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Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

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Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 05 Oct 2013, 09:03

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Le général Giap est mort vendredi 4 octobre. | AFP/STR

Il restera dans l'histoire l'un des grands chefs de guerre du XXe siècle, le seul à avoir successivement défait la France et tenu tête aux Etats-Unis d'Amérique. Le général Vo Nguyên Giap est mort vendredi 4 octobre à l'âge de 102 ans.
La prise du camp retranché français de Diên Biên Phu en mai 1954 et la chute de Saïgon en avril 1975 demeurent les faits d'armes de ce leader au calibre exceptionnel : autorité personnelle, génie de la logistique, tacticien hors pair. Ces succès, indéniables, font du général Vo Nguyên Giap le dernier d'une lignée de grands stratèges vietnamiens qui, au fil des siècles, ont barré avec succès la route du Sud aux Chinois après les avoir chassés de leur sol. Pour sa part, Giap a largement contribué à faire échouer le retour des Français au Vietnam et, dans la foulée, en pleine Guerre froide, à casser la relève que voulaient assurer les Américains.


Le général Giap : stratège vietnamien, bourreau... par lemondefr

Né le 25 août 1911 dans un village du Vietnam central, issu d'une famille de modestes lettrés, Giap a vécu sa jeunesse dans une atmosphère de nationalisme militant : démêlés avec la Sûreté française, dont deux années en prison, de 1930 à 1932. Il passe son bac (français) en 1934, puis enseigne l'histoire et le français à Hanoï, au lycée Thang Long, creuset de militants anticolonialistes. En 1937, à l'époque du Front populaire, il adhère au PC clandestin vietnamien.

Dès lors, son itinéraire est tracé. En mai 1940, en compagnie de Pham Van Dông, futur premier ministre (1954-1986), Giap se rend en Chine pour y rencontrer, pour la première fois, Hô Chi Minh, fondateur du PC en 1930. Il a épousé en 1939 une militante originaire de la même province que lui, qui lui a donné un enfant en 1940. Il ne la reverra jamais : peu de temps après son départ, elle est arrêtée par la Sûreté française. Vicieusement torturée, elle meurt en prison, dit-on, en se suicidant. Giap ne l'apprendra que quelques années plus tard.

FASCINÉ PAR BONAPARTE

Au Lycée Thang Long, à la veille de la seconde guerre mondiale, ses élèves l'avaient surnommé "le général" ou bien, plus précisément, "Napoléon". Si Giap s'est nourri des expériences de ses illustres prédécesseurs qui, au fil des siècles, ont infligé de cinglantes défaites aux envahisseurs chinois, il a aussi étudié dans le détail les campagnes de Bonaparte. Les premiers lui ont appris l'art d'utiliser le terrain, de s'adosser à la cordillère indochinoise, d'assurer ses arrières, d'attirer dans des pièges ses adversaires.

Image
Portrait diffusé le 5 juillet 1976 par l'agence nord-vietnamienne AVI du général Nguyen Giap,
ministre de la Défense du Nord Viêt-nam, alors qu'il prenait ses fonctions de vice-premier ministre
du gouvernement de la République socialiste du vietnam. | AFP


Le Monde.fr | 04.10.2013 à 15h31 • Mis à jour le 04.10.2013 à 20h09

La suite ici => http://www.lemonde.fr/disparitions/arti ... _3382.html
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de frontovik 14  Nouveau message 05 Oct 2013, 09:29

Un des grands chefs de guerre du XXe siècle. Il en faut des qualités pour vaincre et les Français et les Américains... Reste pour nous une ombre, le sort réservé à nos prisonniers de guerre, et aux soldats US également.
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Re: Le général Giap est mort

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Marc_91  Nouveau message 05 Oct 2013, 09:57

:? C'est aussi lui qui fut un des fondateurs de l'Armée populaire vietnamienne en 1944, et un commmuniste ...

Mon second père, qui avait été envoyé en Indochine fin 1945, m'a dit que les japonais, lors de leur reddition en 1945, avaient souvent préféré donner leurs armes aux milices, plutôt qu'aux français.
C'est ce qui leur a permis, quelques mois plus tard, de mener leur guerre d'indépendance ...
:pleure: Quand au sort des prisonniers français et américains, il est à rapprocher de celui que firent subir la bureaucratie communiste d'URSS aux prisonniers allemands.
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de lejusticier  Nouveau message 05 Oct 2013, 10:33

frontovik 14 a écrit:Un des grands chefs de guerre du XXe siècle. Il en faut des qualités pour vaincre et les Français et les Américains... Reste pour nous une ombre, le sort réservé à nos prisonniers de guerre, et aux soldats US également.



Bonjour,

Il ne faudrait pas le prendre pour un héros !!!! C'est mal connaître le sort des prisonniers français... :evil:

1er article

Réalisation : Marcela FERARU

Face à la mort, les témoignages des prisonniers de Hô Chi Minh
ECPAD - Double DVD, 165 mn, livret d’accompagnement (2009)

dimanche 24 octobre 2010, par Guillaume Lévêque

Largement éclipsée par les deux traumatismes majeurs qui l’encadrent, la Deuxième Guerre Mondiale et la Guerre d’Algérie, la Guerre d’Indochine est un objet historiographie hybride à la confluence entre conflit de la décolonisation et confrontation Est-Ouest. Sa genèse et son déroulement restent globalement dédaignés, tandis que ses acteurs ont essentiellement connu l’indifférence ou le mépris. La programmation éditoriale récente de l’ECPAD remédie à ce déni par la sortie de deux DVD complémentaires, consacrés l’un à l’histoire de l’Indochine française et l’autre au sort des prisonniers du Vietminh.

Image


Des prisonniers oubliés

Soldats de métier sacrifiés aux humeurs de la guerre, mercenaires de la colonisation broyés par la roue de l’Histoire, les combattants du Corps expéditionnaire français en Indochine n’ont guère éveillé la compassion de leurs compatriotes. Le sort de ceux qui étaient tombés aux mains de l’ennemi a donc peu retenu l’attention, malgré la décimation massive subie durant leur détention, pourtant brève, par les soldats faits prisonniers à Dien Bien Phu. Le silence de la mauvaise conscience coloniale et l’indifférence de la bonne conscience progressiste ont ainsi occulté les conditions exceptionnellement rigoureuses de cette captivité de guerre meurtrière, qui fut aussi une expérience totalitaire de guerre révolutionnaire.

Là réside l’intérêt de ce documentaire de Marcela Feraru consacré au sort des prisonniers d’Hô Chi Minh. Imagé par des films d’actualité français et de propagande vietminh ainsi que des dessins de détenus, il s’appuie sur les témoignages de dix-huit anciens internés survivants et le commentaire d’un journaliste (Pierre Darcourt) lui-même vétéran d’Indochine. Un prologue consistant (18’30) retrace les grandes étapes de la guerre, en dénonçant les exactions du Vietminh à l’encontre des populations civiles et en soulignant le rôle pivot du général de Lattre dans la mue de la guerre coloniale en conflit de la Guerre froide. L’essentiel du propos est ensuite consacré à la destinée des prisonniers du Vietminh. Il ne s’agissait pas exclusivement de militaires : on a ainsi la surprise de découvrir l’existence d’internés civils, pour certains tombés au pouvoir du Vietminh dès 1946, y compris des enfants comme Patrick Le Minor qui s’exprime dans le documentaire.

La rééducation ou la mort

Le faisceau des témoignages présentés permet de dresser un catalogue détaillé des conditions d’existence terribles des camps vietnamiens. On regrette cependant qu’une maladresse de formulation les présente comme de « véritables camps d’extermination », terme qui manque de mesure et fait peser le risque d’un amalgame néfaste. La comparaison avec les exactions nazies aurait été mieux venue en se bornant aux camps de concentration, et il serait peut-être tout aussi approprié d’invoquer un Goulag indochinois, en explorant l’analogie avec le sort des militaires allemands capturés par les Soviétiques durant la Seconde Guerre Mondiale.

L’existence matérielle des prisonniers est d’une dureté absolue. La pénibilité naturelle du milieu (la jungle) est accrue par les privations, le délabrement physique, les maladies chroniques et le travail forcé. Affamés délibérément (la ration quotidienne qui leur est délivrée consiste en une boule de riz sans sel), les captifs souffrent de dénutrition et sont en proie aux obsessions alimentaires. Les infirmeries sont des mouroirs. Renonçant à la vie, les PG à bout de force physique et morale se laissent glisser vers la mort. Les taux de mortalité sont hallucinants (presque 60%). Les tentatives d’évasion sont généralement punies par l’exécution des fugitifs et toutes semblent avoir échoué.

Ce maintien en situation de survie précaire des prisonniers clochardisés effrite les volontés et rend les cerveaux malléables. Car les geôliers du Vietminh ne se bornent pas à emprisonner les corps, ils cherchent aussi à s’emparer des esprits. Les camps sont de véritables laboratoire d’un “homme nouveau” façonné par la contrainte. S’y déploient des méthodes conçues par les communistes chinois qui furent également appliquées aux prisonniers américains de la guerre de Corée [1]. Abrutissement, humiliation, culpabilisation collective et individuelle, interrogatoires, punitions, tortures physiques et surtout morales, tribunaux du peuple, séances d’autocritique, délation mutuelle institutionnalisée, propagande, manque de nouvelles (hormis la distribution ponctuelle de L’Humanité…) constituent les gammes d’une action psychologique qui ambitionne de retourner les captifs en les gavant de « catéchisme communiste ». Endoctrinement, rééducation idéologique et lavage de cerveau doivent les transformer en parfaits agents de subversion.

Pour les prisonniers, jouer le jeu relève de l’urgence vitale vu le processus de dégradation physique qui les affecte. La carotte d’une possible libération après parfaite rééducation est la seule lueur d’espoir au milieu d’un perpétuel chantage à la mort. Dans ce périmètre vital, le succès apparent des méthodes d’endoctrinement du Vietminh est massif mais il s’agit d’un pur simulacre. Le double langage et l’humour au second degré sont le seul espace où puisse s’exprimer une marge de résistance infime, en exploitant l’infériorité sémantique des instructeurs vietnamiens. Les détenus participent à la propagande orchestrée par leurs geôliers à travers la correspondance, les pétitions et les manifestes destinés à la France, matériau dont le PCF fait son miel à usage externe. L’alliance idéologique entre les deux mouvements communistes se traduit aussi par l’envoi de délégués du Parti dans les maquis vietminh. Le cas de Georges Boudarel, qui poussa l’engagement dans la cause vietnamienne jusqu’à exercer les fonctions de commissaire politique dans un camp de prisonniers français, est évoqué avec indignation et mépris par des survivants de ce séjour. Selon leur profil, les captifs sont l’objet d’un traitement adapté : les officiers sont des cibles de choix pour le projet de retournement idéologique, les militaires coloniaux font l’objet d’une propagande appropriée à leur profil de victimes de la colonisation, les légionnaires étrangers sont eux aussi concernés. Traités comme des ennemis de classe, les combattants vietnamiens sont quant à eux pratiquement exterminés. Ancien aide de camp du général de Lattre, l’ex-officier Huynh Ba Xuan, capturé en 1953, subit 23 ans de camp de rééducation. Parvenu à se réfugier en France, ce miraculé fait partie des témoins auxquels le DVD donne la parole.

En 1954, la libération générale résultant des accords des Genève délivre des images terribles de survivants décharnés. L’horreur des épreuves traversées ne suffit pourtant pas à garantir un bon accueil aux rapatriés. L’indifférence du grand public et l’hostilité des militants communistes ne sont pas les seules manifestations de ce défaut de solidarité. L’état lui-même a été largement indifférent au sort des captifs. Quant à l’armée française, elle considère ses rescapés avec méfiance et multiplie les mises en garde. Suspects d’avoir été contaminés par l’ennemi et de former une Cinquième colonne communisante susceptible de gangrener la troupe, les revenants sont ostracisés. On envisage de les évincer des cadres ou du moins de l’avancement. Cette mise en quarantaine est d’autant plus paradoxale que leur expérience du totalitarisme vu de l’intérieur avait fait des faux convertis des camps de fervents anticommunistes. Plus globalement, l’incompréhension généralisée qui environne leur passage en captivité résulte d’une méprise sur l’essence de celle-ci : spontanément, l’inconscient collectif a associé par analogie leur devenir à celui bien plus clément des PG de 1940.

Au-delà du sort particulier des prisonniers du Vietminh et du préjudice historique que peut constituer l’occultation de leur mémoire, il résulte de ce documentaire une immersion bien construite dans les rouages d’un système totalitaire. Certaines séquences sont d’une réelle dureté psychologique. L’intensité émotionnelle et la qualité du décryptage historique réalisé font de ce film une démonstration convaincante et réussie. On ne peut donc que regretter l’absence de tout chapitrage, qui en rend hasardeuse l’éventuelle utilisation pédagogique.

Les suppléments

Le documentaire de Marcela Feraru (durée : 1h20) existe en édition simple. L’édition double y adjoint des suppléments d’un réel intérêt. Le second DVD (durée : 1h26) compose un mémorial qui recueille les témoignages complémentaires de 19 autres anciens captifs, dont trois ex-internés civils et un brigadier fait prisonnier par les Japonais en 1944. Leurs propos sont assez saisissants, et les plus élevés se distinguent par une lucidité dépourvue de complaisance qui reflète beaucoup de recul sur ce passé éprouvant. On peut signaler plus particulièrement certains d’entre eux. Le sous-officier Amédée Thévenet émeut, le truculent capitaine Marcel Clédic réjouit. L’enfant otage Jean Doornbos révèle que sa tranche d’âge ne fut pas exemptée des séances de lavage de cerveau et d’endoctrinement politique. Le militaire antillais Denis Augustine s’impose en admirable et obstiné refuznik de la rééducation, tandis que le médecin lieutenant Jean Weber livre un témoignage poignant sur l’état sanitaire des prisonniers du camp N°1. Le soldat André Saint-Georges demeure encore profondément affecté par le soupçon qui l’accueillit à sa libération. Enfin, l’aumônier de Dien Bien Phu Yvon Heinrich décrit le statut étonnant des religieux en captivité : considérés comme des « commissaires politiques » ennemis, ils furent isolés et exemptés de rééducation… Il est dommage là aussi que ce DVD n’ait pas été chapitré.

Un livret d’accompagnement de 54 pages illustrées complète le coffret. Il propose une synthèse documentée sur la captivité (d’un point de vue historique, on en retiendra particulièrement un tableau de morbidité des prisonniers et une présentation détaillée du Dich-Van, le service d’action psychologique chargé de l’endoctrinement des PG). Son auteur n’est pas précisé, mais ce document semble avoir pour origine l’association des anciens prisonniers d’Indochine (ANAPI).

Guillaume Lévêque.

Source: http://clio-cr.clionautes.org/face-a-la ... k_ZbkJOKUk



2ème article


Extrait

Je cite:

BILAN.
Sur 36.979 prisonniers du Viêt Minh, 10.754 furent libérés;26.225 sont morts dans les camps ou au bord des pistes, soit 71%.Le taux de mortalité des prisonniers de Dien Bien Phu fut de 72% en quatre mois. Les camps 113 et 42 furent les plus meurtriers. C'étaient des camps d'extermination. Au camp 42, sur 400 prisonniers de Dien Bien Phu, 73 sont sortis au bout de quatre mois, soit 82% de morts.
Jamais dans l'Histoire, des prisonniers ne furent ainsi torturés physiquement et moralement par le harcèlement politique.
La sous-alimentation, le manque de médicaments, le manque d'hygiène, le climat insalubre, les mauvais traitements et le harcèlement politique furent la cause d'un taux de mortalité aussi élevé.
Les prisonniers ne reçoivent que quatre cents grammes de riz par jour et peu de sel. Ils prennent sur la nature quelques feuilles, quelques animaux (rats, serpents) lorsque cela est possible. Les alentours du camp sont ratissés pour y trouver ce qui est mangeable, mais cela dure peu, au bout de quelques semaines, tout a été pris.
A l'anniversaire d'Ho Chi Minh, les Viêts distribuent un peu de viande, un poulet pour cinquante. Pour la fête de la Révolution, une sardine pour cinq. Tout cela est pilé dans le riz pour agrémenter le repas. Les arêtes et les os sont grillés et pilés en poussière.
Le manque de nouvelles, le harcèlement politique, l'incertitude de sortir un jour, détruisent le moral des soldats. Certains se suicident, d'autres se laissent mourir.
La vie reprend. La liberté est un bien précieux. Il faut en jouir au maximum. Au sortir de ce long calvaire, il faut oublier, effacer et penser à l'avenir et même les pires difficultés nous paraîtront meilleures par rapport à ce que nous avons enduré.

Francis TURELIER
Montpellier, Juin 1992

Source: http://www.atdm34.net/images/stories/so ... relier.pdf


3ème article


[b]Ce qu'en disait Schoendoerffer[/b]




Cordialement.
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 05 Oct 2013, 11:00

J'ai intégré la vidéo dans votre post

Amicalement
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de gernika  Nouveau message 05 Oct 2013, 14:41

n'est ce pas lui qui des années après a refusé au général Bigeard son dernier voeux ; que ses cendres soient réparties parmi ses anciens camarades sur le terrain de Diem Bien Phu
Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts.
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de lejusticier  Nouveau message 05 Oct 2013, 15:01

fbonnus a écrit:J'ai intégré la vidéo dans votre post

Amicalement


Bonjour, :)

Merci pour l'aide.

Cordialement.
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de lesuippas  Nouveau message 05 Oct 2013, 15:07

Bonjour gernika.
Je crois que c'est bien lui,qui a refusé le dernier voeux de"BRUNO",surnom du Général BIGEARD,qui était son indicatif radio.
Salutations

Philippe

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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de lejusticier  Nouveau message 05 Oct 2013, 15:09

gernika a écrit:n'est ce pas lui qui des années après a refusé au général Bigeard son dernier voeux ; que ses cendres soient réparties parmi ses anciens camarades sur le terrain de Diem Bien Phu



Bonjour,

Voilà ce que je peux vous répondre à ce sujet en référence du:

BULLETIN N°30 : DÉCEMBRE 2012, UNION NATIONALE DES TRANSMISSIONS
(Association régie par la loi de 1901)
B.P. 7 - 94271 LE KREMLIN BICÊTRE
CCP PARIS 656-81 Y
Téléphone et Fax : 01 56 20 35 45
Site internet : http://www.unatrans.fr

Je cite:

" LES CENDRES DU GÉNÉRAL BIGEARD Á FRÉJUS.

Marcel Bigeard avait souhaité que ses cendres fussent dispersées au dessus de Dien
Biên Phù, le camp retranché des troupes françaises au Vietnam, pour «rejoindre ses camarades
tombés au combat» en mai 1954. Toutefois, les autorités vietnamiennes, opposées de par leur
religion à toute incinération, ont refusé d’accéder à son voeu.

Sur proposition du Ministre de la Défense, Gérard Longuet, il est d'abord envisagé,
avec l’accord de sa fille Marie France, de transférer les cendres du général Bigeard à l’ hôtel des
Invalides à Paris, où reposent les gloires de l'armée française.
Après que certaines voix se soient élevées contre ce projet de transfert aux Invalides,
notamment suite aux rumeurs de torture en Algérie, le nouveau ministre de la Défense, Jean-
Yves Le Drian, a annoncé le 29 septembre 2012 que les cendres du général Bigeard
reposeraient finalement sur le site du Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus. Le 20
novembre 2012 - date anniversaire du lancement de l'opération Castor avec le largage du 6e
BPC du commandant Bigeard au dessus de Dien Bien Phu en 1953 - ce ministre a inauguré à
Fréjus, sur le site du Mémorial des Guerres en Indochine, la stèle qui accueillera ses cendres.
Cette décision a été prise en concertation avec la fille du général Bigeard. Le général Bigeard
avait toujours dit qu’il souhaitait reposer au plus près de ses compagnons d'armes.
Ce Français, originaire d'un milieu modeste, devenu un héros national, admiré par
l'immense majorité de nos compatriotes pour avoir aimé passionnément son pays. Il a combattu
les deux grands totalitarismes du XXème siècle : le nazisme et le communisme en France, dans
la Résistance, et en Indochine, puis le terrorisme en Algérie. En cette période où le doute
envahit les Français, il demeure un exemple de courage et de foi en notre patrie. "

Source: http://www.unatrans.fr/Documents/Bulletin30.pdf
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Re: Le général Giap, héros de l'indépendance vietnamienne, est mort

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de lejusticier  Nouveau message 05 Oct 2013, 15:37

frontovik 14 a écrit:Un des grands chefs de guerre du XXe siècle. Il en faut des qualités pour vaincre et les Français et les Américains... Reste pour nous une ombre, le sort réservé à nos prisonniers de guerre, et aux soldats US également.



Bonjour,

La suite ...

Il ne faudrait pas le prendre pour un héros !!!! C'est mal connaître le sort des prisonniers français... :evil:

Le 4 ème dernier article que je publie à ce sujet.


Je cite:

" Septembre 2009
Prisonniers des "Viets" : le calvaire

Le 7 mai 1954, les militaires français déposent les armes. Mais leurs épreuves ne sont pas finies pour autant. Marche forcée, sous-alimentation, blessures, maladies ont raison de plus de la moitié d'entre eux. Seulement 3 900 reviendront à partir d’août des camps de détention du Viét-minh.

Pendant longtemps, le Viét-minh n'a pas fait de prisonniers. Et lorsqu'un jeune lieutenant, capturé en avril 1948, est libéré quelques semaines plus tard, l'incrédulité de ses compagnons d'armes et du commandement est telle que son capitaine de compagnie décide de le renvoyer en métropole. En cas d'attaque du poste de commandement, les soupçons se seraient portés sur lui. Il est très vite rejoint par quelques camarades libérés eux aussi. Motif probable de leur libération par les " Viéts " ? Un échange entre prisonniers, véritable opération de propagande pour le Viét-minh. En effet, quelques semaines plus tard, le haut commandement en Annam libère de son côté 70 Viét-minh capturés les armes à la main, les prévenant qu'ils sont relâchés après que leurs chefs auront permis à sept soldats français, prisonniers, de rejoindre la ville de Hué. L'image du Viét-minh en sort complètement transformée.

Le communiste Léo Figuères, revenant d'un voyage clandestin au Vietnam, fait le compte rendu idyllique d'un mariage entre jeunes prisonniers civils (des otages faits en 1945) dans Je reviens du Viétnam libre . En octobre 1950, après les affrontements sanglants de la RC4 et la " bataille des frontières ", près de 6 000 hommes tombent aux mains du Viét-minh qui doit, en toute hâte, pallier le manque de moyens et d'organisation. Il ne s'attendait pas à faire autant de prisonniers. Les pertes françaises, de 1950 à 1954, vont s'avérer dramatiques.

Les prisonniers découvrent un adversaire fanatisé mais discipliné. C'est l'entrée dans un autre monde. Ainsi quand le lieutenant Jean-Jacques Beucler réclame l'application des Conventions de Genève qui, signées en 1949, imposent certaines lois de captivité, le commissaire politique viét-minh use d'une réponse que tous les détenus vont désormais entendre sans cesse : " Vous êtes des colonialistes, des criminels de guerre, un ennemi du peuple vietnamien. Normalement, nous devrions vous supprimer, mais grâce à la politique de clémence du président Hô Chi Minh, vous aurez la vie sauve et vous deviendrez des combattants de la paix. " En 1954, les survivants de Dien Bien Phu entendront le même discours.

Pour les prisonniers, commence alors une " longue marche " : il faut rejoindre le nord du Vietnam. Des kilomètres d'une marche exténuante pour des hommes déjà épuisés. Afin de ne pas être repérés par l'aviation française, leurs gardes les obligent à progresser de 6 heures du soir jusqu'à l'aube. Certains se sont même vus retirer leurs chaussures.

L'art du camouflage est une réussite. Un sergent au 1er RCP, capturé le 2 mai 1954 à Dien Bien Phu, se souvient : " Une fois, nous avons traversé une très grande étendue de rizière. Nous étions survolés par l'aviation, tous assis sur les diguettes, avec une petite branche d'arbre, coupée dans la forêt, accrochée sur la tête. Les pilotes ne nous ont pas repérés et les avions ne sont pas repassés. "

Encore faut-il pouvoir marcher : ce n'est pas le cas des blessés, qui, sans soins, s'affaiblissent rapidement. " Il y avait pas mal de gars qui ne pouvaient plus avancer et ont été abandonnés. On nous disait qu'ils allaient être pris en charge par les infirmiers. Par la suite, j'ai appris qu'ils avaient été tout simplement regroupés dans des baraques. Un ou deux en sont revenus. Parfois, je me demande si on a rêvé !... Certains sont morts. Ce n'est pas qu'ils étaient moins courageux que d'autres mais ils ont eu moins de chance. "

La marche dure plusieurs semaines. Deux ou trois, au mieux ; cinq ou six, en règle générale ; 500 à 600 kilomètres en moyenne. Après Dien Bien Phu, les blessés, qui auraient pu être évacués en camions, doivent soit marcher soit être brancardés par leurs camarades, qui doivent aussi porter des boudins de riz de quinze kilos. Et toujours de nuit. Le jour, ils dorment (un peu), font cuire (mal) le riz distribué par les bo-doï (les gardiens). Certains ont pu sauver leur gamelle, d'autres n'ont aucun ustensile... et la solidarité n'est pas forcément de mise. Du riz, encore et toujours, et en quantité insuffisante ; un peu de thé. C'est tout.

L'espoir d'un lendemain meilleur permet à ceux qui ont été capturés en bon état de tenir. Leurs gardiens ont promis qu'ils seraient bien traités. Mais surprise à l'arrivée : en général, il n'y a pas de camp !

Les prisonniers sont triés, puis séparés : les officiers d'un côté, les hommes de troupe de l'autre. Ils sont exténués, mais il faut débroussailler, couper des bambous pour construire des cagnas, ces paillotes où les hommes s'entassent avec au mieux une couverture fournie par les gardiens. Ceux-ci sont peu nombreux, du reste : la jungle environnante, la couleur de la peau parent efficacement aux tentatives d'évasion. Sans compter la faim, et les difficultés de ravitaillement. Le livre de René Mary, Les Evadés du Viét-minh, démontre tout à la fois le courage forcené de certains qui se livrent à de folles équipées, et la quasi-impossibilité de l'entreprise : des évasions, il y en eut (le premier devoir d'un officier est de s'évader) ; mais il y eut surtout beaucoup d'échecs. Suprême humiliation : dans ces camps sans barbelés, et peu surveillés, l'évasion apparemment à portée de main demeure, dans la majorité des cas, impossible. " Le camp n° 1, celui des officiers français, comme les autres camps de prisonniers de guerre disséminés dans les villages des montagnards, n'était pas entouré de barbelés. Pas de miradors pour surveiller les détenus ni de projecteurs pour repérer les évadés. Les prisonniers cohabitaient dans des maisons sur pilotis avec les autochtones qui étaient "les yeux et les oreilles" du camp. Toute la région, récemment libérée, constituait ainsi un véritable labyrinthe qui n'offrait aucune chance à celui qui tentait de s'évader ", reconnaît le vietnamien Ky Thu dans son livre, Refermer le passé douloureux.

Certaines formes de résistance, timides mais réelles, ont cependant existé. Ainsi du caporal Journès, un radio, semble consentir à aider les Viets ; c'est pour lui le moyen de tenter de contacter le commandement français. Découvert, il sera fusillé " pour l'exemple " devant ses camarades. Dans l'ensemble, pourtant, tortures et exécutions demeurent rares.

Après la marche et l'installation du camp, voici l'apprentissage de la détention. Les hommes n'y ont jamais été préparés car combattre, en prenant en compte l'éventualité d'une défaite, aurait affaibli dangereusement le moral des combattants. D'ailleurs la captivité, à l'image de cette guerre révolutionnaire, ne correspond à aucune expérience " classique " : le combat continue, cette fois sur le plan de idéologique. En 1957, dans une revue de propagande, éditée en anglais et destinée au Sud-Vietnam, Viet Nam Avances, les Nord-Vietnamiens se glorifient d'avoir prévu dans les moindres détails l'organisation de cette détention. L'article s'intitule : " Nos prisonniers de guerre : un aspect peu connu de notre guerre de résistance " ; le prisonnier reste un ennemi qu'il faut continuer à combattre, mais d'une manière différente.

Les journées s'écoulent monotones. Les prisonniers sont en quelque sorte laissés à eux-mêmes, hormis les corvées de ravitaillement en riz et en bois. Les camps n'étant pas autosuffisants, les hommes partent, par deux, trois, voire davantage, chercher le riz qu'ils transportent dans des pantalons noués aux jambes et portés sur l'épaule. Plus avantagés, quelques-uns ont des palanches, ce système de portage propre aux Vietnamiens... qu'ils doivent d'abord apprendre à manoeuvrer.

Les relations avec les geôliers, malgré la barrière de la langue, ne sont pas mauvaises : " Les gardiens n'étaient pas des gars méchants ; ils nous gardaient c'est tout ", dit un sergent. " Les Viets obéissaient à leurs chefs. Si on leur avait dit au coin d'un bois de nous tuer, ils nous auraient tués ; si on leur disait de nous donner une boule de riz, ils nous donnaient une boule de riz. Je n'ai pas senti de haine particulière chez eux ; c'étaient des soldats qui faisaient leur boulot, avec plus ou moins de zèle, plus ou moins de délicatesse, mais c'étaient des soldats, comme dans toutes les armées du monde. Des soldats ordinaires ", renchérit un officier du bataillon Bigeard.

A de rares exceptions, pas de livres : la " bibliothèque " se limite en général à quelques vieux numéros de L’Humanité," combattants de la paix ". Pas de colis non plus, qui auraient permis d'améliorer l'ordinaire. Le Viet-minh ne reconnaît pas la Croix-Rouge, puisqu'il n'a pas signé les Conventions de Genève. En outre, la Croix-Rouge française a pour délégué général en Indochine le mandataire de la Société des pétroles Shell, et le président du comité de la Croix-Rouge au Tonkin représente à Hanoi les intérêts de la Compagnie des chemins de fer du Yunnan : pour le Viet-minh, l'ennemi est infiltré sous des apparences charitables. Jean-Jacques Beucler, dans Quatre années chez les Viets, se souvient d'un parachutage de la Croix-Rouge, alors qu'il est au camp n° 1. Le commissaire politique de l'époque, Ky Thu, réunit quelques prisonniers pour leur remettre des plaques de chocolat provenant du parachutage " illégal ". " Le geste est tellement surprenant que notre méfiance est en éveil : qu'attend-on de nous ? Nous finissons par comprendre qu'il s'agit d'un test destiné à mesurer notre degré d'évolution politique. Alors, entrant dans le jeu, nous rendons le chocolat de ces capitalistes "cupides". " dont la lecture constitue une récompense. Les feuilles des journaux sont comptées : pas question que les prisonniers s'en servent, par exemple, pour rouler des cigarettes. Pas de courrier. Difficile à acheminer, il n'est autorisé qu'aux hommes qui font preuve de bonne volonté, c'est - à -dire qui deviennent des combattants de la paix...

A l'intérieur des camps, il faut élire des responsables - soumis à l'approbation des gardiens - puis former des " comités de paix ". Le camp n° 1, privilégié de fait, est celui des officiers - même si tous les gradés n'y séjournent pas. Médecins, aumôniers militaires et photographes de guerre - c'est le cas de Pierre Schoendoerffer, après sa capture à Dien Bien Phu - s'y retrouvent dans des cagnas spacieuses, même si l'emplacement du camp change à plusieurs reprises. Une microsociété, relativement homogène, assez instruite pour comprendre qu'il faut entrer dans le jeu de l'adversaire si l'on veut rester en vie, tout en tentant de résister à l'endoctrinement. Mais les officiers se retrouvent entre eux, ils vivent chez l'habitant ou à proximité, et peuvent jouir d'une relative liberté.

La situation des hommes de troupe est plus dramatique. " Le gros problème qu'on a eu, c'est le manque d'hygiène et de soins. On n'avait aucun médicament ; on buvait l'eau de la rivière ; on était remplis d'ascaris. Les hommes mouraient, pas tant de mauvais traitements, mais de maladies (palu, béribéri). Les Viets savaient qu'il ne fallait pas boire l'eau de rivière comme ça... " La nourriture est insuffisante : " Les gardiens n'avaient pas beaucoup plus que nous, mais quand même un peu plus ; près de camps, vivaient des paysans, des montagnards, des Méos qui cultivaient de la ciboulette et des piments qu'on allait leur chaparder. Quand ils nous découvraient, il fallait subir de grandes séances d'autocritique. On ne pensait qu'à manger et on s'échangeait des recettes. Il n'y a eu aucun parachutage ", raconte un prisonnier.

Lorsque l'on vit dans le dénuement, le moindre détail est important, comme " l'autorisation d'aller se tremper dans le ruisseau, de confectionner des jeux d'échecs, d'installer une table et des bancs afin de ne plus vivre comme des bêtes ", écrit encore Jean-Jacques Beucler.

Tous les gradés du service de santé, classés comme " officiers " et non comme médecins, sont regroupés dans le camp n° 1, où ils donnent des conseils de prophylaxie. Chez les hommes de troupe en revanche, privés de ce soutien médical, la mortalité atteint des taux effrayants. L'infirmerie ? Un mouroir où les malades sont laissés sans soins, au bon vouloir de leurs camarades. " On était couchés sur un bat-flanc fait avec des bambous tressés, à hauteur des fesses un trou dans le bambou, et en dessous un panier plein de cendres ; X... venait me voir tous les jours, et se chargeait de la corvée de nettoyage : les bodoï la faisaient faire par un autre prisonnier ", témoigne l'un d'eux. Certaines maladies sont redoutables, surtout sans médicaments. " Si vous aviez la dysenterie, il n'y avait plus qu'à mourir, à moins d'un miracle ; comme pour presque toutes les maladies qu'on pouvait attraper à ce moment-là . "

En 1953 pourtant, le Viet-minh décide d'installer quelques camps pour les malades et les blessés, tel le camp-hôpital 128 : " Un camp comme les autres camps de prisonniers, avec les mêmes baraques, mais on était un peu mieux nourris. On recevait quelques médicaments ; on m'a fait des piqûres contre la dysenterie, et donné quelques comprimés de médicament chinois, à base d'opium ; ça a fait de l'effet, j'ai repris des forces, et j'ai pu remarcher. J'y suis resté à peu près deux mois. "

Bien peu ont cette " chance ". Un lieutenant, capturé en février 1954, décrit son état physique mais aussi psychologique : " Avec notre maigre ration de riz, nous nous couchions évidemment avec la faim. Ce moment de la journée, je le souhaitais, mais paradoxalement je l'appréhendais aussi, car les insomnies, dues à la faim, à la gale, au béribéri, aux parasites intestinaux (ténia, ankylostomes, ascaris, etc.), et surtout à la dysenterie, m'empêchaient de me relaxer, non pas physiquement, mais psychiquement. [...] Comme la plupart des êtres devant le danger, je me réfugiais dans la prière. "

Les manifestations religieuses sont pratiquement toujours interdites ; l'aumônier militaire Albert Stilhé, dans Le Prêtre et le Commissaire, rapporte les conversations passionnées qu'il eut avec son commissaire politique Duong, animé, lui, d'une véritable foi communiste. Le père Stilhé négocie difficilement la célébration de Pâques. Une réunion est autorisée, mais sans messe... On n'est pas loin du meeting. Du coup, les rarissimes offices sont à la fois une occasion de rendre grâce d'être toujours vivant, d'honorer les morts et de résister. Encore convient-il de préciser que, la plupart du temps, ces quelques cérémonies ont eu lieu à l'approche de la libération : messe du 15 août pour les prisonniers du camp n° 1, qu'ils ont quitté depuis le début du mois, et qui vont marcher encore deux bonnes semaines avant d'être libérés. " Evidemment, ce fut une messe très priante. "

Les autorités viet-minh font en général constater l'absence de mauvais traitements - de fait, il n'y a pas de traitement du tout - et demandent aux prisonniers de " remercier le président Hô Chi Minh ". Les captifs finissent, souvent sans s'en rendre compte, par adhérer au raisonnement viet-minh. L'étape suivante consiste à signer un " manifeste " : une signature qui n'est pas obtenue sans problème. Comme le raconte Jean Pouget, détenu au camp n° 1, c'est le décès héroïque du capitaine Cazeaux - laissé sans soins pour avoir refusé de signer -, qui décide les soldats à ratifier le document en masse. Son " Je vous donne ordre de signer " explique la " reddition " de ses hommes.

Les commissaires politiques se sont servis de ces manifestes pour leur propagande : un opuscule rédigé par le Comité de paix et rapatriement du camp n° 1, a été diffusé pour saluer le Congrès mondial de la paix réuni à Vienne en décembre 1952. Otage civil, René Moreau raconte comment un codétenu fut pris en photo, contraint avec trois autres à faire semblant de fumer et de jouer aux cartes. " Cette mise en scène nous donne à penser que s'il n'y a dans la zone que quatre prisonniers à présenter après trois ans de combat, c'est que beaucoup de malheureux ont du disparaître sans laisser de traces. " D'autres clichés montrent des prisonniers jouant aux échecs : images paisibles et mensongères du bonheur dans l'absence de liberté. D'autant que le Viet-minh cherche à convaincre les hommes de troupe qu'ils ont été " lâchés ". Petit à petit, tous signent les manifestes. Ils ont ainsi l'espoir de pouvoir donner de leurs nouvelles et de faire savoir qu'ils sont vivants (certains apprendront à leur libération qu'ils ont été déclarés morts). Ils ont surtout l'espoir - que leur fait miroiter le Viet-minh - d'être inscrits sur un convoi de libérables. Peu à peu, minés par la faim, les maladies, l'absence de nouvelles, et l'endoctrinement, les hommes deviennent des jouets aux mains des commissaires politiques.

Beaucoup pensent, aujourd'hui encore, que ces commissaires politiques jouaient sur les rations pour les faire aller dans leur sens. Officiellement, les arrivages de riz étaient interrompus " à cause des bombardements colonialistes ".

A cela s'ajoutent les punitions de plus en plus fréquentes, comme la cage à buffle (on attache un homme près du buffle et de ses excréments, et on le livre aux insectes : piqûres et infection assurées). C'est dans ce cadre que Georges Boudarel sévit au camp 113. Ce Français, enseignant à Saigon rallié au Viet-minh et devenu instructeur politique, est chargé de mesurer le degré " d'évolution " de ses compatriotes : une véritable torture morale. Certains hommes en viennent à s'accuser de tout et de n'importe quoi en faisant leur autocritique, quand ils ne dénoncent pas leurs camarades.

Tout cela, pour être libérés après une longue marche dans laquelle ils laissent leurs dernières forces. René Rabut, relâché en 1952, se souvient de son retour à Hanoi : " La moitié des gars arrivés étaient malades comme des bêtes. J'ai du m'évanouir, je me suis retrouvé à l'hôpital Lanessan, une espèce de hangar, pieds nus, les WC à l'autre bout, on avait la dysenterie... Je pesais 33 kg. Les Viets nous avaient davantage nourris pendant la marche. Ils nous ont débarrassés des vers. Je suis arrivé pieds nus, pour moi, ça ne me posait pas de problème. Mais je me suis fait engueuler par le médecin-colonel ophtalmo. J'ai pensé : et si, au fond, les Viets avaient raison, quand ils nous disaient qu'on ne se souciait pas de nous. " Certains, envoyés en centre de repos, touchent leur paye. " On nous a dit que les rappels seraient faits plus tard. Mais on nous a la prime d'alimentation. On a presque renversé le bureau du comptable. Il nous a dit : "Vous avez été nourris gratuitement !"

Laissons, pour terminer, la parole à cet officier, capturé en 1954 : " J'ai d'abord été porté et annoncé à ma famille comme "disparu" et ce n'est qu'après plusieurs semaines que ma jeune épouse a été informée. Pour elle, ce fut un soulagement... car elle faisait le rapprochement avec les prisonniers de 39-45 et pensait ainsi que j'étais "en sécurité".

Par Anne Logeay *

La fin des combats

Les derniers défenseurs du camp retranché reçoivent l'ordre de cesser le feu le 7 mai à 17 h 30, après avoir détruit leurs armes. Les derniers îlots de résistance sont aussitôt investis par le Viet-minh.

Une opinion française indifférente

Qui faut-il croire ? La mémoire des acteurs du drame indochinois ? Ou les sondages d'époque ? Sans doute un peu les deux. En fait, il faut bien distinguer, en bonne méthode historique, opinion moyenne et opinion agissante. L'opinion moyenne, celle de l'homme de la rue, semble assez peu se soucier de ce qui se passe dans ce conflit du bout du monde, aux enjeux mal définis et changeants, n'engageant que des militaires professionnels. Toutes les enquêtes de l'Ifop le confirment : la proportion des indifférents, des " sans opinion ", a toujours été forte, environ le quart des sondés. Le Français moyen, alors, ne lit que rarement les nouvelles en provenance d'Indochine, en dehors des moments forts, chargés d'émotion (bataille des frontières, Dien Bien Phu) ou, a contrario , lorsque l'odeur des scandales empuantie l'atmosphère (affaire des généraux, trafic des piastres, affaire des fuites). C'est à peu près tout. Et c'est bien peu, pour un conflit qui va durer neuf années. En revanche, l'opinion agissante, celle des hommes politiques, décideurs ou non, celle des groupes de pression, se sent souvent concernée. Les plus grands noms de la vie politique française de l'époque s'investissent, prennent position : Vincent Auriol, le premier (et fort actif) président de la IVe République, Georges Bidault, Charles de Gaulle, Edgar Faure, Pierre Mendès France, François Mitterrand, Jacques Duclos... Mais il n'y a guère que les deux extrêmes du monde politique, les anciens d'Indo, les adhérents du MRP, les gaullistes dans le camp des " pour ", les communistes et quelques intellectuels de gauche (comme Jean-Paul Sartre) dans celui des " contre ", qui s'engagent continà»ment et résolument. Le reste, le " marais ", suit sans excessive passion le cours des événements. Les Français et la guerre d'Indochine ? C'est l'histoire d'une incompréhension. - Alain Ruscio

Le début des souffrances
Pour rejoindre les camps, situés pour certains à 800 km de Dien Bien Phu, les prisonniers parcourent chaque nuit une vingtaine de kilomètres. Environ 2 500 des 10 000 captifs périront durant cette marche forcée.

Prisonniers français
En septembre 1954, des prisonniers sont libérés à Viét Tri au confluent du fleuve Rouge et de la rivière Claire. Les médecins français sont tenus de ne faire aucun commentaire sur l'état sanitaire lamentable des détenus.

Prisonniers viet-minh
Entre août et septembre 1954, une commission franco-viet-minh, mise en place après Genève et siégeant à Trung Gia, permet l'échange de 65 000 boedoi contre 10 754 soldats français et vietnamiens. "



Dossier : Diên Biên Phu

Pour les prisonniers le calvaire continue
http://www.historia.fr/content/recherch ... le?id=5423
01/05/2004 - HISTORIA
Lors de la reddition de Dien Bien Phu, les forces françaises comptent 5 500 hommes valides et 4 500 blessés ; 858 d'entre eux sont libérés dans les jours qui suivent. Seuls 3 900 survivants reviendront de captivité.

- Médecins à Dién Bién Phu, de Pierre Accoce (Presses de la Cité, 1992).

- Les Mensonges de la guerre d'Indochine, de Philippe Franchin (France Loisirs, 2003)

- Les Rizières de la souffrance (1945-1954). Combattants français en Indochine, de Raphaà«l Delpard (Michel Lafon, 2004).

Georges Boudarel, l'instructeur politique du camp 113

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 46018.html


L'affaire Boudarel

Marc Charuel

Editeur : Editions du Rocher (29 août 1991)

http://www.amazon.fr/Laffaire-Boudarel- ... 2268011828


La mort de Georges Boudarel

http://www.investigateur.info/news/arti ... _mort.html


Georges Boudarel, exemple type de la subversion catholique

http://www.daoudal-hebdo.info/Daoudal_H ... lique.html


Boudarel, l’honneur de Jospin et le déshonneur de l’université Française.

http://hoplite.hautetfort.com/archive/2 ... ersit.html


Convoi 42 : Les 170 jours de Dien Bien Phu

Erwan Bergot

Broché: 590 pages

Editeur : Presses de la Cité (1 avril 2004)

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/


Les soldats oubliés de Cao Bang aux camps de rééducation du Viêt-minh

Stien, Louis

Préface de : Hélie de Saint-Marc

Albin Michel, Paris

Parution : novembre 2008

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 28919.html


Le Camp 113 et l'infâme Boudarel

http://historia-legio.forum-actif.eu/le ... l-t857.htm


Traitement psychologique, endoctrinement, contre-endoctrinement en guerre d’Algérie : le cas des camps de détention

Marie-Catherine Villatoux

Docteur en histoire, chargée de recherches au Service historique de l’armée de l’Air.

http://www.cairn.info/article.php?ID_RE ... C_208_0045


La fin du Tonkin

http://www.netmarine.net/aero/unites/28 ... /ant29.htm


Expériences d'Indochine

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 79353.html


Le pasteur. Un rouage essentiel du transport des troupes dans la guerre d’Indochine, 1945-1956

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 98717.html


Gendarmes-parachutistes en Indochine 1947-1953

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 53392.html


Le corps expéditionnaire français à la veille de la bataille de Diên Biên Phû

Michel Bodin

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 57699.html


Geneviève de Galard, une femme dans l’enfer de Dien Bien Phu

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 96929.html


Dien Bien Phu avant Dien Bien Phu

http://www.canalacademie.com/Dien-Bien- ... n-Phu.html

3 février au 7 mai 1954 - Siège de Diên Biên Phu

http://www.herodote.net/histoire/evenem ... r=19540203


Pierre Schoendoerffer ou l’honneur d’un témoin

http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 95944.html

Guerre d'Indochine - camps viets (9)

#Corée - Guerre d'Indochine - camps viets


Source: http://philippepoisson-hotmail.com.over ... 72039.html

Cordialement.
Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute à ce sujet . (Pierre Desproges)

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