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anecdotes animales en temps de guerre

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Nouveau message Post Numéro: 31  Nouveau message de Narduccio  Nouveau message 29 Avr 2007, 15:52

Audie Murphy a écrit:Devrions-nous ouvrir une pétition pour réhabiliter ce chat, si ce n'est pour lui, au moins pour l'honneur de ses descendants ? :roll:


Si on commençait par le bouc .... émissaire ? ;)

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Nouveau message Post Numéro: 32  Nouveau message de Savinien  Nouveau message 29 Avr 2007, 19:11

Narduccio a écrit:Ce n'est pas aussi simple que tu semble le penser.
Si le chat a été fusillé, c'est effectivement parce qu'il ne fut pas perçu comme un simple outil (ce qu'il était en fait).
Premièrement, si on le fusille, c'est pour frapper l'imagination des soldats "fraternisateurs". Le message est simple, continuer à fraterniser et ce sera vous qui subirez le même sort. Parce que l'officier aurait pu se contenter de tordre le cou au chat. La mise en scène n'est pas gratuite.
Ensuite, effectivement, on ne fusille pas un "outil", donc ce chat avait une importance aux yeux des soldats différentes de celle d'un outil. Pour le sanctionner quelqu'un, c'est que l'on considère qu'il est accessible à la sanction, il est donc plus qu'un outil ou qu'un simple animal. Bien entendu, analyser cela peut nous mener bien loin.


PS: je croyais que c'est toi l'étudiant en histoire, ce serais donc à toi d'analyser une telle situation. Tu pourrais tenir compte du fait qu'il y a de nombreux soldats issus des milieux agricoles, de l'image du chat dans de tels milieux ... ;)


Heu j'avoue ne pas bien comprendre ton post là :? Parce qu'en fait j'ai l'impression d'avoir dit à peu près la même chose.

Et heu, pour le coup d'étudiant en histoire, j'ai vraiment tout mauvais car normalement j'aurais du commençer par trouver des sourçes sûres de cette anecdote :oops:


 

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Nouveau message Post Numéro: 33  Nouveau message de Narduccio  Nouveau message 29 Avr 2007, 22:45

Savinien a écrit: Heu j'avoue ne pas bien comprendre ton post là :? Parce qu'en fait j'ai l'impression d'avoir dit à peu près la même chose.

Tu as écrit :
Savinien a écrit: Ben oui : réflexion très simple : il y a fraternisation. Le chat est utilisé pour la fraternisation. Plus de chat, plus de fraternisation. CQFD

Sauf si j'interprète mal, et dans ce cas, je te prie de bien vouloir m'en excuser, j'ai perçu ce que tu as écrit par : on tue le chat => plus de contacts entre les deux armées => plus de fraternisation possible.
Or cela s'obtient facilement en tordant le cou du chat. Dans ce cas, le chat est un simple outil qui a permit la fraternisation.

Mais, on a préféré mettre en scène une exécution et peut-être un procès. Ce qui rejoint les procès d'animaux qui ont eu lieu durant tout le moyen-age et même pendant les temps modernes. Donc, cela avait un but, effectivement, comme tu l'écris dans ton message précédent, il fallait :
Savinien a écrit:d'impressionner la troupe

Et peut-être un peu plus. Dans ce cas, le chat devient un bouc émissaire ou une victime expiatoire. A moins que l'on considère le chat comme un individu et dans ce cas, c'est bien le chat que l'on veut punir. Mais, on ne le punit pas en temps qu'animal, dans ce cas, on lui prête une conscience

Savinien a écrit:Et heu, pour le coup d'étudiant en histoire, j'ai vraiment tout mauvais car normalement j'aurais du commençer par trouver des sourçes sûres de cette anecdote :oops:

Tu as raison, mais comme je l'ai déjà entendue à de nombreuse reprise, cette histoire est soit vraie, soit c'est une légende urbaine, une rumeur. Dans les deux cas, il peut être intéressant d'en comprendre les tenants et aboutissants.

Il y a un autre point, dans le film "Joyeux Noël", les scénaristes ont recyclés pas mal d'anecdotes sur les fraternisations qu'ils ont amalgamés en un seul lieu pour donner plus de force à leur récit. Or, ils n'ont pas osé aller au bout de l'histoire du chat. Avaient-ils peur de choquer ? La mort d'un chat est-elle devenue plus indécente que la mort d'un homme dans notre société ? Là aussi, il y a matière à réflexion.

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Nouveau message Post Numéro: 34  Nouveau message de Jojo IV  Nouveau message 30 Avr 2007, 08:30

dans un certain cas je pense que oui, si l'officier avait décidé de fusiller l'un des soldats qui avait dialogué avec l'ennemi, cela aurait servi d'exemple pour la troupe mais parès tout ils perdent des camarades tout les jours donc un de plus ou un de moins cela ne change pas grand chose ! tandis que fusiller le chat qui avaiyt surement un peu égayé leur soirée, qui était devenu surement un com)pagnon pour eux, cela a du grandement les attrister et avoir un impact psychologique bien plus important !

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Documentaire - Les animaux et la guerre

Nouveau message Post Numéro: 35  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 30 Avr 2007, 13:28

Bonjour

J'ai trouvé ça intéressant. Si l'histoire des chiens kamikazes est assez connue et fut abordée dans la section "guerre de l'Est" (j'ai la flemme de rechercher le lien), je n'ai en revanche jamais entendu parler des phoques kamikazes et encore moins des mouettes radar. Et vous ?

@ +

Cécile




http://www.artepro.com/programmes/22563 ... tation.htm
Thema DES ANIMAUX ET DES HOMMES - Pour le meilleur et pour le pire



LES ANIMAUX ET LA GUERRE
Réalisateur Pierre-Henry SALFATI


L'histoire militaire des animaux est émaillée d'épisodes dramatiques ou cocasses. Des documents inédits retracent les actes héroïques de ces auxiliaires de guerre malgré eux.

Des oies du Capitole aux dauphins de la marine américaine, des éléphants d'Hannibal à ceux des Khmers rouges, des renards hébreux aux rats du Mossad, des pigeons "photographes" aux mulets d'artillerie... peu d'animaux ont échappé à l'embrigadement.

Durant la Première Guerre mondiale, plus de 14 millions d'entre eux ont été enrôlés dans les armées belligérantes. Si 120 000 d'entre eux ont été décorés pour faits de guerre, près de 10 millions ont péri sur le champ de bataille.

Lors du second conflit mondial, 30 millions d'animaux ont servi sur les terrains d'opération. La Suède a utilisé des phoques kamikazes contre les sous-marins allemands, les Anglais ont conditionné des mouettes pour qu'elles repèrent les sous-marins, les Soviétiques ont envoyé des chiens kamikazes à la rencontre des chars d'Hitler, qui lui-même faisait décorer de la croix de fer des bataillons de chiens poseurs de bombes...


 

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Fiction jeunesse

Nouveau message Post Numéro: 36  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 30 Avr 2007, 13:36

Bonjour

http://crdp.ac-nancy-metz.fr/cddp55/Bib ... ctjeun.htm
A cette adresse j'ai trouvé un tas de livres pour enfants et adolescents. Je vais l'indiquer dans un fil "ouvrages pour la jeunesse" dans la section "livres".

Voici le résumé de l'un de ces livres dont le héros est un chien décoré.

Cécile




Bousquet, Patrick.- Bleu : chien soleil des tranchées.- Serpenoise, 1999.

Résumé : Quatorze millions d'animaux furent enrôlés sous les drapeaux des nations belligérantes durant la guerre de 14-18. Cent vingt mille furent décorés pour faits de guerre, parmi lesquels, un labrador nommé Bleu...


 

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Les chiens pendant la guerre d'Algérie

Nouveau message Post Numéro: 37  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 30 Avr 2007, 13:49

http://www.servicehistorique.sga.defens ... lgerie.htm

L’utilisation des chiens militaires pendant la guerre d’Algérie

Thierry NOULENS. Article paru dans la Revue historique des armées, n°229, 2002.
Les numéros entre parenthèses correspondent aux appels des notes, consultables en bas de page.

Du reste il ne serait pas faux d’affirmer que la cynotechnie militaire française est née avec la conquête de l’Algérie. En effet, dès 1830, les chiens y furent utilisés ponctuellement. Une compagnie de 40 chiens fut même créée en 1836 par le capitaine Blanqui pour monter la garde autour de ses bivouacs.

Cela n’empêcha pas la France d’être la dernière des nations européennes à s’intéresser à la cynophilie militaire. Sa mise en place fut très lente et progressive à partir de 1887. L’armée française ne comptait que 250 chiens dans ses rangs en août 1914 forçant le commandement à faire appel à des chiens de réquisition. Entre 1914 et 1918, les chiens utilisés furent de sept types différents : les sentinelles (pour le guet et la garde), les patrouilleurs (pour assurer la sûreté rapprochée des patrouilles), les chiens sanitaires (pour le repérage des blessés), les porteurs (pour le petit ravitaillement), les estafettes, les chiens d’attelage et les télégraphistes (poseurs de lignes téléphoniques de campagne).

La création, en 1939, d’un service de chiens de guerre dépendant de l’infanterie ne permit pas pour autant la mise sur pied d’unités cynophiles.

Entre 1954 et 1962, 4 000 chiens participèrent aux opérations militaires en Algérie, alors que leur nombre n’atteignait que 40 en 1950. Cet essor important que connut ce qu’il est convenu d’appeler la cynotechnie militaire s’explique en partie par l’expérience indochinoise mais surtout par le type de tactique adoptée par l’armée française au cours du conflit. De nouvelles utilisations des chiens y virent le jour, notamment la fouille des grottes à partir de 1959. En 1949 fut créé le 10e groupe vétérinaire (GV) à Lynx (Allemagne) chargé de l’achat et du dressage des chiens militaires. C’est là que furent mis au point un certain nombre de techniques cynophiles nouvelles (dont celle de cyno-commando anti-char en 1952).

Avec l’Indochine, l’usage des chiens se développa avec notamment leur utilisation au sein des troupes aéroportées. Les chiens furent employés comme chiens de garde, pisteurs- éclaireurs et, fait nouveau, comme démineurs.

En Tunisie les chiens furent utilisés à partir de 1952. Leur nombre passa de 12 à 225 en quelques mois, avec la création de 6 pelotons cynophiles. Ces chiens étaient des chiens de garde, de piste ou de combat, ces derniers étant destinés au maintien de l’ordre : arrestation ou dispersion de manifestants.

En Algérie, on comptait 245 chiens au début de 1954 (1). En novembre, 160 chiens supplémentaires furent amenés d’Allemagne. Leur nombre passa à 1 534 en 1956 puis à 1980 en 1961 pour l’armée de Terre où ils étaient répartis en 99 pelotons cynophiles. Certains animaux, gérés directement par les GV, assuraient la garde des établissements du matériel, du service des essences, de l’intendance et du service de santé.

Les autres armées n’utilisèrent que des chiens de garde et de guetpatrouille : 230 pour l'armée de l'Air dans les unités de garde et 6 dans la Marine pour la garde de la base aéro-navale de Lartigue. La gendarmerie, qui disposait d’environ 160 chiens de garde et de piste, avait son propre chenil situé à Beni-Messous. En tout, entre 1954 et 1962, plus de 4 000 chiens furent engagés en Algérie. Etant donné les délais nécessaires pour le dressage des chiens, il fallut attendre 1958 pour que le dispositif cynophile connût une réelle efficacité.

Le service vétérinaire d’Algérie (2) assurait le soutien des opérations sous la direction des trois directeurs d’Oran, Constantine et Alger. Il était renforcé par une centaine de vétérinaires du contingent qui suivaient un stage au centre d’instruction du service vétérinaire de l’Armée (C.I.S.V.A.) à Compiègne avant d’être envoyés en Algérie. En 1954, il ne disposait que de deux établissements hippiques : un établissement hippique principal (n° 31) à Mostaganem et un établissement hippique secondaire à Saint-Arnaud (n°32). Suite à la création en leur sein de pelotons cynophiles et afin d’assurer le soutien des unités cynophiles nouvellement créées, ils furent transformés le 1er février 1955 en 31e et 32e groupe vétérinaire (G.V.). Le 1er août 1956 fut créé le 33e G.V. à Blida qui devint le 541e G.V. lors de la dissolution de celui-ci (3). Les G.V. dits « de corps d’armée » étaient en fait placés sous l’autorité directe du directeur central qui siégeait à Alger. Les pelotons demeuraient sous le contrôle du directeur de corps d’armée assisté, en principe, d’un officier cynophile (CY) de corps d’armée.

Les groupes vétérinaires avaient des activités opérationnelles et logistiques. Ils mettaient quotidiennement des équipes CY pisteurs ou éclaireurs à la disposition des unités de leur secteur. Les activités logistiques restaient les plus importantes puisque les G.V. recevaient les chiens achetés en métropole, assuraient la mise en condition opérationnelle des animaux de maintenance et formaient des maîtres de chien des pelotons répartis sur la zone de leur corps d’armée. Les soins médicaux étaient assurés par l’infirmerie du groupe mais les cas graves étaient traités dans les hôpitaux vétérinaires.

Pour le soin des animaux, il existait une chaîne logistique de soutien «vétérinaire » : pour les soins de proximité, 10 postes vétérinaires étaient répartis sur l’ensemble du territoire (4), ils étaient composés d’1 vétérinaire, d’1 sous-officier et de 2 hommes du rang (HDR) chacun. L’échelon suivant était composé de 10 hôpitaux annexes (5) (2 vétérinaires, 1 sous-officier et 2 HDR), puis on trouvait les trois hôpitaux vétérinaires d’Alger, d’Oran et de Constantine (3 vétérinaires, 3 sous-officiers et 10 HDR).

La pathologie concernait surtout des traumatismes des chiens vivant en groupe (morsures), les blessures des membres avec notamment l’usure des coussinets plantaires, des cas d’insolation, de coup de chaleur et de torsion d’estomac.

Les chiens destinés à l’Algérie étaient achetés en Allemagne (6) par le 10e GV de Lynx qui assurait une partie de leur dressage et la formation de certains maîtres-chiens avec le 24e G.V. de Suippes. Les groupes vétérinaires d’Algérie prirent peu à peu le relais dans ces deux domaines, ce qui entraîna une surcharge de travail à laquelle ils eurent beaucoup de mal à faire face. Le 31e et le 32e G.V. furent dissous en octobre et novembre 1962. Le 541e G.V. fut rapatrié sur Tarbes en mars 1964.

La cellule de base des unités CY était 39 l’équipe : un maître (ou conducteur) et son chien. Loin d’être le soldat d’élite que réclamait le service vétérinaire, le maître-chien qui était fourni par les unités était très souvent, surtout dans les premiers temps, un élément dont le commandant d’unité voulait se séparer. Détaché dans un GV, il suivait une formation de 45 jours en compagnie de son chien et, après le stage, il rejoignait le peloton CY affecté à son unité ou au secteur tenu par elle. Le chien, quant à lui, après avoir été acheté entre 18 mois et 3 ans, n’était pas opérationnel avant un délai de 5 mois. Il subissait successivement une quarantaine, un débourrage, un dressage, la familiarisation avec son maître et l’acclimatement avant de rejoindre un peloton. Le temps de service à accomplir par son maître faisait qu’il devait en changer régulièrement ce qui le rendait indisponible à nouveau pour une longue période. C’est pourquoi les pelotons étaient souvent en déficit d’animaux.

Il existait trois catégories distinctes de pelotons : les pelotons régimentaires, dont les missions étaient liées à celle d’un régiment, les pelotons de réserves générales, composés uniquement de personnels du service vétérinaire, rattachés à un GV, ils étaient ponctuellement détachés dans une unité ou mis à la disposition du corps d’armée lors de grandes opérations comme Jumelles, et les pelotons de secteur composés de personnels de différentes unités, voire de différentes armées et dont les missions étaient la garde de points sensibles et les patrouilles dans les limites du secteur.

Entre 1954 et 1957, on distinguait deux types de pelotons cynophiles :
- Le peloton cynophile opérationnel (PCO) qui comprenait 1 chef de peloton (7), 1 sous-officier adjoint, 2 caporaux (ou brigadiers) et 15 équipes cynophiles (1 maître-chien et 1 chien), 8 équipes d’éclairage, 5 de pistage et 2 de garde. Comme matériel, il disposait d’un GMC avec conducteur.
- Le peloton cynophile de garde, composé de 20 équipes cynophiles de garde, avec le même encadrement mais sans GMC.

Le 31 juillet 1957, la distinction entre les deux types de pelotons fut supprimée : tous les pelotons prirent l’appellation et la composition des pelotons cynophiles opérationnels.

Les chiens de garde étaient utilisés soit en poste fixe soit comme chien de ronde (guetpatrouille). L’avantage de l’utilisation de chien de garde était de permettre une économie importante de personnel. Pour les chiens en poste fixe, dont le dressage était limité à 30 ou 45 jours, un seul maître (parfois un personnel civil pour les établissements) formé en 2 ou 3 semaines suffisait pour 4 animaux. Le chien de ronde, en revanche, devait suivre un dressage plus long et n’avait qu’un seul maître, toujours un militaire.

Le concept de chien d’éclaireur fut fortement développé au cours du conflit. Ce chien était un éclaireur de pointe dont les sens auraient été décuplés. Silencieux et rapide, il fouillait le terrain en avant du détachement dont il assurait la sûreté immédiate lors de patrouille ou de mission de reconnaissance. Il était en mesure de déceler tout ce qu’il y avait de vivant devant lui (une centaine de mètres au maximum en condition normale) et de transmettre l’alerte à son maître par ses attitudes.

Ce mode d’éclairage présentait un très grand intérêt dans les terrains difficiles et dans les couverts (broussailles, forêts (8), rochers ou terrains accidentés). Ce chien attaquait s’il en avait reçu l’ordre et pouvait suivre un fuyard. Certains, parmi les plus calmes, pouvaient être également utilisés en embuscade. On confiait aux chiens éclaireurs des missions de patrouille, de ratissage, de guet et de bouclage.

En raison de la diversité de ses fonctions, le chien éclaireur était toujours très utile. Sa place était en première ligne dans les patrouilles et lors des ratissages. Il était utilisé en plus pour la fouille de maisons jugées dangereuses. Il fut également très utile aux unités en nomadisation et aux commandos de chasse grâce à son impact psychologique sur la population.

Le chien pisteur, quant à lui, était utilisé pour chercher un individu ou un groupe d’individus en suivant leur trace olfactive. Comme le chien se fait d’un homme une image essentiellement olfactive, il suffisait de présenter un effet lui ayant appartenu pour qu’il s’imprégnât de son odeur et qu’il fût capable de la retrouver au sol. Partant de l’indice, le chien suivait la trace et remontait jusqu’à la personne recherchée.

Cette odeur ne subsistant pas longtemps au sol, le délai d’intervention devait être le plus court possible (12 heures maximum) et, pour ne pas brouiller les pistes, il ne devait être touché à aucun indice, ni procéder à aucun ratissage. D’autre part le succès de la recherche dépendait de la vitesse de déplacement des fuyards. La difficulté pour l’unité engagée était de pouvoir assurer la protection du chien qui marchant largement en tête risquait d’être tué ou blessé en approchant des fuyards que l’on cherchait à atteindre.

Pour éviter de fatiguer les chiens pisteurs et les faire intervenir au plus tôt, ils étaient mis en place par véhicule (ne sentant pas trop l’essence), voire par hélicoptère. Lors des grandes opérations, les équipes de pisteurs étaient regroupées au PC et envoyées sur le terrain en fonction des besoins.

Ce type de chien était utilisé lors de sabotage, d’évasion, d’embuscade ou le long des lignes Péron et Morice où les PCO ne comptaient que des chiens pisteurs.

Le long de la ligne Morice, en 1959, il fut tenté une expérience d’utilisation d’un produit très odorant et persistant appelé thiocyclohexanone (TCH) qui devait permettre de faciliter le cynopistage, et de suivre plus rapidement les bandes qui auraient tenté de franchir le barrage électrique. Il s’agissait de répandre le long de ce dernier (à l’est et à l’ouest) du TCH, afin que tous ceux qui auraient franchi la zone d’épandage fussent imprégnés de cette odeur. Après cette expérience, le TCH ne fut plus utilisé car les avantages qu’il offrait ne justifiaient pas les inconvénients qu’il représentait : certes, il facilitait le départ des pistes, il permettait une poursuite par tous les temps et au travers de pistes brouillées mais son épandage soulevait des problèmes matériels trop importants et surtout, en fin de piste, il ne permettait pas au chien de déceler la présence d’ennemi à plus de 30 mètres. Car, contrairement à une trace humaine qui devenait de plus en plus forte à l’approche de l’objectif, celle laissée par le T.C.H. diminuait progressivement.

Au début de l’année 1959, le nombre de sabotages le long des voies ferrées devint particulièrement préoccupant, surtout sur le tronçon Briska – Constantine. Le commandement s’adressa donc au service vétérinaire pour qu’il forme des équipes cynophiles avec des chiens démineurs (9). Les premiers furent choisis parmi les meilleurs chiens pisteurs chez qui des qualités de calme, de courage et de discipline avaient été décelées. Un dressage de 10 à 12 semaines permit d’obtenir que les chiens se déplacent en liberté sur les traverses à une vitesse de 4 km/h à une trentaine de mètres en avant de leur maître accompagné de l’escorte. En fin de dressage, la distance d’ouverture de voie pouvait atteindre 6 km pour une équipe et 40 km pour un peloton, sous réserve d’être effectuée de bonne heure, avant les grosses chaleurs. Progressivement il fut mis en place des chiens démineurs dans les trois corps d’armées. Il fut envisagé par la suite d’appliquer ce procédé à l’ouverture de piste. Cette mission était en fait beaucoup plus complexe car sur une piste le chien était gêné par un nombre beaucoup plus grand d’odeurs et il était moins concentré. Ce type d’utilisation, qui demandait un dressage de quatre mois, resta très occasionnel (10).

Les résultats des chiens démineurs furent très satisfaisants : le bilan du 32e GV pour l’année 1959 était la détection de 12 engins piégés sur voie ferrée, 4 mines antipersonnel en bordure de voie et 58 mines sur piste. L’ALN sachant ses pièges plus facilement détectés et voulant économiser ses munitions limita ses actions de sabotage sur les voies ferrées.

Le dernier type de chiens utilisé en Algérie fut celui d’exploration de grotte.

Après les premiers succès remportés par le plan Challe dans l’Oranais, le colonel de Boissieu estima, en mai 1959, que les progrès de la pacification devaient conduire le commandement à faire un effort tout particulier sur les opérations de nettoyage des grottes afin d’en débusquer les « rebelles » et de leur en interdire l’utilisation ultérieure. Il fut donc décidé de mettre à la disposition de chaque commandement de C.A. plusieurs sections d’armes spéciales (11) de zone opérant avec des moyens spécialisés (alors qu’auparavant il n’existait qu’une seule unité de ce type au 411e régiment d’artillerie anti-aérienne (R.A.A.), qui était placée pour emploi auprès du général commandant la Xe R.M.). Dans le cadre de cette montée en puissance il est apparu que des chiens dressés en vue de dépister une présence humaine dans les grottes et les souterrains seraient susceptibles d’apporter une aide appréciable aux équipes de grotte en leur permettant d’accroître leur sécurité et d’obtenir une économie de temps et de moyens.

La batterie armes spéciales du 411e R.A.A. de Sidi-Ferruch fut chargée de mener une première expérimentation sous le contrôle du service vétérinaire avec 6 équipes cynophiles. Au cours des premières opérations ils ne trouvèrent que des objectifs vides mais les exercices avec plastron permirent de déterminer les réactions des chiens dans le cas où l’objectif était occupé. Dès le début les utilisateurs conclurent à l’efficacité des chiens de grotte spécialement dressés à cet effet sauf dans le cas où l’objectif aurait été traité par des agents toxiques (12), ce qui excluait l’usage des chiens.

Ces expériences montrèrent également que la protection par le chien était plus grande que lorsqu’elle était assurée par un homme, car la distance entre l’animal et l’éclaireur de pointe (qui était le maître-chien lui-même) est plus grande qu’entre celui-ci et le militaire qui le suit (normalement le chef de section). Grâce à son odorat et à son ouïe, le chien pouvait donner plus rapidement et plus sûrement l’alerte. En outre, du fait qu’il était consciencieux et qu’il n’avait pas peur, la confiance à accorder au chien était totale. Les qualités intrinsèques d’un chien lui permettaient, en cas de bifurcation, d’aller directement dans la direction des occupants et ainsi d’y entraîner rapidement la section qui le suivait. En revanche, il ne pouvait être d’aucune utilité dans le cas de recherche de cache d’armes ou de matériels. Enfin, d’un point de vue psychologique, la présence d’un chien en tête de la section rassurait les hommes qui devenaient plus décontractés et plus rentables.

Suite à ces expériences tous les espoirs furent fondés sur le chien de reconnaissance de grotte. Le commandement décida sa mise en place dans toutes les sections de réduction de grotte de zone à raison de deux par section. En janvier 1960, 36 chiens éclaireurs furent donc affectés dans les 18 sections de zone (seize sections de zone, une section de la 10e DP et une de la 25e DP) pour devenir chiens de grotte.

Au total, l’emploi des spécialités des chiens dans les différentes opérations peut se résumer de la façon suivante :
- Quadrillage et bouclage : éclaireurs, pisteurs, guet spécialisé (garde) et éventuellement explorateurs de sites souterrains.
- Barrages : pisteurs.
- Points sensibles : éclaireurs, pisteurs (pour poursuivre et identifier des saboteurs) et garde.
- Ouverture d’axes ferroviaires ou routiers : éclaireurs et démineurs.
- Contention de foule : garde.

En moyenne, entre 1959 et 1961, la répartition des chiens dans les différentes spécialités était la suivante : garde 23%, éclairage 55%, pistage 18%, démineurs 3% et éclairage des grottes 1,5%.

A partir de 1961, la spécialité de garde prit beaucoup plus d’importance. Cela était dû au changement de missions des forces armées qui s’orientèrent plus vers le contrôle de foule et la garde des installations progressivement abandonnées.

Au cours des huit années que dura le conflit, 157 chiens furent tués au combat et certains furent décorés de la valeur militaire. L’expérience cynophile en Algérie permit à l’armée française d’accroître de façon considérable ses savoir-faire dans ce domaine. Les spécialités créées et développées pendant cette période et les méthodes de dressage sont celles qu’utilise actuellement l’armée française notamment en opération extérieure, bien que la haute technologie utilisée pour la fabrication des mines modernes semble remettre en question l’existence de chiens démineurs.


Le chef d’escadrons Thierry NOULENS est saint-cyrien de la promotion « lieutenant-colonel Gaucher » (1983-1986). Officier de l’arme blindée et cavalerie, il a été pendant quatre ans adjoint du chef de la division Traditions du SHAT. Breveté de l’enseignement militaire supérieur, il est titulaire d’un D.E.A. d’histoire sur l’utilisation des animaux pendant la guerre
d’Algérie et prépare une thèse sur l’arme blindée et cavalerie en guerre d’Algérie, sous la direction du professeur Jean-Charles Jauffret.


L’auteur adresse ses remerciements à l’adjudant-chef Conte, chef de la section « cynotechnie » de la région Terre Nord-Est et à M. Imbert, chef du service documentation du 132e B.C.A.T.


Sources :
• Archives du SHAT et du 132e bataillon cynophile de l’armée de Terre de Suippes (ferme de Cuperly).
• Bree (Olivier) : Historique de la cynotechnie militaire et du 132e G.C.A.T. - Point d’impression de l’armée
de Terre de Metz, 1998 – 423 p. Chenil du 42e peloton cynophile. © E.C.P.A.D.

Notes :
Base aérienne de Telergma. © E.C.P.A.D.
1 Jauffret (Jean-Charles) sous la direction de : La guerre d’Algérie par les documents (tome 2).
2 Le 4 avril 1961, le service vétérinaire de l’armée changea de statut pour devenir le service biologique et vétérinaire des armées.
3 Le 541e G.V., créé le 1er février 1955 à partir de l’ambulance vétérinaire 541 à Temara au Maroc, arriva en Algérie le 6 septembre 1957. Il séjourna dans l’Oranais puis dans l’Algérois jusqu’à sa dissolution le 31 janvier 1959. Il donna alors son nom au 33e G.V. de Blida dont le numéro disparut.
4 Blida, Cherchell, Aumale, Bou-Saada, Bouira, Sidi-Bel-Abbes, Nemours, Bougie, Philippeville et Tébessa.
5 Tizi-Ouzou, Médéa, Orléansville, Mostaganem, Tiaret, Medina, Tlemcen, Bône, Batna, et Sétif.
6 L’élevage allemand fournissait 85% des chiens militaires de l’époque. Il s’agissait essentiellement de bergers allemands et de quelques rottweilers. En raison du besoin toujours croissant d’animaux, l’élevage allemand ne put plus faire face. Il fut alors acheté des chiens en Belgique et en France dont quelques boxers, bergers belges, beaucerons, etc Article paru dans Le Bled en février 1962. © S.H.A.T.
Opération du 2/5e R.E.I. © E.C.P.A.D.
Remise de la médaille de la gendarmerie au chien Gamin par le général Poulais. © S.H.A.T.
7 Le chef de peloton cynophile était dans les trois quarts des cas un aspirant vétérinaire ou un sous-lieutenant vétérinaire qui avait suivi un stage de 5 mois à Compiègne.
8 On dressait ces chiens à rechercher les présences suspectes dans les arbres.


 

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Soldat Ours

Nouveau message Post Numéro: 38  Nouveau message de Nicki le Bousier  Nouveau message 10 Fév 2008, 09:02

Je viens de lire un truc dont je n'avais jamais entendu parler... :shock:

En 1943, une unité polonaise cherchait à rejoindre l'Angleterre en partant du Caucase. Un ourson a été recueilli et adopté comme mascotte.
Jusque là, rien que de très normal, sauf que pour le garder en 1944, pendant la campagne d'Italie, il a fallu l'enregistrer dans les effectifs, ce qui fut fait: Il a été nommé "soldat de deuxième classe Voytek Ours". Cest sous ce nom qu'il a participé à la bataille du Monte Cassino où sa mission était de transporter des obus de mortier vers les premières lignes.
Une fois la guerre terminée, les soldats qui ne désiraient pas retourner en Pologne passée sous le joug communiste, ont été accueillis en Ecosse avec le soldat Ours.
Un ancien raconte: "Il était gentil comme un chien, il aimait la cigarette et la bière, comme tous les soldats".
En 1946, le soldat de deuxième classe Voytek Ours a été démobilisé et confié au zoo d'Edimbourg où il a coulé des jours paisibles jusqu'à sa mort, en 1963.
Aujourd'hui son histoire remonte à la surface car un comité s'est formé pour ériger un monument à sa mémoire sur l'emplacement de l'ancien camp polonais.
Belle histoire, n'est-il pas ?

Nicki :cheers:


 

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Nouveau message Post Numéro: 39  Nouveau message de Haddock  Nouveau message 10 Fév 2008, 09:47

Il y a aussi Billy The Goat la mascotte du 609..

"Terrible" mascotte sauvée par les pilotes de la boucherie , placé en prison car il avait dévoré les papiers de l'administratif de la base ..etc ...

Image

Mangeait les journaux sauf le Daily Mirror ..
Fut décoré ... bref un phénoméne le Billy Squadron Leader a la fin de la Guerre ..

Le pilotes du 609 étaient prés a tout pour lui ..


 

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Nouveau message Post Numéro: 40  Nouveau message de Borovic  Nouveau message 10 Fév 2008, 13:01

Bonjour,

.... L'ours Wojciech !

- Il était la mascotte des artilleurs du 2iéme Corps d'Anders qui l'avait adopté en Iran (apres leur départ d'URSS) en 42.
Voir : http://www.voytekbear.com/wersjapolska.cfm
(version anglaise)
Cet ours-soldat "Wojtek" est l'objet de nombreux articles et anecdotes . Taper : niedzwiedz zolnierz

Bonne journée.

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