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CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

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CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de schmol80  Nouveau message 09 Fév 2015, 16:13

Grâce à ce forum en partie, à l'aide de ses spécialistes et notamment un hommage particulier pour RoCo, à vos explications, j'ai pu reconstituer et comprendre, à l'aide également d'archives consultées et de pas mal de documentation et de livres, l'enchainement de faits qui causa la perte de mon grand-père ce Dimanche 3 Septembre 1944 à CRECY en PONTHIEU. Voici, donc, mon récit et mon interprétation de ces événements...

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Jeanne GAILLARD était employée comme femme de ménage, depuis Mai 1944, à l’Etat Major de la 245ème Division d’Infanterie dont le Quartier Général était situé au château de St VAAST d’EQUIQUEVILLE à 20 km de DIEPPE.
La 245 ID était commandée par le Général-Lieutenant Erwin SANDER depuis sa formation décidée au Printemps 1943 et achevée en fin d’année.

Le 30 Aout, L’Etat Major de la Division quitte St VAAST. Jeanne est autorisée à partir avec eux. Elle fait le voyage en bus et arrive à CRECY vers 22h.
Pourquoi Jeanne préfère t’elle suivre les allemands plutôt que de rester dans son pays ?
Il semble qu’elle ait eu plusieurs aventures ce qui l’a incité à suivre ses derniers employeurs…
A ST VAAST, Jeanne logeait chez Mme Amélie DROUET, logement que les allemands lui avaient réquisitionné.
En arrivant à CRECY, le convoi composé de plusieurs camions et de deux bus va s’installer dans une pâture de la rue de St RIQUIER en face de la maison de Mr Henri PETIT.

Quand l’Etat-Major atteint CRECY, en soirée du 30 Aout, il n’y a plus dans la commune de représentation administrative du pouvoir allemand. La maison de Mr PIERRAIN dans la rue des Ecoles qui avait été réquisitionné à cet effet est désormais vide !
L’effectif des bases de V1 environnantes avait, déjà, replié vers le Nord. Le fonctionnement de ces sites de lancement était géré, pour la zone autour de CRECY, par le bataillon de FLAK II/155 de la LUFTWAFFE. Avant la fin Aout, leur mission fut d’évacuer vers la Belgique, tandis que les batteries anti-aériennes (FLAK) qui les protégeaient, attendirent et furent rattachées aux unités du 67ème AK pour servir de moyens anti-chars.

L’Etat-Major de la 245 ID est donc à CRECY, en amont de toute sa Division qui doit, à ce moment-là, avoir ses deux régiments GR 936 et GR 937 en train de se porter sur la rive droite de la SOMME et se répartir d’ABBEVILLE à FLIXECOURT, selon les ordres du Commandement du 67ème AK auquel elle était rattachée avec la 226 ID depuis le 15 Aout 1944. Ce Corps d’Armée avait la mission de créer une ligne de Défense sur la Somme afin de retenir l’avance alliée.

Georgette ISAAC était employée, comme cuisinière, à l’Etat-Major du GR 935, le troisième régiment de la Division 245 ID. L’Etat Major de ce régiment était basé à DIEPPE.
Elle, aussi, décide de suivre les allemands pour lesquels elle travaillait.
Une partie de cette unité quitte également DIEPPE, le 30 Aout et passe par CRECY où elle y arrive le 31 au matin. Mais Georgette est forcée d’y rester n’ayant plus le droit de suivre l’unité en question qui poursuit sa route sans elle.
Ce devait être, une partie, disons administrative de l’Etat-Major du GR 935 pour continuer la route ainsi au-delà du PC de la Division !
Elle est déposée, par les allemands, à l’Etat Major de la 245 ID dans la pâture de la rue de St RIQUIER où elle va faire la connaissance de Jeanne GAILLARD.

Le samedi 2 Septembre, l’Etat Major de la 245 ID décroche de CRECY et prend la direction de MONTREUIL, mais les deux femmes ne sont plus autorisées à les suivre.
Selon les dires des officiers d’Etat Major, la situation devenait critique…

Le PC de la 245 ID s’est donc installé à CRECY du 31 Aout au 2 Septembre, dans la rue de St RIQUIER. C’est confirmé dans les KTB (journaux de marche) de la Division et le Général qui a séjourné à CRECY, à ce moment là, selon quelques témoignages d’habitants était, donc, bien le général Erwin SANDER, commandant de cette Division d’Avril 1943 à Avril 1945.

Devant le café de Mme LOURDELLE, un Feldgendarme organise la circulation pour le départ de l’Etat-Major. Toute la matinée, les habitants de CRECY peuvent encore constater le passage de plusieurs camions.

En début d’après-midi de ce samedi, Jeanne & Georgette déposent leurs valises au café de Mme LOURDELLE, dans la rue principale et essaient toute l’après-midi de trouver un moyen de quitter CRECY par camion.
De retour au café vers 21h, elles demandent à Mme LOURDELLE de leur louer une chambre pour passer la nuit. Devant le refus de celle-ci, elle quitte le café à la recherche d’un endroit pour passer la nuit.

A la gendarmerie, l’excitation monte. Tout le monde sait que la Libération approche. Les Polonais sont aux portes d’ABBEVILLE. Les allemands quittent, précipitamment la Région… Ce n’est plus qu’une question d’heures…
Mon grand-père, Emilien BERLE, chef de la brigade de Gendarmerie, fait les cents pas sur son trottoir et blague avec ma grand-mère en lui répétant que les drapeaux alliés qu’elle a confectionnés et qu’elle termine de coudre ne seront jamais prêts à temps…
Le soir, le Dr BALANDRA rend visite à mon grand-père. Les deux hommes discutent longuement autour d’un verre. Ils sont tous les deux très énervés et excités comme des gamins à l’idée de cette Libération imminente…

Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC, n’ayant rien trouvé, passent, donc la nuit, dans une maison inhabitée de la rue de St RIQUIER (la maison DALLON) proche du pont sur la Maye.
Malgré leurs tentatives, elles n’ont pas réussi à quitter CRECY, ni à trouver de chambre pour la nuit. J’imagine que personne n’a souhaité leur venir en aide.
Au milieu de la nuit, alors qu’elles discutent, assises sur une chaise, elles sont intriguées, par des bruits de travaux. Elles aperçoivent par la fenêtre un groupe d’allemands s’affairant autour du pont. Elles sortent et vont à leur rencontre. Les allemands leur expliquent qu’ils minent le pont et qu’il vaudrait mieux s’en éloigner au moment où la charge explosera, vers 7H.

Quelque part entre ABBEVILLE et CRECY, une importante colonne allemande forte de 150 à 250 hommes s’approche.
Pour l’instant, je ne connais pas son parcours en amont de FOREST L’ABBAYE qu’elle traversera au petit matin. Cette colonne relativement importante, s’échappe probablement d’ABBEVILLE, et doit appartenir majoritairement au 1er Bataillon du Régiment GR 935 de la 245 ID.
Ce qui reste de ce bataillon dut rejoindre ABBEVILLE, au plus tard, dans la matinée de Samedi. Au-delà, elle n’aurait pu traverser la SOMME, les ponts ayant été détruits et les Polonais et les Canadiens occupant toute la rive gauche jusqu’à la mer !
Quelles compagnies de ce bataillon composent cette colonne ? Pas possible d’y répondre pour l’instant !
Les hommes sont majoritairement à pied. Quelques hommes sont à vélo… Ils ne sont aucunement mécanisés et ne disposent vraisemblablement d’aucunes pièces de PAK (artillerie). Des attelages de chevaux réquisitionnés dans les fermes de Normandie tirent des charrettes remplies de matériels divers, depuis leur départ du Pays de Caux les 28 ou 29 Septembre où ce régiment était déployé de DIEPPE à AUBIN sur MER depuis Septembre 1943. Parmi eux, figurent des fermiers et des ouvriers agricoles qui furent, parfois forcés de les suivre et furent pris en otage avec leurs chevaux.
C’est le cas pour sept hommes d’ARQUES la BATAILLE certainement au sein de cette colonne… Ernest BISSON 46 ans, Abel CUFFEL 39 ans, Gérard FABRY 22 ans, Julien BOUCOURT 22 ans, André HOUSSACQ 18 ans, Marcel PARRAIN 20 ans et Jules DUHAMEL 43 ans. Ces hommes ne savent pas encore que ce périple sera pour eux sans retour…

Ils ont traversé le Vimeu où ils ont échappé aux unités de la 3ème DI canadienne qui les poursuivaient puis certainement ils ont rejoint ABBEVILLE et ont résisté quelque temps aux forces de la 1ère DB polonaise avant de reprendre la route du Nord. Depuis 3 jours, ils perdent beaucoup d’hommes, tués, blessés ou prisonniers, au cours d’affrontements courts avec les forces alliées.
Quelques hommes rentrent dans les rues de FOREST L’ABBAYE pour y voler quelques volailles dans les poulaillers. C’est en s’opposant à un de ces vols, dans le poulailler de son voisin absent que le jeune Pierre HENRY, 24 ans, sera froidement abattu par un allemand.
Le jeune René ADAM, 14 ans, était dans les champs avec son père lorsqu’il vit au loin les allemands passer sur la route.
Soudain, surgit un avion, dans le ciel. Une pluie de papier a été lâchée au-dessus de la colonne. Il vit plusieurs allemands descendre de leurs vélos et courir en ramasser.
Il s’agissait certainement de tracts alliés, lâchés sur les troupes allemandes les appelant à déposer les armes…

7H00 : Mme GAFFET, seule chez elle, est importunée par une bande de jeunes excités, venus lui réclamer des brassards de FFI et des armes.
En effet, il n’y a plus d’autorité allemande dans le village et tout le monde connaît l’appartenance à la Résistance de Gilbert GAFFET. Cela n’était plus un secret pour personne !
Après s’en être débarrassés, inquiète, elle décide de prévenir Eugène PETIT de cet incident afin qu’il aille rechercher son mari qui s’était réfugié à la ferme du bois d’AUSSE, située au Nord de CRECY, près du BOISLE. Cette agitation soudaine qui s’empare de quelques éléments dans le village ne présage rien de bon et l’inquiète !
Eugène PETIT s’empare, alors, de son révolver et court rejoindre son ami.

7H30 : Le pont sur la Maye saute

7H45 : Une fois les allemands repartis sur leurs vélos, Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC quittent également la maison DALLON et vont attendre l’ouverture du café de Mme LOURDELLE un peu plus loin, dans la rue principale de CRECY.

7H50 : La douzaine d’allemands qui viennent de miner le pont de la Maye et de repartir passe devant la gendarmerie située au 12 de la rue de la gare.
Arthur SAVREUX, pensionnaire de la maison de retraite située à quelque pas est déjà dans la cour de la gendarmerie à couper du bois comme à son habitude.

8H15 : Le chef Emilien BERLE envoie Albert BEDU, chercher Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC au café de Mme LOURDELLE, certainement prévenue par celle-ci du retour de ces étrangères au village, dans son café.
Le but étant, je pense, pour Emilien BERLE de les mettre à l’abri en ce jour d’effervescence qui s’annonce car tout le monde désormais savait par quels moyens elles étaient parvenues au village !

8H20 : Pendant l’absence d’Albert BEDU, le chef Emilien BERLE est averti, une première fois, que des habitants ont enfermé 3 ou 4 allemands dans un sous-sol d’une habitation de la rue des Ecoles !
Ce fait est rapporté par le Maire de l’époque, Mr DURAND et on le trouve également rapporté dans le livret de Lucien BOUBERT intitulé « La Ligne Rouge » que l’on trouve à la Bibliothèque d’ABBEVILLE.
Mr DURAND et mon grand-père sont également à l’origine de la mise en garde auprès de Gilbert GAFFET. Ils lui avaient conseillé de se cacher car il avait entendu parler de dénonciation !
Je pense qu’ils étaient au courant des rafles impressionnantes et violentes qui s’étaient déroulées dans les communes de DOMART en PONTHIEU et de BERNAVILLE, les 27 et 28 Aout, organisées à l’initiative de William KRAUSS de la SD d’ABBEVILLE, encore présent à ce moment là et qui firent grand bruit.
Plusieurs résistants furent arrêtés et emprisonnés à la prison d’ABBEVILLE.
Onze furent cruellement assassinés dans la soirée du 31 Aout 1944, mais personne n’est encore au courant !

Qui peuvent être ces habitants pour agir de la sorte si ce n’est la bande de jeunes ayant déjà importuné Mme GAFFET ?
Il est écrit dans le livret de Lucien BOUBERT qu’un homme en civil accompagnait ces premiers allemands mais il fut relâché après avoir été désarmé parce qu’il était Luxembourgeois !
Justement, n’est- ce pas là, une première bêtise, de la part de ces jeunes hommes, croyant déjà la Libération proclamée !
Il y a de grandes chances que cet homme en civil fut un de ces nombreux interprètes employés dans les Kommandanturs par les allemands. Bon nombre d’entre eux devinrent beaucoup plus que de simples employés en portant l’uniforme allemand !
Trop heureux alors d’avoir échappé à ces jeunes gens inexpérimentés, il est reparti à la rencontre d’un nouveau groupe protecteur pour protéger sa fuite.
Peut-être est-ce lui, alors, qui prévint la colonne en approche de ces arrestations en cours dans CRECY ? Ce qui pourrait expliquer la méfiance qu’eurent les allemands en pénétrant dans CRECY comme l’ont rapporté des témoins ? Une avant-garde de quelques hommes qui avancent prudemment suivis d’autres bien armés qui marchent de chaque côté de la rue, rasant les habitations, espacés des uns des autres et fusils à la main…
Et quand je pense à cela, j’imagine le tristement célèbre interprète luxembourgeois de la SD abbevilloise : le sinistre Joseph PHILIPPE ! Etait-ce lui ?

8H30 : Albert BEDU revient avec les 2 femmes qu’il enferme dans une des cellules de sûreté situaient à l’arrière de la gendarmerie entre celle-ci et l’ancienne écurie, aujourd’hui détruites.

8H35 : Quelques jeunes gens, certainement des membres de la bande citée plus haut, arrivent à la gendarmerie. Ils sont 3 ou 4. Parmi eux, il y avait le fils LEPEZ, chef de gare de CRECY et certainement Gaston DELANNOY, un garçon boucher de CRECY.
Mais je pense fortement que les deux jeunes FFI Philippe BARNABE et Jacques MALIVET pouvaient en être également.
En effet, leurs tempéraments impétueux, leurs engagements respectifs à leur jeune âge et leurs situations momentanées dans le village sont autant d’éléments qui permettent de s’interroger…
Le ton monte rapidement avec le chef Emilien BERLE dont ces jeunes devaient également connaître les affinités et liens...
En effet, ces jeunes gens viennent pour :
- soit demander de l’aide aux gendarmes pour arrêter des allemands qu’ils ont vus se reposer dans un bâtiment de la râperie à quelques dizaines de mètres de la gendarmerie en sortie du village !
- soit qu’ils les ont peut-être déjà surpris avec l’aide d’autres jeunes villageois et qu’ils les contrôlent en attendant que les gendarmes viennent les rechercher pour les enfermer dans leurs cellules !
- soit les allemands se sont rendus tout simplement comme cela s’est vu à multiples reprises à cette période !
Le troisième scénario me parait plus probable car je ne conçois pas que le chef Emilien BERLE ait pu prendre un risque aussi gros en tentant d’arrêter un groupe passant comme cela !
Cela n’aurait aucun sens et me parait parfaitement irresponsable et incompatible avec les qualités de bon sens, de pondération et de prudence dont il fit preuve jusque-là dans toute situation !
Ce qui expliquerait pleinement le coup de gueule lorsqu’il refusa d’abord trouvant cela complètement irresponsable et dangereux !
Mon grand-père n’était pas dupe ! L’état Major de la Division était encore là hier matin. Automatiquement pour lui, il reste des troupes derrière : c’est évident et c’est ce qu’il leur dit…
Ces allemands sont certainement ceux qui viennent de faire sauter le pont de la Maye et avaient pris quelques instants de repos en sortant du village.
Ils sont exténués et n’ont pas dormi depuis plusieurs jours. Pendant leur courte période de sommeil, ils se font surprendre et offrent peu de résistance à ce groupe de jeunes, encadrés par de jeunes FFI excités d’en découdre et de faire quelques prisonniers à quelques heures de la Libération.
En tout cas, le chef Emilien BERLE prend conscience de la gravité de la situation et du mauvais pas dans lequel ces jeunes gens les plongent tous. Il prend quelques instants de réflexion et fait le choix d’aller chercher ces allemands avec l’accord de ces gendarmes (tous l’accompagnent hormis MARTINACHE en repos, ce Dimanche) et de les ramener à la gendarmerie. Quelque part, il y est contraint par la force des choses et ne peut pas laisser ces jeunes qu’il connaissait dans cette situation et continuer à faire n’importe quoi ! Alors il tente le coup !

9H00 : Au 8 de la rue de la Gare, chez Mr et Mme LEDOUX, une de leurs filles s’affaire en cuisine. Mr Robert LEDOUX n’est pas chez lui. Il est sorti dans le bourg.

9H15 : Les allemands sont capturés ou plus exactement repris par les gendarmes et ramenés vers la gendarmerie. Les gendarmes qui encadrent leurs prisonniers au nombre de 12 dont un officier ou sous-officier sont également accompagnés de plusieurs de ces jeunes villageois portant les armes récupérées dont ceux cités précédemment.

9h20 : Arrivés à hauteur de la gendarmerie, ils sont aperçus par 4 allemands de l’avant-garde de la colonne qui traverse CRECY en provenance du centre ville à 200 mètres d’eux !
Les allemands ouvrent immédiatement le feu dans leur direction. Les gendarmes entrent dans la gendarmerie et enferment quelques allemands (certainement pas tous car dans la confusion créée par les tirs, certains ont pu s’échapper) dans les cellules de sûreté avec l’aide de BARNABE et MALIVET qui sont également rentrés dans la gendarmerie. Tous les autres villageois qui accompagnaient les gendarmes en portant les armes se sauvent en abandonnant leurs butins. Gaston DELANNOY dira qu’il a fui en traversant les jardins côté gendarmerie.

La jeune Roberte LEDOUX n’eut pas le temps de reconnaître un homme traverser sa cuisine en criant que la gendarmerie était attaquée et prendre la fuite par les jardins… Etait-ce Gaston DELANNOY ? Peut-être ! En tout cas, prise de panique, Mme Paulette LEDOUX emmène ses trois filles se cacher dans un débarras à l’arrière de sa maison qui donne sur sa cour et le mur d’enceinte de la gendarmerie et s’y enferme.

Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC entendent, depuis leur cellule, les coups de feu dans la rue. Soudain, elles voient 2 jeunes hommes, armes au poing et un gendarme enfermer quelques allemands dans les cellules. Le gendarme les libère et leur demande de se cacher dans la buanderie qui donne sur l’arrière de la cour de gendarmerie. Affolées, elles obéissent…

9H30 : Le chef Emilien BERLE envoie toutes les femmes et enfants dans le sous-sol se cacher dans les caves. Il y a là : son épouse Germaine et ses 2 fils Serge et Michel, Mme PATRY et son fils de 2 ans, Jean-Claude, et Mme MARTINACHE.
Mme BEDU est absente car elle est sortie chercher du lait à la ferme DAILLY pour son bébé resté dans l’appartement avec sa mère.
Je ne sais pas si Raymond DELANNOY était marié ! Ce qui fait au moins 6 personnes à la cave…

9H35 : Le chef BERLE monte à l’étage et au grenier avec ses hommes accompagné par Philippe BARNABE et Jacques MALIVET, pour se rendre compte de la situation.
Dans la rue, il constate que les allemands sont désormais beaucoup plus nombreux et prennent position, dans le pré en face et le long des façades des maisons dans la rue. Très rapidement il prend conscience que l’instant est grave.
Il est rapidement évident pour lui qu’il ne pourra pas résister longtemps et qu’il n’en a véritablement pas les moyens d’ailleurs.
En effet, face aux hommes qu’il aperçoit armés de fusils et pistolets mitrailleurs de type STG 44 et MP 40 et de fusils MAUSER pour d’autres, les gendarmes ne disposent chacun que de leur simple arme de service, un simple pistolet d’ordonnance 1892 avec chacun 9 balles conformément à la dotation de munitions imposée par les règles allemandes de la collaboration ! Ce pistolet n’est véritablement efficace qu’à moins de 20 pas !
Il constate également la mise en batterie d’une ou deux mitrailleuses MG 42 et la présence de PANZERFAUST portés par certains hommes !
Les 3 ou 4 armes et grenades récupérées sur les prisonniers ne comblent pas la différence ! De plus, il n’a pas d’autres munitions que le chargeur qu’elles contiennent ! Il ne peut compter non plus sur aucun secours.
En toute logique, il ne peut pas y avoir eu de combats ayant duré 50 minutes comme ce fut rapporté dans la presse de l’époque ! C’est impossible !
Il va falloir se rendre : c’est l’évidence. C’est la seule et unique solution qui s’impose après l’état de la situation qu’il vient de faire… Quelques coups de feux, tout au plus, seront tirés…
D’ailleurs il semble que Raymond DELANNOY soit le plus impressionné par ce qu’il voit ! Pris de panique, Il quitte précipitamment son poste au grenier ou à l’étage et se précipite dans les escaliers qu’il dévale quatre à quatre.
Michel BERLE, le fils ainé du Chef BERLE entend la cavalcade dans les escaliers et remonte, alors de la cave et à juste le temps de le reconnaître s’enfuyant dans la cour…
Quelques secondes plus tard, Mme LEDOUX, de sa cache, voit DELANNOY faire le mur de la gendarmerie et atterrir dans son jardin et fuir en direction de la Maye… Affolée une nouvelle fois, elle prend peur et croit que les allemands vont à leur tour franchir le mur. Elle se réfugie, alors, avec ses filles dans sa cave sous la maison qui comporte des soupiraux qui donnent dans la rue.

9H40 : La priorité de sauver des vies et de ne pas exposer celles des femmes et des enfants s’imposent de plus en plus et devient primordial, au chef Emilien BERLE.
Il remet à Philippe BARNABE et à Jacques MALIVET, un pistolet à chacun et leur dit : « Fuyez pendant qu’il en est encore temps car ils vous prendront pour des terroristes et vous fusilleront ». Et il leur ordonne de partir par les jardins.
Les deux jeunes hommes de 18 ans ne demandent pas leur reste et s’empressent de quitter la gendarmerie.

C’est à ce moment là, que depuis leur abri, Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC voient traverser la cour en courant par 2 jeunes hommes tirant des coups de feu en l’air, révolvers au poing. Elles diront également avoir vu une personne plus âgée, Arthur SAVREUX j’imagine, toujours dans la cour à ce moment là. Quelques instants après, deux grenades tombent et explosent dans la cour.
Elles ont très peur et ne veulent plus rester là. Elles décident de rentrer dans la gendarmerie et vont se blottir dans le hall contre la porte qui descend à la cave. Une femme de gendarme, les ayant entendues, remonte et leur ouvre pour qu’elles les accompagnent au sous-sol.

Ces explosions et tirs sont entendus par plusieurs personnes dans le village qui font le rapprochement avec ce défilé d’allemands ! Il se passe quelque chose à CRECY !

Roger CHIVOT ramasse des pommes avec son père dans une pâture de la rue du Mâcon. Ils entendent ces déflagrations et remontent vers le centre par la rue de St RIQUIER. Ils seront stoppés, en bas de la rue du Général de GAULLE, par un soldat allemand en position dans un trou, armé d’un fusil mitrailleur STG44.
Mme FILLEUX (belle-mère de Gilbert GAFFET) et Mme TREUNET (grand-mère d’Eric BOTTE) sont sur leur trottoir. Voyant toujours arriver des allemands par la rue Eugène PETIT, elles les dirigent dans la rue Michel DUFRESNOY pour qu’ils évitent le centre du bourg où elles ont compris qu’il se passait quelque chose...

9H45 : Philippe BARNABE saute le mur de la gendarmerie et fuit à travers les jardins des LEDOUX également. Au bout, il traverse la MAYE et aperçoit des allemands qui contournent la gendarmerie. Ceux-ci l’aperçoivent également. Il se met à courir à travers les prés en direction de la forêt.
2 ou 3 allemands se lancent à sa poursuite en lui tirant dessus. Ils ne le rattraperont pas…
Albert BEDU, quant à lui, est parti se réfugier à l’étage de l’écurie, derrière la gendarmerie et va se recouvrir sous le dépôt de postes de TSF rassemblés et réquisitionnés par les gendarmes selon les consignes allemandes qu’ils ont stockés ici.
Peut-être avait-il vu la présence d’allemands qui cernaient désormais la gendarmerie et ne s’est pas senti la force de réaliser le même sprint que le jeune BARNABE… Le jeune MALIVET a également réussi sa fuite mais je ne dispose d’aucune information sur sa sortie et comment il en réchappa.

9H45 : Chez les LEDOUX, la mère et les filles sont réfugiées à la cave et depuis le soupirail, elles voient les bottes des allemands plaqués contre la façade. De temps en temps, un fusil pointe à travers le soupirail et les glacent d’effroi.

Au sous-sol de la gendarmerie, les trois gendarmes restants ont rejoint leurs femmes et leurs enfants, accompagnés, peut-être d’Arthur SAVREUX. Soudain, MARTINACHE s’exclame : « Chef, Mme BEDU n’est pas là mais son bébé et la Mémé (belle-mère de BEDU) sont restés en haut ! » Il s’élance, aussitôt, et redescend quelques instants après avec les deux oubliés.
Ils sont désormais onze, réfugiés au sous-sol et peut-être douze si SAVREUX n’est pas resté dans la cour et a pu les rejoindre !

9H50 : Soudain les allemands mitraillent la façade et font exploser toutes les fenêtres. Les appartements du Rez de Chaussée (ceux de BERLE et de BEDU) sont criblés de balles. Le fauteuil de la Mémé dans lequel MARTINACHE l’avait trouvé et le landau du bébé seront retrouvés avec plusieurs impacts !
Il s’en est fallu vraiment de peu !!!
A ce moment-là, au sous-sol, le Chef Emilien BERLE engage tout le monde dans le souterrain qu’il avait creusé au mois de Juillet avec ses gendarmes. En effet, ce souterrain, pensait-il, était destiné à les mettre à l’abri des dégâts collatéraux qu’il pensait possible lors de probables combats libératoires ou bombardements. Ce souterrain partant d’une des caves passe sous la route devant la gendarmerie et débouche dans le pré en face.

9H55 : Les allemands rassurés par le silence et l’absence de tir émanant de la gendarmerie lancent l’assaut. Ils font exploser le portail de la cour par un tir de PANZERFAUST et se ruent à l’intérieur.
A ce moment là, dans le souterrain, le chef BERLE dit à son épouse : « Je suis un militaire, Germaine, et je dois accomplir mon devoir sinon tout le monde va mourir. » Il embrasse sa femme et ses fils et sort dans le pré, face aux allemands, mains en l’air, avec un de ces gendarmes. L’autre reste dans le souterrain avec les femmes et les enfants. Quelques allemands se ruent alors sur les deux hommes et les frappent brutalement.

10H00 : Les allemands ont investi toute la gendarmerie et la saccagent. Une grenade est lancée dans l’escalier de la cave. Ils ne trouvèrent pas Albert BEDU qui reste planqué pendant toute cette période sous son tas de postes de TSF.
Le dernier gendarme, qui devait être PATRY, sort à son tour accompagné des femmes et des enfants. Les allemands sont excités. Ils frappent copieusement les hommes et bousculent les femmes et les enfants. Ils sont très menaçants !
Ils séparent les femmes et les enfants, des hommes auquel est joint Michel, le fils ainé du chef Emilien BERLE.
Mme LEDOUX, n’entendant plus de détonations laissent ses filles à la cave et décide de monter dans son grenier. Une lucarne, existante encore de nos jours dans son pignon, lui permet de voir ce qui se passe du côté de la gendarmerie. C’est avec stupeur qu’elle découvre cette scène de violence et de terreur générale à tel point qu’elle en restera marquée à vie par l’apparition d’un stigmate selon son petit-fils !
Les femmes sont littéralement terrorisées. Les enfants, de par leur jeune âge ne se souviendront pas de ces moments, hormis mon père âgé de 10 ans et mon oncle Michel, 16 ans, pour qui le pire n’est pas encore survenu !
Les hommes titubent après les violences subies.
Parmi eux, elle reconnait soudain Gilbert GAFFET et Eugène PETIT !
De même, Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC remarquent la présence de ces deux civils qu’elles n’avaient pas vus jusqu’à maintenant. Elles remarquent également l’importance de la colonne. De nombreuses charrettes sont arrêtées, au milieu de la rue, pleines de matériels divers. Les allemands sont très nombreux.

Comment Gilbert GAFFET et Eugène PETIT se sont-ils retrouvés là ?
En fin de compte, il est fort probable qu’ils se sont fait prendre à leur retour du bois d’AUSSE.
Ils ont dû entendre ou remarquer quelque chose en revenant de leur cache et se sont approchés, en se dissimulant au plus près de la gendarmerie. Malheureusement, ils ont dû être trop imprudents et furent découverts.
Les allemands les trouvèrent portant des armes et leur sort fut scellé ! Ils étaient déjà aux mains des allemands avant la sortie du souterrain d’Emilien BERLE.

Jeanne GAILLARD rapporte qu’un gendarme saigne abondamment de la tête. Un coup de crosse lui a certainement ouvert le crâne.

Un des allemands libéré intervient auprès d’un sous-officier aux cheveux roux qui semble commander le groupe intervenu sur la gendarmerie pour lui indiquer que Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC étaient initialement détenues. Elles sont de ce fait sommées de s’expliquer par celui-ci. Les deux femmes racontent leurs aventures et l’homme décide, alors, de les écarter du groupe et leur demande d’attendre près d’une charrette.
Il se dirige vers les hommes et leur fait signe de mettre les mains sur la tête.

10H15 : Le sous-officier ordonne aux 7 hommes arrêtés d’avancer en file indienne, mains sur la tête, en direction de la sortie du village.
Un deuxième sous-officier les encadre sous la menace, tous les deux, de leur pistolet P38 aux poings. La colonne se remet en marche en suivant la même direction.
Les femmes et les enfants sont contraints de rester sur place, peut-être sous le contrôle de quelques hommes, hormis Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC qui sont priées de suivre les allemands pour être interrogées par un officier qu’elles diront avoir rencontré dans un bois près du BOISLE, le jour même.

10H20 : Arrivés à la râperie, le sous-officier aux cheveux roux qui semble, depuis le début diriger les opérations, arrête la colonne et se dirige avec ses prisonniers sur le petit chemin qui mène vers la MAYE. Il est toujours accompagné par l’autre sous-officier.
Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC sont à l’intersection du chemin mais elles ne voient plus personne car tous semblent avoir descendu dans un trou ! En effet, il existe à cet endroit 3 profonds bassins encore existants de nos jours complètement envahis par la végétation.
Toutes les deux entendront distinctement plusieurs détonations espacées et comprendront au retour des deux sous-officiers, seuls, qu’ils venaient d’abattre au P38 les 7 hommes…
Ce qu’elles ne savaient pas, c’est que le plus jeune d’entre eux, Michel 16 ans en réchappa mais par quel miracle !

Michel n’a que très peu parlé de ces instants terribles qui le marquèrent psychologiquement à vie tel un marquage au fer rouge.
Lorsqu’il disparut en 2010 à l’âge de 82 ans, on a retrouvé dans ses papiers quelques feuilles où il raconte ce terrible Dimanche matin.

Lorsque son père l’aperçoit avec lui dans le bassin, il le voit se mettre en colère contre les deux sous-officiers, en leur criant qu’ils n’ont pas le droit de faire çà. Il leur demande d’épargner tout le monde et s’offre comme seul et unique responsable en tant que Commandant de la Brigade et que tuer des innocents est un crime ! Tout en disant cela, il ouvre sa veste et se présente devant les allemands.
Le sous-officier aux cheveux roux lui tire une balle dans la poitrine et lui tirera ensuite une balle dans la tête. Mon grand-père est mort sans savoir si son fils s’en sortira…
Tout ceci se passe, sous les yeux de Michel dont on ne peut imaginer la douleur et la détresse.
Edouard MARTINACHE, 27 ans, ne veut pas mourir. Il s’élance en criant pour gravir la pente du bassin. Un allemand lui tire dessus. Il est touché et s’écroule. Les allemands le relèvent et le ramènent au centre pour l’achever d’une balle dans la tête également.
Les allemands s’approchent, ensuite d’Arthur SAVREUX qui se met à pleurer et à prier ses bourreaux de ne pas le tuer. Le pauvre vieux leur tend son tabac et son porte monnaie.
Il est tué également d’une balle dans la tête sous les yeux de Michel.
C’en est beaucoup trop pour la sensibilité et le cerveau de Michel. La violence et l’intensité émotionnelle de ces scènes lui provoque un choc psycho-traumatique, ses yeux sont ouverts mais sa mémoire n’enregistre plus les images.
Il a vu ce qu’il s’est passé ensuite mais sa mémoire ne l’a pas imprimé. Il ne pourra jamais témoigner de la mort de PATRY, de GAFFET et de PETIT. Lequel d’entre eux a vu tous ces compagnons d’infortune mourir avant d’être lui-même exécuté ?
Ce choc psycho-traumatique restera irrémédiable. Jamais ces images ne lui reviendront.
Donc, il ne pourra jamais expliquer pourquoi il ne fut pas exécuté. Il fut abandonné au milieu des cadavres des 6 hommes.
Les deux allemands se seraient-ils aperçus de son état et l’auraient épargné ?
Auraient-ils accéder à la demande de son père ? C’est ce que Michel, en tout cas a toujours pensé !
Eux, seuls peuvent répondre à cette question…

10H30 : Les deux allemands reviennent du bassin et la colonne reprend sa route en quittant CRECY en direction d’ESTREES les CRECY…

Lorsque Michel reprend ses esprits et que sa mémoire ne lui fait plus défaut, les allemands ne sont plus là. Il lui faut quelques instants pour réaliser. Il fait chaud, le soleil l’éblouit, puis soudain il se souvient. Il baisse alors les yeux et aperçoit les cadavres.
Tout lui repasse dans la tête, la mort de son père etc… Il sort précipitamment du bassin et commence à avancer en titubant vers la gendarmerie. Il a une irrésistible envie de rejoindre son petit frère et sa mère. Mais il est étreint par des maux de tête et de gorge. Il est étouffé. Il a du mal à respirer et à avancer. Il voudrait pleurer mais n’y parvient pas !
Devant lui, dans la rue, il voit Mme BELPAUME venir à sa rencontre. Il tombe dans ses bras et se met alors à pleurer pour la première fois et à ne plus pouvoir s’arrêter.
Il avance vers la gendarmerie, toujours soutenu par cette dame lorsqu’il aperçoit sa mère qui courre vers lui en criant « Michel, mon pauvre Michel ». Puis elle le prend dans ses bras et l’embrasse, puis elle dit « Où est ton père ? Où sont les autres ? Michel, réponds moi »
Michel n’a pas la force de lui dire la vérité et il lâche « Ils les ont emmené avec eux Maman… »

11H40 : La colonne traverse la commune d’ESTREES les CRECY. Sur la place de l’église, un débit de boissons est tenu par la famille FOURNIER.
Gérard FOURNIER, 12 ans, est seul avec sa mère, quand quelques allemands leur demande de les ravitailler en eau.
Gérard est impressionné par ces tous ces hommes bien armés avec plusieurs ceintures de balles et par ces charrettes qui passent. Le défilé est long et lui semble interminable.
Il se souvient bien qu’un de ces allemands en entrant dans le café de ses parents s’est écrié : « CRECY, gendarmes nicht correct. Gendarmes kaput ! »
Il se souvient également qu’un autre lui a donné un chocolat que sa mère lui a interdit de le manger après leur départ.
A 300m du café, la colonne emprunte pour sortir du village la rue de LABROYE.
BRAY Louis a 12 ans également quand il voit passer l’avant-garde allemande au bord de la rue.
Il se souvient bien de ces soldats puissamment armés. Impressionné, il se précipite à l’intérieur de sa maison et continua de sa fenêtre à contempler le défilé de soldats et de charrettes se dirigeant vers LE BOISLE.

A CRECY, des hommes du village sont allés rechercher les corps des 6 malheureux, les ont chargés sur une charrette et les ramenèrent vers le centre du bourg.
Les filles LEDOUX sont toujours cloitrées dans leur cave quand elles aperçoivent, par le soupirail, les roues de la charrette remontant la rue.
Des filets de sang s’écoulent de la charrette et marquent le passage de la charrette dans la rue…
Les corps seront dans un premier temps amenés dans un café avant de rejoindre la morgue de la maison de retraite.

En début d’après-midi, la colonne allemande atteignait LE BOISLE.
Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC furent ensuite présentées et entendues par un officier dans un bois de la région de RAYE sur AUTHIE puis elles furent relâchées par les allemands.
Elles passèrent la nuit du 3 au 4 Septembre dans une grange de cette commune. C’est à cet endroit qu’elles furent appréhendées par quelques FFI qui les ramenèrent à CRECY.
Ensuite, elles furent internées à la maison d’arrêt d’ABBEVILLE.

Louis BRAY se souvient qu’en fin d’après-midi, vers 17h, il se trouvait au carrefour de la cabane Bambou pour voir passer les premiers blindés de la 1ère DB polonaise qui filaient sur HESDIN. Il y avait là avec lui, le Dr CAPELLE et l’Abbé Jean PAPILLON avec leurs brassards de FFI…

Le soir même, arrivèrent à CRECY, en provenance d’ABBEVILLE, un groupe de FFI conduit par Jean SANTONI. Parmi eux, un jeune homme de 24 ans, nommé Eugène DINGEON : mon futur beau-père…

Le lendemain matin, vers 8h, une colonne blindée polonaise pénétrait dans CRECY…

Les obsèques des victimes furent célébrées le Jeudi 7 Septembre dans la trop petite église de CRECY pour l’événement.
Marie COQUET se souvient des 6 cercueils amenés séparément par des plateaux tirés par des chevaux mis à disposition par Mr FLAHAUT.
Deux ou trois prêtres ont célébré la messe dont l’Abbé PAPILLON.

Ma grand-mère a toujours gardé l’homélie :

« La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui dans la pieuse communion du Souvenir, s’empreint d’une grandeur tragique par son caractère voulu de simplicité et de modestie, contrastant avec les heures d’une si décisive solennité que vit notre monde, tout empli du fracas des combats.
Il est constant, hélas ! Qu’aucune joie humaine soit pure de toute amertume, mais nous percevons plus douloureusement en cet instant le glas des deuils parmi les carillons qui préludent à la Victoire, puisque l’aube radieuse de la Paix tant espérée ne luira pas pour les yeux clos à jamais de ceux dont nous honorons aujourd’hui la mémoire.
Il nous semble que le destin fut doublement cruel en consommant leur sacrifice au moment de la Délivrance. Il y a, dans leur mort, comme une monstrueuse injustice et nous nous demandons pourquoi faut-il, faute de quelques heures, quelques heures gagnées sur quatre années d’angoisse, qu’ils n’aient pu recueillir le fruit de leur patient héroïsme et sentir dans leur cœur l’immense palpitation de joie qui étreignit nos âmes lorsque l’ennemi, vaincu, céda sous la poussée de nos armes triomphantes.
Dans notre dure remontée du fond de l’abîme, au cours d’un combat qui se poursuit et s’exaspère, il est bon que les vivants serrent leurs rangs et se sentent un moment plus proches les uns des autres par des manifestations comme celle-ci, où la pensée de nos martyrs reste fidèle à nos cœurs et donne toute sa gravité à notre émotion commune.
Vous les connaissiez et aucun de ceux qui communient ici dans leur souvenir, n’a besoin que leurs mérites soient rappelés dans le détail. Si nous admirons leur lutte clandestine et si les circonstances odieuses de leur assassinat nous emplissent encore d’une indignation que n’entamera point l’oubli, c’est qu’il n’est pas exagéré de dire que leur refus et leur action joints à tant d’autres exemples, ont sauvé non seulement l’Honneur de la Patrie, mais la Patrie elle-même.
Ce sont tous les BERLE, les PATRY, les MARTINACHE, les GAFFET, les SAVREUX, les PETIT, de Picardie ou de Bretagne, de Savoie ou de Gascogne, qui ont arraché la France à cette mort dans la honte et dans le déshonneur à laquelle l’avaient vouée la trahison de chefs indignes. C’est grâce à leur sacrifice que, fidèles à nos Alliés, nos armes victorieuses mènent le dernier assaut contre l’imposture de l’hitlérisme et les maléfices de ce militarisme allemand dont ils sont, ces fusillés de CRECY, les injustes victimes.
Ceux qui, abusés ou complices, ont cru non pas même à l’honneur hitlérien, mais à cette correction tant de fois prétextée, auront compris leur méprise ou leur trahison à l’évocation de ce crime inexpiable, plongeant en quelques instants dans le deuil les familles devant la douleur desquelles nous nous inclinons aujourd’hui.
Ils sont aujourd’hui couchés dans l’égale paix des tombeaux, après avoir vécu et partagé l’égal sacrifice. Qu’il me soit permis cependant, devant ses collègues rassemblés ici, d’exalter l’exemple de ce chef de brigade s’offrant seul à la mort pour épargner ceux qu’il couvrait de son autorité, s’égalant aux plus pures gloires dont s’illustre et s’honore le long martyrologue de la Résistance. Mais les bourreaux n’entendent pas l’héroïsme, et il fallait sans doute, pour apaiser les dieux barbares de l’éternelle Germanie, que coulât le sang de ces six patriotes qui n’avaient pourtant pas répandu celui de leurs ennemis.
Que du moins leur exemple nous incline à la méditation ! Mesurons bien d’abord tout le prix de leur choix car, s’ils avaient dès le début opté pour le camp de la France, ils avaient dû surmonter les artifices d’une propagande insidieuse, les risques, les menaces, voire les préventions qu’il fallait désarmer. Nous rendons-nous même un compte exact de ce que pu être le drame qui se joua tout d’abord dans la conscience traditionnellement intransigeante de trois serviteurs de l’ordre, de trois de ces gendarmes chez qui le sens inné du Devoir d’obéissance connaissait le doute pour la première fois.
Et puis, si grands que soient, dans le combat de ces quatre années, les mérites de ceux qui restent, qu’ils se disent que ceux que nous pleurons ont donné, eux, leur vie. Plus encore songeons que ces martyrs aujourd’hui unis dans la mort, étaient venus d’horizons divers et appartenaient à toutes les origines pour en tirer la leçon de concorde et de discipline que nous impose le salut même de la Patrie.
Enfin, n’oublions pas qu’ils n’avaient de haine que pour l’ennemi et ses valets parce qu’ils les savaient sans pitié et sans honneur, mais leur cœur était fraternel et bon à tous ceux qu’habitait l’amour exclusif de la France.
Qu’ainsi, par delà leurs tombeaux et dans le culte de leur mémoire, nous écartions entre Français tous les germes de division stérile pour nous unir comme ils l’ont fait eux-mêmes jusqu’au suprême sacrifice, dans un commun idéal de Paix laborieuse et fraternelle pour la seule grandeur de la Patrie régénérée. »

Ce texte n’a pu être écrit et prononcé que par Jean PAPILLON qui témoigna plusieurs fois de l’appartenance à son réseau de mon grand-père.

Un autre hommage fut rendu par Mme GAFFET Hélène (épouse de Gilbert GAFFET) au nom de la Résistance, je pense au cours des obsèques, dont je reproduis ici le texte:

« Au nom des groupes de Résistance, au nom des FFI de l’arrondissement d’ABBEVILLE, j’ai le pénible devoir d’adresser le suprême Adieu à nos camarades de la Résistance morts au champ d’honneur.
CRECY a été éprouvé dans cette lutte que nous devions mener presque sans armes, contre des ennemis armés jusqu’aux dents. Nous; nous avions fait le sacrifice de nos vies pour aider nos Alliés à chasser le boche maudit, pour contribuer d’une façon active à libérer notre Picardie, à libérer notre Patrie.
Le Commandant MANGIN, représentant le Général DE GAULLE, me disait avant-hier à ABBEVILLE que notre action avait été pour les Alliés une véritable surprise et d’un secours inespéré. Ils comptaient sur nous, mais ne croyaient pas à une action aussi efficace. Aussi notre côte ne fait que monter et quand viendront les pourparlers de paix, la France pourra y être dignement représentée. Cette participation, c’est à vous, groupes de la Résistance que notre pays le devra.
Et vous les morts, votre sacrifice n’a pas été inutile. Vous avez montré au monde entier que la France n’était pas ce pays diminué que les Allemands
Ont voulu faire croire. Vous avez prouvé que le Français de 1944 valait celui de 1914 et qu’il savait encore mourir pour défendre sa Patrie et reconquérir sa Liberté.
Aux familles de ces victimes, nous adressons nos condoléances les plus vives et nous les assurons que nous ferons l’impossible pour les soulager et leur venir en aide. Femmes et enfants de nos camarades, croyez le bien; nous ne vous oublierons pas, c’est une promesse formelle que je vous fais au nom des FFI : Camarade Gilbert GAFFET, Camarade PETIT, Maréchal des Logis Chef BERLE, Gendarme MARTINACHE, Gendarme PATRY. Dormez en paix, vous avez bien mérité de la Patrie. Vive la France, Vive la République. »

En 1986, Jean-Claude PATRY (fils de Raymond PATRY) écrivit un poème dans lequel il établit un joli parallèle entre la bataille de CRECY et ces événements

Un prince de Windsor, ambitieux et rusé,
Successeur d’Edouard II, monarque assassiné,
Pensait faire de la France, une vassalité.
Bretteur sans scrupules, amateur de tournois,
Il voulait guerroyer le premier des Valois.

Le vingt sixième d’Août mil trois cent quarante six
Edouard le troisième arrive en Picardie
Pour frapper de ses traits l’armée de Philippe VI.
Du quartier général, une tour isolée,
Il pouvait dominer la vallée de la Maye.

Les Français arrivèrent en fin d’après midi,
Les arbalétriers suivaient la chevalerie.
Albion tenait trop bien les collines de Crécy.
A l’approche de nos troupes, les Anglais se levèrent,
Leurs archers constituant une herse meurtrière.

Le Valois engagea le combat sans tarder
En lançant sur Edouard son innombrable armée
Qui essuya la pluie des flèches acérées.
Et ainsi commença l’horrible boucherie
Dont on parle sous le nom de bataille de Crécy.

Les prodiges de bravoure de nos chevaliers,
Le courage des hommes entrés dans la mêlée,
Ne vinrent pas à bout d’un ennemi mieux armé.
Les Génois massacrés, les Princes noyés de sang,
Le Roi de France blessé s’enfuit avec ses gens.

Telle est la tragédie d’un village picard
Dont la douce forêt de chênes et de fayards
Résonne encore des cris des gens d’armes valeureux
Venus mourir un jour sur le sol du Ponthieu.

Un peintre de BRAUNAU, nommé Adolf Hitler,
Créateur du nazisme et se disant Führer,
Pensait faire de la France une vassalité.
Morbide individu plein de complexité
Il voulait que l’Europe par lui soit dominée.

Le troisième de Septembre mil neuf cent quarante quatre
Une horde sauvage à la tenue verdâtre
Quitte la Picardie pressée par les Alliés.
Elle obéit toujours à ce peintre raté
Qui détruisit nos frères derrière des barbelés.

Demain notre pays sera libéré,
Alors ce Dimanche en fin de matinée
Sept patriotes font encore trente prisonniers.
Des collaborateurs, traîtres et ennemis
Sont ainsi détenus dans la gendarmerie.

Mais la troupe barbare devenue belliqueuse
Tire sur la garnison avec une mitrailleuse.
La brigade engage donc un combat inégal,
Ne disposant que peu de grenades et de balles,
Face à cent cinquante reîtres au rictus bestial.

La situation est vite désespérée.
Trois hommes par le jardin parviennent à s’échapper.
Caché dans un grenier un autre sera sauvé.
Deux gendarmes et leur chef rejoignent à la cave
Leurs enfants et leurs femmes et trois civils graves

Les Allemands découvrent la cachette rapidement
Et pour sauver le groupe d’un massacre imminent,
Les trois gendarmes se rendent à leurs ennemis hurlants.
Alors commença la terrible boucherie
Du lâche assassinat des héros de Crécy.

Les nazis se ruèrent sur nos fils de France
Pour assouvir la haine, la colère, la vengeance
Martelant leurs visages des crosses de leurs fusils.
Nos soldats s’abattaient à leurs bottes, sans un cri,
La face ensanglantée et le corps très meurtri

Les femmes et les enfants ne furent pas fusillés.
Deux amis, un vieillard périrent assassinés.
Trois gendarmes dont mon père ont été achevés.
J’étais bien ce jour là dans les bras de ma mère
Et je pense aujourd’hui à cette noble terre

Telle est la tragédie d’un village picard
Dont la douce forêt de chênes et de fayards
Eponge encore le sang de gendarmes valeureux
Venus mourir un jour sur le sol du Ponthieu.




Emmanuel BERLE
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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 09 Fév 2015, 16:20

Bonjour et merci Emmanuel.
Très belle présentation.
Amicalement
Prosper ;)
P.S. Je viens de voir que ton avatar est à nouveau visible (ce n'était peut-être que chez moi). C'est parfait!!!
L'Union fait la force -- Eendracht maakt macht

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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de schmol80  Nouveau message 09 Fév 2015, 17:02

Merci Prosper.

Non tu avais raison pour l'avatar ! Ce n'était pas uniquement toi. J'ai dû le remettre !
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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de schmol80  Nouveau message 09 Fév 2015, 21:48

Voici une photo de mon grand-père avec sa femme et ses 2 fils quelques semaines avant le drame...

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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 09 Fév 2015, 22:14

Ce drame aurait pu étre évité sans l inconscience des héros en herbe, quelle tragédie.
http://hongrie2gm.creer-forums-gratuit.fr/forum.htm
La Hongrie, du traité de Trianon au siège de Budapest, son histoire, ses forces armées.

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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 10 Fév 2015, 08:13

Oui... tragique que cette évocation :(
Cruelle libération en ces heures où tant d'hommes et de femmes de nos régions étaient en liesse...

En tous les cas un beau travail de recherche, un bel hommage aussi aux disparus.
Le poème de JC. PATRY est bien émouvant...

Merci de partager ce très intéressant récit.

Cordialement.

Daniel
« Les gens pensaient que je portais mes grenades telles une posture d’acteur. Ce n’était pas correct. Elles étaient purement utilitaires. Plus d’une fois en Europe et Corée, des hommes en difficulté trouvèrent le salut à coups de grenades »

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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de schmol80  Nouveau message 10 Fév 2015, 08:43

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Voici une vue aérienne de CRECY d'aujourd'hui avec les localisr la Maye que les allemands firent sauter, la maison DALLON où les Jeanne GAILLARD et Georgette ISAAC passèrent la nuit, le café de Mme LORDELLE, la maison des LEDOUX au 8 de la rue de la Gare (anciennement) et la Gendarmerie au 12...

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La maison DALLON et le pont de la Maye aujourd'hui

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La façade de l'ancienne gendarmerie qui est un bâtiment abandonné de nos jours...

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La maison des LEDOUX toujours debout avec encore la lucarne dans le pignon par laquelle Mme LEDOUX put voir ce qui se passait dans la rue et la cour de la gendarmerie...

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Le hall intérieur de la gendarmerie avec l'escalier en bois que DELANNOY dévala quatre à quatre et la porte descendant à la cave sous l'escalier...

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Une des caves actuelles au sous-sol de la gendarmerie...

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L'accès aux caves sous l'escalier du hall dans lequel les allemands jetèrent une grenade...

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La ferme du bois d'Ausse où s'était réfugié Gilbert GAFFET et que son ami Eugène PETIT est venu l'avertir...

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Un des 3 bassins à la sortie de CRECY aujourd'hui envahi par la végétation où eut lieu les exécutions...

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Le monument commémoratif à proximité des bassins en sortie du village...
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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de GBW067  Nouveau message 10 Fév 2015, 10:29

Merci pour cette recherche et ce récit poignant, ainsi que ces illustrations
Dan
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Fais ce que dois, advienne que pourra

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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de schmol80  Nouveau message 10 Fév 2015, 11:00

Encore quelques photos pour illustrer le récit...

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La dépendance à l'arrière de l'ancienne gendarmerie qui était une ancienne écurie où se réfugia Albert BEDU

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Le grenier de ladite dépendance où les gendarmes stockaient les postes de TSF réquisitionnés. C'est sous ce tas de TSF qu'Albert BEDU se cacha et y réchappa...

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Il ne reste plus que l'emprise de la dalle au sol. Les cellules de sûreté furent démolies dans les années 80.
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Re: CRECY en PONTHIEU (80) le 3 Septembre 1944

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de schmol80  Nouveau message 12 Fév 2015, 20:00

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La rue de la gare le 4 ou 5 Septembre. Un groupe de personnes se rendent à la maison de retraite pour se recueillir auprès des victimes... On aperçoit la gendarmerie au fond à droite...

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Un char du 1er Régiment blindé de la 10ème brigade de la 1ère DB polonaise dans les rues de CRECY...

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3 prisonniers allemands encadrés par la population qui seront remis aux forces polonaises. Certainement ceux enfermés dans un sous-sol de la rue des Ecoles...
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