Timimoun est située à vol d'oiseau à plus de 1200 km au sud d'Alger, à l'époque, distante de 150 bornes de "
Colomb-Béchar" -désormais
Bechar - que nos rares Anciens de la Guerre d'Algérie connaissent.
Là, dans le coin, si Timimoun est une oasis , autour, c'est le désert saharien (le Grand Erg) dans toute sa splendeur!
En principe, la région était historiquement l'objet de razzias des populations touaregs, qui "sévissaient" dans le sub -saharien, à la louche, entre la côte mauritanienne", l'ancien Rio del Oro espagnol - actuel territoire
sahraoui "annexé", depuis un long bail par le Maroc, mais toujours revendiqué par les Algériens, pour des raisons territoriales des "plus fumeuses", mais il ne faut pas chercher à comprendre!

-. .. et Tombouctou, dans l'actuel Mali, qui, à la même époque, constituait une étape essentielle pour les caravanes commerciales, dont une bonne part continuait son périple, selon la saison, jusqu'aux rives du Nil, à hauteur d'Assouan.
Ces razzias régulières de tribus nomades avaient amené notre "belle armée française" coloniale à constituer officiellement, en 1901, des compagnies méharistes sahariennes, montées sur dromadaire (
méhara), car le bourrin - même d'origine arabe! - de la cavalerie affichait vite ses limites dans le sable et sur le terrain saharien. Ces compagnies sahariennes regroupaient, en guise de "pinpins" et de "caporaux", des volontaires recrutés dans les tribus touaregs. Cà payait, certes, moins que le pillage, mais c'était plus "sûr", pour l'hébergement et la solde, sauf que, là, j'ai un doute "historique", sur la fourniture de la monte, car il semble que la sélection des dromadaires était de leur ressort. L'encadrement "supérieur", sous-officiers et officiers, était constitué de bons français de souche
Cette aimable "cochonnerie à bosse" est, certes, bourrée de qualités pour évoluer dans cet environnement désertique très particulier, sauf qu'elle est d'un naturel très compliqué, à tendance facilement rétive, - par exemple, la présence d'un mâle "concurrent", d'une femelle en "chaleur" -, capable, dès lors, de virer, d'un instant à l'autre, du comportement le plus paisible et obéissant à celui d'une bête furieuse et incontrôlable... croyez-moi, avec un dromadaire "déchainé", il vaut très largement mieux se tenir à l'écart, car entre ses coups de dents et ruades, on peut très vite finir "handicapé à vie"!

En attendant, nos officiers méharistes, revêtus de leurs uniformes très particuliers, avec la cape de rigueur (!) et souvent leurs sandales, faisaient la joie de nos "pinces-fesses" officiels provinciaux, en faisant tomber en pâmoison les aimables "Choupinettes" bourgeoises!

Ces "cancans" écartés, nos compagnies méharistes constituaient à juste titre des unités de "premier brin".
Mais revenons à nos "moutons"! L'action militaire fellagha, en Algérie, s'était limitée aux seules zones septentrionales de l'Algérie, avec leurs bases de repli, marocaines pour certaines, mais surtout tunisiennes. Le fellagha était au mieux issu des zones urbaines algériennes ou de la campagne proche, toutes situées au nord du territoire algérien, mais il n'y connaissait que "pouic" dans les conditions de combat sahariennes! ... A mon humble avis, çà semble être toujours le cas, mais, bon, passons!
En ce qui concerne le secteur de Timimoun, il avait très surement eu une série d'affrontements successifs, mais il est peu probable qu'on puisse, pour autant, les qualifier du terme de "
Bataille". Le fellagha algérien n'avait pas les compétences pour manœuvrer dans le désert, où il était globalement "paumé"! Il devait probablement s'agir, au pire, de contrer des "raids touaregs", ce qui n'élimine pas pour autant le risque de se faire descendre!
On en a un assez bon exemple, durant l'Opération
Serval, menée au Mali, de janvier 2013 à juillet 2014 et, même, durant
Barhkane qui lui avait succédé. En plus, nous avions, à nos côté, à l'est, les forces armées tchadiennes, elles, rompues à ce type de combat!
Les bandes "algériennes extrémistes", qui avaient fait alliance avec la branche de Ben Ladden ou de Daesh, avaient toutes été contraintes de refluer vers l'extrême sud algérien, pour ne pas finir en tôle ou pire, en Algérie, où elles avaient été systématiquement dézinguées par nos forces d'intervention durant les opérations précitées, certaines parvenant, néanmoins, à se réfugier au sud de la Tunisie - "bordelisée" par le "Printemps Arabe" - et de la Libye!