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Georges Brassens et la Seconde Guerre Mondiale

Nouveau messagePosté: 26 Nov 2011, 01:31
de fbonnus
Georges Brassens et la Seconde Guerre Mondiale

Pendant la guerre, Brassens est hébergé, dans le 14e arrondissement, par sa tante Antoinette, chez qui il trouve un piano sur lequel il fait son premier apprentissage musical en autodidacte. Il obtient aussi un travail chez Renault. En mai 1940, l'usine Renault est bombardée et la France est occupée. Brassens est obligé de quitter Paris et retrouve avec beaucoup de bonheur Sète, sa famille et ses amis. Mais il sent que son avenir n'est pas là et, après un été passé dans sa ville natale, il retourne à la capitale… et au piano de sa tante. Il n'est plus question de travailler car tout travail profite à l'occupant. Georges, conscient de ses énormes lacunes en poésie, passe ses journées dans la bibliothèque (il se lève à cinq heures du matin et se couche avec le soleil, rythme qu'il gardera la majeure partie de sa vie) à étudier, avec méticulosité et méthode, les plus grands maîtres : Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo…

En mars 1943, Brassens est réquisitionné pour le STO (Service du travail obligatoire) et doit se laisser conduire à Basdorf, en Allemagne. Il trouve le temps d'écrire mais se laisse aller à la facilité et considère cette période comme une perte de temps. C'est pourtant en Allemagne que sont écrits Bonhomme et Pauvre Martin, ainsi que plusieurs centaines de chansons qui termineront au feu ou seront modifiées à de nombreuses reprises avant d'atteindre leur forme définitive (comme Le Mauvais Sujet repenti) et le début de son premier roman Lalie Kakamou. Il y rencontre certains de ses plus grands amis comme Pierre Onténiente qu'il surnomme « Gibraltar » car il est « solide comme un roc », et il deviendra son homme de confiance et son secrétaire particulier.

Un an exactement après son arrivée à Basdorf, il obtient une permission de dix jours. Il est clair pour lui comme pour ses nouveaux amis qu'il ne reviendra pas en Allemagne. À Paris, il doit trouver une planque, mais Brassens qui y a mené une vie extrêmement solitaire ne connaît presque personne (il ne fréquentait qu'un ami qui l'avait suivi de Sète et quelques filles avec qui il a vécu ses premières amours). Finalement Jeanne Planche vient à son aide et lui propose de l'héberger aussi longtemps qu'il le faudra. Jeanne habite avec son mari Marcel un taudis au 9, impasse Florimont, sans gaz, sans eau ni électricité. Brassens accepte et restera chez elle vingt-deux ans : « J'y étais bien, et j'ai gardé, depuis, un sens de l'inconfort tout à fait exceptionnel ». Selon Pierre Onténiente, « Jeanne s'est éprise de Georges et Marcel n'y voyait rien puisqu'il commençait à prendre sa première biture à huit heures du matin …».

Arrivé chez Jeanne Planche, Brassens doit rester caché cinq mois en attendant la fin de la guerre. Il ne perd pas de temps et continue d'écrire des poèmes, des chansons, de composer, avec comme seul instrument un petit meuble qu'il appelle « mon tambour », sur lequel il tape le rythme. Il poursuit aussi l'écriture de son roman commencé à Basdorf, car il n'envisage alors qu'une carrière de célèbre romancier. La fin de la guerre et la liberté soudainement retrouvée modifient peu ses habitudes, sauf qu'il peut récupérer sa carte de bibliothèque et reprendre son apprentissage de la poésie.

La fin de la guerre marque aussi le retour à Paris des copains de Basdorf, avec qui Brassens projette la création d'un journal à tendance anarchiste, Le Cri des gueux, qui, faute de financement suffisant, ne verra jamais jour. Parallèlement, il monte — avec Émile Miramont (copain de Sète surnommé « Corne d'Aurochs » qui inspira la chanson du même nom lorsque celui-ci décidera d'abandonner l'équipe pour la sécurité d'une vie plus bourgeoise) et André Larue (rencontré à Basdorf) — le « Parti préhistorique », qui vise surtout à tourner en dérision les autres partis politiques et qui préconise un retour à un mode de vie plus simple. Il sera rapidement délaissé en raison du départ de Miramont. Après l'échec du Cri des gueux, il se lie à la Fédération anarchiste et écrit quelques articles virulents teintés d'humour noir (comme l'attestent ses pseudonymes : « Gilles Corbeau » et « Pépin Cadavre ») pour leur journal Le Libertaire (aujourd'hui Le Monde libertaire). Mais la fantaisie du futur chansonnier n'est pas du goût de tous et il est vite amené à rompre, sans rancune ni fracas, avec la Fédération.

Il dira plus tard en entrevue : « Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de n'avoir pas à discuter avec la maréchaussée. » Et : « Je ne suis pas très porté sur la loi. Comme dirait Léautaud, moi je pourrais me passer de lois, […] je crois que la plupart des gens ne peuvent pas s'en passer. »

Brassens se remet entièrement à l'écriture et finit son roman en automne 1947, publié sous le titre La Lune écoute aux portes.
Source : Biographie de Georges Brassens

Re: Georges Brassens et la Seconde Guerre Mondiale

Nouveau messagePosté: 13 Déc 2011, 08:33
de courcier
Merci pour ce rappel important Fred.
Brassens n' a jamais courbé l' échine et sa vie entière a gardé ce droit fil.