Il s'agit ci après d'un extrait du témoignage d'un jeune homme que j'ai connu enfant en 1943 après sa libération de l'armée.
Il s'engage au 43ème régiment d'infanterie coloniale le 22 septembre 1941, il a 18ans et est envoyé en Tunisie qu'il quitte malgré lui le 7 janvier 1943. Il est stationné à Bizerte.
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Nous étions au camp de Ben-Négro depuis huit jours lorsqu’une grosse surprise nous attend au réveil. Inimaginable ! Le camp est encerclé par deux compagnies italiennes sorties on ne sait d’où. Nos gradés sont venus nous dire de n’entreprendre aucune action contre eux, de rester dans nos chambres et d’attendre les ordres. Nous étions prisonniers des Italiens ! On est le 15 décembre 1942. Un rassemblement eut lieu et nos officiers nous expliquent les événements. On a alors remis notre armement sans avoir oublié de le rendre inutilisable, de même que les deux petits canons de 37mm dont la culasse fut bloquée par du sable et le canon de 75mm dont le frein de recul fut vidangé. Deux jours plus tard nous sommes escortés jusqu’au camp de Merzel Djelbab, on y stationne deux jours puis nous sommes escortés à la Baie des Carrières (dépôt et base de carburant de la marine).
Quelques jours plus tard, deux navires de guerre italiens accostent. Nous recevons l’ordre de faire nos sacs et d’embarquer à bord. Nous sommes le 7 Janvier 1943. Les navires appareillent et sortent du canal pour la haute mer A hauteur de l’Ile aux Chiens la mer était très forte avec de grands creux, les deux navires sont obligés de faire demi tour pour ne pas mettre la vie des passagers en danger. Il se trouve qu’en plus un convoi anglais fortement protégé, leur barre la route. Revenus à quai nous remettons pied à terre alors que les deux navires repartent en mission à vide. Environ deux jours plus tard, deux contre torpilleurs, le Ardito et le Ardente ( Basé à Brindisi) accostent. Un ordre résonne embarquement immédiat ! . Nous avons cette fois une mer d’huile entre le cap Bon et l’ile Pontélaria, pourtant nous remarquons par leurs sillages que les navires ont changé de direction. Nous interrogeons un marin parlant français qui nous répond « regardez de chaque coté… »
A notre grande stupéfaction on comprend pourquoi. Il venait d’être lancé contre nous des torpilles sous marines. De belles traînées blanches passaient de chaque coté, autrement dit si les navires n’avaient pas manœuvré, ils prenaient les torpilles à l’avant et à l’arrière. Bien sûr ils ont riposté. Le reste du voyage s’est bien passé, prisonniers nous ne savions pas où on allait.
Au loin, nous apercevons des lumières, on en croyait pas nos yeux, pensant arriver sur Marseille ou Toulon, un marin nous dit « Parlermo, Sicilia ». En fait nous sommes au large des cotes siciliennes et nous arrivons bien à Palerme. La ville et le port sont tout illuminés ce qui est une surprise par temps de guerre et de couvre-feu. Arrivés à quai nous débarquons, nous sommes chargés dans des camions qui nous transfèrent dans une caserne qui surplombe la ville entourée de montagnes truffées de DCA allemande. Le lendemain matin au réveil, nous avons observé le panorama de la ville et du port au grand jour. Des bateaux attendaient d’être chargés alors que nos deux contre-torpilleurs s’apprêtaient à larguer leurs amarres. De nouveau une attaque, ce sont des avions américains ou anglais qui passent sur le port et reviendront une deuxième fois larguer des bombes. Les deux navires de guerre sont touchés, l’un coulera en sortant du port et l’autre sur place. Le jour suivant gros remue-ménage, nous partons pour la gare par camion pris en charge par les Bersaglieri italiens. Mis dans trois wagons français portant l’inscription 40 hommes/8 chevaux, nous quittons Palerme pour une destination inconnue. Au matin nous arrivons à Messine, nos wagons sont mis sur le ferry-boat pour franchir le détroit et rejoindre Reggio de Calabre où nous sommes incorporés à un autre convoi qui quitte la ville et toujours sans connaitre notre destination.

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, les formations méharistes constituées, notamment par l'armée françaises et "accessoirement" par les italiens, avaient été peu nombreuses. Dans l'Armée française "coloniale", on parlait, certes, de compagnies méharistes, mais, dans les faits, il s'agissait le plus souvent de "pelotons" qui n'alignaient, au mieux, que cinquante hommes (état-major inclus!); une compagnie saharienne
Il ne fallait recruter le personnel que dans les tribus dominantes, surtout sans se planter sur la tribu "sélectionnée", sinon çà virait très vite à la cata, au sein des formations! Sauf que, ces tribus dominantes gagnaient plus à effectuer leurs razzias traditionnelles plutôt que de s'engager dans "l'armée française" et y percevoir une maigre solde!
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