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Un avis SVP !

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Re: Un avis SVP !

Nouveau message Post Numéro: 11  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 12 Juil 2016, 12:14

Beaucoup d'officiers = noble.
Avaient-ils plus de dispositions pour exercer un commandement????
N'est-ce pas l'expérience qui prime ???
L'Union fait la force -- Eendracht maakt macht

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Re: Un avis SVP !

Nouveau message Post Numéro: 12  Nouveau message de Tarpan  Nouveau message 12 Juil 2016, 14:06

Pour ma part, volontaire, nous étions TOUS d'accord, (c'était en fait une évidence) si nous devions aller au combat, nous aurions suivi un sous-officier expérimenté et non un aspirant, d'ailleurs en compagnie de combat de l'aspirant au capitaine, nos officiers s'appuyaient tactiquement sur nos sous officiers expérimentés. Au bout de plusieurs années de territoire, il était particulièrement douloureux de se faire punir sévèrement pour le nom respect accidentel d'une consigne mineure par un aspirant fraîchement débarqué, qui prenait pour se rassurer sur ses épaulettes et se faire bien voir des officiers plus anciens, un malin plaisir à dénicher la moindre entorse au règlement. Il faut dire qu'ils n'osaient jamais avec les anciens sous-off et qu'ils se faisaient souvent rembarrés lorsqu'ils présentaient de tels rapport à la hiérarchie.
Dernière édition par Tarpan le 12 Juil 2016, 14:08, édité 1 fois.

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Re: Un avis SVP !

Nouveau message Post Numéro: 13  Nouveau message de alberto  Nouveau message 12 Juil 2016, 14:06

J'adore les rats de bibliothèque !

Pour corroborer ce que tu dis, au sujet du joyeux boxon, se rappeler la formation de l'armée de Bretagne ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_Bretagne
Je peux ajouter, ce qui n'est pas écrit dans Wiki, que la moitié de ces gars ne comprenait pas, ou mal le français, autre raison pour laquelle on hésitait à les doter d'armes !
Quant à Edmond Le Bœuf concernant l'Armée :" sire, il ne manque pas un seul bouton de guêtre..." ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Le_B%C5%93uf

Pour revenir au sujet (sorry JD pour la digression ) en 1944 la majorité de l'encadrement sous-of et officiers étaient encore derrière les barbelés !
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Re: Un avis SVP !

Nouveau message Post Numéro: 14  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 12 Juil 2016, 14:29

Tarpan a écrit:, il était particulièrement douloureux de se faire punir sévèrement pour le nom respect accidentel d'une consigne mineure par un aspirant fraîchement débarqué

Par définition un aspirant ne le restera pas longtemps ... et il y a des cons dangereux partout. Personnellement, j'ai tenu aussi à entrer dans cette catégorie (*) pour éviter, justement, d'être commandé par des types très très expérimentés du côté Kronenbourg ... Ce n'était pas la raison principale, mais je continue à penser que le savoir faire technique est une chose, mais que le management civil et militaire ne sont pas si différents. Et, cerise sur le gâteau alors que je ne connaissais pas encore Fronto, j'ai toujours trouvé important de rappeler à mes appelés que ma présence incarnait justement la nation civile au coeur du dispositif militaire, ce qui prévenait de toute dérive putschiste. "Au moins, avant de faire tirer sur la foule qui manifeste, je réfléchirai à deux fois ! Et maintenant, exécution (de la mission) ! ". On en dit de ces trucs à 20 ans ...
JD
(*) : l'aspi ...
"Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi" (Le Cid)

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Re: Un avis SVP !

Nouveau message Post Numéro: 15  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 12 Juil 2016, 14:57

alberto a écrit:J'adore les rats de bibliothèque !
Pour corroborer ce que tu dis, au sujet du joyeux boxon, se rappeler la formation de l'armée de Bretagne ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_Bretagne
Je peux ajouter, ce qui n'est pas écrit dans Wiki, que la moitié de ces gars ne comprenait pas, ou mal le français, autre raison pour laquelle on hésitait à les doter d'armes !
Quant à Edmond Le Bœuf concernant l'Armée :" sire, il ne manque pas un seul bouton de guêtre..." ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Le_B%C5%93uf


Je vais prolonger, un instant, le HS sur le cas d'Edmond Leboeuf.
D'abord, sur la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne, en y regardant de plus près, l'opposition parlementaire, relayée par la Presse, avait quelque peu forcé la main de l'Empereur, plus, probablement,les voix de quelques incompétents militaires, comme le général de Failly, précepteur "militaire" du jeune prince héritier, qui se verra confier le commandement du 5ème Corps (militairement parlant, une catastrophe ambulante!)
En ce qui concerne Leboeuf, alors Ministre de la Guerre, il pouvait difficilement annoncé à Napoléon...Sire, c'est la M***e grave! ... mais personne n'était, vraiment, dupe, à commencer par Badinguet, après quatre ans de démolition systématique des programmes militaires présentés devant l'Assemblée Nationale. Cela dit, à l'été 70, la France était, encore, le symbole de l'unité nationale, alors que l'Allemagne était constituée d'un conglomérat inextricable d'états, aux ambitions différentes... le royaume de Bavière ne se ralliera que très tardivement au "programme" prussien. Sans tomber dans l'eau de rose de la célèbre série de films des années 50, Sissi, son "pôpa", le Roi de Bavière n'avait pas grand-chose à craindre d'une possible agressivité française.

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Re: Un avis SVP !

Nouveau message Post Numéro: 16  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 12 Juil 2016, 16:43

JARDIN DAVID a écrit:... j'ai toujours trouvé important de rappeler à mes appelés que ma présence incarnait justement la nation civile au coeur du dispositif militaire, ce qui prévenait de toute dérive putschiste. "Au moins, avant de faire tirer sur la foule qui manifeste, je réfléchirai à deux fois ! Et maintenant, exécution (de la mission) ! ". On en dit de ces trucs à 20 ans ...
JD


Wouarf... le vieille spectre français du coup d'état militaire! ::mortderire::

Allez, çà vaut le coup que je me cite, quitte à subir les foudres de la Modération, à qui, d'avance, je présente mes excuses les plus plates pour ce long HS, mais qui n'en est pas vraiment pas un, quand il s'agit d'analyser le comportement des élus français vis-à-vis de leur armée et des risques qu'elle pourrait représenter... C'est un peu long mais c'est éclairant sur l'unique "coup d'état militaire" français - par respect pour son grade et son incompétence, j'oublie, volontairement, le général Boulanger, unique récidiviste "potentiel", si on fait abstraction de son pot de chambre et du revolver qu'il utilisera pour se suicider, en Belgique! -. Au passage, la menace du coup d'état militaire, en France, a toujours été soigneusement entretenue, par une opposition qui y aura recours, par exemple, de manière officiellement "politique", le 4 septembre 1870, pour proclamer la IIIème République.

Les concepteurs de la Constitution de l’An III ont tellement peur d’une possibilité de coup d’état et ont si bien bordé et verrouillé ladite constitution, que seul un coup d’état peut en permettre la révision la plus anodine ! Conséquence ... Qui va devoir "s’auto-coup-d’étatiser" ? …Le Directoire lui-même mais n’anticipons pas !

Quelle est la tendance politique des Conseils et, plus particulièrement, du Conseil des Cinq-Cents, le plus turbulent et surtout l’élaborateur des lois ? En gros, on y trouve trois groupes distincts. Les Jacobins, « survivants » et héritiers des idées révolutionnaires de l’ancien Comité de Salut Public, dont quelques nostalgiques de ses méthodes expéditives et des perfectionnements techniques du Docteur Guillotin. Les Constitutionnels, modérés qui se veulent les garants de la nouvelle constitution. Enfin, les Clichystes, par référence géographique à leur club parisien de « réflexion » le plus actif. Plus ou moins réactionnaires, les Clichystes sont, en tout cas, noyautés profondément par de nombreux factieux favorables au retour de la monarchie, par tous les moyens.
...
Le 9 avril 1797 (20 germinal, an 5) les collèges d’électeurs, largement influencés par la faction clichyste, se réunissent, pour dix jours de cession ininterrompus, afin de désigner les représentants aux deux Chambres, renouvelées par tiers. Le résultat des urnes est favorable à la faction royaliste, qui, lorsque la nouvelle cession parlementaire débutera le 1er Prairial (20 mai 1797), bénéficiera alors de la majorité des deux-tiers. Comme deux des cinq Directeurs, Carnot et Letourneur, sont plus ou moins chaudement de son côté, il lui suffira de proposer un homme du sérail, lors du renouvellement, pour prendre le pouvoir au Directoire. Il reste néanmoins une inconnue car le choix du directeur sortant s’effectue par tirage au sort. Les Clichyste réclament que ce tirage s’effectue en public mais cette proposition est anticonstitutionnelle et donc irrecevable La réaction antirépublicaine ne cherche même plus à se dissimuler et exprime ouvertement le coup funeste qu’elle va porter, en toute « légalité », à la République. Elle souhaite également se débarrasser de la tutelle du Conseil des Anciens, trop constitutionnel à son goût. La noblesse exilée, qui faisait racheter en sous-main ses biens confisqués par la Révolution, se montre de moins en moins discrète. On en dénombre plus de 5000, rien qu’à Paris. Les prêtres réfractaires sortent de leurs cachettes et vont prêcher la bonne parole royaliste dans les campagnes. Quelques jours avant le fatidique 1er Prairial, le Conseil des Cinq-Cents, dans son ancienne composition, réussit même à faire passer une motion qui annule les effets de la loi du 3 brumaire. Ce texte de loi interdit aux parents d’émigrés d’accéder à fonctions publiques. Or un certain nombre de nouveaux élus est concerné par cette loi et ne pourra donc siéger. Le Conseil des Anciens refuse la motion.

Le premier prairial (20 Mai 1797), la nouvelle assemblée se réunit. Pichegru, qui n’est pas encore connu publiquement pour ses agissements d’agent royaliste mais comme général illustre, en disgrâce du gouvernement, est élu Président du Conseil des Cinq-Cents à une très large majorité. A contrario, le tirage au sort du directeur sortant désigne Letourneur, ce que la nouvelle majorité considère comme une magouille du Directoire pour conserver le pouvoir…ce qui n’est peut-être pas totalement faux. On propose finalement Barthelemy, ambassadeur en Suisse, qui avait négocié à Bâle la paix avec la Prusse puis l’Espagne. L’homme est surtout choisi pour ses accointances supposées avec le Prétendant, le Comte de Provence, futur Louis XVIII. En fait, le nouveau directeur est un faible, plutôt médiocre et respectueux du pouvoir en place. En jouant sur la forme, les Cinq-Cents obtiennent que les Anciens votent l’annulation de la loi du 3 brumaire. Les nouveaux élus, jusque là interdits d’enceinte, peuvent venir occuper leurs sièges et renforcer la majorité royaliste. Tous les membres des commissions sont renouvelés au bénéfice des royalistes. Les lois à l’esprit trop révolutionnaire sont quotidiennement remises en cause. Un contrôle des comptes jusqu’au 1er Prairial est exigé. Dans un contexte de guerre avec un état aux poches notoirement vides, la manœuvre est cousue de fil blanc et n’a pour but que de saper l’autorité du Directoire et de son gouvernement, d’autant plus que le Directoire n’a pas, constitutionnellement, le droit de manier directement les fonds de l’Etat. A ce sujet, vous vous souvenez du million qu’a expédié Bonaparte depuis l’Italie, à l’ordonnateur de la Marine de Toulon pour accélérer le départ de l’escadre ? Il a été saisi par la Trésorerie et expédié à Paris ! D’ailleurs, on commence à s’élever, dans la tribune, contre le traitement infligé aux aristocraties italiennes par Bonaparte, instrument du Directoire. On reproche au général d’avoir entrepris des opérations militaires contre un autre état, en l’occurrence Venise, sans l’accord préalable des Conseils.

Les émigrés, réfugiés dans les cours européennes, se frottent les mains et commencent à entamer le décompte des jours qui les séparent de la reprise du pouvoir. Cà commence à sentir le vinaigre et le Directoire sent le danger mais, comme tout est fait sous le couvert de la « légalité », il est pieds et poings liés. Coup de bol, lors de l’occupation de Venise, à la mi-mai, les troupes françaises ont arrêté un important agent royaliste, le comte d’Entraigues. Plutôt que de l’expédier à Paris se faire fusiller, Bonaparte l’assigne à Milan, en résidence surveillée, lui accorde une aide financière et, finement, lui tire les vers du nez. Trop heureux de s’en sortir aussi bien, Entraigues déballe sans se faire prier. Pichegru, élu président du Conseil des Cinq-Cents, complote depuis des années avec les émigrés et notre cher comte a même l’amabilité de posséder un document irréfutable de sa trahison. Bonaparte et deux de ses généraux contresignent le document pour attester de sa véracité, avant de l’expédier en urgence à Paris.

En Mai 1797, Le Directoire est constitué d’un collège de cinq directeurs. Il y a le médiocre Barthélémy, fraichement promu, qui a la malchance d’être catalogué instrument de la faction royaliste. Lazare Carnot est un républicain modéré au glorieux passé militaire mais qui pèche par une soif insatiable de pouvoir et louche sur le siège de chef de gouvernement que ne peut lui offrir le système directorial ; il voit dans les évènements se dessiner un avenir plus prometteur. De surcroit, il hait Barras, autre Directeur, qui se veut le porte-drapeau des jacobins, antithèse de sa conception politique. Barras, donc, « roi de la canaille » comme il se décrit lui-même, est la tendance gauche dure du Directoire ; avec lui, nulle crainte de collusion avec les royalistes. Fantasque, il est difficile à gérer et ses frasques et ses parties fines feraient la fortune de nos revues « people » modernes. C’est encore lui qui fait se rencontrer Bonaparte et Joséphine de Beauharnais. Reubell et, les deux derniers membres sont des républicains modérés mais rigides et totalement opposés à tout excès, qu’il soit royaliste ou révolutionnaire.

Rapidement, au fil des évènements qui ont suivis les élections, une scission s’est créée au sein du Directoire, d’un côté Barras, Reubell et Larévellière –même si ces deux-là n’ont que peu d’affinités avec Barras-, de l’autre Carnot et Barthélémy. Ils possèdent maintenant des preuves tangibles de la trahison de Pichegru et de quelques autres mais elles peuvent très bien voler en éclats, en l’absence d’autres éléments, devant un tribunal. De plus, il faut obtenir l’acte d’accusation via le Conseil des Cinq-Cents et ce n’est guère le moment car c’est sa majorité royaliste qui a expédié Pichegru au Perchoir. Parmi les ministres, celui de la Police, de l’Intérieur et son collègue de la Guerre sont notoirement connus pour leur sympathie « royaliste », ce qui n’arrange rien. Il y a bien les ministres de la Marine et des Relations Extérieures mais, comme on a prévu de les remplacer à court terme, il vaut mieux ne pas leur confier de rôle prépondérant, ils risqueraient de s’incruster ! En fait, dans le gouvernement, seuls, les ministres de la Justice et des Finances, haïs par les royalistes, peuvent être considérer comme des appuis sûrs. Comme par hasard, les Clichystes réclament leur remplacement.

Il ne reste plus qu’une solution à notre trio, le coup d’état ! Mais pour le réaliser il faut l’appui de l’armée. Il y a bien Bonaparte et son Armée d’Italie, mais les trois Directeurs pressentent une puissance politique chez le petit Corse qui risque de leur porter ombrage. Hoche, à la tête de l’Armée de Sambre-et-Meuse, est plus conforme à leurs souhaits et, de plus, dans le cadre de la future opération d’Irlande, il est amené à transférer 20 000 hommes sur Brest. Comme par hasard, Paris se trouve juste sur le chemin de la Bretagne.

Légalement, les Chambres assurent, elles-mêmes, la sécurité et la police dans les enceintes législatives. A la mi-juillet, la majorité royaliste interprète les textes s’y rapportant dans le sens qui lui convient le mieux. Les termes employés se rapportent à la sécurité « des lieux »… « des lieux » à «la ville», il n’y a qu’un pas qu’elle franchit allègrement -. Autrement dit, la gendarmerie et l’armée, dorénavant, n’auront plus lieu de stationner dans la capitale, ni le pouvoir d’y intervenir. En même temps, elle décrète la création d’une Garde Nationale, dont le projet sommeillait aimablement dans la Constitution, et dont elle désignera les commandants. En fait, elle se mitonne une garde prétorienne à sa botte.

Évidemment, le « passage » des troupes de Hoche, à proximité de Paris, déclenche un tollé de protestations. Surtout que la majorité royaliste n’a pas vraiment eu le temps nécessaire pour la mise en place des gardes nationaux et, qu’en sus, un des régiments à involontairement dépassé la limite légale des 12 lieues. Il ne s’est gouré que de cinq bornes, une lieue, mais le mal est fait.

Le 28 messidor, le Directoire, par scrutin secret, remanie le conseil des ministres et ne conserve à leurs portefeuilles que les deux derniers ministres cités, à la Justice et aux Finances. Au passage, Talleyrand prend la direction des Relations Extérieures et Hoche se voit offrir le maroquin de la Guerre mais trop jeune – il n’a que 28 ans, alors qu’il en faut trente, au minimum – il doit y renoncer. Ça commence à faire beaucoup, pour l’opposition, de nouveaux ministres qui ne lui conviennent pas, une armée qui piétinent aux portes de Paris. Il n’y a pas de doute, le Directoire veut attenter à l’inviolabilité des Conseils !

Entre le 18 juillet et le 20 juillet (30 messidor – 2 thermidor), c’est l’effervescence au Conseil des Cinq-Cents. Mais où en sont les préparatifs de la Garde Nationale ? C’est honteux, Citoyens, quatre régiments de cavalerie marchent sur Paris ! Mais rassurez-vous, le 9 Thermidor, jour funeste pour les tyrans, est proche ! Là, on constate que la faction royaliste ne manque pas de culot, car les évènements thermidoriens de l’An 3 n’ont pas grand-chose à voir avec ses propres intentions.

C’est Barras qui, de sa propre initiative et sans en informer ses deux autres collègues, a organisé la manœuvre de Hoche et, quand ce dernier, naïvement, se présente devant le Directoire, il se fait violemment tancé par Carnot. Comme Barras ne pipe mot, Hoche est accusé d’avoir outrepassé les limites constitutionnelles. En catastrophe, Reubell et ses collègues prennent sa défense et obtiennent, avec l’appui dudit Barras – c’est le moins qu’il puisse faire !-, qu’on lui renouvelle la confiance du Directoire. Hoche a eu chaud et, tandis que les Cinq-Cents s’empressent de réclamer sa comparution devant un tribunal, il préfère rejoindre son QG en Allemagne et ordonne le repli de ses troupes du côté de Reims. L’initiative prématurée de Barras a mis ses collègues dans une situation difficile car il les prive de l’appui militaire nécessaire pour leur projet. En réalité, c’est du côté de l’Armée d’Italie que se trouve la solution.

Bonaparte est connu pour ses sentiments jacobins et son armée, constituée en majorité de Méridionaux, a la fibre nettement révolutionnaire, tendance sans-culotte de 93. Alors que dans les autres armées de la République, l’habitude ancienne de balancer du « Monsieur » aux officiers est remise au goût du jour, dans l’Armée d’Italie, il n’y a que l’appellation de « Citoyen » qui est de mise, quelque que soit le grade. D’ailleurs, le Directoire a même été amené à promulguer un décret pour exiger l’emploi du terme « Citoyen », au sein de l’Armée, peu de temps avant ces évènements.

Le 14 Juillet 1797 (26 Messidor), il organise en Italie et notamment à Milan, siège de son QG, une monumentale fête aux Armées. Pour l’occasion, une pyramide de trophées pris à l’ennemi, sur laquelle figure la liste des morts de la campagne, est érigée dans la capitale lombarde. Au cours de la cérémonie, il se fend d’un discours à la gloire de la Révolution, très ciblé antiroyaliste – il est informé, et pour cause, des manœuvres de Pichegru et de ses complices. Ses régiments surenchérissent en rédigeant des proclamations virulentes de soutien à la République. Du colonel au simple soldat, chacun y appose sa signature, sa croix ou son empreinte de doigt pour les moins instruits. Bonaparte, finaud, expédie un de ses aides-de-camps, muni de ces documents et d’une aimable proposition de taper dans la caisse de son armée, en cas de nécessité, au Directoire.

Ces exubérants témoignages de fidélité mettent la majorité directoriale dans l’embarras – l’armée n’est pas sensée faire de la politique. Ils aimeraient bien les oublier au fond d’un tiroir mais çà risque de mettre en boule le général corse et ce n’est pas le moment, car ils viennent justement de lui demander de détacher un général de son état-major pour se mettre à leur service. A la lumière de l’incident « Hoche », il s’avère plus judicieux d’employer un chef d’unité réputé plutôt que le général en chef d’une Armée, surtout quand il a la stature d’un certain Bonaparte. C’est, à la fois, plus discret et moins risqué car cet exécutant ne risque pas, en principe, de faire de l’ombre aux dirigeants politiques. N’empêche que nos trois Directeurs sont mouillés jusqu’au cou dans leur projet de « coup d’état républicain » – même si la situation le justifie, légalement c’est bien un coup d’état- et qu’ils vont devoir le mener à son terme.

Comme il fallait s’y attendre, la publication des adresses de l’Armée d’Italie fait pousser des cris d’orfraies à l’assemblée des Cinq-Cents. Elle sent qu’elle a poussé le bouchon un peu loin et qu’il va lui falloir agir avant que le Directoire ne puisse faire usage de cette armée d’indécrottables révolutionnaires, parmi lesquels la faction royaliste n’a pas la moindre accointance. Augereau, le général expédié par Bonaparte, ravi de s’en débarrasser, à la délicatesse de propos d’une poissonnière du Faubourg Saint-Antoine, n’a pas vraiment la discrétion et la modestie fichées au corps et ne rêve que de trucider tous les Incroyables et Merveilleuses parisiens – cette jeunesse bourgeoise fortement pro-royaliste qui s’était mis en tête de se distinguer par une mode vestimentaire tapageuse et le refus de prononcer les « R », référence au Roi et à la Révolution. Il est plus encombrant qu’autre chose mais, au moins, sa notoriété lui assure une autorité incontestée sur la troupe. On lui confie la 15ème division qui englobe la garnison parisienne. Comme les Cinq-Cents ont mis en place une commission des finances qui surveille étroitement les dépenses du Directoire, l’argent proposé par Bonaparte tombe à pic –sauf qu’il n’arrivera jamais ! Il va servir à soudoyer les 1200 grenadiers du Corps Législatif. Ce ne sont pas vraiment de redoutables guerriers mais il hors de question que l’affaire tourne au carnage.

Le mois d’aout 1797 voit s’accroitre les tensions de part et d’autre et le spectre de la guerre civile plane. Le Directoire ne peut différer plus longtemps la signature des lois votées par le Parlement et notamment celle instituant la Garde Nationale, qui offre, sur un plateau, une armée aux Clichyste. Les Cinq-Cents viennent de suspendre un projet de mise en accusation du Directoire mais pour combien de temps ?

Le 10 Fructidor, Bernadotte, expédié par Bonaparte, offre au Directoire, des trophées de la Campagne d’Italie et en profite pour réaffirmer la fidélité de l’Armée d’Italie envers le Directoire…« En acceptant ces trophées, fruits de la valeur du soldat et des manœuvres savantes du chef qui l'a guidé, recevez, citoyens directeurs, l'assurance que l'armée d'Italie incorruptible et pure soutiendra jusqu'au dernier soupir la constitution de l'An 3 et son gouvernement républicain » (sic)

Le 17 Fructidor (3 Septembre 1797), dans l’après-midi, après une séance directoriale de routine, Barras informe Reubell et Larévellière qu’il a pris, depuis quelques jours, les dispositions pour agir ce soir-là. Officiellement les troupes de la capitale sont sensées effectuées des exercices de tir et de maniement d’armes, ses mouvements ne paraitront donc pas inquiétants. Les trois Directeurs convoquent discrètement, en soirée, les ministres fiables au domicile de Reubell, où ils se sont eux-mêmes installés. Nul ne peut sortir jusqu’à la fin des évènements. Comme il faut occuper le temps, ils vont se distraire en rédigeant ordres et proclamations.

Aux environs de minuit, Augereau dispose ses troupes, près de 10 000 hommes et une nombreuse artillerie, autour du palais du Louvres, où siège l’assemblée législative. A une heure du matin, le Ministre de la Guerre reçoit la visite d’un commandant qui lui demande de retirer les grenadiers du corps législatif en faction. Evidemment, le ministre refuse et, sentant le coup fourré, enfile un peignoir en pilou-pilou, une paire de charentaises, fonce avertir l’inspecteur de la sécurité du Conseil, qui croit à un canular, puis courre rameuter les grenadiers de réserve à la caserne. Les 1200 grenadiers se déploient dans le jardin des Tuileries. A trois heures du matin, sur un coup de canon en guise de signal, les troupes d’Augereau se présentent aux différentes portes du jardin et du Carrousel, entrent sans coup férir dans l’enceinte et déploient une douzaine de canons. Il reste alors 800 grenadiers sous les ordres d’un commandant face aux troupes d’Augereau. Cà ronchonne dans les rangs de grenadiers du corps législatifs, la plupart n’a pas envie de rejouer un remake sanglant de la Garde Suisse de Louis XVI ni de risquer sa peau pour les royalistes. Augereau, en personne, exige que le commandant de l’unité dépose les armes et obtient satisfaction. Mis aux arrêts, le malchanceux commandant se fait aimablement rosser par une bande d’excités, selon la grande tradition des déchainements populaires.

Il est alors cinq heures du matin et Paris s’éveille…Informés de l’intrusion de l’armée dans leurs locaux, les députés, notamment ceux de l’opposition royaliste, se précipitent en hâte pour rejoindre l’Assemblée. C’est exactement l’attitude qu’on attend d’eux. L’armée a consigne de laisser entrer toute personne munie de sa médaille de député mais de ne laisser sortir personne.

Pendant ce temps-là, les Directeurs et les ministres ont eut le temps de rédiger leurs déclarations. Ils dénoncent un complot royaliste contre la République en publiant les documents qu’ils détiennent, proclament la fermeture immédiate des salles législatives et convoquent les députés « fidèles », à l’Odéon pour les membres des Cinq-Cents, à la Faculté de Médecine pour les Anciens. Il y a bien quelques « fidèles » malchanceux qui se sont fait enfermés dans l’enceinte de l’Assemblée mais tant pis pour eux.

A huit heures du matin, alors que Pichegru, Barthélemy et plusieurs députés, réputés factieux, sont conduit à la prison du Temple, sous bonne garde, les présidents des Chambres tentent d’ouvrir les séances mais des officiers leur ordonnent de quitter leurs perchoirs. En désespoir de cause, ils déclarent les Assemblées dissoutes. Carnot, informé, à réussit à prendre la fuite et, à dire vrai, les Directeurs auraient préféré que Barthélémy s’échappe lui aussi. Ils lui proposent même de se défiler discrètement mais leur ex-collègue exige d’être transporté officiellement à Hambourg, sous sa véritable identité. Il y a des limites à la bonne volonté !

Les députés qui ne sont pas coincés dans leurs salles ou déjà arrêtés, organisent avec leurs présidents, une marche de protestation à travers Paris qui doit les mener, sur les coups de onze heure, devant le perron du Palais Législatif. Les passants s’attroupent sur les trottoirs parisiens au passage de ces insolites manifestants mais affichent une curiosité distante. Ces évènements entre politicards ne sont pas, cette fois, du ressort de la plèbe. Aux premières sommations de la troupe, les protestataires s’égaillent comme une volée de moineaux. Au passage, quelques députés, repérés comme royalistes, se font également arrêter.

Il est midi quand les députés « directoriaux » et les indécis, qui jugent préférable de monter dans la bonne voiture, commencent à se présenter aux portes de l’Odéon et de la Faculté de Médecine, les nouveaux lieux de réunion désignés pour. Rapidement, le quorum est atteint, avec 126 représentants pour les Anciens et 251 pour les Cinq-Cents. Les délibérations peuvent commencer. Le Directoire n’a pas l’initiative des propositions. Les Cinq-Cents désignent donc une commission de 5 membres qui, grâce aux documents fournis discrètement par les trois Directeurs, déclare à 18H00 que la conspiration royaliste est avérée, qu’en l’occurrence, les membres du Directoire ont sagement agi et soumet à leur approbation une liste de propositions, élaborées la nuit précédente durant la discrète et opportune retraite des Directeurs et de leurs ministres.

Les élections sont cassées dans 48 départements, leurs députés exclus de la fonction législative et les fonctionnaires, nommés par leurs soins, révoqués. Une liste des factieux est établie pour une déportation immédiate. Il y a bien un ou deux députés qui souhaitent se donner un délai de réflexion de 12 heures mais ils se font copieusement hués par leurs collègues et choisissent sagement les fraiches soirées parisiennes plutôt que les étouffantes nuits guyanaises.

Car c’est en Guyane, à Sinnamary, que le Directoire va expédier les factieux royalistes réfléchirent sur l’incertitude de la carrière de comploteur. Les Directeurs disposaient, à l’origine, d’une liste de 120 députés classés comme dangereux royalistes. Une dizaine d’entre eux sont blanchis par leurs collègues pour délit de simple naïveté, les autres pour incompétence inoffensive. Parmi les Cinq-Cents, 44 sont condamnés à la déportation, dont Pichegru et un certain Villaret-Joyeuse, l’amiral de la flotte française au combat du 2 prairial (se reporter au magistral paragraphe y afférant !). Onze Anciens, deux Directeurs, un ex-ministre, et quelques sous-fifres, en sus de trois agents royalistes avérés sont également inscrit comme passagers de la croisière océanique. Ciel, j’allais oublier, la presse politique d’alors, en l’absence de censure, avait proliféré à vue d’œil. Le gouvernement va lui faire payer cher son parti pris un peu rapide pour les factieux. Quarante-deux journaux sont interdits, leurs propriétaires, directeurs et rédacteurs iront découvrirent, eux-aussi, les vertus du climat guyanais. Le Directoire a réussi son coup d’état républicain sans verser une goutte de sang – hormis quelques horions sans conséquence – et en faisant preuve d’une clémence exemplaire, moins de quatre ans après les excès sanglants du Comité de Salut Public.

Hoche est remercié pour sa fidélité et le Directoire lui confie le commandement de l’Armée d’Allemagne, qui fusionne dorénavant son Armée de Sambre & Meuse à l’Armée du Rhin. Hoche devient, alors, le général le plus puissant de la République mais n’a guère le temps de profiter de ses nouvelles fonctions car il décède le 17 Septembre, à l’âge de 29 ans, d’un mal brutal qui l’emporte en deux jours.


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