Post Numéro: 26
de Loïc Charpentier
08 Jan 2022, 17:43
Daniel,
Je suis totalement en accord avec vos recherches et, surtout, leurs qualités.
Néanmoins, à un moment, après la débâcle du Front normand, à la mi-août, il devait, en gros, exister, côté allemand, deux centaines de Panzer encore opérationnelles.
Le 1er août 1944, il n'y avait plus que 588 Panzer et 145 StuGe opérationnels. Côté Alliés, durant les deux mois et demi de combat, depuis le D-Day, sur le front normand, on avait enregistré 2395 blindés de tous types mis hors de combat (détruits ou à réparer), sauf que, en parallèle, ils avaient capables d'y livrer, dans le même temps, 2500 autres en remplacement.
Du coup, après la rupture du front et le "dézingage" de la Poche de Falaise, à la mi-août, le rapport des forces blindées alliées & allemandes devait être supérieur à 10 :1, en faveur des Alliés. La largeur et la vitesse de la progression rapide des Alliés avait, alors, occasionné la dispersion de ses forces - entre autres pour faire jonction "rapidement" avec les troupes débarquées le 15 août, en Provence -, mais, même, dans un tel contexte, ses effectifs blindés et humains, qui chassaient les unités allemandes en retraite de Normandie, leur étaient bien supérieurs (sans compter leurs moyens en artillerie et en aviation). Or, on constate, que ces troupes allemandes, totalement débordées en nombre et en retraite, avaient, néanmoins, posé un sérieux problème.
Si dans les faits, à l'ouest du front occidental, les Alliés étaient, alors, rapidement, parvenus jusque dans les Pays-Bas, leur progression en Allemagne n'avait, elle, réellement, existé qu'à dater de mars 1945, soit, au bas mot, six mois plus tard.
Le III. Reich, dès la fin août 1944, tablait sur une défense de ses frontières "originales" et c'est, en gros, ce qui va passer à dater d'octobre 1944. Il convient d'appeler un chat, un chat, mais, de fait, l'Alsace du Nord - sans parler de la "Poche de Colmar" - et l'extrémité orientale du département mosellan, territoires annexés, resteront ou seront repris, à l'occasion de l'Opération Nordwind, en janvier 1945 et, ce, jusque à la mi-mars suivante! Les "frontières" du Reich, elles, n'avaient "craqué", à l'Ouest comme à l'Est, que sous le nombre qu'à dater de février-mars 1945, selon le Front.
Il n'est pas question, dans mon propos, de remettre en cause, fort heureusement, les compétences militaires alliées, mais l'importance essentielle, vue, côté allemand, dès 1944, voire bien avant, de juguler la progression soviétique avait été la priorité.
La seule exception, à l'Ouest, s'était résumée à l'opération Wacht am Rhein, déclenchée en décembre, où, pour la première fois, depuis l'été 1944, on s'était, enfin, décidé à déployer des forces, supposées suffisantes, à l'Ouest, sauf que leur rassemblement avait, alors, viré au "boxon" et que le manque de carburant, pour les unités blindées motorisées, était patent, avant , même, le déclenchement de l'offensive. Avant même le déclenchement de "Wacht am Rhein", on avait, ainsi, réduit les effectifs théoriques des Panzer-Regimenter à 60 blindés, parce qu'on était, déjà, totalement, infoutu d'en aligner plus!
La production totale de Tiger II ne dépassera, jamais, les 500 exemplaires, le gros de la Panzerwaffe, en 1944/1945, se résumant aux seuls Panzer IV, aux Panther - avec lequel les allemands ne seront jamais foutu de constituer, au mieux, une Abteilung, plus ou moins bien dotée, au sein de leurs Panzer-Regimenter. Cà explique, au passage, la mise en production, dans l'urgence, du Panzer IV L/70, version économique du Panther, destinée, au départ, pour armer l'Abteilung II, au sein du Panzer-Regiment, vu que l'idée de base, qui consistait à armer les deux Abteilungen, n'avait jamais pu voir le jour, faute d'une production suffisante!
On a trop souvent tendance à vouloir considérer la progression alliée fin-août/septembre 1944, comme "inexorable", mais, en réalité, dans sa progression vers le "nord", même supposée être confrontée à des "débris"allemands, elle avait laissé de sérieuses plumes dans des combats d'arrière-garde.