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Radio Londres - Parachutage d'armes Nord Finistère

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Radio Londres - Parachutage d'armes Nord Finistère

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Priol  Nouveau message 12 Mar 2015, 11:35

Bonjour à tous, je suis à la recherche d'informations ou d'aiguillage vers des spécialistes afin d'identifier précisément un parachutage.

Voici le contexte:

Nous sommes début Août 1944 à l'Ouest de Brest, une série de parachutage doit avoir lieu. Annoncé par Radio Londres, il y a plusieurs lieux ciblés. Durant trois jours les résistants de l'humble maquis de la Madelaine en Plougonvelin attendent l'avion. Ce n'est qu'au troisième jours qu'il passe enfin mais il ne largue rien, jugeant la zone trop dangereuse. Pour les dates, nous avons une fourchette entre le 3 et 6 Août.

Pouvez-vous donc me dire si un site répertorie les messages par dates et surtout si il a le décryptage du message avec ?

En vous remerciant d'avance. Je posterai l'intégralité du témoignage sur ce Parachutage loupé dans la soirée avec une carte pour vous le situer.

Merci d'avance

Cordialement

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Re: Radio Londres - Parachutage d'armes Nord Finistère

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Priol  Nouveau message 12 Mar 2015, 21:58

Voilà un témoignage qui en parle, j'en ai encore un autre dans ce style si besoin.

Hervéou vient me prévenir qu'un parachutage aura lieu le 3 août. C'est par Radio Londres qu'il l'apprend. J'avais bien entendu la phrase chez Jean Saniel mais je ne connaissais pas la signification avant qu'on me la dise. D'habitude c'était Jo Quéré que Grand Turc contactait mais pour ce coup-là, c'est Hervéou qui a servi de messager. Ce parachutage d'armes et de munitions est prévu au lieu-dit La Madeleine sur la route de Goasmeur à Kervadeza. Le choix de ce lieu n'est pas anodin, c'est le maquis du secteur. Plusieurs groupes, dont ceux de Lambézellec et De Mars, y résident dans une ferme abandonnée près du calvaire. Notre groupe n'y reste jamais, nous n'avons pas d'armes à cette époque et il était donc inutile de se regrouper et d'attirer l'attention des Allemands si nous n'étions pas en mesure de nous défendre. Ce parachutage n'est pas isolé, d'autres groupes doivent aussi bénéficier d'un largage notamment les FFI de Ploudalmézeau mais pour eux ce sera vers Saint-Pabu. Hervéou ajoute qu'il y aura un bombardement sur Brest lors du parachutage pour faire diversion. On fait prévenir les gars au maquis car eux n'ont pas l'électricité et donc par conséquent, ils ne peuvent pas avoir l'information.

Le 3 août vers 11 heures du soir, le groupe se rassemble. Je crois me souvenir que le lieu de rendez-vous était dans le restaurant/café Chez Goardon. Nous partons à travers champs et j'aurais bien du mal aujourd'hui à vous expliquer notre pérégrination. C'était Michel Quéré et Tonton Raguénès qui nous guidaient. On essaye de faire le moins de bruit possible et arrivés à la hauteur de la route Brest – Le Conquet, au niveau du
Lannou, on traverse l'axe routier rapidement. Puis nous continuons à travers champs. Nous n'avions bien entendu aucun éclairage mais à force, notre vision s'adaptait. À Goasmeur, la route est empierrée et de relativement bonne qualité mais nous poursuivons toujours sous couvert de la végétation. À la Madeleine, il y a un calvaire qui jouxte la ferme. Nous sommes près d'une centaine de résistants à nous agglutiner autour de la ferme. Parmi les forces en présence, on retrouve : le groupe des Gentil de Plouzané, ceux de Demars de Saint-Pierre-Quilbignon, ceux de Lambézellec et le notre de Plougonvelin. Une fois les civilités passées, tout le monde se déploie autour du terrain de parachutage. Au préalable, les résidents avaient préparé le terrain en disposant des lampes torches que l'on devait allumer dès que l'avion arriverait. Le groupe de Plougonvelin dont je fais partie est affecté à la surveillance. On doit patrouiller et s'assurer qu'aucun Allemand ne vienne perturber notre ravitaillement. Tout le monde est sur les dents, nous attendons avec impatience l'avion. Les résistants sont prêts à bondir sur les conteneurs cylindriques dès qu'ils toucheront terre. On attendra jusqu'à trois heures du matin en vain. Malheureusement, cette nuit-là, aucun avion ne se présente et notre groupe rentre déçu sur Plougonvelin.

Le lendemain, le 4 août, nous écoutons attentivement Radio Londres dans l'espoir que le message soit renouvelé. Après diverses annonces qui ne nous concernent nullement, le message resurgit. Nous sommes contents car nous voulions vraiment avoir ces armes et faire enfin ce pourquoi nous nous étions rassemblés. Nous refaisons le même trajet nocturne que la veille. Michel Quéré et Tonton toujours en tête.

Une fois au maquis, on réitère l'opération en se dispersant. Je suis au même endroit que la veille et nous guettons d'éventuels visiteurs inattendus. L'avion ne donne toujours pas signe de vie et nous commençons à nous impatienter. Les esprits s'échauffent et comble de la malchance, vers onze heures, une patrouille allemande arrive. Un groupe de cinq ou six soldats approche de la Madeleine en provenance de Ty Baol. Grâce à leurs souliers cloutés et à la cadence de leurs pas nous les repérons très vite. Cachés dans les talus, nous ne bougeons pas et nous tentons de ne pas nous faire repérer. Nous sommes trop peu armés pour tenter quoi que ce soit. Si nous avions été mieux équipés, peut être que l'on aurait tenté de les encercler mais là encore, rien n'est évident. Mais ce n'est pas tout ! Alors que nous étions muets comme des tombes, d'autres résistants, eux, discutent assez fort. Je ne sais pas s'ils avaient entendu la patrouille allemande arriver mais en tout cas, nous, nous les entendions. Cette discussion nous tracassait, on appréhendait de se faire débusquer. La patrouille allemande semble pourtant imperturbable, elle continue son trajet puis avant d'arriver au calvaire, fait demi-tour et retourne sur Ty Baol. C'est un coup de chance pour nous, malgré le bruit de la discussion, les Allemands n'ont pas réagi.

Je ne sais pas si c'est parce qu'ils n'ont pas entendu à cause du bruit de leurs souliers sur les pierres cumulés à l'épais mur que procurait le talus ou alors ont-ils pensé que les bruits provenaient de la ferme et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter ? Je ne sais pas. Par contre, je sais que l'avion ne vient toujours pas. Nouvelle déception, nous rentrons encore une fois bredouilles dans nos foyers. J'apprendrai par la suite que la discussion est en fait une altercation entre Jo Quéré et Demars. Le dialogue a dû être tendu car mon ami démissionne de la résistance. Je suis contrarié car je perds celui avec lequel j'ai commencé le réseau. Jo était le cofondateur du groupe de Plougonvelin, c'était lui qui m'avait présenté à Grand Turc. Je ne sais pas ce qui s'est dit lors de cette discussion et je ne le saurai jamais. Je suis allé le voir à Porsmilin afin d'en savoir plus.
Je voulais vraiment connaître ses raisons car je ne comprenais pas sa décision. À mes questions, il resta muet et éluda le sujet. Tout ce que je pourrais dire ne serait que suppositions alors je préfère m'abstenir. Je perdais un bon copain avec qui nous avions fait les quatre cents coups. Je l'ai perdu de vue, je suis depuis ce jour-là sans nouvelles de ce qu'il est devenu.

Le 5 août, toujours l'oreille collée à Radio Londres, nous apprenons que le parachutage est de nouveau planifié pour la soirée. Nous ne nous laissons pas tomber dans le scepticisme. Nous retournons une nouvelle fois au maquis où doit avoir lieu le parachutage. C'est la troisième fois que l'on fait le trajet et nous sommes sans certitudes et pourtant, nous sommes tous au rendez-vous malgré la longue marche que cela impose et surtout
le risque de se faire repérer en ne respectant pas le couvre-feu. Mais cette nuit là, tout est différent. Vers minuit, on entend un vacarme assourdissant dans le ciel. Cela augure un grand bombardement sur Brest. On ne se trompe pas, en quelques instants, les projecteurs DCA s'allument et fouillent le ciel à la recherche des avions alliés. Les bombes pleuvent sur Brest, la DCA s'active et bientôt, le ciel s'embrase. On y voit presque comme en plein jour. On distingue les silhouettes des avions alliés qui se font accrocher par les phares. Soudain, un avion passe à basse altitude au-dessus de nos têtes. Malgré le vacarme que provoque le bombardement de Brest, on sait que c'est pour nous. On allume les lampes torches et tout le monde est prêt à foncer sur la drop zone. J'étais encore de surveillance en bordure de champ mais quand notre avion
arrive, mes yeux quittent la route et scrutent le ciel en espérant y voir tomber des parachutes.

Notre livreur se fait happer par deux projecteurs de la Défense Contre Aviation. Il n'est pas visé par des tirs, fort heureusement. Il parvient à se dégager des faisceaux lumineux et à prendre le large. Quelques minutes après le premier passage, il revient et passe très bas au-dessus du champ. Là nous pouvons le voir clairement malgré la nuit. Cette fois-ci, il n'est pas accroché par les projecteurs mais pourtant, il ne largue
rien. Nous ne comprenons pas, c'est une grosse déception. Une fois le calme revenu dans le ciel, nous rentrons mais l'ambiance est morne. Nous sommes tous refroidis par ces trois jours d'attente infructueuse. Le groupe des frères Gentil de Plouzané, verront un fumigène rouge tomber de l'avion au deuxième passage.

Le 6 au matin, nous apprenons les raisons de l'avortement du parachutage. Le rapport dit que le pilote estime la zone et la situation trop dangereuse. Malgré le dépit de ne pas recevoir d'armement, il apparaît que sa décision a été judicieuse. En effet les Allemands disposaient de postes d'observation partout et ils auraient vu le parachutage et par triangulation nous auraient repérés. Les ordres sont maintenant de rejoindre immédiatement la zone de Tréouergat, le plus légèrement équipés, sans armes et par nos propres moyens ; je laisse mon pistolet que je cache dans la niche de mon chien. Tréouergat est le maquis de Ploudalmézeau, et eux ont reçu leur parachutage. Le groupe a pour objectif là-bas, de s'armer et de former une compagnie combattante dont le chef sera Jean Marzin, originaire de Lambézellec et qui a une formation militaire. Nous y allons par petits groupes et par différents chemins afin de ne pas attirer l'attention. Notre point de ralliement avant Tréouergat est Lanrivoaré. Je pars avec Michel Quéré et Jean Cam, nous passons par Plouzané et Saint-Renan. À Plouzané il y a un barrage de parachutistes allemands ; les troupes du Général Ramcke qui a reçu ordre de tenir Brest.

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Re: Radio Londres - Parachutage d'armes Nord Finistère

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de pili  Nouveau message 13 Mar 2015, 16:45

Je n'ai rien trouvé dans mes bouquins de Brest sur ce Grand Turc.
"Moi boche ! Téléphone Madame, svp !" Un soldat allemand à ma grand-mère.

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