Hello,
Pour un auteur au moins, la blitzkrieg n'a jamais existé , donc ce n'est pas elle qui s'est terminée à Stalingrad .

Quoi qu'il en soit, ce que certains auteurs appellent une blitzkrieg est simplement une percée d'un front assez fin en y concentrant un maximum de forces puissantes ( blindés, artillerie , aviation d'assaut ) afin de faire ensuite des mouvements latéraux pour isoler des poches défensives, leur couper la logistique et ainsi réduire drastiquement l'armée ennemie la forçant à reformer un front un peu plus loin encore plus fin favorisant encore plus votre tactique.
Mais, ce type d'assaut est mis en péril avec la stratégie de "défense en profondeur" .
Vous percez le front en y ayant concentré vos meilleures forces, mais à la place d'un vide derriere lui vous autorisant à faire de grandes manoeuvres tournantes vous avez alors à vous opposer à des forces tenant chaque point stratégique, chaque pont important, chaque route majeure, chaque ville, votre "blitzkrieg" s'enfonce alors dans la mélasse et s'arrete d'elle même car vous ne pouvez pas concentrer de forces suffisantes suffisantes pour tenir votre percée et continuer des mouvements tournants.
Les combats pour Stalingrad c'est encore autre chose, nous avons là l'obstination de deux belligérants sur un symbole, un monstre qui a englouti des dizaines de milliers de soldats injectés dans une bataille dont l'issue se guidait plus par le potentiel de remplacement et la logistique que par l'innovation technique. Fin 1942 la puissance industrielle sovietique est supérieure au Reich et son réservoir humain lui autorise des pertes au combat monstrueuses. Comment voulez vous gagner contre cet ennemi sachant que votre armée s'est déjà usée depuis un an et demi dessus, et que vos lignes logistiques sont déjà trop allongées pour soutenir des assauts puissants, qui sont, de toutes façons mis en difficultés par une défense en profondeur bien ancrée.
Une fois la dynamique stoppée, ce même ennemi a tout loisir de regrouper les forces de sa défense en profondeur pour organiser lui même des assauts, et l'attrition occasionnée par 1 an et demi de guerre sur une largeur de front s'allongeant a réduit votre propre front à peau de chagrin, ce qui autorise un mouvement de balancier inverse . Mais comme vous n'avez pas son réservoir humain ni son potentiel industriel, il faut essayer de stabiliser le front, reculer un peu si necessaire.
Alors pour peu qu'un nouveau front s'ouvre à l'opposé, et l'issue de la guerre est déterminé.
Tiens tiens, mais n'est ce pas les alliés qui débarquent en afrique du nord en novembre 1942, c'est certes un théatre d'opération mineur, mais va necessiter des forces pour défendre la Libye, la Tunisie, puis la Sicile, diminuant d'autant les forces disponibles pour resister aux coups de boutoir des russes.
Le débarquement de Dieppe ( aout 42 ) a également démontré que les forces agglutinées dans les iles britanniques sont une menace et il faut mobiliser des forces pour renforcer "le mur de l'atlantique" toujours plus. Encore des troupes que l'on ne peut envoyer en Russie.
Mi 1943, les alliés débarquement en Sicile, et c'est la bataille de Koursk sur le front Est.
Vous le sentez l'étau qui se resserre ?
Apres Koursk, le rouleau compresseur Russe est à l'oeuvre, et les alliés débarquent en Italie en septembre 43.
Fort heureusement remonter l'Italie n'est pas aisé, c'est pas comme s'ils avaient débarqué en France . Et paf , juin 44 la normandie, puis aout 44 la provence.
Donc si on remonte un peu, c'est le coup d'arret sur Stalingrad qui sera l'expression la plus fragrante d'une fragilité humaine et industrielle du Reich, combinée à une difficulté logistique induite par la longueur des routes d'approvisionnement, qui va etre le réel tournant de la guerre sur le front Est.
En combinant cela avec la necessité de conserver des forces pour protéger le front ouest et une intervention des alliés sur ce même front, cela coupe toute possibilité de retourner la situation à l'Est.
Ah si seulement Tonton Adolf avait envahi la Grande-Bretagne ...
Alain