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Chine: destruction d’armes japonaises de la Seconde Guerre mondiale

Nouveau messagePosté: 29 Déc 2014, 13:16
de fbonnus
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Des enfants Chinois observe une arme utilisée par l'armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, lors d'une exposition à Pékin, le 3 septembre 2014.

La Chine et le Japon - ces deux voisins que tout semble séparer -, ont fait un pas important vers la réconciliation. Depuis lundi, une usine de destruction d’armes chimiques a commencé son long travail pour neutraliser un énorme stock de munitions et d’armes abandonné par l’armée impériale japonaise à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Deux millions de tonnes d’armes japonaises seraient encore enfouies dans les terres chinoises – éparpillées sur 40 sites situés surtout dans le nord-est, à Heilongjiang, Jilin et Liaoning. Des chiffres que le Japon conteste. Mais Tokyo a toutefois pris l’engagement de détruire ces munitions, une promesse qui date déjà de 1997. C’est cette année-là que la Chine et le Japon signent la Convention des Nations unies sur l’interdiction des armes chimiques.

Tokyo se donne alors dix ans pour débarrasser la Chine de ces vestiges de guerre. Dix ans cela signifie que tout aurait dû être détruit en 2007. Mais il n’en est rien. Il y a bien eu des opérations d’évacuation, mais armes et munitions ont été ensuite stockées dans des entrepôts provisoires. Rien n’a encore été détruit – jusqu'à cette semaine où l’usine fraîchement construite par les Japonais a enfin commencé son travail, qui devrait durer jusqu’en 2022.

Tonneaux corrodés, bombes non désamorcées, liquides toxiques
Des tonneaux corrodés qui fuient et polluent l’eau et les champs, des bombes qui n’ont pas été désamorcées, tout cela est bien sûr dangereux. D’ailleurs, en 2004, il y a eu un accident dans la province de Jilin : quatre enfants, qui se sont baignés dans une rivière, ont eu des brûlures de la peau après avoir été en contact avec un liquide toxique émanant d’un missile.

Mais même la destruction n’est pas sans risque : la plupart des munitions sont endommagées et difficiles à démonter. La destruction de ces armes sera d’ailleurs beaucoup plus laborieuse et couteuse que leur production.

Un passé qui pèse lourd
Le Japon et la Chine ne sont pas en meilleurs termes. Une telle coopération entre les deux pays est plutôt exceptionnelle, voire même rarissime. Il faut savoir que la guerre a fait près de 20 millions de victimes côté chinois. Dès 1937 l’empereur japonais avait autorisé l’utilisation des gaz toxiques contre les soldats et civils chinois.

Ce passé pèse toujours sur les relations entre les deux pays. Ainsi lorsque Tokyo a annoncé cet été vouloir changer sa Constitution pour participer à des opérations militaires internationales, Pékin a fustigé une « décision dangereuse » qui revient à « ouvrir la boîte de Pandore ». La riposte n’a d’ailleurs pas tardé : les Chinois ont publié 11 tomes contenant les atrocités commises par les soldats japonais.

Les visites régulières des responsables politiques japonais au sanctuaire Yasukuni constituent au autre abcès de fixation. A chaque visite, Pékin crie au scandale, rappelant que dans ce même sanctuaire reposent aussi des criminels de guerre.

Source : RFI - GREG BAKER / AFP