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Résistance à Quimper

Répondant à l'appel du Général de Gaulle, des milliers de combattants français se lèvent en Europe et en Afrique. Retrouvez ici la 1ère DFL, la 2ème DB, les FAFL, FNFL... Mais aussi celles et ceux qui ont résisté à l'occupant en entrant dans la clandestinité pour rejoindre le maquis ou les groupes de résistants.
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Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Joldan  Nouveau message 19 Juin 2009, 22:31

Bonsoir,

Je recherche toute information sur trois membres de la famille FORGET de Quimper arrêtés fin 1943 ou début 1944, appartenant probablement à un réseau d'évasion : Quelques traces sur http://pagesperso-orange.fr/memoiredeguerre/ :
- FORGET Albert né 17/04/1888 St-Etienne-de-Montluc (44), dcd à Dachau le 07/02/1945.
- FORGET Hélène (épouse ?) née 18/03/1898 Guéméné (44), dcd le 21/06/1945 à l'hôpital d'Etterbeek (B) lors de son rapatriement
- FORGET Emilie née 02/03/1920 à Varsovie, fille d'Albert, dcd le 02/08/1945 à Ravensbrück
Tous les trois ont quitté la prison de Rennes le 02/08/1944 pour Compiègne...
Ce sont les seuls éléments que je possède.

Joldan
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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Joldan  Nouveau message 04 Juil 2009, 23:23

Précisions recueillies : appartenant au réseau "Turquoise", la famille Forget a été arrêtée en mai 1944 avec une dizaine d'autres résistants dont Yvon Jézéquel chef de la mission Blavet rattachée à ce réseau.
Avez-vous connaissance d'ouvrages historiques relatant ces arrestations ?

Joldan
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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Pierre.S  Nouveau message 06 Juil 2009, 19:37

Bonjour,
Un petit quelquechose sur la mission "Blavet":http://assoc.pagespro-orange.fr/memoiredeguerre/reseaux/turquoise-blavet.htm
A+,
Pierre


 

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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 07 Juil 2009, 22:31

Joldan,
De mémoire, et si mes sources sont exactes, Albert Forget, huissier à Quimper, son épouse Hélène et leur fille Emilie ont été arrêtés fin avril 1944 (le 22 ?) avec Joseph Reverchon et Guy Quénet de Quimper. Tous décédés en déportation. Ils faisaient partie du réseau "Turquoise", qui dépendait de la centrale "Phidias", spécialisé dans le renseignement. Deux missions ont été mises en place en mars 1944 : les missions "Blavet" et "Coulinec" en liaison avec le BCRA de Londres. Théodore Le Doaré, chef de la mission "Coulinec", évadé de Bretagne sur le bateau "Breiz-Izel" en janvier 1944 avait comme radio Louis Marrec, qui avait également fuit la zone occupée sur le "Dalc'h Mad" en 1943. Ils avaient regagné les côtes bretonnes après une formation en Angleterre le 26 mars 1944 à Lézardrieux. Malheureusement, la centrale "Phidias" va être anéantie par les Allemands. Théodore Le Doaré, caché à Quimper, échappera aux allemands. Yvon Jézéquel, chef de la mission "Blavet" avait été arrêté quelques jours plus tôt avec sa soeur de Lézardrieux. Ils vont mourir en déportation.
Sachant que Maurice Zeller, un des plus redoutables agents de l'Abwehr en Bretagne, arrive à Quimper en février 1944, où il loge chez le libraire et résistant Le Goaziou, il n'est pas besoin de chercher bien loin pour comprendre la suite. Zeller n'agit pas seul, il peut compter sur les renseignements recueillis par le SD de Quimper avec l'aide du Parti National Breton (Voir mon article sur Histomag HS de juin 2009). Les deux bateaux "Breiz-Izel" et "Dalc'h Mad" sont partis de Douarnenez et Tréboul. A la suite de cette affaire, l'abbé Cariou, de Douarnenez, et le frère Salaun, du Likes, vont tomber dans les pièges tendus par Zeller. Il ne serait donc pas surprenant que les membres de la mission "Blavet" aient également été victimes de ce Zeller.
Affaire à suivre...


 

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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Joldan  Nouveau message 09 Juil 2009, 22:27

Bonsoir Kristian,

Effectivement, il s'agit bien de la famille Forget correspondant à mes recherches. Fin 1943, début 1944, elle a hébergé Jean Richard, chef de groupe à Martigné-Ferchaud du réseau SOE/F Oscar-Parson (sur lequel je possède beaucoup d'infos), dans l'attente de son embarquement sur le Breizh-Izel. Jean Richard se souvenait avoir été accueilli par un huissier. Plus tard, il précisera avoir passé un mois chez les Forget dont les parents et leur fille ont péri en déportation.

Dans son ouvrage "La Bretagne dans la guerre", Hervé Le Boterf confirme les arrestations, le 22 mai 1944, de la famille Forget, M. Reverchon, Mlle Le Corre, les Ansquer, Guy Quennet, Lili Marrec, Yvonne Kervarrec et Maria Seznec, appartenant tous au réseau Turquoise.

Avez-vous des références d'ouvrages historiques relatant en détail ces arrestations ?

Joldan
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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 28 Aoû 2009, 17:38

Bonjour Mathilde,

Pourriez-vous s'il vous plait passer par le bureau de recrutement afin de vous y présenter en quelques mots.
Cela facilitera les futurs échanges et cela permettra aux autres membres de faire votre connaissance.
Pour le bureau de recrutement, il suffit juste de cliquer sur ce lien:
viewforum.php?f=28

A+


 

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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 24 Sep 2009, 18:59

Bonsoir Joldan,
Je reviens vers vous avec ces documents que vous connaissez peut-être.

Témoignage de Jeanne Forget, née le 1er décembre 1926 à Quimper, étudiante à Nantes :
« J’ai vu Zeller pour la première fois le 22 avril 1944 au soir. Il s’est présenté chez mes parents comme membre de la Résistance. Il était seul. Il a dit qu’il était « Fernand » que nous attendions et a demandé ma sœur Emilie. Celle-ci n’était pas rentrée et ma mère à qui j’ai parlé de cette visite m’a dit de me méfier et de répondre que ma sœur n’était pas là, ce que j’ai fait.
Zeller est parti.
Cinq minutes après son départ la police allemande a sonné chez nous et deux membres de la Gestapo ont perquisitionné. Après cette perquisition qui n’a rien donnée, les Allemands sont restés chez nous pour nous surveiller. Dans la soirée, Zeller est revenu. Il était environ 20H30. Il a demandé mon père et il l’a interrogé en compagnie des allemands. Il a recommencé la perquisition. Pendant ce temps, je suis parvenue à monter dans le grenier où étaient les papiers de mon père et a brûler ceux-ci. En même temps que Zeller, était rentrée chez nous une jeune fille Le Corre, agent de liaison du groupe « Turquoise ». Elle n’avait pu ressortir et elle a été interrogée par Zeller et maltraitée car elle n’a pas voulu parler. Elle a été giflée. A la suite de cela mon père et cette jeune fille ont été emmenés. Zeller et la Gestapo sont restés chez nous. Ils se sont mis à interroger ma mère, je crois qu’ils l’ont giflée, puis ils l’ont emmenée à son tour. Après ils s’en sont pris à moi. Zeller m’a interrogée et a recommencé à fouiller avec moi les pièces de la maison. Comme je lui posais une question, il m’a répondu : « Depuis quatre ans que je fais ce métier, ce n’est pas toi qui va m’apprendre ! » Et il me dit aussi : « Ce n’est pas parce que tu n’as pas 18 ans que tu ne seras pas emprisonnée ! » Là encore, ils n’ont rien trouvé et ils m’ont emmenée à la Gestapo, laissant ma petite sœur âgée de 11 ans seule à la maison.
A la gestapo, mon interrogatoire a recommencé, dirigé par Zeller qui m’a menacé d’une tournée comme je n’en avais jamais reçue. Il m’a giflée. Ils ont fini par croire ce que je leur racontais et ils m’ont relâchée en me faisant jurer de leur rapporter les papiers. J’ai juré, mais bien entendu je n’ai jamais rien rapporté. J’ai été surveillée pendant plusieurs jours à la suite de cela. Je ne suis pas restée longtemps à Quimper où ces faits se passaient, je suis venue à Nantes.
Mon père, ma mère et ma sœur ont été emmenés en Allemagne d’où ils ne sont jamais revenus. J’ai appris que ma sœur était morte à Ravensbrück le 28 janvier 1945, mon père serait mort à Dachau le 7 février 1945 et ma mère a été libérée mais elle est décédée à Bruxelles, lors de son retour en France le 21 juin 1945.
Zeller a fait arrêter d’autres personnes que mes parents. Des amis de mes parents, M. Reverchon, qui est décédé aussi en Allemagne, M. Kennet (lire Quenet, K.H.), qui est mort également et plusieurs jours après des arrestations ont été faites à Quimper et à Douarnenez par Zeller.

Ajout :
Ma sœur Emilie a été arrêtée par surprise par Zeller. Il l’a rencontrée dans la rue et il l’a invitée à se rendre dans une maison amie pour qu’elle échappe à la Gestapo. Elle l’a suivi et il l’a conduite dans la maison même où était celle-ci, et il l’a arrêtée.

Témoignage de Yvonne Le Corre, née le 29/12/1913 à Brest, demeurant à Tréboul :
"J’ai fait partie du réseau Turquoise, qui était un service d’espionnage, dépendant du 2ième Bureau français à Londres, à partir de février 1944. J’étais agent de liaison entre Douarnenez et Quimper.
Le samedi 22 avril 1944, j’ai quitté Quimper vers 13H30 pour me rendre à Douarnenez remettre des messages destinés pour Londres au nommé Bernard Ansquer, qui lui devait les faire parvenir aux radios. Je voyageais à bicyclette. Dès le départ de Quimper, j’ai été suivie par un jeune homme, également à bicyclette. Au début je n’ai prêté aucune attention au ce cycliste, croyant que c’était un voyageur normal qui se rendait tout simplement à Douarnenez. Ce n’est qu’en arrivant au tournant de Kerharo en Pouldavid, que j’ai trouvé suspect l’allure de ce jeune homme. En effet, lorsqu’il m’a dépassée il s’est retourné pour me regarder et a semblé me dévisager. Sur le coup, j’ai eu un froid et je n’ai même pas oser me rendre chez Ansquer, en arrivant à Douarnenez, pour accomplir ma mission.
Je me suis donc rendue chez ma tante, Mme Magne, 15 rue jean Jaurès à Douarnenez. Au préalable, j’avais remis mes messages à ma marraine, que j’avais rencontrée dans la rue. Ensuite, je me suis rendue chez Ansquer, Honoré, frère du précédent, qui m’a signalé que son frère était sorti vers midi en compagnie d’un inconnu, qui s’était présenté comme étant « Fernand », le radio du Nord, et disant qu’il fallait se rendre d’urgence prévenir Mme Kervarec, que sa fille était arrêtée.
J’ai vainement attendu le retour de Bernard Ansquer, qui avait pourtant dit à son frère qu’il s’absentait pour quelques minutes seulement. Ayant trouvé une occasion, je suis revenue à Quimper par camion. J’ai quitté Douarnenez vers 17 H et suis arrivée à Quimper à 18 H. En arrivant, j’ai rendu visite à Lozachmeur Maria, factrice chez M. Reverchon, place Saint-Corentin. Celle-ci m’a alors raconté avoir reçu elle aussi la visite de « Fernand », le radio du Nord, qui revenait disait-il de Douarnenez à pied. Or, elle a reçu sa visite vers 14 H et à 12 H il était à Douarnenez. Une preuve qu’il n’avait pas voyagé à pied, c’est que Douarnenez se trouve à 22 km de Quimper. Néanmoins je crois pouvoir certifier que c’était le même personnage qui s’était présenté à Douarnenez chez Ansquer et à Quimper chez Reverchon. Les signalements concordent.
Cette dernière m’ayant ajouté avoir reçu des papiers pour me remettre de la part de Guy Quenet, employé de la préfecture (Déporté et mort en Allemagne) je lui ai dit que je me rendais d’abord à l’école normale changer de vêtements. J’ai donc pris les papiers en question Place Saint-Corentin vers 18 H 45 et me suis rendue immédiatement les porter à mon chef Doaré dit « Théo », avec lequel j’avais rendez-vous à 19 H chez les époux Forget, rue Valentin à Quimper.
Comme j’étais à bicyclette, j’ai rentré ma machine dans le couloir de l’immeuble. A l’instant où j’allais refermer la porte, l’individu dont le passage m’avait déjà été signalé à Douarnenez chez Ansquer et à Quimper chez Reverchon, arrivait. Il s’est présenté à la porte, en demandant si « Théo » était rentré. Jeannette Forget lui a répondu qu’elle n’était pas au courant de ce qu’il demandait et l’a fait entrer à l’étude de son père, puis elle est allée prévenir sa mère. Moi-même je suis montée à l’étage.
Quelques minutes après, sont arrivés deux ou trois agents de la Gestapo, qui ont sonné. Au lieu de descendre leur ouvrir, Jeannette a regardé par la fenêtre du 1er étage et a demandé : « Que voulez-vous ? » Ils ont répondu aussitôt : « Police allemande ! » Immédiatement, gros émoi, mais sans perdre notre sang froid, nous avons brûlé tous les papiers et documents que nous possédions. Pendant ce temps-là, la Gestapo attendait à la porte, sonnant et tapant à coups de bottes. Aussi quand M. Forget leur a ouvert la porte, ils étaient furieux. Ils ont tout de suite occupé la maison et interdit à qui que ce soit d’en ressortir.
Le soi disant « Fernand » est revenu une ou deux heures plus tard, sans doute après avoir arrêté M. Reverchon et sa factrice Maria Lozachmeur. Aussitôt il s’est démasqué et au lieu de « Fernand » le "Radio", j’ai constaté que c’était un agent de la Gestapo. En effet, venant à moi il me dit : « Tu es Yvonne. Tu as été à Douarnenez cet après-midi porter des papiers à Ansquer. Tu ne l’as pas trouvé, puisqu’il était déjà arrêté. Qu’as-tu fait de ces papiers ? » Comme je lui ai alors répondu que je ne les avaient plus, il m’a demandé de le suivre dans la pièce voisine. Il m’a reposé la même question, en me disant : « Parle, maria a tout avoué ! » Je lui ai encore répondu négativement. Aussi bref, il m’a porté une gifle ou un coup de poing qui m’a envoyé rouler à terre, la lèvre supérieure fendue et la bouche pleine de sang. Dès que je me suis relevée, cet individu m’a poussée hors de la pièce et m’a fait monter, en compagnie de M. Forget, dans la voiture de la Gestapo qui attendait à la porte.
Nous avons été conduits au 15 rue Laennec, siège de la Gestapo. Après un interrogatoire d’identité, il m’a fait monter au 1er étage. Là il me repose la même question : « Qu’as-tu fait des papiers ? »
A ce moment je lui ai répondu : « Je les ai brûlés dans le fourneau chez mme Forget. » Comme il ne me croyait pas, il m’a enlevé délicatement mon manteau, l’a plié et posé sur la table puis, avant que j’ai eu le temps de réaliser ça qu’il allait faire, je me suis retrouvée empoignée par deux hommes et jetée à plat ventre sur la table, la tête enveloppée dans mon manteau.
Je précise qu’à l’instant où l’on me jetait sur la table, le faux radio tenait un nerf de bœuf à la main. Dès que j’ai été étendue, j’ai reçu un formidable coup de nerf sur les reins, suivi d’une série de coups semblables à un battement de tambour. Sous la violence des coups, je me suis débattue et j’ai glissé sur le plancher. Le sinistre radio m’a relevée en me prenant par les cheveux, non sans m’avoir traînée autour de la pièce en me disant : « Tu parleras, tu cracheras, sale garce de femme, tout ce que tu sais ! » Un instant que j’étais accroupie sur le plancher, il m’a redemandé ce que j’avais fait des papiers, où était « Théo », son faux et vrai nom, ainsi que son signalement. Comme je lui répondais dédaigneusement et invariablement que je ne savais rien, aidé de ses acolytes, il m’a replacée sur la table pour une deuxième séance de coups, qui a été suivie d’une troisième séance. Apercevant un revolver sur la table, je l’ai pris et le lui ai tendu en disant : « Tuez moi, mais vous ne saurez rien ! » Il a ironiquement répliqué : « Non, non, on ne te tueras pas, mais tu en verras bien d’autres ! »
Après la troisième séance, la brute de Radio, qui était alors en nage, n’a plus insisté et m’a reconduite à la salle commune, au rez-de-chaussée. A l’aube du 23 avril, j’ai été conduite à la prison Saint-Charles. Dans le courant de l’après-midi du même jour, j’ai été reconduite à la gestapo pour y subi r un nouvel interrogatoire, mais je n’y ai pas revu ma brute. »

Yvonne le Corre va être transférée à Rennes le 25 avril 1944, puis fera partie du dernier convoi des déportés du 4 août, le train de « Langeais ». Déportée à Ravensbrück, elle sera libérée par la Croix Rouge Danoise le 1er mai 1945.
Sur les huit membres du réseau « Turquoise » arrêtés le 22 avril 1944, six sont morts en déportation : M ; et Mme Forget, leur fille, M. Reverchon, Guy Quenet de Quimper, Bernard Ansquer de Douarnenez.
Kristian Hamon.


 

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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Joldan  Nouveau message 24 Sep 2009, 22:15

Bonsoir Kristian,

Non, je ne possédais pas ces témoignages très détaillés.
Maintenant, les circonstances de l'arrestation des époux Forget et de leurs filles Emilie et Jeannette sont très claires.
Mathilde m'avait transmis en MP des infos également intéressantes.
Ces réponses me seront utiles pour compléter mon récit sur le réseau SOE Oscar-Parson Buckmaster.

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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 05 Oct 2009, 18:52

Cher Joldan,
J'ai remis le nez dans un dossier à propos d'une autre affaire, et j'ai trouvé quelques compléments d'information sur cette affaire Forget de Quimper. Même s'il y est mêlé, j’ai mis en cause, un peu vite semble-t-il, Zeller dans l’arrestation de cette famille.
En fait, s’il s’est bien présenté chez Mme Bounoure, propriétaire du château de Kerembleiz, sur les rives de l’Odet, non loin de Quimper, pour retrouver le fameux « Théo », ce n’est pas lui qui frappa à la porte des Forget. Il semble plutôt que ce soit un nommé Schroter, de l’Abwehr de Quimper. Celui-ci, je le connais, mais il ne pourra pas témoigner. Au mois de mai 44, il s’est fait descendre de deux rafales de mitraillette par la Résistance sur la route qui va de Carhaix et Callac. Il utilisait les mêmes méthodes que Zeller, avec les mêmes faux documents de la Résistance.

Jeanne Forget va être confrontée avec Maurice Zeller, alias « Evrard », elle ne le reconnaîtra pas : « Prière de bien vouloir aviser les témoins entendus suivant le PV 119 du 9 janvier 1946 que la demoiselle Forget, demeurant actuellement à Nantes a été confrontée avec Zeller par le juge d’instruction à la Cour de Justice de Saint-Brieuc. Ce témoin a déclaré que Zeller n’était pas intervenu dans l’affaire. Le coupable semble être le Sonderführer Schroter. » (PV du 15 février 1946 du Juge d’instruction au commissaire de police.)

Voici également le témoignage Mme Bounoure, du château de Kerembleiz :
« En mai 1944 après l’arrestation des Forget (huissier) que nous avions cru attribuer à l’action d’un homme qui se faisait appeler Evrard, ma bonne, qui assume la garde de l’appartement des Benoit, arrêtés en 1942, reçut la visite d’un individu bien mis, lui exhibant une carte de la Résistance apostillée par les Anglais. » (PV du 5 décembre 1944)

Mme Lozachmeur, née Seznec : « Pendant l’occupation, je faisais partie du réseau Turquoise, sous la direction de « Théo » M. Théodore Urvois. »
Elle aussi a reçu la visite de Zeller (En fait Schroter) au magasin Reverchon. Mise en confiance, elle donne les renseignements demandés. Elle est arrêtée avec M. Reverchon. Interrogés par les allemands qui cherchent à localiser l’adresse de « Théo », ils déclarent, pour les tromper, que « Théo » se trouvait chez Mme Bounoure, au château de Kerembleiz en Plomelin. Les Allemand emmènent alors Jeanne Forget pour leur indiquer le chemin.
En cours de route, les allemands rencontrent des jeunes gens de la Résistance. Ils éteignent les phares de leur voiture ce qui donna à penser aux maquisards qu’il s’agissait d’une voiture devant les ravitailler ! Ils se présentèrent sur la route avec leurs armes et se firent arrêter.
Témoignage de Mme Lozachmeur du 26 janvier 1945.

Voilà,
K.H.


 

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Re: Résistance à Quimper

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Joldan  Nouveau message 07 Oct 2009, 19:06

Kristian,
A nouveau merci pour ces précisions.
Dans mes archives, j'ai découvert un article du journal Ouest-France, daté du 14 mai (1946), consacré au jugement de Zeller au palais de justice de Rennes dont le titre est sans équivoque : "Un monstre devant ses juges. Sur les pas de Maurice Zeller, espion allemand et bourreau de patriotes".

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