient à Toulouse prendre livraison de la précieuse soie, le 22 septembre 1943. Il se rend ensuite à Ramatuelle près de Saint-Tropez. Là, dans une calanque, un sous-marin français, "L'Aréthuse", par une nuit sans lune, les prend à son bord. Il lui faut 36 heures pour rallier la baie d'Alger. Ayant touché la terre africaine, l'étendard est ensuite remis au général GIRAUD. Le 2e Dragons est le seul régiment décoré de la médaille des évadés. Citons un autre cas digne de figurer dans les annales militaires car il est démonstratif de l'esprit de résistance de l'Armée d'armistice. A Grenoble, le général LAFFARGUE, Gersois de Ligardes, qui commande l'infanterie de la 14ème Division Militaire, apprenant que les Allemands s'apprêtent à désarmer la troupe française, a conduit les forces composant la garnison de la ville à l'entrée de l'Oisans pour y constituer un noyau de résistance. Pendant de longues heures, le 27 novembre, elles sont prêtes à se battre autour de Vizille. Seulement lorsqu'il s'avère que tout combat est devenu inutile, le général LAFFARGUE procède à la dissolution de ses troupes tandis que le versement des armes se fait au Parc de Grenoble, resté propriété française (2). Rendus à leurs foyers, les anciens membres de l'Armée d'armistice ne vont certes pas tous adhérer à la Résistance telle qu'elle existe déjà en cette fin 1942 (3). Mais un courant de sympathie, tout au moins dans le Gers, existe entre les cadres qui en viennent et les mouvements civils de résistance, au point que très vite des contacts sont pris entre responsables. Quand le colonel SCHLESSER quitte le sol métropolitain pour l'Afrique du Nord, via l'Espagne (son idée chère), il a désigné le capitaine de NEUCHEZE pour organiser un mouvement de Résistance à base de Dragons mais également pour prendre des contacts avec les chefs de la Résistance dite "civile".
1) Daniel DEVILLIERS "L'Etendard évadé" Berger-Levrault 1957.
(2) Général A. LAFFARGUE "Fantassin de Gascogne" - Flammarion 1962.
(3) Ils sont du reste contraints de faire une déclaration dans la localité où ils se trouvent, les officiers à la gendarmerie, les autres personnels à la mairie.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 176  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 09:09

Il en est advenu une alliance entre militaires et civils, franche et loyale, signalé dans le dossier documentaire "1943 l'année du rassemblement". Cependant, quelques précisions doivent être données en ce qui concerne la Résistance militaire. La dissolution de l'Armée d'armistice a fait s'effondrer, chez ses tenants, le mythe de la volonté de résistance du Maréchal PETAIN. Une telle fin, que les meilleurs de ses membres n'auraient jamais souhaitée, provoque des réactions à commencer dans son propre Etat-Major dont les projets ont été contrecarrés par le général BRIDOUX. On voit alors des généraux comme FRERE, VERNEAU, OLLERIS, REVERS ... fonder presqu'aussitôt l'Organisation Métropolitaine de l'Armée (O.M.A.), devenue plus tard l'O.R.A. (Organisation de Résistance de l'Armée). En choisissant la première dénomination, les créateurs du mouvement entendent bien lier celui-ci à L'Armée qui est en Afrique du Nord (AFN) et ainsi reconnaître l'autorité du général GIRAUD. D'où la qualification de "giraudiste" donnée au mouvement issu de l'Armée d'armistice. Le général GIRAUD est commandant en chef civil et militaire en AFN depuis le débarquement allié. Peu avant, il avait été enlevé par un sous-marin anglais, près du Lavandou, évasion préparée et mise au point par le réseau "Alliance". On se doit de préciser que l'Auscitain Pierre DALLAS, membre de cette organisation faisait partie de l'équipe de résistants qui pourvut à l'embarquement dans la nuit du 5 au 6 novembre 1942 (1). A la 17e Région Militaire (R.M.) de Toulouse, c'est le capitaine POMMIES qui prend la tête d'un mouvement de Résistance, soustrait à toute influence politique. Il agit de sa propre initiative lorsque le 17 novembre 1942, il décide de former avec une petite équipe d'officiers subalternes et quelques éléments civils, un corps franc qui portera désormais son nom. Son passé l'a préparé, en quelque sorte à la clandestinité: il a occupé plusieurs postes de responsabilité dans les services de renseignements, puis à partir de novembre 1940, il s'est vu confier la charge de la "mobilisation secrète" au 18e R.I. à Pau. Le 1er novembre 1942, il était affecté avec les mêmes fonctions à la 17e R.M. à Toulouse. POMMIES est entré en rapport avec le colonel SCHLESSER pour lui faire part de ses intentions. Celui-ci accepte de faire passer sous son autorité les Dragons répartis dans des chantiers forestiers du Gers et qui sont sous les ordres du capitaine de NEUCHEZE. Il a rencontré, d'autre part le colonel PFISTER, délégué de l'O.M.A. qui l'a désigné pour assurer le commandement de l'organisation en R4 (Région de Toulouse). Dorénavant, le Corps Franc "P" (C.F.P.) va s'identifier à l'Armée régulière. Plus commodément, on l'appellera A.R. : Armée régulière ou Armée reconstituée. Il recrutera à la fois dans l'Armée dissoute et dans la population. Du fait de ses origines, le C.F.P. est particulièrement riche en petits cadres, issus des pelotons d'instruction. Ceux-ci ne rencontrent guère de difficultés pour constituer des groupes à base de jeunes qui, pour la plupart, n'ont jamais revêtu l'uniforme mais sont stimulés par les faits d'armes des compagnons de LECLERC ou des troupes françaises en Tunisie, puis en Italie. Il convient de se reporter au dossier documentaire "1943, l'année du rassemblement" pour savoir le développement pris par le mouvement militaire, grâce certes au sérieux de ses dirigeants mais aussi à ses bonnes relations avec l'organisation des Mouvements Unis de Résistance (M.U.R.) (2) et leur force armée, l'Armée Secrète (A.S.). Si l'alliance A.S. - O.R.A. sous commandement unique, ne dure qu'un temps, les rapports entre les deux mouvements demeureront empreints de cordialité dans l'ensemble. Mieux, dans le secteur de Lectoure, attribué au sous-lieutenant MAGNE, la séparation avec l’A.S. entamée en septembre 1943, ne modifiera pas les modalités de l'accord initial: au 6 juin 1944, le chef militaire de la compagnie de Lectoure, l'adjudant DELARBRE est assisté d'un chef "civil", Théodule CANTALOUP, le maire de Saint-Mézard.
(1) Le lieutenant pilote DALLAS est né à Auch le 7 mai 1916 et a fait ses premières armes à l'aéroclub de la ville. Responsable des opérations aériennes par lysander, il fut arrêté au retour de l'une d'elles le 16 septembre 1943, en gare d'Aulnay-sous-Bois. Emprisonné à Fresnes d'abord, puis à la forteresse de Fribourg en Brisgau, les Allemands le fusillèrent le 21 août 1944 au champ de tir de la caserne de Heilbronn (Bade-Wurtemberg) avec 23 autres membres du réseau.
(2) Mouvements Unis de Résistance comprenant "Combat", "Libération", "Franc-tireur".
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 177  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 09:10

LA LONGUE ROUTE DES EVADES DE FRANCE
Le colonel SCHLESSER avait en tête un projet - que l'on peut tenir pour chimérique quand on connaît la suite des évènements - (1) : faire passer son régiment en A.F.N., soit par embarquement dans la région de Sète (2), soit par l'Espagne après franchissement des Pyrénées. Payant d'exemple, il est le premier à franchir, malgré les mauvaises conditions climatiques, la frontière espagnole par la forêt d'Iraty, accompagné du commandant SAUZEY. Ils vont être suivis de plusieurs dizaines de cavaliers du régiment (3), leurs officiers en tête, bravant les cols enneigés et glacés des Pyrénées. Ils passent par chaînes de 10 à 20 hommes. Il se raconte qu'un groupe est passé de force en faisant usage de ses armes. Le dernier à franchir la frontière sans atteinte à sa cohésion est celui du lieutenant BIOSSE-DUPLAN parti du Salat le 26 avril 1943 peu avant minuit, en Espagne le surlendemain. Il y a avec lui Gabriel LABADENS, engagé de Saint-Martin-Gimois.
(1) Concluant le discours qu'il prononça à Ramatuelle, le 3 mai 1959, lors de l'inauguration du Mémorial des Services Spéciaux de la Défense Nationale, le général SCHLESSER dira en effet: ... "Nous avions fait un rêve un peu fou: rejoindre une Armée française qui se battait sous un ciel libre et sur le sol français" (...) "Rhin et Danube" op. cité.
(2) L'Etendard évadé op. cité p. 17.
(3) id. p. 50-51. L'auteur parle d'une soixantaine.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 178  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 04 Oct 2011, 09:10

LE 2e DRAGONS FACE AUX ALLEMANDS

Le 11 novembre 1942, en violation des conventions d'armistice, l'armée allemande (groupe d'armées FELBER), envahit, à grand fracas, la zone non occupée (1). L'évènement, considéré du seul point de vue local, est d'importance. L'artère principale du département, la R.N. 124, mais aussi la R.N. 654, de Condom à L'Isle-Jourdain, sont sillonnées, d'ouest en est, par les éléments motorisés de la Wehrmacht. La population est sidérée. Plus de deux ans après l'armistice, elle découvre l'armée allemande et sa force mécanique apparemment intacte. Sur son passage, on a vu des germanophiles exulter, comme à Saint-Puy, tandis que certains Italiens, se sentant, à l'instar de leur pays, les alliés de l'Allemagne se croient tenus d'offrir à boire aux envahisseurs. Ce fait marquera pour longtemps l'opinion. La surprise est partout, sauf chez le Colonel SCHLESSER, commandant le 2ème régiment de Dragons, qui a placé des agents, le long de la ligne de démarcation entre Aire-sur-Adour et Mont-de-Marsan, pour le prévenir de l'éventualité d'une invasion attendue depuis le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le 8 novembre. Aussi, est-il en mesure d'annoncer lui-même, dès 6 heures du matin, à la 17ème région militaire de Toulouse, la nouvelle de cette invasion. La veille, il a eu connaissance des directives de l'Etat-Major de l'armée, enjoignant aux troupes de l'armée d'armistice, de quitter leurs garnisons, en cas de franchissement de la ligne de démarcation par des troupes "étrangères". Tout le régiment est en alerte. L'escadron motorisé, commandé par le Capitaine BRIDOUX (2), quitte Auch, pour occuper de nouveaux emplacements. Cependant, vers 9 heures, arrive par téléphone l'ordre de la 17ème région de ne pas sortir des casernements. Contre son gré, le Colonel SCHLESSER lance à la poursuite du détachement BRIDOUX, l'Adjudant GRATTARD, qui le rattrape aux environs d'Aubiet. L'escadron rentre au quartier par une route secondaire car les colonnes allemandes approchent. Mais ce jour-là, les Allemands ne s'attardent pas. Leur objectif est Marseille. Ils n’ont pas pénétré dans le quartier Espagne, où cependant l'atmosphère reste fiévreuse. Le maximum de matériel est sorti de la caserne, côté route d'Agen, pour être camouflé dans les environs de la ville : armes, véhicules, instruments d'optique, postes de radio, effets d'habillement, chevaux mêmes. Le 27 novembre, est la date officielle de la démobilisation du régiment. Dans l'après-midi, les Allemands font irruption dans la caserne, en formation de combat. Le Colonel refuse de recevoir le commandant allemand; son second, le Lieutenant-colonel de la MAISONNEUVE, qu'il lui délègue, obtient un sursis pour le régiment de 48 heures. Aidé de son état-major, il met à profit ce laps de temps pour s'occuper des démobilisés. Afin de leur trouver du travail, il entre en rapport avec les administrations : Eaux et Forêts, Ponts et Chaussées, notamment. Une centaine d'emplois sont trouvés. Le dimanche 30 novembre, a lieu une émouvante cérémonie, "les adieux à l'étendard". La population auscitaine y a été conviée. Devant ses hommes, le Colonel SCHLESSER prononce une allocution (1). C'est un appel à peine dissimulé à la résistance. Il fait grosse impression sur l'assitance, autant civile que militaire. Le 2ème régiment de Dragons parti, un régiment d'artillerie allemand prend possession du quartier Espagne. D'autres éléments s'installent à la caserne Lannes. Tout le matériel militaire français qui n'a pu être soustrait : camions, chars, motos, cuisines roulantes, outillage, etc..., est amené à la gare d'Auch et chargé sur des trains, par les Allemands.

1) Opération prévue par le plan ultra secret, dit "Anton", du 29 mai 1942.
(2) Fils du ministre de la guerre du gouvernement de Vichy, le Général BRIDOUX. Il s'engagea, plus tard, dans la Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme et périra, selon toute vraisemblance sur le front russe.
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 179  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 12 Oct 2011, 18:02

pour faire profiter tout le monde voilà une réponse d'un de mes MP au sujet de mes recherches sur les identités des personnels des véhicules (TD M10, jeeps, AM 20, 8, camions, motos, half tracks, dodges) du 2e Dragons durant les années 1942-1945

il s'agit d'une réponse que l'on m'a faite sur le tireur du TDM10 "la Sorbonne" 2e peloton du 4e escadron
je ne site pas le nom volontairement, j'en laisse le soin à notre ami qui a bien voulu me le donner.

" en vrac :
mon père était au 3e peloton du 3e escadron chef de char sur le "Palais Royal".
le 3e et le 4e escadron ont évolués pratiquement ensemble en Alsace et jusqu'au Rhin

le 3e escadron était avec le 4e à Aspach.
le 2e peloton du 4e escadron y était du 17 au 22 janvier 1945, placé à la dispo de la 2e D.I.M. à Aspach le bas
le reste du 4e escadron est placé à Ajoutey dès le 17 janvier 1945.
du 19 au 20 janvier 1945 le 4e escadron moins le 2e peloton est à Bourbach (près de Masevaux)
les 1er et 2e pelotons du 3e escadron rejoingnent le 2e peloton du 4e escadron le 21 janvier 1945 et celà jusqu'au 22.
puis tout le 3e escadron est à Pont d'Aspach le 22 janvier 1945, pour effectuer des tirs de défense antichars.

le chef de char du TD M10 "la Sorbonne" s'appelait Capelle et était Brigadier.

les chars du 4e escadron sont les premiers chars de l'armée française à avoir traversés le Rhin"

le lieutenant d'Anglejean commandait le 2e peloton du 4e escadron dès le 22 janvier 1945. Il sera tué le 2 avril et remplacé par le lieutenant Perrier Michel, le 3 avril 1945.

cdlmt
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Re: 2e régiment de Dragons

Nouveau message Post Numéro: 180  Nouveau message de le pitaine  Nouveau message 08 Fév 2013, 18:18

juste une info de publication:

le dernier sorti

Image


une autre info :
le char en couverture est le TD M10 "Dôme des Invalides" du 1er peloton du 4e escadron du 2e régiment de Dragons
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