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Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

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Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Tomcat  Nouveau message 25 Jan 2017, 18:23

Source: http://www.slate.fr/story/135269/russie ... e-mondiale

C’est dans le contexte d’une large diffusion des pseudo-sciences, d’interprétations historiques fantaisistes et de relativisme absolu que s’inscrit la volonté politique récente du gouvernement russe d’interpréter l’histoire afin d’orienter le sentiment patriotique dans le sens d’un soutien au pouvoir. En 2009, il créa la «Commission de lutte contre la falsification de l’histoire au détriment des intérêts de la Russie», dont le but, comme son nom l’indique, était bien de falsifier l’histoire, mais dans les intérêts du gouvernement. La commission fut dissoute en 2013, le gouvernement se concentrant sur la question de l’éducation dans la lutte contre la «falsification» dans le pays, notamment à travers l’instauration d’un manuel d’histoire unique. Mais la relecture sélective de l’histoire est aussi le fait de nombreuses déclarations publiques.

L’un des principaux thèmes sujet à une forme de révisionnisme historique de la part du Kremlin est la Seconde Guerre mondiale. En 2014, Vladimir Poutine a brisé un tabou en défendant le pacte germano-soviétique d'août 1939, ou pacte Molotov-Ribbentrop, comme ayant été dans les intérêts de la Russie. Ce faisant, il signifie qu’il ne fallait pas résister à Hitler en 1939, puisque c’est ce que Staline a fait, et qu’il a eu raison de le faire. Les propagandistes du régime russe ont d’ailleurs bien compris le signal, le directeur du bureau de New York de l’Institut de la démocratie et de la coopération (un organisme du gouvernement russe qui possède également un bureau à Paris) déclarant que Hitler jusqu’en 1939 était le «bon Hitler».

Mais, de fait, Vladimir Poutine crée une mémoire de la guerre très différente de celle des pays occidentaux, pour qui il fallait résister à Hitler en 1939, une idée qui est au cœur de l’établissement de la République fédérale d’Allemagne après le conflit. Implicitement, il critique aussi la Pologne, la première victime de la Seconde Guerre mondiale. Berlin tenta pendant cinq ans (1934-début 1939) d’obtenir une alliance avec Varsovie pour attaquer l’URSS, qu’il n’obtint jamais. En revanche, il suffit de trois jours à Ribbentrop en 1939 pour que l’URSS accepte, avec enthousiasme, une alliance qui allait aboutir à la destruction de la Pologne. Après la défaite polonaise, l’Armée Rouge organisa un défilé commun avec la Wehrmacht, tandis que les officiers du NKVD, la police politique soviétique, traquaient et éliminaient l’élite polonaise.

Vladimir Poutine a justifié le pacte Molotov-Ribbentrop par l’idée selon laquelle l’URSS s’était sentie trahie par les puissances occidentales à Munich et n’avait pas d’autre choix, une interprétation complaisamment relayée par les compagnons de route de son régime en France, comme Jacques Sapir. C’est oublier l’action soviétique au moment de la crise des Sudètes. Les Soviétiques attendaient de la crise l’occasion de s’étendre en Europe centrale, et indiquaient vouloir déployer des troupes pour protéger la Tchécoslovaquie, ce qui pour de simples raisons géographiques aurait nécessité l’invasion de la Pologne, de la Roumanie, ou des deux. Quatre groupes d’armées soviétiques furent ainsi positionnés le long de la frontière polonaise.

Comme l’a bien montré Timothy Snyder, la crise des Sudètes a été l’occasion pour l’URSS d’entamer un nettoyage ethnique des individus d’origine polonaise sur son territoire: les instructions données au NKVD étaient claires et stipulaient que «les Polonais doivent être détruits». 1.226 éliminations furent conduites durant la crise de Munich, soit entre le 15 et le 28 septembre 1938. En occultant, et indirectement justifiant ces massacres, Vladimir Poutine recrée une histoire qui efface les victimes polonaises du grand récit.

«Camarade Hitler»

Deux interprétations de la Seconde Guerre mondiale ont toujours coexisté en Union soviétique puis en Russie, puisque l’URSS s’est trouvée des deux côtés durant la guerre: initialement dans le camp des agresseurs puis dans la grande alliance avec les Etats-Unis après qu’Hitler eut trahi Staline. Pendant longtemps, la glorification de la guerre défensive (1941-1945) a prévalu sous la forme de la «grande guerre patriotique», et permettait de présenter l’URSS comme l’épicentre de la résistance aux forces fascistes. Dans la glorification de cette période, le pacte Molotov-Ribbentrop devait être passé sous silence non pas tant pour ses conséquences (permettre le début de la Seconde Guerre mondiale), mais parce qu’il représentait une erreur de la part de Staline: le pacte laissa les troupes allemandes s’approcher des frontières de l’URSS bien avant l’invasion de 1941, permit à l’Allemagne de devenir la puissance européenne qui faillit s’emparer de Moscou et donna au dictateur soviétique une illusion de sécurité qui lui fit nier les renseignements selon lequel l’Allemagne se préparait à l’attaquer, le prenant complètement par surprise.




En revanche, réhabiliter le pacte Molotov-Ribbentrop revient à mettre en avant la période d’agression de 1939 à 1941, durant laquelle l’URSS entreprit l’invasion de la Finlande (une «guerre d’hiver» qui se révéla très coûteuse pour l’agresseur), mais aussi des pays baltes, où des référendums bidons furent organisés pour justifier et soutenir l’agression. Le climat politique russe actuel, qui glorifie les agressions contre la Géorgie et contre l’Ukraine, incite évidemment à valoriser une période de l’histoire qui présente des similitudes troublantes avec la Russie contemporaine. Entre 1939 et 1941, la propagande soviétique présenta l’Allemagne nazie comme un État ami, les dirigeants parlant du «camarade Hitler» et appelant au «triomphe du fascisme international», et des swastikas apparaissant sur les bâtiments publics.

Cette confusion idéologique est également présente aujourd’hui en Russie: les Juifs sont présentés comme responsables de leur extermination à la télévision publique, l’extrême-droite russe défile le 9 mai 1945 (qui marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Russie) et des campagnes homophobes sont présentées comme une défense de la civilisation occidentale.

Cette banalisation implicite du nazisme, qui s’opère simultanément à une glorification du stalinisme, se retrouve dans les propos des thuriféraires français du régime russe: l’écrivain d’extrême-droite Nicolas Bonnal écrit par exemple sur Sputnik News que «le général de Gaulle ne cesse de vouloir se rapprocher de la Russie, fût-elle dirigée par le maréchal Staline. Ce dernier apparaît sous sa plume comme un gentil ogre avec qui il faut apprendre à s'entendre», au mépris de toute évidence historique, de Gaulle ayant toujours su qui étaient ses alliés et qui étaient ses ennemis (comme il le démontra durant la crise de Cuba), et s’il sortit de la structure militaire intégrée de l’Otan pour cause de divergence sur la stratégie de dissuasion nucléaire, il ne remit jamais en cause la pertinence de l’Alliance Atlantique.

Plus grave, dans le même article, on peut lire: «Roosevelt sait qu'il a gagné le monde grâce à cette inutile guerre européenne qu'il a inspirée sans la livrer.» La Seconde Guerre mondiale n’aurait donc rien à voir avec les agressions commises par le régime hitlérien et la nature raciste et expansionniste du nazisme, mais serait en fait une conséquence d’un complot américain contre l’Europe. Outre la stupidité historique manifeste du propos (les cimetières militaires américains en France rappelant la participation américaine à un conflit qui fut mené simultanément en Asie et en Europe par les Etats-Unis), ce révisionnisme laisse entendre que le nazisme n’aurait été qu’un régime politique comme les autres, et l’une des victimes malencontreuses de la volonté de domination américaine.

Artifices rhétoriques

Dans le même temps, le régime russe continue de s’appuyer sur le souvenir de la Grande Guerre Patriotique dans sa tentative actuelle d’inscrire positivement le stalinisme dans l’histoire russe, ainsi que sur les habitudes rhétoriques héritées de l’Union Soviétique, en particulier l’accusation de «nazi» ou de «fasciste» comme artifice rhétorique servant à discréditer les opposants au régime. Ainsi, durant la révolution ukrainienne de 2014, la propagande russe a qualifié l’intégralité des manifestants de «fascistes», ou de «néo-nazis», mettant en avant la présence (avérée) parmi les opposants au régime de membres du parti d’extrême-droite Svoboda.

Il s’agit d’une vieille tactique consistant à tenter d’associer l’intégralité d’un mouvement à ses membres les plus extrêmes, en agissant comme si les motivations de ses derniers étaient partagées par tous les manifestants. Évidemment, personne ne doit être dupe de cette manipulation rhétorique (qui reviendrait à dire que Mai 68 était un mouvement intégralement trotskyste car Alain Krivine faisait partie des manifestants), mais elle est très présente dans le discours issu de Moscou et de ses relais occidentaux, que l’on entend régulièrement évoquer «les fascistes au pouvoir à Kiev». Et ce, alors que le candidat de Svoboda a seulement obtenu 1,16% des voix lors de l’élection présidentielle ukrainienne de 2014 ayant suivi la chute de Viktor Ianoukovitch, ce qui donne une idée de l’attractivité de l’extrême-droite auprès de la population ukrainienne… En revanche, c’est bien l’intégralité de l’extrême-droite européenne (y compris des fascistes et des néo-nazis) que Moscou a convoquée pour servir «d’observateurs» à son référendum bidon organisé en Crimée en 2014. On voit ainsi bien la manipulation rhétorique grâce à laquelle Moscou peut sans honte qualifier ses opposants de «fascistes» et de «nazis» tout en soutenant les extrêmes-droites européennes.

La réhabilitation officielle du pacte Molotov-Ribbentrop par le régime russe actuel crée ainsi une mémoire du conflit alternative à celle répandue en Europe occidentale, en valorisant la guerre d’agression et la confusion idéologique entre extrême-gauche et extrême-droite. Cette orientation idéologique est finalement tout sauf surprenante, car elle correspond à l’alignement tactique qu’a entrepris la Russie avec les extrême-droites européennes.

Olivier Schmitt

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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de thucydide  Nouveau message 25 Jan 2017, 19:23

Mais, de fait, Vladimir Poutine crée une mémoire de la guerre très différente de celle des pays occidentaux, pour qui il fallait résister à Hitler en 1939, une idée qui est au cœur de l’établissement de la République fédérale d’Allemagne après le conflit. Implicitement, il critique aussi la Pologne, la première victime de la Seconde Guerre mondiale. Berlin tenta pendant cinq ans (1934-début 1939) d’obtenir une alliance avec Varsovie pour attaquer l’URSS, qu’il n’obtint jamais. En revanche, il suffit de trois jours à Ribbentrop en 1939 pour que l’URSS accepte, avec enthousiasme, une alliance qui allait aboutir à la destruction de la Pologne. Après la défaite polonaise, l’Armée Rouge organisa un défilé commun avec la Wehrmacht, tandis que les officiers du NKVD, la police politique soviétique, traquaient et éliminaient l’élite polonaise.

Vladimir Poutine a justifié le pacte Molotov-Ribbentrop par l’idée selon laquelle l’URSS s’était sentie trahie par les puissances occidentales à Munich et n’avait pas d’autre choix, une interprétation complaisamment relayée par les compagnons de route de son régime en France, comme Jacques Sapir.

Deux choses résisté à Hitler, nous ne l'avons pas fait, il suffit de se rappeler les accords de Munich.
Alors pourquoi reprocher à V. Putine de donner son explication de cet accord.
Ensuite il est faut de dire que la Pologne est la première victime, il y eu l'Autriche et ensuite la république Tchèque, la cible des accords de Munich que nous avons lâchement abandonné.

De plus vous écrivez que Berlin tenta pendant 5 ans d'obtenir un accord avec la Pologne pour faire la guerre avec l'Urss, ce qu'il n'obtint pas, donc pourquoi était ce à l'Urss de se battre et de faire tout le sale travail (ce qu'elle fera sous la contrainte de 41 à 45, de toute façon).
Les belles démocraties occidentales ont fermé les yeux, pendant plus de 5 ans sur la politique de Hitler alors qu'il fomentait des plans contre l'Urss, c'est sans doute pour cela que nos dirigeant d'alors ont acquiescé à sa politique.
Donc, il font cette trahison en signant les accords de Munich.
Et alors on reproche à Staline et au passage à V.Putine de le justifier, d'avoir fait un accord du même type, ce n'est pas se moquer du monde, tout de même ?
Et c'est après cet accord ribbentrop-Molotov que nos belles démocratie pensant que l'Allemagne, n'attaquera jamais l'Urss, se retournent contre l'Allemagne et lui déclare la guerre.

Ce texte est pour le moins à vérifier, il est quand même très connoté dans cette période de russophobie et de propagande antipoutine délirante, fausse et mensongère.

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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de quovadis  Nouveau message 25 Jan 2017, 19:49

L'erreur me semble t'il, est de commencer l'Histoire à partir du jour de la signature du Pacte Molotov-Ribentropp en occultant les négociations qui ont précédé quand l'URSS a fait Des propositions à l'Occident pour la défense de la Pologne contre l'Allemagne. Un embroglio de fausses promesses qui méritent d'être discutées ont conduit à la signature de ce pacte. Maintenant moi qui condamne le massacre de Katyn et la responsabilité soviétique, je m"étonne du silence de la Волинська трагедия, le massacre des Polonais et des Juifs de Volhynie par l'UPA qui a dépassé en horreur ce qu'ont fait les Nazis.

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Alcide NITRYK  Nouveau message 25 Jan 2017, 20:06

Compte tenu de leur expérience récente du comportement des troupes soviétiques, les Polonais redoutaient l'aide fraternelle du voisin.
Cela se confirma par la suite.
La Russie, en la personne de son Tsar-Président, fut confortée par un Président occidental venant expliquer que la Russie fut la principale et première victime du conflit. Poutine avait un sourire narquois qui en disait long sur ce cours d'Histoire alimenté par la propagande soviétique.
"Une nation qui ne respecte pas son passé ne mérite pas le respect de son présent et n'a pas droit à l'avenir. "
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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de thucydide  Nouveau message 25 Jan 2017, 21:34

quovadis a écrit: je m"étonne du silence de la Волинська трагедия, le massacre des Polonais et des Juifs de Volhynie par l'UPA qui a dépassé en horreur ce qu'ont fait les Nazis.

Il existe des livres sur ce sujet?

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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de frontovik 14  Nouveau message 25 Jan 2017, 22:18

Certain que les Polonais se méfiaient de leur voisin de l'Est, russe, soviétique, durant la guerre russo-polonaise de 1920. Et aujourd'hui russe, c'est une constante, compréhensible...!!! L'URSS fut la principale victime de la SGM par le nombre de victimes et sans doute par le nombre et l'intensité des atrocités commises par les nazis, mais elle ne fut pas la première chronologiquement. Et si première elle fut c'est par l'ampleur des victimes et destructions, pas chronologiquement. Je ne me rappelle plus la phrase exacte. Pendant des cérémonies du D Day???
Sur les massacres en Volynie, Wikiwiki donne ça, et quelques références bibliographiques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres ... n_Volhynie
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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Alcide NITRYK  Nouveau message 25 Jan 2017, 22:53

J'ai beaucoup d'articles en boîte, mais à traduire.
https://chezalcide.wordpress.com/2016/0 ... -volhynie/
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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Marc_91  Nouveau message 26 Jan 2017, 05:57

thucydide a écrit:
quovadis a écrit: je m"étonne du silence de la Волинська трагедия, le massacre des Polonais et des Juifs de Volhynie par l'UPA qui a dépassé en horreur ce qu'ont fait les Nazis.

Il existe des livres sur ce sujet?

:? Il y a les archives ukrainiennes --> http://www.archives.gov.ua/Sections/Wolyn/

:( J'avais ouvert un fil sur ce sujet, il y a bien longtemps, et certaines cartes ont disparu --> viewtopic.php?f=18&t=18364&p=193863#p193863
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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Pierre Lefèvre  Nouveau message 26 Jan 2017, 08:20

Beaucoup trop de chose à dire sur le sujet, il est si vaste et compliqué.

Pour ce qui est d'une "réécriture" de l'histoire côté russe je vais me faire l'avocat du diable: ne faisons-nous pas la même chose? Je ne sais pas si certains ici possèdent aussi la chaîne National Geographic qui nous abreuve chaque jour jusqu'à plus soif de "documentaires" sur la seconde guerre: "Les héros de la 2ème guerre",... Je n'y vois jamais un russe. Pire, ils présentent toujours les batailles du front occidental comme les batailles décisives qui ont mis le Reich à genoux. Or, ce n'est pas faire insulte à ceux qui l'ont vécu que de dire que non, le débarquement n'a pas été décisif (Bagration...), la bataille des Ardennes non plus, et El-Alamein encore moins. La série des documentaires "Apocalypse" fait exactement pareil, celui sur Staline aurait été drôle s'il n'était pas pris au sérieux par un grand nombre de téléspectateurs.

Bref, juste pour dire qu'on peut aussi regarder dans son assiette, surtout dans notre contexte diplomatique "compliqué" (euphémisme) où les blocs ont tendance à se reformer et où l'histoire redevient un instrument.

Sans compter (on le voit souvent ici) que le passif soviétique est encore vécu de façon profonde par certains débatteurs.

Bref, l'histoire neutre n'est pas encore pour demain.

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Re: Comment la Russie réécrit l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 26 Jan 2017, 09:07

Alcide NITRYK a écrit:Compte tenu de leur expérience récente du comportement des troupes soviétiques, les Polonais redoutaient l'aide fraternelle du voisin.


Cela signifie-t-il qu'ils redoutaient moins de fraterniser avec les nazis ?

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