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Emile MUSELIER créateur des FNFL

Répondant à l'appel du Général de Gaulle, des milliers de combattants français se lèvent en Europe et en Afrique. Retrouvez ici la 1ère DFL, la 2ème DB, les FAFL, FNFL... Mais aussi celles et ceux qui ont résisté à l'occupant en entrant dans la clandestinité pour rejoindre le maquis ou les groupes de résistants.
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Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de Igor  Nouveau message 01 Mai 2004, 21:44

Merci beaucoup pour ces renseignements. :)
En effet, j'avais lu que beaucoup de soldats de l'armée d'Afrique avait rejoint les FFL. Mais je n'étais pas au courant du rôle de Muselier.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de Igor  Nouveau message 21 Jan 2006, 22:24

Je remonte ce topic pour répondre à la question de Laurent PP concernant le ralliement de Muselier à Giraud. Je n'ai pas réussi, pour l'instant, à trouver de réponse dans les souvenirs de l'intéressé.
Je dirais donc (hypothèse de ma part) que Muselier, après son départ des FNFL, ne se résigne pas à être inactif. Or avec la rentrée en guerre de l'Empire en novembre 1942, il a de nouveau l'occasion de servir en se mettant cette fois-ci sous les ordres de Giraud. Un chef qui n'est certes pas hostile à Pétain mais qui d'un autre côté est moins envahissant et n'a pas la force de caractère du Connétable.

Je le répète, c'est un simple hypothèse que je fais. Il faudrait que je relise la biographie de l'amiral pour espérer apporter une réponse définitive.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de Laurent Pépé  Nouveau message 21 Jan 2006, 22:53

Ce qui m'etonne c'est que Muselier na pas rejoint Giraud pour s'occuper de la Marine, mais bel et bien pour faire la basse police de Giraud.
(il fut egalement question de complot contre de Gaulle, enlevement, attentat ? je ne me souviens plus)


 

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Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de St Ex  Nouveau message 21 Jan 2006, 23:18

Glané sur le net arrêt du Conseil d'Etat: certes les consorts Muselier ont été débouté car erreur de juridiction, mais ça veut dire qu'"on" a barboté des documents dont "on"ne voulait pas qu'ils sortent, peut-être. C'est pas neutre.

St Ex

C.E., Sect., 10 octobre 1969, Consorts Muselier

(Rec., p. 432)

(10 octobre. - Section. - 73.326. Consorts Muselier. - MM. Dondoux, rapp. ; Braibant, c. du g. ; Me Lepany, av.)

Requête des consorts Muselier, tendant à l’annulation de la décision du 12 mai 1967 par laquelle le ministre des Armées a rejeté leur demande tendant à l’allocation d’une indemnité de 250 000 F en réparation du préjudice que leur auraient causé la prise de possession et l’enlèvement de documents qui se trouvaient au domicile du vice-amiral Muselier, peu après son décès ;

Vu l’ordonnance du 31 juillet 1945 et le décret du 30 septembre 1953 ; le Code général des impôts ; le décret du 31 décembre 1886 ;

*1* Considérant qu’en vertu du décret du 31 décembre 1886 seul le juge d’instance, c’est-à-dire une autorité judiciaire, a le pouvoir d’apposer les scellés sur les meubles contenant des documents susceptibles d’intéresser l’Administration maritime et trouvés au domicile d’un officier de marine lors de son décès ; qu’en l’espèce les autorités maritimes, qui se sont fondées sur les dispositions de ce décret, au lieu de se borner, comme le prévoit l’article 1er dudit décret, à adresser une réquisition au juge d’instance, en vue de faire apposer les scellés par le magistrat, ont-elles-mêmes le 29 novembre 1965 mis sous scellés et fait transporter à la préfecture maritime de Toulon une caisse contenant des documents trouvés, après son décès survenu à Toulon le 2 septembre 1965, au domicile que le vice-amiral Muselier avait dans cette ville ; qu’en agissant ainsi, alors qu’aucune circonstance exceptionnelle ne justifiait leur intervention, les autorités maritimes ont usurpé des pouvoirs attribués à une autorité judiciaire et porté atteinte au droit de propriété des consorts Muselier dans des conditions manifestement insusceptibles de se rattacher à l’exercice d’un pouvoir conféré à l’administration ; que les autorités ont ainsi commis une voie de fait ; que, dès lors, il n’appartient qu’aux tribunaux de l’ordre judiciaire de connaître de l’action en responsabilité intentée par les requérants contre l’Etat, en réparation du préjudice que cette voie de fait leur aurait causé ;.... (Rejet avec dépens pour incompétence).


 

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Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 22 Jan 2006, 07:59

Bonjour,
Je fais suite à un début de discussion au sujet de l’Amiral Muselier sur le fil «de Gaulle et Roosevelt ».
Les bio «officielles » de l’Amiral ont été postées, ici un peu plus haut, puis j’en ai par erreur, précipitation, remis une couche dans l’autre fil en question.
Je voudrais maintenant revenir sur les raisons des frictions et désaccords qui ont caractérisés les relations entre le Général de Gaulle et l’Amiral Muselier.
Loin de moi l’idée de chercher à dénigrer un Compagnon de la Libération, et un Compagnon de la 1ere heure qui plus est.
Je commence donc par affirmer quelques points pour éviter tout malentendu :
L’Amiral Muselier a été un grand marin. Il l’a montré tout au long de sa carrière et ce point est indiscutable. La Royale peut s’enorgueillir, à juste titre, d’avoir eu des hommes comme lui dans ses rangs.
Il était un homme de grand courage. Cela s’est vu dans ses campagnes militaires, mais aussi, j’ai presque envie d’écrire surtout, lorsqu’il a choisi la France Libre et s’est mis aux ordres de Charles de Gaulle le 30 juin 40 alors qu’il était plus ancien dans un grade plus élevé. A ma connaissance, le seul autre exemple de militaire de haut rang se plaçant sous les ordres du petit général de brigade a titre temporaire de Gaulle, c’est Catroux (Si j’en ai raté d’autres, merci de me le faire savoir). Tentez de vous remettre dans le contexte de l’époque, il fallait le faire !

Mais, et la se trouve tout le problème, il n’avait pas le sens politique et, pour aggraver la situation, pensait l’avoir.

Cela commença avec l’affaire de l’arrestation de Muselier par les Britanniques le 1er janvier 1941. De Gaulle a soutenu l’Amiral de bout en bout jusqu’à sa libération, le gouvernement britannique présentant ensuite ses excuses, les «preuves » étant des faux. Mais Muselier en a toujours voulu à De Gaulle de ne pas avoir fait ce que lui, en bon militaire, aurait fait dans une situation analogue : Se constituer prisonnier par solidarité. Ce qui, aux yeux de De Gaulle (Et aux miens) aurait été une grossière erreur politique. La France ne se constitue pas prisonnière.

Cela continua avec l’affaire Weller. Ce journaliste américain a interviewé de Gaulle à Brazzaville en août 41 mais en a rajouté des pelletées à la publication, ramassant les ragots qui traînaient en ville. Il a envoyé sa dépêche depuis Brazzaville sans que les autorités françaises ne la vérifie, ce qui vaudra au pauvre François Coulet de s’entendre dire «vous êtes un sot » par un de Gaulle très en colère. Cet article déclencha une tornade a Londres. Churchill donna l’ordre aux journaux et a la BBC de ne plus mentionner le nom du général et de lui couper la parole. A peine de retour à Londres, Charles de Gaulle reçoit un rapport de Passy-Devawrin (BCRA) indiquant que certains Français de Londres, regroupes autour de l’Amiral Muselier, ne seraient pas fâchés de pouvoir «l’encadrer, le contrôler sinon le remplacer ». Réaction de de Gaulle : « Muselier est un insupportable touche à tout ». Lorsque Churchill suggérera le 12 septembre 41 que la France Libre crée un « Comité National », Muselier ira jusqu’à participer à une réunion a l’Hôtel Savoy de certains Francais et d’y avoir suggéré, en présence du major Britannique Morton (Encore se plier devant les Britanniques…), qu’il pourrait prendre la Présidence du Comité, de Gaulle en étant « Président d’honneur ». Bien entendu, de Gaulle refuse. Muselier déclare alors froidement : «la Marine devient indépendante et continue la guerre». Voilà la faute grave.

Le 23 septembre, Charles de Gaulle dicte une lettre officielle pour l’Amiral, un véritable ultimatum ou il lui donne 24 heures pour se ranger ou faire face aux conséquences de ses «abus intolérables ». Muselier pliera et se contentera d’être le Commissaire à la Marine du Comité National créé le 25 septembre.

Mais Muselier en conçu du ressentiment et aura un geste assez bas :
Le fils de Charles de Gaulle, Philippe, faisait partie de la 1ere promotion d’élèves aspirants de Marine des FFNL. En octobre 41, à l’occasion de leur graduation, Muselier reçu toute la promotion et accorda un cours entretien en tête a tête à tous les promus. Hélas, son emploi du temps très chargé ne lui a pas permis de rencontrer celui qui était au bout de la queue, à savoir l’aspirant Philippe de Gaulle…

Puis se fut Saint Pierre et Miquelon que Muselier, conformément aux ordres de De Gaulle, a rallié à la France Libre mais non sans avoir au préalable commis une bévue : L’Amiral, en bon militaire, souhaitait vivement obtenir l’accord des Alliés américains et canadiens avant de lancer une opération militaire près de leurs cotes.
Réaction, logique, de De Gaulle : «Quoi ! La France demandant la permission à des étrangers d’exercer sa souveraineté sur une partie de son propre territoire ! » Cela aurait en été effet une hérésie sur le plan politique.
Muselier rentre à Londres le 28 février 1942 et démissionne de son poste de Commissaire, suite au manquement, forcé, à sa parole envers les Etats Unis de ne pas intervenir dans ces territoires.
Il souhaite toutefois conserver le Commandement des FNFL ce que refuse le général de Gaulle. Sa démission est acceptée le 4 mars 1942.
Le 6 mai 1943 l'amiral Muselier arrive à Alger. Le 1er juin le général de Gaulle le nomme préfet de police d'Alger, il refuse le poste et accepte celui d'adjoint du commandant en chef civil et militaire de la ville, le général Giraud.
En septembre 1944 le général de Gaulle le nomme Chef de la délégation navale aux Affaires allemandes.
Rien donc d’étonnant à ce que de Gaulle se soit séparé de Muselier des que la mission militaire de ce dernier a été remplie, à savoir début 1946 ou il est mis à la retraite.
Aux élections législatives de cette même année il se présente dans le second secteur de Paris, comme vice-président du Rassemblement des Gauches, c'est un échec et l'amiral se retire de la vie publique ayant enfin peut-être compris qu’il n’était pas fait pour la politique.

Cordialement
Daniel

Sources :
Charles de Gaulle, « Mémoires de guerre », Plon
Max Gallot, « De Gaulle », tome 2 « La solitude du combattant », Robert Laffont
Divers Web


 

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Nouveau message Post Numéro: 26  Nouveau message de Igor  Nouveau message 22 Jan 2006, 12:46

Merci à Daniel pour son message.
Il me paraît intéressant de comparer avec la vision de Muselier.

Daniel Laurent a écrit:Cela commença avec l’affaire de l’arrestation de Muselier par les Britanniques le 1er janvier 1941. De Gaulle a soutenu l’Amiral de bout en bout jusqu’à sa libération, le gouvernement britannique présentant ensuite ses excuses, les «preuves » étant des faux. Mais Muselier en a toujours voulu à De Gaulle de ne pas avoir fait ce que lui, en bon militaire, aurait fait dans une situation analogue : Se constituer prisonnier par solidarité. Ce qui, aux yeux de De Gaulle (Et aux miens) aurait été une grossière erreur politique. La France ne se constitue pas prisonnière.


Voilà ce qu'écrit Muselier dans son ouvrage De Gaulle contre le gaullisme:

Dès le 2 janvier, mon chef d'état-major, le capitaine de vaisseau Moret, était allé voir le général de Gaulle qui l'avait fort mal reçu. Les premières paroles de De Gaulle avaient été: "Eh bien, j'en apprends de belles sur votre amiral ..."
Au cours de cet après-midi du 2 janvier, Moret avait eu deux entrevues très orageuses avec le général.
Pendant la première, comme il montrait à quel point les faux de Howard étaient grossièrement établis, il avait été menacé d'aller rejoindre "son amiral".
A la fin de la seconde entrevue, il avait fait part au général du sentiment de révolte qui était ressenti par tous les officiers de marine à la vue du "traitement indigne infligé à l'amiral". Cette discussion avait tourné à l'aigre et s'était close par une explosion du général: "Moret, allez-vous en".
Ce n'est qu'à trois heures du matin, dans la nuit du 2 au 3 janvier, que Moret avait été à nouveau convoqué par le général qui, très radouci, lui avait dit qu'il était désormais convaincu de la fausseté des lettres et de la machination montée par Howard; Moret avait répondu: "Vous avez mis quinze heures à vous en convaincre, c'est plutôt long !"


Concernant la crise de septembre 1941, je laisse la parole à MM Chaline et Santarelli, auteurs de l'Historique des FNFL (tome 1):

Sur le plan militaire, l'amiral se plaint de décisions prises par le général sans le consulter dans des domaines qui lui sont propres:

- la désignation du commandant d'Argenlieu qui relève de son autorité comme haut commissaire pour le Pacifique;

- la convocation directement adressée par le général au colonel Valin, chef d'EM des FAFL dont l'amiral est le commandant en chef, pour le rejoindre en Egypte en mars

Sur le plan politique, il exprime son désaccord avec les décisions prises en Syrie. Il considère que le général accumule les fautes: militaires, diplomatiques, de caractère, d'esprit d'organisation, de manque de parole ... Sans doute ces critiques acerbes qui concernent un domaine qui n'est pas le sien, lui sont-elles soufflées par certains de ses amis ou de ses proches collaborateurs: M. Labarthe, le capitaine et Mme Michaelis, le commandant Moret dont l'influence se révèlera par la suite pernicieuse.


Je ne connaissais pas l'anecdote concernant Philippe de Gaulle. Elle est peu flatteuse pour l'amiral en effet.

A propos de l'affaire de Saint-Pierre et Miquelon, Muselier souhaitait en effet obtenir l'assentiment des Alliés (Britanniques, Canadiens et Américains) à cette opération. En obéissant aux ordres de De Gaulle, l'amiral craignait de perdre la sympathie de ces Alliés et d'avoir à leurs yeux un "visage de pirate" (ce sont ses propres termes).
A sa décharge, il faut reconnaître que la ralliement de Saint-Pierre et Miquelon a nui aux relations entre de Gaulle et Washington.

Muselier et de Gaulle étaient deux hommes à la forte personnalité et dont les caractères étaient différents. L'affrontement entre deux personnages de cet envergure était donc inévitable.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 27  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 22 Jan 2006, 13:21

Bonjour Igor,
Merci de cette interessante comparaison qui mets un peu d'eau au moulin de mon intime conviction :
Igor a écrit:Dès le 2 janvier, mon chef d'état-major, le capitaine de vaisseau Moret, était allé voir le général de Gaulle qui l'avait fort mal reçu. Les premières paroles de De Gaulle avaient été: "Eh bien, j'en apprends de belles sur votre amiral ..."
Au cours de cet après-midi du 2 janvier, Moret avait eu deux entrevues très orageuses avec le général.

Sans doute ces critiques acerbes qui concernent un domaine qui n'est pas le sien, lui sont-elles soufflées par certains de ses amis ou de ses proches collaborateurs: M. Labarthe, le capitaine et Mme Michaelis, le commandant Moret dont l'influence se révèlera par la suite pernicieuse.

Voila bien la le coeur du probleme de Muselier : Se laisser influencer par les mesquines tractations politicardes de gens comme Labarthe et Moret "dont l'influence se revelera par la suite pernicieuse". Charles de Gaulle n'etait influence par personne sauf par la France. Muselier s'est fait blouser par Moret, De Gaulle l'a soutenu de bout en bout au travers de cette crise et s'est meme paye le luxe de recevoir les excuses du gouvernement Britannique d'une maniere tellement "hautaine" que Churchill a du en faire une crise de foie.
A sa décharge, il faut reconnaître que la ralliement de Saint-Pierre et Miquelon a nui aux relations entre de Gaulle et Washington.

A sa charge, il faut reconnaitre que toute action tendant a etablir ou, mieux, retablir la souverainete de la France, representee par le General, quelle qu'elle soit et ou qu'elle aie pris place, a nui aux relation entre Charles de Gaulle et Roosevelt.
Quiconque a, d'une maniere ou d'une autre, mis obstacle a l'intransigeance absolue avec laquelle Charles de Gaulle veillait sur cette "souverainete" a, sans le vouloir et par manque non pas de patriotisme mais de flair politique, nui aux interets de la France.

Si Muselier, l'insupportable touche a tout, avait compris a temps qu'il lui fallait se cantonner a sa mission militaire, ou il pouvait exceller, et laisser au General le soin de demeler les imbroglios politiques imposes par nos allies, il aurait fini au pinacle de nos heros de la France Libre aux cotes de Leclerc et autres Moulin. Il ne l'a pas fait et croyez bien que je le regrette car, a mon sens, il y avait toute sa place.
Cordialement
Daniel


 

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Nouveau message Post Numéro: 28  Nouveau message de Igor  Nouveau message 22 Jan 2006, 14:54

L'entourage de Muselier n'a effectivement pas fait grand chose pour apaiser les tensions avec de Gaulle, bien au contraire. André Labarthe en particulier se signala par son anti-gaullisme viscéral. Je recommande à ce sujet la lecture des souvenirs de Louis de Villefosse, un proche de l'amiral:

http://www.livresdeguerre.net/forum/sujet.php?sujet=609

En revanche je pense que Muselier n'a rien à se reprocher dans l'affaire du 1er janvier 1941. Il a été accusé injustement à partir de faux documents et jeté en prison comme un vulgaire malfrat. Un traitement indigne pour un homme de son âge et de son rang. On peut comprendre qu'il en ait gardé un certain ressentiment envers de Gaulle, même si ce n'était pas forcément justifié. En tout cas il me semble que les excuses à son égard étaient justifiées.

A propos de son éviction de la France Libre:

Pendant les vingt et un mois où il a été à la tête des FNFL, l'amiral Muselier s'est révélé un chef de grande valeur. Il a créé de toutes pièces, de bric et de broc, une petite Marine active, efficace, appréciée par les alliés britanniques et dont l'importance ne cessa de grandir.

Son passé d'homme de cabinet dans les gouvernements de Painlevé et de Clémenceau, son entourage, peut-être aussi sa nature profonde, l'ont poussé à s'immiscer dans le domaine politique "réservé" du général de Gaulle. Il aurait dû s'en tenir, en militaire discipliné, à son strict rôle de commandement, de gestion et d'administrateur dans lequel il excellait. Il faut reconnaître que le chef de la France Libre qui, tout en maugréant contre "l'insupportable touche à tout", appréciait ses hautes qualités de chef et de marin, a fait preuve de beaucoup de patience. Sans son obstination à vouloir rester commandant en chef de la Marine, l'amiral n'aurait pas été écarté.


Historique des FNFL, tome 1, page 434
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 29  Nouveau message de Igor  Nouveau message 22 Jan 2006, 15:11

Laurent Pépé a écrit:Ce qui m'etonne c'est que Muselier na pas rejoint Giraud pour s'occuper de la Marine, mais bel et bien pour faire la basse police de Giraud.
(il fut egalement question de complot contre de Gaulle, enlevement, attentat ? je ne me souviens plus)


En 1933 Muselier avait été Major général du port de Sidi-Abdalah en Tunisie. Au début de la guerre il commandait la Marine et le secteur de défense à Marseille. Il avait donc une certaine expérience dans les fonctions de maintien de l'ordre. S'il ne s'est pas occupé de la Marine, c'est peut-être parce qu'il y avait suffisamment d'amiraux en Afrique ?

Pour le projet d'enlèvement je vais voir ce qu'en dit Villefosse.
Cordialement

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Nouveau message Post Numéro: 30  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 22 Jan 2006, 15:15

Igor a écrit:L'entourage de Muselier n'a effectivement pas fait grand chose pour apaiser les tensions avec de Gaulle, bien au contraire. André Labarthe en particulier se signala par son anti-gaullisme viscéral

Et Muselier, je me repete, se laissa influncer par ces politicardo-magouilleurs. Quel dommage !
En revanche je pense que Muselier n'a rien à se reprocher dans l'affaire du 1er janvier 1941. Il a été accusé injustement à partir de faux documents et jeté en prison comme un vulgaire malfrat. Un traitement indigne pour un homme de son âge et de son rang. On peut comprendre qu'il en ait gardé un certain ressentiment envers de Gaulle, même si ce n'était pas forcément justifié. En tout cas il me semble que les excuses à son égard étaient justifiées.

Il a obtenu les excuses, et les plus plates, des Britanniques et, de plus, a ete temoin de la facon dont Charles de Gaulle les a recues, le plus "hautainement" possible. Aucun ressentiment de la part de Muselier envers de Gaulle sur ce sujet n'est justifie.
A propos de son éviction de la France Libre:
Pendant les vingt et un mois où il a été à la tête des FNFL, l'amiral Muselier s'est révélé un chef de grande valeur. Il a créé de toutes pièces, de bric et de broc, une petite Marine active, efficace, appréciée par les alliés britanniques et dont l'importance ne cessa de grandir.

Son passé d'homme de cabinet dans les gouvernements de Painlevé et de Clémenceau, son entourage, peut-être aussi sa nature profonde, l'ont poussé à s'immiscer dans le domaine politique "réservé" du général de Gaulle. Il aurait dû s'en tenir, en militaire discipliné, à son strict rôle de commandement, de gestion et d'administrateur dans lequel il excellait. Il faut reconnaître que le chef de la France Libre qui, tout en maugréant contre "l'insupportable touche à tout", appréciait ses hautes qualités de chef et de marin, a fait preuve de beaucoup de patience. Sans son obstination à vouloir rester commandant en chef de la Marine, l'amiral n'aurait pas été écarté.

Je cites: Il aurait dû s'en tenir, en militaire discipliné, à son strict rôle de commandement.
Nous voila d'accord.
Regrettons maintenant ensemble que ce grand homme ne l'ai pas fait.
Quel gachis !
Cordialement
Daniel


 

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