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Le Syndrôme de Madeleine

Répondant à l'appel du Général de Gaulle, des milliers de combattants français se lèvent en Europe et en Afrique. Retrouvez ici la 1ère DFL, la 2ème DB, les FAFL, FNFL... Mais aussi celles et ceux qui ont résisté à l'occupant en entrant dans la clandestinité pour rejoindre le maquis ou les groupes de résistants.
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Le Syndrôme de Madeleine

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Lettenaire  Nouveau message 01 Fév 2006, 16:00

Cas de conscience : le Syndrôme de Madeleine.

Les faits :

Ma grand-mère Madeleine a vu son papa enlevé par la gestapo un matin de janvier 44. Elle avait 17 ans. Bruits de bottes dans l'escalier, aboiements de bergers fous, cris rauques, mitraillette au poing, violence, etc. En moins de cinq minutes, elle perdait son père, qu'elle ne devait plus jamais revoir. Emmené à la prison Charles III de Nancy, puis à Compiègne, il est déporté en Allemagne. Il y tiendra plus d'une année entière, dans les conditions incroyables que l'on sait. Selon le rapport d'un médecin allemand, il était encore en vie lors de l'arrivée des Anglais. Atteint du typhus comme une immense majorité des prisonniers de Bergen-Belsen, il y décédera en avril. Son corps ne fut jamais retrouvé.

Les dernières images que nous avons de lui sont celles du film d'Alain Resnais, "Nuit et Brouillard"... Quelque part dans la masse des cadavres décharnés, Augustin Clément, l'homme de plus aimé de Briey, élu maire par contumace en 1945, Président de l'association des commerçants, du tribunal de Commerce, de l'association des femmes de déportés de guerre (qui servait de couverture au passage de prisonniers évadés que mon aïeul logeait et à qui il fournissait des papiers). Quelqu'un d'exceptionnel.


J'ai longtemps réfléchi à la place qu'occupait "le résistant" dans une famille, exerçant un métier qui me laisse le temps de penser, lorsque le temps s'y prête et qu'une cuite la veille ne m'a pas sournoisement privé de la moitié de mes facultés mentales.

Ma grand-mère vit depuis 60 ans dans la douleur et il est difficile de parler avec elle de la guerre. Tout ceci n'est pas de l'histoire, mais du vécu, ce qui je compris trop tardivement. Si la femme d'Augustin, Camille, a toujours considéré son mari comme un héros, sa fille, elle, est restée muette. Rappelons qu'à Briey comme ailleurs, les résistants autoproclamés étaient légion, gamins bardés de galons ridicules et armés jusqu'aux dents ou vieux kroums apeurés, qui une fois la guerre finie venaient braver du poing le QG vide de la Gestapo... Ma grand-mère a vécu ces scènes, l'ignoble concours de "résistants" de 1944, où les jeunes ayant tiré une balle sur un Allemand avec un fusil de chasse (et l'ayant manqué) rivalisaient avec d'autres qui avaient réalisé l'exploit de coller une affiche ou griffonner "Mort aux Boches" sur le mur de la mairie.

Madeleine n'a jamais cru bon devoir parler en faveur de son père absent, ajouter à ce brouhaha malsain le son de sa petite voix triste. Aussi espérait-elle le retour rapide d'Augustin, l'Allemagne étant vaincue. Je pense sincèrement que ma pauvre petite Madeleine l'attend encore.

Mon père et mes oncles aiment parfois à raconter la vie de ce grand-père qu'ils n'ont pas connu, commettant moult erreurs grossières, parfois même embellissant leur discours. Ils sont d'une génération pour qui l'anecdote prévaut sur l'histoire. Celle qui a entendu parler, qui a vu la remise tardive d'une Légion d'Honneur, et l'attribution à un stade du nom de leur grand-père. Les pires tributaires de l'histoire en somme.

Après eux, nous. Mes cousins et moi. De toute la smala, je suis le seul à m'intéresser au passé, le reste se contentant d'un "savoir" très imparfait. Encore que "savoir" fasse bien trop d'honneur à leurs connaissances. Disons que l'histoire d'Augustin Clément est passée du rang d'anecdote à celui moins enviable de légende...

Ma grand-mère et moi sommes donc les derniers dépositaires de notre passé militaire. A moi seul elle a dit : "n'oublie pas, mon enfant, ce qu'a fait ton arrière-grand-père". Et de me raconter pudiquement ce qu'elle savait de la guerre, brisant avec beaucoup de peine un silence vieux de soixante ans. J'ai gagné une confiance qu'autrefois je ne méritais pas, parce que trop jeune.

En 1995, j'ai assisté au témoignage d'une déportée de Briey, à l'occasion des cinquante ans de la libération des camps. Notre corps enseignant avait fait appel à Madame Lévy, résistante locale revenue de je ne sais plus quel camp inhumain. Suite à cet exposé, j'étais allé trouver Madeleine et lui en avais parlé. Je croyais alors que cette Madame Lévy avait participé d'une façon ou d'une autre à l'entreprise secrète d'Augustin.
_ Déportée parce qu'elle avait collé des affiches, dis-tu ?
_ Oui, fis-je.
Madeleine secoua alors la tête, et afficha l'air le plus triste que je lui aie connu.
_ Cinquante ans après... dit-elle dans un soupir.
_ Quoi donc, Mamie ?
Alors elle me prit les mains et dit :
_ Paul, tu peux et tu dois être fier de ton arrière-grand-père. Lui sait pourquoi il est mort.

Je compris un peu plus tard que cette dame respectable n'avait jamais pratiqué la moindre résistance. Elle était simplement juive et avait été déportée comme telle. Mais Madeleine, une sainte très croyante, incapable de dire le moindre mal, n'avait même pas jugé utile de me le signifier. Il était honteux pour elle - cinquante ans après ! - de devoir resituer les acteurs d'une époque malheureuse, redresser la mémoire, rétablir une certaine forme de vérité.

Ce devoir aurait du me revenir, parce que j'aime l'histoire, que je la respecte. Seulement je me trouve dans le même état d'esprit que ma petite grand-mère, et peut-être pour les mêmes raisons... Plus que tout autre membre de ma famille je sais ô combien le mot "résistant" a perdu de sa valeur. J'avais parlé dans un vieux papier du "syndrôme de Madeleine", créé spécialement pour nous, les dépositaires d'un passé familial glorieux dont on finit par se demander si l'on doit en être fier ou non. En tout état de cause, nous le cachons aux yeux du peuple.

Ainsi nous prenons le risque de le voir un jour bafoué. Nous vivons dans une France qui méprise son histoire, doute de l'intégrité de ses héros, compare Napoléon à Hitler ou crache sur les victoires de Clostermann. Une France qui prescrit de l'opinion à tout-va, qui hue tout ce qui sort de la pensée unique, parfois envers et contre la vérité.

Un jour l'on viendra peut-être débaptiser notre stade, sous le prétexte qu'Augustin n'a pas pu fanfaronner, livrer ses secrets en 44 et prouver qu'il était des "bons", comme tout le monde. On dira que les absents ont tort. De plus, il était Croix de Feu ! Et bourgeois ! L'Extrême-droite honnie ! Un nationaliste ! Vétéran de 14, puis de 40 qui n'a même pas eu la décence d'attendre la rupture du pacte germano-soviétique pour en découdre avec ces méchants Boches !


Il y a quelques années, j'ai daigné parler à un concitoyen d'Augustin, suite à une discussion sur les camps nazis. J'ai simplement avoué qu'il était mort à Bergen-Belsen. Il a ri, et lancé : "tombé d'un mirador !" J'ai ri aussi, un peu jaune peut-être, et expliqué calmement qu'il faisait partie de cette minorité résistante ayant payé de la vie ses activités illégales. Cela a quelque peu refroidi mon interlocuteur, mais je n'ai pas été persuadé qu'il me croyait. Les vrais résistants, hein... Y'en a pas eu des masses !

Plus tard, j'ai dit qu'il était décédé du typhus en Allemagne en 45, conscient qu'au final tout le monde se moquait bien des résistants. Et puis comment pouvais-je prouver qu'Augustin était bien de ceux-là ? Tout son réseau étant tombé sur dénonciation, les preuves étaient minces ! On ne l'avait même pas vu à la télévision ! Il n'était même pas Juif ! Et puis un stade, tout le monde en a un !


Aujourd'hui je n'ose même plus parler de cet aïeul encombrant, victime que je suis du "Syndrôme de Madeleine". J'ai peur de placer cet homme dans le sac "résistants", où sont jetés pêle-mêle les poseurs d'affiches et les colonels de 18 ans. J'ai honte de lui faire subir cet affront, car je SAIS l'homme qu'il a été. J'ai peur aussi qu'on finisse par "déterrer" son souvenir, amoindrir la portée (pourtant humble) de ses actes, cracher sur sa mémoire et douter de lui. Madeleine et moi gardons Augustin pour nous seuls, quitte à ce qu'un jour sa mémoire s'éteigne. Nous rechignons à ouvrir "les cartons" où sont entassés tous les effets, les dossiers et les médailles de mon arrière-grand-père. J'ai désiré un temps faire le point sur cet homme, retracer précisément son parcours, et donner à la France d'aujourd'hui des preuves de sa réalité. J'ai renoncé.


Si je parle ici de ce syndrôme qui m'affecte, c'est parce que je sais que la majorité d'entre vous comprendra notre malaise. C'est une thérapie en somme, visant à long terme à me débarasser d'une gêne que jamais je n'aurais du ressentir. Le poids du passé courbe les échines, alors que précisément il devrait nous faire lever la tête, écraser les mécréants révisionnistes qui refont à leur compte une histoire politiquement incorrecte.

Et vous, fiers lecteurs ? Avez-vous été frappés par le Syndrôme de Madeleine ? Comment gérez-vous le souvenir de vos aïeux ? Comme moi, cachez-vous pudiquement les actes de gloire, ou tentez-vous de réhabiliter leurs auteurs aux yeux de Français qui n'y comprennent plus rien ?

Petite pensée à Madeleine qui à cette heure doit dire son chapelet et regarder vers le ciel.


Paul Lettenaire.


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Igor  Nouveau message 01 Fév 2006, 22:40

Merci pour ce texte émouvant Lettenaire.

Je me permets d'être d'accord avec St Ex: mets tes souvenirs par écrit, ainsi ton arrière grand-père échappera à l'oubli.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 02 Fév 2006, 08:43

Bonjour Lettenaire,
Tout d'abord, mes felicitations pour votre "coup de plume". Les textes de grande qualite litteraire sont assez rares par ici...

Ensuite, merci de ces confidences emouvantes.

Enfin, je suis egalement d'accord avec St Ex : L'ecriture est une excellente therapie. Vous n'etes meme pas oblige de publier ! Roger Lenevette avait ecrit ses souvenirs pour ses enfants, sans jamais avoir pense a publier quoique ce soit jusqu'a ce qu'il se trouve sollicite, voire legerement harasse, par un secretaire d'association d'anciens et par moi.

Vous le dite vous meme : "Nous vivons dans une France qui méprise son histoire, doute de l'intégrité de ses héros, compare Napoléon à Hitler ou crache sur les victoires de Clostermann. Une France qui prescrit de l'opinion à tout-va, qui hue tout ce qui sort de la pensée unique, parfois envers et contre la vérité."

Donc il faut l'ecrire et la faire connaitre, la verite !

Ecrivez. Puis, quand vous aurez fini, donnez des copies aux membres de votre famille.

Et, si vous le souhaitez, revenez nous en parler.
Cordialement
Daniel


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de bilou95  Nouveau message 02 Fév 2006, 18:53

Merci pour ce récit Paul, je pense qu'il nous a fait autant de bien qu'à vous, rien que pour cela il méritait d'être raconté!

L'écriture a cette faculté d'être une véritable catharsis de l'âme, il ne faut donc pas s'en priver.

A mon modeste niveau j'ai eu la "chance" de ressentir quelque chose de très proche, en tout cas ce fut très intense;

dans le cadre des activités des amis du musée de l'Ordre de la Libération je participe régulièrement à la commémoration du 18 juin au Mont Valérien; en l'année 2003, date de ma première participation, j'ai osé franchir un pas spirituel qui fut d'aller au contact de ces fameux Compagnons. A la fin de la cérémonie je me suis rapproché de leur groupe (ils ont bien sûr les places de choix à cette occasion) et ai commencé de parler avec eux. Un glorieux ancien, retiré du groupe, me semblait en peine et son regard trahissait un certain désarroi. Je m'approchais donc de lui et lui demandait si je ne l'importunais en le questionnant quelques minutes. Très gentiment et délicatement il me fit comprendre en substance qu'il attendait cela depuis longtemps.

Très modestement j'appris ainsi qu'il fut décoré de l'Ordre pour son action sur un dragueur de mines en mer du Nord-Norvège, me renseigna sur les actions spécifiques à ce domaine, me parla de ses chers amis disparus, d'une certaine idée de la France qui pour lui ne le plaçait pas au rang de "héros" mais de simple soldat.

A la fin de notre conversation je lui témoignais ma gratitude pour son dévouement, son sacrifice, et il pleura tout simplement... :( Je ne puis plus rien articuler sinon que des borborygmes infâmes et décidais donc de le prendre dans mes bras (qu'est-ce qu'on est c** dans ces situations-là).

Après ces quelques instants de silence il m'apprit que personne, je dis bien personne, ne lui avait jamais dit merci pour ça! En Norvège, lorsqu'il y retournait, des cercles d'anciens, mais également des personnes simples, lui témoignait de la reconnaissance pour ce qu'il avait fait.

Cette rencontre m'a quelque part brisé; en effet, à côté des grandes figures de la France Libre-Résistance (les De Boissieu, Château-Jobert, Chaban-Delmas, Simon, etc...), largement médiatisées et reconnues, combien d'autres à souffrir en silence, et je dis bien souffrir de ce manque de reconnaissance.

Et à qui en parler? Sur le chemin du retour, en RER s'il vous plaît, excusez du peu!, je ne vis personne à qui en parler, me confier, et cela hante parfois mes nuits... Quelle action mener afin que les jeunes générations dont je fais partie ne considère plus l'exploit héroïque qui fut celui de nos aïeux comme une chose insignifante? Comment leur faire prendre conscience du courage qui leur fallut pour oser se dresser ainsi contre les forces du Destin?

Encore aujourd'hui, et peut-être plus qu'hier au regard de l'actualité toujours plus morose et désorientante, j'ai la gorge serrée à l'évocation de mes chers Compagnons.

Très sincèrement

Bilou
"Et avant que l'éternelle histoire se mêle à l'éternel oubli, l'ombre étroite qui s'allongera lentement sur la France aura encore la forme d'une épée" A. Malraux, l'ordre de la Libération

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de kiriyama01  Nouveau message 02 Fév 2006, 22:19

Moi ma famille a été tres partagée...

J'ai eu un gransd oncle, mineur du Nordpas de Calais mais farouchement anticommuniste ce qui ne lui avait pas valu l'affection de des camarades du "fond".
Puis il s'est engagé comme d'autres dans la Waffen SS.

Il a été dans la sturmbrigade Frankreich, la division Charlemagne il a fini a Tambow,mort...
J'ai souvent questionné ma famille, autant parler a un mur.
Ma grand mere disai qu'il etait un de "ceux la...". J'ai du regret pour ce grand oncle de ne pas l'avoir connu, qu'il ne s'en soit pas sorti vivant. Il aurai pu,lui j'en suis sur repondre a la question Pourquoi?
Qu'il repose en paix malgré le camp qu'il a choisi.

Un autre de mes grand oncle lui faisai passer les enfants juifs de ses collegues medecins a la "Chaux de fond" en Suisse (si l'orthographe est bonne je n'ai jamais vu ce nom ecrit).
Il faisai partie d'un reseau de Resistance qui a été dénoncé.
Il a été deporté a Dachau et s'en est sorti libéré sous un tas de cadavres, sous lequel il s'etait caché pour eviter la mort.
Il a parait-il ecrit un livre qu'un de ses camarades deporté a illustré, ce qu'il est devenu ce livre? peut etre ma tante l'a t'elle? les relations ne sont pas au beau fixe mais le temoignage de lettenaire m'incite a lui demander.
Dire que cet homme a refusé a sa femme d'avoir un chien parce qu'il a vu certains de ses camarades déporté dévoré vivant...

Je n'ai connu aucun des deux... le premier est mort a Tambow comme je vous l'ai dit et le deuxieme est mort dans son lit.
Il y'a une justice quelque part.


 

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Narduccio  Nouveau message 03 Fév 2006, 23:50

Je proposerai plutôt un livre à 4 mains. Un livre ou Madeleine pourrait finalement parler et livrer le temoignage aux générations futures.


 

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