Post Numéro: 15
de bernard-1954
Aujourd’hui, 07:38
En novembre 1872, une commission militaire supérieure des chemins de fer est créée pour étudier l'utilisation des chemins de fer par l'armée. Elle se base sur l'exemple allemand et sur les travaux de la commission centrale du maréchal Niel. Les grands principes sont :
- l'unification du commandement dans l'utilisation militaire des chemins de fer pour le transport des troupes et le ravitaillement ;
- l'association permanente de la composante militaire et de la composante technique (ferroviaire) pour garantir la faisabilité des ordres donnés ;
- l'étude préalable de l'organisation et de l'exécution des transports : mobilisation, concentration, ravitaillement et évacuation.
La commission elle-même associe des militaires et des membres des compagnies ferroviaires, ainsi que des représentants des Travaux Publics.
Une loi du 13 mars 1875 crée des sections de chemins de fer de campagne et de troupes de chemins de fer (l'Allemagne en a également). Le rôle des sections (une dizaine en temps de paix) est la construction, l'exploitation et la réparation de l'infrastructure ferroviaire. Les troupes de chemins de fer (5e régiment du génie) sont spécialisées dans la construction, la réparation et la destruction éventuelle des réseaux ferroviaires.
Le régiment exploite régulièrement en temps de paix une petite portion du réseau de l'Etat pour développer et maintenir ses compétences.
Le système mis en place après la guerre de 1870 évolue avec le temps. A la veille de la guerre de 1914, il fonctionne de la manière suivante :
Chaque réseau ferroviaire (compagnie ou Etat) est associé à une commission de réseau, permanente, un binôme composé du directeur du réseau et d'un membre de l'état-major général.
Selon les cas, des binômes complémentaires (sous-commissions de réseau) sont mis en place dès l'entrée en guerre. Les gares devant assurer un trafic important sont dotées d'une autre binôme, la commission de gare, qui reçoit ses instructions des commission ou sous-commissions de réseau pour le trafic militaire partant, arrivant ou transitant par la gare. Les communications se font par télégraphe.
Un état-major mixte, militaires et cheminots, est attaché à chaque binôme.
Les commissions de gare sont chargées de la supervision de l'embarquement/débarquement des troupes et du chargement/déchargement du matériel, de la mise à disposition des trains pour assurer les transports, de la prévention de l'engorgement des lignes et des abords des gares et de la sécurité dans le périmètre de la gare (incluant une portion des lignes).
Dès l'entrée en guerre, une partie des lignes est réquisitionnée pour les transports stratégiques et le trafic ordinaire y est soumis à autorisation. Le pays est divisé en deux zones : zone de l'intérieur, contrôlée par le ministre des armées et zone des armées, contrôlée par le commandant en chef. La zone des armées est elle-même divisée en zone de l'avant, où le réseau est uniquement exploité par les militaires, et zone de l'arrière où le personnel du réseau poursuit l'exploitation.
Les transports effectués dans la zone des armées sont dirigés par le "directeur de l'arrière"...