carlo a écrit:Concernant les bottes, une citation de Bruce Quarrie auteur d'un opuscule sur les paras germains chez Osprey (139): "(...) marching boots, which are, surprisingly, quite common in photos of the last stages of the war." p.40.
Ouaip, c'est un (gros poil) plus compliqué! Jusqu'à fin 1942, à la louche, la "demi-botte de marche" était la règle pour la troupe et les sous-offs, même la Kriegsmarine y avait droit ! Seules exceptions à la règle "troupière" , les Gebirgsjäger, dotés de brodequins de montagne, et les Fallschirmjäger, eux, équipés de bottes de saut et une partie du personnel de la Panzerwaffe, essentiellement les conducteurs de véhicules blindés, qui, pour des raisons de conduite, préfèraient les brodequins aux demi-bottes
A dater de la fin 1940, le "brodequin" montant avait commencé à faire son apparition; au départ, il était censé compléter les deux paires de demi-bottes attribuées réglementairement à chaque "pinpin", l'une étant utilisée au quotidien, l'autre, rangée soigneusement pour les cérémonies et les "sorties". Au sein du personnel pléthorique de la Luftwaffe, même motif, même punition pour ses plus anciennes recrues.
Le conflit se prolongeant, le cuir avait, lui-même, fini par être "contingenté" - n'oubliez pas que le havresac réglementaire de la Heer, depuis ses origines impériales, était jusqu’alors confectionné en "peau de vache"! -, entrainant, pour ces mêmes raisons économiques, la chute de production de la demi-botte au profit du brodequin "moins coûteux" en matières premières.
Là, on s'était retrouvé, avec deux "courants" de fourniture, celui des anciens et des rampouilles, qui, à leur incorporation, avaient bénéficié d'une paire de deux demi-bottes, puis hérité de celle de brodequins, et à dater de +/- 1942, des "bleus", qui ne percevaient plus qu'une unique paire de demi-bottes et une paire de brodequins. Conséquence directe, ces derniers conservaient désormais précieusement leur unique paire de demi-bottes pour les grands événements!
Au sein des régiments d'infanterie, entre autres, il existait un service de cordonnerie, dont l'essentiel du travail quotidien était constitué par le ressemelage des "demi-bottes", sachant que, avec un minimum d'entretien régulier, selon la fréquence réglée par la discipline militaire allemande, elles étaient quasiment "increvables", de par leur fabrication solide et de bonne qualité! Bon nombre de ces paires de demi-bottes, y compris pour le service quotidien (!), avaient, grâce à leur entretien réglementaire et le recours à la cordonnerie régimentaire, perduré jusqu'à la fin du conflit, pour les plus chanceux, sinon, lors du décès de leur propriétaire initial, qu'elles fussent quasiment "neuves" ou retapées", elles étaient vendues "aux enchères" au sein de la "chambrée"!
Je manque d'infos sur la situation "pompes" qui existait en 1945, mais, même, si l'allocation de brodequins était devenue générale, le "marché interne" de la demi-botte, lui, n'avait pas pour autant diminué, car elle constituait un élément légitime de fierté, pour tout "pinpin"allemand. Même feu mon ex-beau-père, pourtant "Malgré-Nous" alsacien, incorporé fin 1942, "écrasait une larme", en évoquant leur qualité de fabrication et d'usage quotidien!


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