Dog Red a écrit:Tires-tu des observations, des enseignements de ta démarche ?
(répartition géographique, nature des maquis, procédés, contexte, etc.)
Si je me réfère aux récits de l'un de mes proches, qui avait rejoint un maquis pyrénéen (secteur des Pyrénées-Atlantiques, ces exécutions variaient selon le contexte local et l'autorité du chef de maquis. Il s'était, lui-même, retrouvé, désigné d'office pour faire partie d'un peloton d'exécution et s'était convaincu qu'il avait eu la chance de bénéficier de balles à blanc - en théorie, dans un peloton d'exécution par "fusillade", un des six désignés (pour une exécution individuelle) est sensé percevoir une ou des balles à blanc, sauf le chef de peloton, qui, lui, donne, réglementairement, le "coup de grâce". Dans le cadre de ce maquis, dont le chef sera nommé préfet provisoire, par le "Grand Charles", ces exécutions s'étaient, apparemment, limitées à celle d'un unique "collabo", notoirement connu pour son zèle à dénoncer aux Allemands les citoyens, "dans la vallée", "supposés" être en relation avec le maquis.
Dans le coin, pour tenter d'éliminer le maquis, lui-même, les allemands avaient vivement intérêt à ce que leurs ancêtres aient eu des relations intimes avec les isards! Le témoin que j'évoque, qui, alors, à 20 ans, avait pris le maquis après avoir réussi le concours d'entrée à l'X, tout en refusant de se voir convoquer pour le STO, avait eu "l'avantage" d'être le neveu du dudit chef de maquis.
Après avoir tamponné, sous une fausse identité, des permis de circulation de la SNCF, à Bordeaux, et s'être gentiment fait engueuler pour son "zèle", sa cadence de tamponnage ayant été jugée excessive par le chef de service, il avait réussi à rejoindre le maquis, où il avait passé l'essentiel de son temps, à trimbaler, dans la montagne et sur des sentiers de chèvre, des sacs à dos bourrés de boites de conserve, larguées par les Alliés!
Je n'écarte pas, non plus, la modestie et la pudeur naturelles du témoin, néanmoins, de par ses récits, on était très loin de "l'Image d'Epinal" du maquis du Vercors ou autre, sans, pour autant, remettre en cause leur importance dans la reprise du contrôle de certaines régions françaises, alors que la pointe des troupes alliées était, elle, encore à des centaines de bornes de là!
C'est un sujet très compliqué, qui s'était résumé bien souvent à la seule compétence de l'autorité locale, celle du ou des chefs de maquis, sans parler de leur affinité politique - exemples, les Partisans & Francs-Tireurs d'obédience communiste -. Le respect des "règles militaires", en temps de guerre, exige une nécessaire connaissance de la part de l'autorité en place.
On en avait vu les limites, quand des Waffen-SS français avaient, fin avril 1945, effectué leur reddition à Berchtesgaden, alors que la 2ème DB venait de l'occuper, et que Leclerc de Hautcloque, quelques étaient ses compétences indéniables, avait ordonné leur exécution sans le moindre procès!
Pour l'essentiel, la plupart des Waffen-SS "français" - même s'il y trainait, encore, "quelques" miliciens qui avaient "accompagné" Pétain et, auparavant, bien évidemment, servi en tant que subordonnés de la Milice! -, n'avait jamais combattu contre l'armée française. Feu mon beau-père, un "Malgré-Nous" alsacien de longue date, lui, avait eu le bol d'effectuer sa reddition avec sa compagnie d'artillerie, le 8 mai 1945, en retraite de Vienne, le 8 mai 1945; vingt jours plus tard, il reprenait son boulot de scieur de long, comme précédemment, dans une petite entreprise alsacienne!
Là, on voit bien les limites très compliquées de la vengeance "individuelle" ou supposée être nationale! Durant la Libération française, en 1944, de très nombreuses jeunes filles ou jeunes femmes avaient, ainsi, souvent, payé très cher des dénonciations bêtement "intéressées" ou "vengeresses"! Tout çà a été, désormais, glissé sous le tapis, mais, malheureusement, a réellement existé!
Honnêtement, dans un pays conquis et occupé, durant quatre ans, alors que l'essentiel de ses jeunes mâles croupi en Stalag ou a été expédié au STO, que peut-on espérer comme comportement d'une jeunesse féminine pétant de santé, soumise à ses pulsions naturelles et privée de sa ressource "locale"? Officiellement, il n'y aurait eu que 200 000 "bâtards", nés de relations "coupables", entre Occupé et Occupant. A mon humble avis, le chiffre de 300 000 serait plus réaliste, mais qu'importe!
Sans chercher très loin, on retrouve, historiquement, au prorata du temps d'occupation, même, sans une quelconque rétention de la population mâle, un "mélange similaire"... ce qui fait dire à certains "théoriciens mondialistes", de nos jours, que la France serait une terre "de croisement", sensée nous faire admettre la migration africaine, elle, totalement, ingérable!
C'est, hélas, un constat tout aussi valable pour nos voisins européens. L'Allemagne, s'est, ainsi, crue obligée d'ouvrir ses frontières à l'immigration, son taux de natalité se "cassant la gueule", sauf que, en parallèle, l'ex-Allemagne de l'Est souffre, majoritairement, du chômage, ne serait-ce parce que son territoire ne favorise pas l'implantation industrielle et que, sur le plan agricole, ses possibilités restent très limitées.
NOTA : Ce n'est pas pour rien que les prospectives allemandes, dès le Moyen-Âge, louchaient vers les champs de blé ukrainiens, jusqu'au moment où l'aide teutonique avait affiché ses intentions! Au final, la bataille de Tannenberg ou de Grünwald, en 1410, est devenue un "symbole" de l'indépendance polonaise, grâce aux bouquins d'un auteur talentueux, Henrik Sienkiewicz (1846-1916), sauf que, un, les Polonais avaient, précédemment, demandé l'aide des "Chevaliers Teutoniques", deux, que la victoire "polonaise" (grâce aux renforts lituaniens) avait été très vite contrée par les Teutoniques... sauf que le "règne" des chevaliers chrétiens ou non, pour diverses raisons, n'était plus d'actualité.
D'une certaine manière, la Bataille de Tannenberg, qui s'était déroulée dans l'ultime phase de "notre" Guerre de Cent Ans, avait sonné le glas de notre propre chevalerie à l'ancienne et, indirectement, du rassemblement limité de l'Ost! C'est là, que réside ses principales conséquences, à l'Ouest.
