bltedouard a écrit:
-Concernant le graphique en courbe, il s’agit de performances balistiques obtenues avec quels obus svp ? Et pourquoi autant de différence de vitesse initiale ? Usure du canon ?
Sur le graphique qui figure au post N°4 (20.10.2025), les performances avaient été établies en fonction de la Vo (vitesse initiale) imprimée par les différentes charges existantes de poudre propulsive (pour tirer l'obus perforant de 6,4 kg), à savoir, 570 m/s, 640 m/s ou 685 m/s.
Comme il s'agissait d'obus encartouchés (la douille étant sertie avec l'obus), il s'agissait de trois munitions, toutes, identiques "visiblement", mais "différentes" par leurs charge de poudre respectives, qui nécessitaient un marquage spécifique pour les distinguer facilement.
La longueur du fût de la pièce, ainsi que la qualité des aciers employés pour sa construction et charges propulsives utilisées permettent déjà d'estimer ses performances sur "papier", avant qu'elles ne soient, elles-mêmes, vérifiées sur le pas de tir. Ce, sans même parler de l'étanchéité nécessaire des ceintures de forcement des pélots!
Avec cette classe de Vo, s'étendant de 570 m/s à 685 m/s, voire 700 m/s, l'usure de l'âme ne se faisait guère ressentir avant 5000 à 6000 coups tirés. Par contre, ultérieurement, avec l'emploi de munitions antichars à noyau de carbure de tungstène, dont la Vo atteignait 1000 à 1100 m/s on pouvait diviser par deux la durée de vie de l'âme du tube!
-Serait-il possible d’avoir une grille de lecture pour bien comprendre les perforations en fonction de l’angle, de la portée et de la vitesse svp ?
Étant nul en maths, je suppose que pour un tir à 640 m/s, la perforation tombe en dessous de 60mm à partir de 1200m pour un angle de 45°, est-ce juste ?
Nous avions remarqué ta "faiblesse" dans le domaine physique et mathématique!
Juste un ou deux trucs qu'il convient de prendre en compte

Source: "Moi-même" (donc, j'en profite! ) à partir d'archives allemandes dont l'origine est précisée.
Ces schémas ont l'avantage de bien cerner deux "problèmes" connexes, d'une part, celui de l'inclinaison du blindage, de l'autre, l'angle d'approche du blindé ennemi par rapport à la position de la pièce antichar. En gros avec un blindage incliné à 60° (ou 30°, selon la méthode de calcul) et une progression en approche volontairement effectuée "en zigzag" pour limiter les fenêtres de tir d'une pièce antichar, le chasseur de char se retrouvait souvent confronté à une situation où le cumul de l'inclinaison du blindage et de l'angle d'approche se résumait à +/- 38°, avec souvent, pour résultat, un pélot qui ne pénétrait pas la cuirasse ou se contentait de ricocher!
C'était un problème bien connu chez les Allemands, notamment avec leurs toutes premières générations d'obus à charge creuse (Hl & Hl/A), conçues en 1940-1941, qui avaient la fâcheuse tendance à ne pas fonctionner correctement, si le blindé ennemi ne se présentait pas sous un angle (cumulé!) "idéal"! Il existe des rapports de combat "épiques" à ce sujet, jusqu'à ce que les Allemands conçoivent une "tête d'obus" déformable, dont les effets étaient censés repositionner, à l'impact, le pélot au plus près de sa trajectoire "perpendiculaire" (Hl/B, puis Hl/C). Cela dit, il y avait aussi d'autres problèmes avec les munitions à charge creuse, à commencer par la faible Vo qu'ils réclamaient et leur "allergie" aux tubes rayés et aux contraintes dimensionnelles qu'ils imposaient.
Il y aurait tout un chapitre à développer sur ce "dernier" sujet, car les toutes premières munitions à charge creuse performantes, sans limite sérieuse de distance, et leurs armes d'emploi n'avaient fait leur apparition que très tardivement, début 1945, dans l'arsenal allemand, avant d'être développées dans l'après-guerre, avec la mise en service de pièces à âme non rayée... qui s'étaient avérées être très performantes avec les munitions à charge creuse, sauf que l'US Army, de son côté, avait mis en service des munitions antichars à noyau d'uranium appauvri - le poids "massique" du noyau en "uranium appauvri" compensant, dès lors, très largement les "faiblesses" constatées dues au poids massique du noyau de carbure de tungstène.
Sans pour autant prétendre vouloir me la "péter", le contexte technique antichar "39-45" constitue, à lui-seul, un domaine (très) "compliqué", totalement distinct de l'emploi de l'artillerie de campagne! La pièce antichar opérait "à vue", tandis que les canons, en contre-batterie, ou les obusiers de campagne, employés en "pilonnage", servaient, essentiellement, en "tirs indirects".

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