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Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Une question sur un blindé, une arme, du matériel, un canon, un véhicule, une locomotive de la seconde guerre mondiale?
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MODERATEUR:

Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 11  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 16 Aoû 2026, 12:46

bltedouard a écrit:
-Concernant le graphique en courbe, il s’agit de performances balistiques obtenues avec quels obus svp ? Et pourquoi autant de différence de vitesse initiale ? Usure du canon ?


Sur le graphique qui figure au post N°4 (20.10.2025), les performances avaient été établies en fonction de la Vo (vitesse initiale) imprimée par les différentes charges existantes de poudre propulsive (pour tirer l'obus perforant de 6,4 kg), à savoir, 570 m/s, 640 m/s ou 685 m/s.
Comme il s'agissait d'obus encartouchés (la douille étant sertie avec l'obus), il s'agissait de trois munitions, toutes, identiques "visiblement", mais "différentes" par leurs charge de poudre respectives, qui nécessitaient un marquage spécifique pour les distinguer facilement.

La longueur du fût de la pièce, ainsi que la qualité des aciers employés pour sa construction et charges propulsives utilisées permettent déjà d'estimer ses performances sur "papier", avant qu'elles ne soient, elles-mêmes, vérifiées sur le pas de tir. Ce, sans même parler de l'étanchéité nécessaire des ceintures de forcement des pélots!

Avec cette classe de Vo, s'étendant de 570 m/s à 685 m/s, voire 700 m/s, l'usure de l'âme ne se faisait guère ressentir avant 5000 à 6000 coups tirés. Par contre, ultérieurement, avec l'emploi de munitions antichars à noyau de carbure de tungstène, dont la Vo atteignait 1000 à 1100 m/s on pouvait diviser par deux la durée de vie de l'âme du tube!

-Serait-il possible d’avoir une grille de lecture pour bien comprendre les perforations en fonction de l’angle, de la portée et de la vitesse svp ?

Étant nul en maths, je suppose que pour un tir à 640 m/s, la perforation tombe en dessous de 60mm à partir de 1200m pour un angle de 45°, est-ce juste ?

Nous avions remarqué ta "faiblesse" dans le domaine physique et mathématique! ::mortderire:: ;)

Juste un ou deux trucs qu'il convient de prendre en compte :mrgreen: ...

Image

Source: "Moi-même" (donc, j'en profite! ) à partir d'archives allemandes dont l'origine est précisée. ::elu boulet::

Ces schémas ont l'avantage de bien cerner deux "problèmes" connexes, d'une part, celui de l'inclinaison du blindage, de l'autre, l'angle d'approche du blindé ennemi par rapport à la position de la pièce antichar. En gros avec un blindage incliné à 60° (ou 30°, selon la méthode de calcul) et une progression en approche volontairement effectuée "en zigzag" pour limiter les fenêtres de tir d'une pièce antichar, le chasseur de char se retrouvait souvent confronté à une situation où le cumul de l'inclinaison du blindage et de l'angle d'approche se résumait à +/- 38°, avec souvent, pour résultat, un pélot qui ne pénétrait pas la cuirasse ou se contentait de ricocher! ::mal-a-la-tete::

C'était un problème bien connu chez les Allemands, notamment avec leurs toutes premières générations d'obus à charge creuse (Hl & Hl/A), conçues en 1940-1941, qui avaient la fâcheuse tendance à ne pas fonctionner correctement, si le blindé ennemi ne se présentait pas sous un angle (cumulé!) "idéal"! Il existe des rapports de combat "épiques" à ce sujet, jusqu'à ce que les Allemands conçoivent une "tête d'obus" déformable, dont les effets étaient censés repositionner, à l'impact, le pélot au plus près de sa trajectoire "perpendiculaire" (Hl/B, puis Hl/C). Cela dit, il y avait aussi d'autres problèmes avec les munitions à charge creuse, à commencer par la faible Vo qu'ils réclamaient et leur "allergie" aux tubes rayés et aux contraintes dimensionnelles qu'ils imposaient.

Il y aurait tout un chapitre à développer sur ce "dernier" sujet, car les toutes premières munitions à charge creuse performantes, sans limite sérieuse de distance, et leurs armes d'emploi n'avaient fait leur apparition que très tardivement, début 1945, dans l'arsenal allemand, avant d'être développées dans l'après-guerre, avec la mise en service de pièces à âme non rayée... qui s'étaient avérées être très performantes avec les munitions à charge creuse, sauf que l'US Army, de son côté, avait mis en service des munitions antichars à noyau d'uranium appauvri - le poids "massique" du noyau en "uranium appauvri" compensant, dès lors, très largement les "faiblesses" constatées dues au poids massique du noyau de carbure de tungstène.

Sans pour autant prétendre vouloir me la "péter", le contexte technique antichar "39-45" constitue, à lui-seul, un domaine (très) "compliqué", totalement distinct de l'emploi de l'artillerie de campagne! La pièce antichar opérait "à vue", tandis que les canons, en contre-batterie, ou les obusiers de campagne, employés en "pilonnage", servaient, essentiellement, en "tirs indirects". :D

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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 12  Nouveau message de bltedouard  Nouveau message 16 Aoû 2026, 13:01

Merci Loïc, sur certains documents notamment un sur les obus sous-calibrés Brandt (75/58), le test de performance indique un test réalisé sous incidence 0°, cela signifie quoi svp ?

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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 13  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 16 Aoû 2026, 16:19

bltedouard a écrit: le test de performance indique un test réalisé sous incidence 0°, cela signifie quoi svp ?


Perpendiculaire à la plaque de blindage ciblée.
Dans le systeme utilisé par les allemands, il serait noté 90°.
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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 14  Nouveau message de bltedouard  Nouveau message 16 Aoû 2026, 16:32

Merci beaucoup Alain :)

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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 15  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 16 Aoû 2026, 17:33

bltedouard a écrit:Merci Loïc, sur certains documents notamment un sur les obus sous-calibrés Brandt (75/58), le test de performance indique un test réalisé sous incidence 0°, cela signifie quoi svp ?


Tirs effectués à "angle droit" sur un blindage "non incliné"! Cette situation existait, par exemple, avec les flancs des Sherman A 4 de "première génération"

Sinon, ci-dessous, les performances constatées du 7,5 cm Pak 40 de 46 calibres, en fonction des munitions employées, à savoir, de gauche à droite, la 7,5 cm Panzergranate 39, la munition perforante antichar avec charge explosive additionnelle, l'obus perforant à noyau de carbure de tungstène (Panzegranate 40), une "bizarrerie" allemande, la Panzergranate 40 W, dotée d'un noyau en acier doux d'où la mention W (weich, doux en français!), qui faisait référence à des enveloppes produites pour contenir un noyau de carbure de tungstène... sauf que les contraintes mises en place par Albert Speer et ses services, fin 1942-début 1943, avaient réduit "à peanuts ou presque" la production de munitions à noyau et, d'une certaine manière, celle de munitions sous-calibrées à sabots détachables, largement mises au point par les Anglo-Américains, domaine que les allemands avaient, eux-mêmes, largement étudié, mais où leur seul résultat "pratique" s'était résumé à un obus perforant standard (Panzergranate 39) sous-calibré de 75 ou 88 mm, conçu pour être tiré, muni de "sabots détachables" à l'aide d'un obusier léger de 10,5 cm... entre autres et plus particulièrement celui installé à bord du Sturmhaubitze 42, afin d'améliorer ses performances antichars!

Cet emploi "ciblé" et "particulier", par les allemands, de munitions sous-calibrées, constitue encore, de nos jours, un (très) étroit domaine technique, où s'étaient affrontés, à fleuret "à peine moucheté", les "pointures" du début des "années 2000"... à commencer par Thomas Jentz , auquel, par le biais d'un ami français commun, j'avais proposé l'emploi de munitions antichars "sous-calibrées" de 8,8 cm avec les obusiers 10,5 cm le FH 42, embarqués à bord des Sturmhaubitze, attribués à la seule Sturmartillerie, dont le frein de bouche avait été supprimé en août-septembre 1944. Comme à son habitude, Jentz avait rejeté d'emblée mon "hypothèse", en l'absence de tout document official, tandis que son "complice", Hilary Doyle, lui, s'était avéré ête beaucoup plus circonspect. Le "mystère" des munitions antichars allemandes sous-calibrées, au demeurant peu utilisées, s'était, alors, arrêté là! :mrgreen:
Image

... Donc, alors que ces munitions Panzergranate 40 W n'étaient que d'aimables "bouses", les Allemands, eux, avaient fini par mettre au point une ultime génération d'obus à charge creuse (Hl/C) tirés par des canons à long tube et âme rayée!... domaine quasiment inexploité par les Alliés anglo-américains.

Cela dit, on trouve à bord des Tiger I puis des Tiger II, de "petites" dotations, de l'ordre de 3/4 exemplaires, en munitions de 8,8cm à charge creuse, alors que les performances de vitesse, avec son long tube de 71 calibres, soit au "plus bas" 600 m/s, étaient totalement en contradiction avec les critères de "bon fonctionnement" des munitions à charge creuse! En réalité, l'équipage se contentait de les employer comme charges de démolition contre des constructions en "béton armé"! :mrgreen:

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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 16  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 17 Aoû 2026, 07:18

bltedouard a écrit:Merci beaucoup Alain :)


Bonjour,
Je n'avais pas vu l'image fournie par Loïc, celle ci est dans le systeme allemand.
Le systeme allemand mesure l'angle formé entre la trajectoire de l'obus et la plaque de blindage.
Le systeme français est son complémentaire à 90° , donc 75° allemand correspond à 15° français.

Il est bien évident qu'une perforation à 0° ( ou 90° chez les allemands ) releve de l'experimentation en laboratoire, pas du tout de la réalité, la probabilité pour que cela arrive est infime.
Pour cela il faudrait que la cible présente un blindage perpendiculaire au sol, exactement à la hauteur du canon tirant l'obus ( et celui ci bien parallele au sol côté hausse ) et que l'ensemble de la cible soit exactement de face par rapport au canon .
Le moindre angle donné , que cela soit sur le blindage, le véhicule blindé, l'elevation du canon, augmente l'angle final de pénétration et c'est le but du tableau fourni par Loïc.
Evidemment d'autres facteurs entrent en ligne de compte mais pour estimer et comparer les performances d'armes différentes il est necessaire d'utiliser les memes criteres experimentaux, les memes angles, la meme nature de blindage pour la plaque visée etc.
Par ailleurs, utiliser des mesures à angle 0° donne le maxima possible par l'arme ( sur un type de blindage donné ). Mais si l'on désire utiliser ce type de données, par exemple dans une simulation , il est préférable de se fier à des angles minimum de 30° (60° chez les allemands).
Pour cette raison, dans les manuels on trouvera en général une indication des performances sur des angles situés entre 20 et 40°, ces mêmes indications pour les armes les moins performantes étant en général indiquées à 0°.
Par ailleurs, un simple angle ne suffit pas, et cela s'accompagne toujours d'une distance, car si l'obus en sortie de bouche a une vitesse maximale obtenue dite Vo ou V0 ( 0 pour 0 metres ) , elle diminue selon la distance du fait des frottements de l'air . Pour un obus classique, un tir d'essai effectué à 100 metres sera donc performant qu'un tir effectué à 1000 metres.

La distance d'engagement devient donc un parametre à prendre en compte pour évaluer les armes. Sur un terrain normal en France, on peut établir que la distance de tir se situe entre 300 et 1000 metres du fait de la morphologie du terrain, du boisement, de la fréquence d'obstacles. Il sera réduit dans le bocage normand, justement à cause de la végétation, ce qui favorisait le défenseur mais laissait une chance aux 75mm des Shermans qui manquaient de punch.
Sur un terrain type desertique ( Afrique du nord ) , cette distance d'engagement est naturellement plus longue . Les armes à haute vélocités étaient donc les plus adaptées à ce terrain , d'ou l'utilisation des flak de 88mm dans les milieux desertiques pour des tirs à longue distance.
Mais la distance implique une difficulté supplémentaire, il faut tirer là ou la cible sera , pas là ou on la voit au moment du tir. Si vous tirez à 2000m avec un obus circulant en moyenne à 800 m/s , il faudra 2.5 secondes pour que l'obus atteigne sa cible. Si celle ci circule à 30 km/h, elle se sera déplacée de 21 metres en 2.5 secondes . Et encore nous sommes ici dans des conditions parfaites, un vent (assez fort) latéral va influer sur la trajectoire de l'obus.
Du coup, en dehors de quelques rares occasions ou il y a eu "tir aux pigeons", les distances d'engagement restaient beaucoup plus raisonnables durant la seconde guerre mondiale.

Alain
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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 17  Nouveau message de Elan Vital  Nouveau message 17 Aoû 2026, 14:00

bltedouard a écrit:Bonjour à tous,

Je viens de découvrir ce sujet qui m’intéresse beaucoup et j’ai quelques questions pas forcément historiques :

-Devons-nous en déduire que fin 1940, l’armée de Terre aurait pu être dotée de deux modèles de canons de 75mm modernes (APX et ABS ) ? Le modèle ABS est donc le plus avancé.

L'affût APX testé a été rejeté, il faudrait donc d'abord tester un nouveau prototype si la France veut toujours remplacer les affûts Mle 97 modifié 1938. Le rapport recommandant l'adoption du canon ABS datant du 11 Mai 1940, il ne faudrait probablement pas attendre de canons de série avant 1941.

-L’obus de rupture mle 1940 était-il proche de sa mise en service au moment de la débâcle ?

Une commande de 50 000 obus a été notifié aux aciéries de Firminy fin Février 1940, on peut donc considérer qu'il était en phase d'industrialisation. Je ne saurais dire quand il allait effectivement entrer en service, certainement en 1940 mais peut-être pas en Juillet 1940. Cela a peu d'importance puisque l'obus Mle 1910 suffit même contre les blindages allemands de 50mm ou 30+30mm.

-L’obus de rupture mle 1910 de nouvelle fabrication à quoi de différent ?

Il s'agit seulement d'une option consistant à fabriquer des obus Mle 1910 certifiés pour une pression initiale de tir compatible avec le canon de type 700 m/s, les obus existants n'étant pas certifiés. Aucune différence autre que de résistance mécanique à la pression. De toute façon, les personnes concernées préféraientplutôt fabriquer des projectile Mle 1940 à la place.

-Concernant le graphique en courbe, il s’agit de performances balistiques obtenues avec quels obus svp ? Et pourquoi autant de différence de vitesse initiale ? Usure du canon ?

Comme expliqué par d'autres, ce sont des obus de 75mm Mle 1910 ou 1940 tirés dans un canon Mle 97 (570 m/s), type 640 m/s ou type 685/700 m/s.

-Serait-il possible d’avoir une grille de lecture pour bien comprendre les perforations en fonction de l’angle, de la portée et de la vitesse svp ?

Étant nul en maths, je suppose que pour un tir à 640 m/s, la perforation tombe en dessous de 60mm à partir de 1200m pour un angle de 45°, est-ce juste ?


Chaque courbe correspond à une vitesse initiale donnée pour une épaisseur de blindage donnée, l'abscisse d'un point sur la courbe correspond à la distance de la cible et l'ordonnée à l'angle de la plaque. Donc pour une plaque de 60mm avec un tir à 640 m/s de vitesse initiale, on peut perforer à la bouche à 45°, ou à 1230m à 0°.


Merci d’avance pour votre aide :sweet:


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Re: Succession du canon de campagne de 75mm Mle 1897

Nouveau message Post Numéro: 18  Nouveau message de bltedouard  Nouveau message 17 Aoû 2026, 15:01

Merci beaucoup ::Merci::

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