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La Mission d'Eric et la Mission HELMSMAN

Répondant à l'appel du Général de Gaulle, des milliers de combattants français se lèvent en Europe et en Afrique. Retrouvez ici la 1ère DFL, la 2ème DB, les FAFL, FNFL... Mais aussi celles et ceux qui ont résisté à l'occupant en entrant dans la clandestinité pour rejoindre le maquis ou les groupes de résistants.
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La Mission d'Eric et la Mission HELMSMAN

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de LENEVETTE Roger  Nouveau message 02 Fév 2007, 12:40

Fougerolles du Plessis dans la résistance à l’occupant Nazi

Fougerolles du Plessis fut un lieu de résistance : en témoigne des textes, rares, qui le relate. Ci après un texte qui replace les enjeux de la "mission ERIC" et qui décrit la place qu’y tinrent les résistants fougerollais.

LA MISSION D’ " ÉRIC " :
Mais, dans cette même nuit du 8 au 9 juillet 1944 s’est produit dans le département de la Mayenne, à Fougerolles-du-Plessis, commune limitrophe de la Manche, un événement d’une très grande importance : le parachutage du capitaine anglais J.B. HAYES qui, sous le pseudonyme d’ "Éric", est chargé par le Quartier Général Américain, d’une mission de renseignements à l’arrière des lignes ennemies.
Depuis le début de juillet, l’armée américaine n’a pu progresser que très lentement, au Sud des marais, devant la résistance allemande à La Haye-du-Puits et sur le canal de Vire et Taute. L’avance vers Saint-Lô se trouve très ralentie.
Le Q.G. américain attend ces renseignements pour passer à l’attaque et s’efforcer de percer le front allemand. Pour accomplir sa mission, HAYES doit recruter des volontaires qui, par des itinéraires différents, devront s’efforcer de traverser le dispositif de l’ennemi jusqu’à la rencontre des lignes américaines.
L’arrivée de J.B. HAYES à Fougerolles avait été précédée par la constitution d’un Comité de réception dont fait pallie Jacques NAVIER (Saint-Hilaire-du-Harcouët) organisé par Claude de BAISSAC (Denis, David), agent anglais, parlant excellemment la langue française. Jacques NAVIER peut disposer de 45 hommes. Plusieurs parachutages d’armes et de matériel avaient eu lieu sur le même terrain dans les nuits précédentes. Sur ordre de Jacques NAVIER.
Eugène HAMEL, accompagné d’André DEBON, se rend à Fougerolles, le 7 juillet, pour approvisionner les groupes du Mortainais : dans sa camionnette il transporte des mitraillettes, des fusils, des munitions. des explosifs pour les groupes de la Manche. Tout ce matériel est déposé dans une cabane isolée, au lieu-dit " Sérouenne ", hameau situé à proximité du moulin de Martigny, à quelques centaines de mètres du refuge des maquisards.
Le 11 juillet, d’autres armes et munitions sont transportées en auto et dans une remorque attelée à une bicyclette au maquis de Saint-Symphorien-des-Monts. D’autres sont destinées au maquis de Champ-du-Boult, commune du Calvados limitrophe de la Manche, où de jeunes volontaires, dont quelques-uns viennent de la Sarthe, s’exercent chez Joseph HILLIOU au maniement des armes.
L’un d’eux Noël LUTZEN (Jacques) ramène chez Arsène PARIS, à Saint-Laurent-de-Cuves. deux soldats russes déserteurs de l’armée allemande. Celui-ci les habille en civil, camoufle leurs armes et leurs uniformes qu’il cache dans un grenier.
Le même jour, 11 juillet, BERJON (Emile), chef départemental des groupes de F.T.P. amalgamés aux P.I.I., comptant environ 110 hommes, est présenté à J.B. HAYES, par Claude de BAISSAC, en présence de Louis PETRI, un des chefs des maquis de l’Ille-et-Vilaine, assisté de son adjoint Julien LAMANILEVE, de Jacques NAVIER et d’Alice BOUGOURD, agent de liaison. BERJON reçoit de J.B. HAYES mission de lui fournir : des pièces d’identité, une maison sûre, dont il pourrait faire son quartier général, des résistants dévoués acceptant. par groupes de deux, de traverser les lignes allemandes.
Désormais, presque tous les groupes du Mortainais et de l’Avranchin tout en continuant la guérilla, prennent une part très active à la mission du capitaine J.B. HAYES (Eric), appelée du nom de code " Mission Helmsman ".
Il ne peut être question dans cette étude, de suivre dans leur composition et leur périple toutes les missions de passage des lignes de combat. Trente ans après, il a été difficile de retrouver les participants. Il n’est fait mention ci-après que de celles pour lesquelles des renseignements sûrs ont pu être rassemblés.

LA MISSION HELMSMAN :
Le 12 juillet 1944. deux dirigeants du groupe mayennais de Fougerolles-du-Plessis, Julien DERENNE et Jules LINAIS, conduisent ERIC jusqu’au maquis de Sérouenne, où Julien LAMANILEVE, adjoint du commandant PETRI, vient les rejoindre. Déjà, quatre volontaires : Michel TAUZIN et Jacques DASPRE, formant une équipe, André DEBON et Jacques NAVIER, une autre, se mettent à la disposition de J.B. HAYES qui leur définit leur mission. Munis d’un mot de passe qu’il leur confie, ils doivent rendre compte au C.I.C. (Intelligence-Service Américain), après avoir franchi le front de bataille :
* des positions occupées par les troupes allemandes,
* de leur armement,
* des numéros des unités,
* de l’emplacement des dispositifs anti-chars, - des concentrations de blindés,
* des dépôts d’essence et de munitions. TAUZIN et DASPRE ne réussissent pas à passer les lignes. DIBON et NAVIER seront les premiers à y parvenir après un parcours dangereux, passant par Saint-Laurent-de-Cuves, Villedieu, Camprond. Constatant le 15 juillet, l’impossibilité de franchir le front vers le Nord, tant la densité des troupes allemandes est forte, ils décident d’obliquer vers l’Ouest, espérant trouver un passage plus aisé. Ils arrivent ainsi le 16 juillet à Coutainville. Nous verrons plus loin comment ils purent accomplir leur difficile et dangereuse mission.
Le 13 juillet, le groupe de Saint-Hilaire s’approvisionne en armes et en munitions à Fougerolles. Il les transporte sans encombre, en voiture automobile jusqu’à Marcilly où elles sont entreposées chez le cultivateur POUILLARD. Le même jour, accompagné par " LOUIS LE CHASSEUR ", J.B. IIAYES quitte Fougerolles pour La Mancellière où il peut disposer à la ferme d’Émile BAGOT d’une maison sûre. Il y prend contact avec René BERJON (Émile), chef des groupes F.T.P., et avec Julien LAMANILEVE qu’il désigne comme son suppléant.
Tous deux établissent leur Quartier Général dans cette ferme, aidés de tout cœur par Émile BAGOT. Déjà, deux recrues s’y présentent pour partir le lendemain et tenter de passer les lignes. Les groupes du Sud de la Manche, de Trelly à Saint-James et Saint-Hilaire-du-Harcouet, sont alertés et invités à fournir des passeurs. Le groupe MARLAND a prévenu René JUMEL qu’il doit prendre contact le 13 juillet avec Jules MENAND et Roger LEMESLE, agent de liaison d’ETIENVRE. Trois hommes du groupe du Bois de Buron, Bernard YVON, Fernand PAINSEC et Michel HUAUX sont mis à la disposition de la Mission.
Ils se rendent d’abord à Granville pour rencontrer MARLAND qui leur confie un message de renseignements à remettre à ÉRIC. Ils se mettent à la disposition de celui-ci pour tenter de passer la ligne de front à Angoville-sur-Ay. Les trois jeunes gens, après avoir été hébergés à la ferme BAGOT, partent le 19 juillet au matin. Afin d’explorer au mieux tout le secteur, ils conviennent de partir par trois voies différentes et de se retrouver à l’embouchure de la Sienne, à l’Ouest de Coutances.
Arrêtée souvent par la densité des contrôles de la Feldgendarmerie, la mission ne peut parvenir le 21 juillet qu’à deux kilomètres au Nord de Coutances, et les trois jeunes gens se replient à Hauteville-sur-Mer, où ils sont accueillis chez PONTIS. Ils repartent vers le Nord quelques jours plus tard, et, se joignant à un groupe de paysans de Saint-Germain-sur-Ay, évacués de force, ils gagnent le 25 juillet la rive Sud du Havre.
Profitant de la nuit et d’une accalmie des tirs d’artillerie, ils traversent la rivière à marée basse et re-joignent les troupes américaines. Le 14 juillet, René BERJON a pris contact avec Jean MARIE, chef du groupe de La Haye-Pesnel, pour trouver des passeurs volontaires. Trois agents répondent à son appel : le coiffeur Emile DEJONC, Jean VAUZELLE (Jean II), rescapé du bombardement de la prison de Saint-Lô, et son ami Willy ROCKER.
Le premier, porté disparu, a fort probablement été fusillé. Les deux autres partent le 15 juillet de Saint-Martin-des-Champs, munis du mot de passe : " N’auriez-vous pas laissé tomber ce papier de votre poche ? ". Arrêtés près de Villedieu par une patrouille allemande, ils sont trouvés porteurs d’une carte de la région et d’une boussole. Menacés d’être fusillés, ils profitent de l’éloignement momentané de l’officier instructeur pour s’enfuir en escaladant les haies, poursuivis par les coups de feu de l’ennemi.
Le lendemain, ne pouvant montrer aucune pièce d’identité, ils sont à nouveau arrêtés à Saint-Samson-de-Bonfossé. En ouvrant doucement une fenêtre de la pièce où ils ont été enfermés, ils s’évadent et prennent leur course pour Saint-Lô, où ils arrivent le 17 juillet, en pleine bataille. Appréhendés à l’entrée de la ville par une patrouille de deux soldats allemands sous les ordres d’un sergent, ils déclarent être à la recherche d’un docteur pour soigner des blessés par un bombardement au village de Candol. Le sergent laisse alors les deux hommes sous la garde d’un seul soldat, qu’ils assomment avant de continuer leur route plus au Nord. Au centre de la ville, arrestation !
Un bombardement opportun fait s’éloigner les Allemands vers leur abri, permettant aux deux résistants de s’enfuir. Pour éviter tout nouvel incident, ils se réfugient dans une vieille maison, s’installent, épuisés et en loques, dans le grenier où ils trouvent quelques maigres provisions. La bataille fait rage, ne leur permettant de sortir qu’à l’arrivée des avant-gardes américaines à Saint-Lô, le 21 juillet. Amenés au C.I.C., ils fournissent des renseignements précieux sur l’importance des troupes ennemies au Sud de Saint-Lô et sur la garnison allemande au barrage de Vezins, qui a l’ordre de détruire cet ouvrage en cas de retraite. (Ce dernier renseignement avait été recueilli par le gendarme LANCELOT de la brigade d’Isigny-le-Buat qui, par l’intermédiaire de son collègue MOUCHEBŒUF, l’avait transmis à Marcel LUCAS, chef de la Résistance d’Avranches.
Grâce à la rapidité de l’avance des Américains à la tête desquels se trouve Jean VAUZELLE comme éclaireur, le barrage de Vezins qui assure la force électrique dans toute la région, sera préservé. Ainsi, la mission VAUZELLEROCKER avait atteint le but assigné : fournir les renseignements indispensables, s’ajoutant à ceux donnés dès le 18 juillet par la mission DEBON-NAVIER, permettant aux Alliés de décider l’offensive du 25 juillet dans la région de Marigny et de réussir la percée libératrice.
Le 15 juillet, André ROUAULT (Camus), chef des groupes " Action " de la zone Sud. son agent de liaison. Mariette RABECQ et Fernand BOURDET du groupe de Saint-James sont convoqués chez MANAIN à Ducey, où Éric " les charge de la même mission. Le lendemain, les deux premiers se dirigent à bicyclette vers le Nord. passent à Trelly où ils mettent ETIENVRE et LAMY au courant. Ils repartent le soir pour Regnéville-sur-Mer, où ils sont accueillis chez les parents de Mariette. Ceux-ci leur conseillent de consulter à Agon leur ami FREMIOT qui leur indique comme sûr le maréchal-ferrant de Blainville : DAUVIN. Le soir même, ils sont conduits sur la grève : deux doris devaient partir pour gagner par mer les lignes américaines au Nord du havre de Lessay.
Si le premier peut partir, le second, trop lourd, ne peut être amené à travers les dunes jusqu’au rivage. Les Allemands ayant été alertés, il fut impossible de renouveler la tentative.
Le 20 juillet, ROUAULT et Mariette RABECQ vont alors à Geffosses où une amie de Mme RABECQ, Mme BEUSSE, les dirige sur la maison de LENOIR, chef du groupe " Action " de la région de Coutances. Or celui-ci avait été arrêté quelques jours auparavant ; aussi l’accueil de Mme LENOIR en présence d’Albert RIHOUET, de Périers, fut très réservé.
Elle les hébergea. cependant, sans toutefois pouvoir leur procurer le moindre renseignement sur le moyen de passer la ligne de front. Devant cet échec, André ROUAULT et Mariette RABECQ quittent la maison LENOIR, le 21 juillet dans l’après-midi. Ils essaient de progresser le plus possible vers le Nord, en direction de Lessay. Mais ils sont refoulés par les troupes allemandes.
Ils regagnent alors Regnéville et ce ne sera que le 28 juillet, à Blainville-sur-Mer, en pleine bataille de rupture du front de combat, avançant à plat ventre pour éviter les halles, qu’ils peuvent rejoindre une colonne avancée de l’armée américaine. Le mot de passe J 2 (en anglais) 14 juillet donné, on les conduit au poste de commandement de la 8e Division américaine à Saint-Sauveur-le-Vicomte, puis à celui de la 1re Armée, installé chez Jean PICOT, à Neuilly-la-Forêt (Calvados).
Ils confirment les renseignements de ceux qui, plus chanceux, ont pu passer les lignes dans les jours précédents. A La Mancellière, J.B. HAYES ne manque pas de volontaires pour passer à travers le front de combat. Le 17 juillet, René BERJON (Émile) lui fait rencontrer une jeune paysanne Andrée BLANDIN. Absolument sans peur et volontaire pour entreprendre les plus dangereuses missions, à bicyclette, elle recrute rapidement 10 volontaires ; six d’entre eux sont choisis pour partir en groupes de deux ; le soir même, elle en amène deux autres : Robert DELANNEE (Le Rouquin) et John LETELLIER qui partiront le 19 juillet. En même temps, Louis PINSON, du groupe de Brécey, lui en fournit deux autres venant de Granville.
DELANNÉE et LETELLIER, pour se faire reconnaître des Alliés, doivent fournir, outre le mot J 2, un mot de passe " Biarritz " et une liste de denrées sur laquelle figure " 5 kg de pommes de terre " qui pourrait servir d’alibi en cas d’arrestation par l’ennemi. Ils arrivent le 20 juillet à Canisy. Constatant l’impossibilité de franchir les lignes dans les environs de Saint-Lô, où la bataille se poursuit. ils se dirigent vers l’Ouest en longeant les arrières du front. Arrêtés et mis en joue, ils sont sauvés par un officier allemand qui ordonne leur libération.
Le 21 juillet, ils arrivent au havre de Lessay. Accompagnés d’un habitant de la région, ils traversent la rivière l’Ay à marée basse et prennent contact avec les Américains à Saint-Germain-sur-Ay. Comme l’ont été tous les autres passeurs, ils sont longuement interrogés par le Commandement allié sur les concentrations de troupes et d’engins blindés qu’ils ont pu observer. Un autre volontaire, Pierre MIGNON, pressenti par MANAIN, chef du groupe de Ducey, se présente au capitaine HAYES (Éric).
Dans la matinée du 20, Andrée BLANDIN amène six volontaires, dont les deux instituteurs Armand GUILLARMIC et Roger MONNERIE qui partent aussitôt vers Saint-Lô où se livre une bataille acharnée. Ils se trouvent bloqués à Saint-Ebremond-de-Bonfossé, par la Division blindée " Das Reich ", et sont hébergés par un cultivateur.
Après une tentative infructueuse pour passer, les combats faisant rage au carrefour de La Croix à la Main, ils sont très bien accueillis par les propriétaires d’une ferme qui hébergent de nombreux réfugiés. Les deux volontaires installent un poste d’observation dans un grenier. Le 27 juillet, cachés dans un talus derrière la ferme, ils sont surpris par un Américain braquant sur eux sa mitraillette.
Ils sont conduits à un officier à qui ils expliquent leur présence dans les lignes de combat. Amenés en jeep au C.I.C. à Neuilly-la-Forêt, ils indiquent la situation et l’importance des unités allemandes à l’arrière-front.
Ayant ainsi recruté trente agents dont quatre seulement avaient rejoint la ferme BAGOT pour rendre compte de leur échec, J.B. HAYES décide de procéder au recrutement de volontaires comme observateurs fixes destinés à être débordés par l’offensive des troupes alliées. Le 24 juillet, l’infatigable René BERJON (Émile) en trouve quatre chargés d’observer la région de Coutances, deux autres, le 26, sont désignés pour celle de Saint-Malo-de-la-Lande. Deux, recrutés à Granville, opèrent dans la région de Lengronne.
Dans la nuit du 29 au 30, deux autres chargés de mission sont hébergés dans la ferme CHAPE !, à Beauficel. Désirant s’assurer de la position exacte de la ligne de front après l’offensive du 25 juillet, " Eric " quitte La Mancellière, le 31, pour Reffuveille d’où on perçoit la canonnade vers le Nord et désigne deux agents en mission dans la zone de Champrépus, un dans la région de Villedieu, deux dans la région de Torigni-sur-Vire.
La mission HELMSMAN se termine avec le succès de l’offensive de l’armée américaine qui atteint Avranches-Pontorson-Saint-James le 31 juillet et le 1er août. Les passages des lignes par mer Dans l’étude sur l’aide apportée aux parachutistes par les patriotes, nous avons noté que sept d’entre eux étaient hébergés dans la région de Montsurvent. Un huitième le pilote REDDIG est recueilli, à Gratot, au début de juillet, par Mmes HEBOT et MOITEAUX et caché, malgré la présence des Allemands, par Emmanuel BILLARD.
La commune de Montsurvent devant être évacuée sur ordre de l’ennemi, le 10 juillet à 5 heures. Camille RIGOT et sa famille, accompagnée de quatre jeunes gens (les aviateurs) tirant deux poussettes, arrivent chez QUETiER (Pathelin), notaire à Blainville-sur-Mer, chef du groupe de Résistance. Les aviateurs KERTCH et BOLLOG sont conduits par la fille de QUETIER chez Mme POIRIER, femme d’un résistant des Ardennes, habitant Coutainville. Arthur MULLiNS et Joseph DÉZIEL restent chez QUETIER.
Quelques jours plus tard, dans la nuit du 15 au 16 juillet. Camille RIGOT, accompagné de deux matelots Maurice MESIIN et Robert LEROUX, va réussir la première liaison par mer avec les Américains. Dans un doris qu’il commande, " Le col vert ", il transporte le colonel LEPELEY du groupe de Blainville et l’aviateur américain Arthur MULLINS. Le départ nocturne de l’opération est couvert par Louis LAiSNEY et par Gilbert BOSQUET, qui surveillent la petite garnison de Géorgiens de l’armée allemande.
Sans encombre, le doris atterrit à Denneville, dans les lignes américaines, et le colonel LEPELEY peut fournir aux Américains et au colonel de CHEVIGNE, des Forces françaises libres, tous renseignements sur l’absence à peu près complète d’ennemis et la présence de nombreux civils français entre Créances et Blainville. Ce sont des réfugiés de Coutances et de Saint-Lô, et de nombreux blessés par les bombardements de ces deux villes. Le colonel LEPELEY insiste pour que soient arrêtés les bombardements sur cette zone, ce qui fut accordé. La réussite de l’opération est signalée au groupe de Résistance de Blainville, comme il était convenu, par le lancement par cinq avions américains de rouleaux de papier blanc.
De son côté, Robert LEBOYER prend contact à Blainville-sur-Mer avec le pêcheur Marcel MAUDUIT qui accepte de rapatrier par mer les aviateurs américains dans leurs lignes. Le 17 juillet, Robert LEBOYER, sa femme et les trois aviateurs dont ils ont la charge quittent Montsurvent mêlés au flot de réfugiés gagnant la région côtière. A la nuit tombante. les trois Américains, guidés par leur sauveteur et son beau-père BONNE !,, se retrouvent avec MAUDUIT au havre de Blainville avec les membres de deux autres expéditions.
L’une d’elles doit mener dans les lignes américaines les deux membres de la mission " Eric ", André DEBON et Jacques NAViER, hébergés depuis la veille dans la famille PALLUAULT. Celle-ci a consulté le docteur VIAUD qui conseille de faire appel à Marcel MAUDUIT. Les cieux autres expéditions comprennent des personnes de la région, dont le député LECACHEUX (qui avait voté contre le gouvernement constitué en juin 1940 par PETAiN) et M. LECIIANTEUR, professeur.
A minuit, tout est en place pour conduire 18 personnes, dans 3 doris, dans la zone américaine. Malheureusement, la mer était basse et les embarcations durent être portées à dos d’homme sur environ deux kilomètres pour atteindre le flot, sous la lueur parfois de fusées éclairantes qui pouvaient déceler les trois groupes. Ce n’est que le 18 juillet à 2 heures que le premier bateau fut mis à l’eau, il était dirigé à la rame par Marcel MAUDUIT, aidé par Robert LEBOYER, emmenant les trois aviateurs américains et les deux agents de renseignements André DEBON et Jacques NAVIER (Georges AUBERT). La pluie protège heureusement l’expédition, mais la mer est forte et ce n’est que vers 13 heures que le navire aborde sur la plage de Portbail, absolument déserte.
Les fugitifs se présentent au C.I.C. où ils sont longuement interrogés, puis transportés à l’état-major de l’Armée américaine, à Saint-Sauveur-le-Vicomte. ils précisent l’emplacement des batteries côtières, la densité des troupes allemandes, et réussissent difficilement à convaincre les Alliés que la région à l’Ouest de Coutances, bourrée de réfugiés civils, n’était pas occupée massivement par les Allemands. Les deux autres embarcations, dirigées l’une par de SAINT-DENIS, l’autre par THOMASSE, Maurice LECROSNIER et le jeune DENIZOT, abordent sans encombre le même jour à Denneville, avec leurs passagers qui sont aussi longuement interrogés par les services de renseignements de l’armée américaine.
Sur la demande de QUGTiER, le pécheur de Tourville-sur-Sienne. LEGRAVEREND Léon qui, en juin 1940, avait fait évader vers Jersey plusieurs résistants, accepte de guider les deux aviateurs J. KERTCH et Marcel BOLLOG, jusqu’aux lignes américaines. Le 16 juillet à 15 heures, les trois hommes partent d’Agon, marchant à pied sur la grève, découverte à marée basse, jusqu’à l’estuaire de la rivière l’Ay. L’eau à la ceinture, ils traversent le havre, à minuit, et arrivent sur la rive nord occupée depuis peu par les Alliés.
Ce même jour, le pilote américain REDDIG, caché chez E. BILLARD à Gratot, est pris en charge par le facteur CHARLES du groupe de Blainville qui doit l’amener chez QUETIER. Malheureusement, l’aviateur, encore très affaibli par sa blessure, s’évanouit sur la route ; ils arrivent chez le chef de groupe avec 1 heure et demie de retard. LEGRAVEREND est déjà parti ! CHARLES emmène alors REDDIG jusqu’à Créances, dans l’intention de passer le havre de Lessay. Malheureusement, c’est la marée montante et il faut rebrousser chemin ! QUETIER fait alors conduire l’aviateur, par sa fille, chez Mme POIRIER qui l’héberge.
Quelques jours auparavant, le 13 juillet, le capitaine LENOIR, chef des groupes " Action " de la région coutançaise, avait été arrêté comme suspect. Il est emmené à La Chapelle-sur-Vire dans un camp de prisonniers américains, d’où il réussit à s’enfuir le 17 juillet. Le lendemain, il arrive à Roncey, dans la soirée, il prend contact avec un de ses agents de renseignements Marc LETOUZEY qui l’héberge et le met au courant de l’arrivée de nombreux renforts allemands dans la région et de l’existence d’un important dépôt de munitions à Belval.
Le 19 juillet, accompagné de LETOUZEY, il se dirige vers Coutainville et remarque la présence d’une nouvelle division allemande d’infanterie et d’éléments parachutistes. Tandis que son compagnon rejoint son domicile, LENOiR, guidé par le garde-champêtre de Monthuchon, arrive chez Mme Roger VIGOT qui l’héberge, et par BROCHARD fait prévenir QUÉTIER, chef de groupe, de son arrivée, porteur de renseignements très importants. Il est décidé de lui faire rejoindre les lignes américaines par mer, le soir même, par doris partant de Blainville. Des indiscrétions ayant eu lieu, le départ est remis au lendemain. Cependant, un doris conduit par HEUGUET part, emportant deux maquisards venant de Savoie : ORSONI et BOURGEOIS.
Ce sera le dernier départ par bateau, car les Allemands surveillent la côte : des jeunes gens, COULON, Aimable de SAINT-DENIS, Alphonse GOSSELIN et le fils POIRIER, sont arrêtés pour l’avoir tenté.
C’est à Léon LEGRAVEREND rentré chez lui, le 19 juillet. mission accomplie, après avoir traversé le havre de Lessay en sens inverse, que QUETIER fait appel pour une nouvelle mission le 21 juillet. A 10 heures, Evelyne QUÉTIER et Pierre BROCHARD conduisent l’aviateur américain REDDiG au domicile de LENOIR à Geffosses. En fin d’après-midi, Albert RIHOUEY, du groupe de Périers, qui y est réfugié depuis la destruction de cette ville, amène de Coutainville, en voiture : LENOIR, le parachutiste américain DÉZIEL et Léon LEGRAVEREND.
Tous les fugitifs sont ainsi rassemblés à Geffosses. Le départ se fait en deux groupes : d’abord le guide LEGRAVEREND et les deux aviateurs, suivis à 500 m par LENOIR. Ils se regroupent à Pirou, dans la ferme SOHIER et se reposent dans une grange. Ils y sont rejoints par le gendarme Yves LE COADOU, membre de la Résistance de Valognes, qui, incarcéré à la prison de Saint-Lô, a pu s’en échapper lors du bombardement. Passant par Périers, muni par le métreur LHOSTE d’une boussole et d’une carte d’état-major indiquant l’emplacement des batteries allemandes, il désire au plus tôt passer dans les lignes américaines.
Le 22 juillet, en pleine nuit, à 2 heures, réveillés par SOHIER, les hommes se dirigent vers la côte, qu’ils atteignent après 4 km de parcours. Dissimulés dans les dunes, ils attendent la basse-mer et à 5 heures, entrent dans l’eau au large de Créances, en évitant trois petits postes allemands sur les dunes. Malgré deux fusées qui éclairent soudain le paysage, ils arrivent sans incident sur l’autre rive, reçus avec enthousiasme, à Saint-Germain-sur-Ay, par l’armée américaine. Interrogés au C.I.C. à La Haye-du-Puits, puis au quartier général à Saint-Sauveur-le-Vicomte, ils sont questionnés à nouveau à l’abbaye de Blanchelande, à l’état-major du 8e Corps d’Armée.
Après avoir mis au courant Yves GRESSEl IN, chef départemental des F.F.I. à Rauville-la-Place, LENOIR est amené à l’état-major de la 1re Armée américaine installé dans la maison PICOT à Neuilly-la-Forêt. Là, il fait son rapport dans la nuit du 23 au 24 juillet au major KLOTZ, confirmant en tous points les dépositions des passeurs qui l’ont précédé, insistant notamment sur le manque de profondeur du dispositif de l’armée allemande entre Lessay et Coutances. La mission du capitaine LENOIR sera la dernière effectuée par mer.

L’ACTION DES GROUPES PENDANT LA BATAILLE DE RUPTURE :
(Opération " COBRA ")
Région entre Agon, Coutances, Granville et Torigni :

Ces groupes se préparent activement au combat, en complétant leur armement et en coordonnant leur action. Le 16 juillet, une patrouille du groupe de Trelly, opérant le sabotage d’une ligne téléphonique entre Villebaudon et Tessy, attaque un soldat allemand isolé et s’empare de sa mitraillette. Ce même jour. Roger LEMESLE, à Hauteville-sur-Mer, prend en charge et assure le camouflage de dix maquisards du groupe JUMEL devant être mis le lendemain à la disposition du groupe d’Action fondé par le commandant Robert GODARD clans la région entre Bréhal et Granville. Mais, le 17 juillet. avant l’aube, celui-ci est surpris par des Allemands, à son domicile. Révolver au poing, il tente couragement de se défendre, mais il est abattu. Son agent ZACHARIE est arrêté.
Très vite, Roger LEMESLE est mis au courant de ce drame, sa fiancée étant envoyée à sa rencontre à Hauteville par Suzanne YBERT. Celle-ci s’empresse de faire prévenir aussi Maurice MARLAND et Lucien FINCK par COIPEL et BEAIJVAIS. C’est à Granville que le chef du groupe de Trelly, Jean-Baptiste ETIENVRE apprend de MARLAND la tragique nouvelle. Immédiatement, il prend contact avec son adjoint Roger LEMESLE, puis avec André POULAIN (Jules), chef du groupe de Saint-Denis-le-Gast. Tous deux changent l’emplacement de leur poste de commandement.
La mort du commandant GODARD est très vivement ressentie ; semant la consternation dans tous les groupes de la région, elle prive la Résistance d’un de ses chefs les plus expérimentés et les plus déterminés. Pendant que le groupe de Bréhal procède le 19 juillet à la récupération de mines anti-chars semées par les Allemands dans les dunes et les " Mielles de la côte près de Saint-Martin, l’adjoint de .J.-B. ETIENVRE, Roger LAMY se rend chez Jean MARIE, chef du groupe de La Haye-Pesnel.
Celui-ci a pu obtenir quelques jours auparavant de René BERJON (Émile) trois mitraillettes et d’autres armes, provenant des parachutages de Fougerolles-du-Plessis, stockées chez Martial FOUILLARD, à Marcilly. Par André MAUVIEL, elles ont été transportées, à bicyclette à La Haye-Pesnel. Roger LAMY obtient la livraison d’une mitraillette " Sten " provisoirement sans chargeur ! Mais René LE GAC et Yves BOUGUEN apportent à Trelly plusieurs mines anti-chars remises par le groupe de Bréhat.
Dès le 21 juillet, sous la direction de Roger LEMESLE, des essais près de Courcy donnent de bons résultats : deux voitures sautent, un convoi est arrêté et mitraillé le lendemain par l’aviation alliée. Dans la nuit du 22 juillet, c’est J.-B. ETIENVRE et Fernand RAME qui opèrent de même sur la route de Montpinchon ; deux voitures allemandes sont mises hors d’usage. Malheureusement le 24 juillet, Roger LEMESLE apprend par Suzanne YBERT l’assassinat de Maurice MARLAND.
Arrêté le 22 juillet, le chef de la Résistance Granvillaise a été emmené par la police allemande dans la région de La Haye-Pesncl pour interrogatoire. Remis en liberté vers minuit, alors qu’il re-joignait Granville, il est lâchement matraqué et assassiné, atteint de six balles, par des inconnus, dans les bois de La Lucerne. Ainsi, dans la même semaine, disparaissaient tragiquement, sous les coups de l’ennemi, deux valeureux chefs de la Résistance granvillaise : Robert GODARD, commandant les groupes d’Action, patiemment et solidement constitués, et Maurice MARLAND, animateur incomparable et agent de renseignements hors de pair.
Mais le combat contre l’ennemi doit se poursuivre : Paul BERNARD, directeur de l’École primaire supérieure et confident de MARLAND, prend le relais. Le lendemain, 25 juillet, toutes dispositions sont prises par le groupe de Trelly pour la pose massive de mines destinées à entraver la montée des renforts allemands vers la ligne de front où vient de débuter l’offensive puissante des Alliés.
Un premier groupe de trois hommes, sous les ordres de J.-B. ETIENVRE, opère sur la route de Coutances à Villedieu entre Saussey et le carrefour de Lengronne : six mines sont posées, trois voitures sont mises hors d’usage. Un autre groupe de deux hommes pose quatre mines au carrefour de " La Valtolaine ", sur la route de Saint-Lô à Gavray, malgré une forte concentration de troupes S.S. dans le voisinage une voiture est complètement détruite.
Un autre groupe de deux volontaires pose quatre mines, au carrefour de La Beltière, près de Nicorps : deux voitures sont hors service. Un quatrième groupe opère à Hambye sur la route menant à l’Abbaye : la pose de quatre mines entraîne la destruction d’une voiture d’officier. Si les résultats matériels peuvent paraître minces, ils portent cependant atteinte au moral de l’ennemi qui ne se sent plus en sécurité.
De retour à son poste de Commandement installé dans la ferme " La France ", exploitée par M. et Mme MENAND, J.-B. ETIENVRE prend connaissance d’un message du capitaine J.B. HAYES l’appelant d’urgence à la ferme BAGOT, à La Mancellière. Il part aussitôt, en confiant la direction du groupe à son lieutenant Roger LAMY. Peu de temps après, à 6 heures, le 27 juillet, quatre Allemands se présentent à la Ferme " La France " pour occuper une grange isolée, ayant servi de refuge aux maquisards. Perdant leur sang-froid, deux d’entre eux s’enfuient à travers champs, poursuivis par les Allemands qui tirent, heureusement sans les atteindre. Prévenu par ses hommes, Fernand RAME se présente aux Allemands.
En sa présence et celle de la famille MENAND, une perquisition permet de découvrir sous la paille, quatre mines et quatre détonateurs. Fernand RAME et Roger LAMY sont arrêtés. Celui-ci réussit à s’enfuir et à se cacher, mais son camarade est amené à Montpinchon où il est frappé, jugé sommairement et condamné à être exécuté dans les 24 heures. Le lendemain, 28 juillet, il est emmené en voiture par les Allemands en retraite vers le sud. Dans la nuit. vers 22 heures, une attaque aérienne oblige les ennemis à se camoufler. Mettant à profit cette aubaine, Fernand RAME saute dans un ravin, profond de quatre mètres et recouvert de ronces, et y reste blotti jusqu’au lendemain. Il erre à travers champs et constate qu’il est à quelques kilomètres seulement de Bréhat. Dans une prairie, il s’empare d’un cheval, et comme un commis de culture, il entre dans la bourgade, se rend à Lingreville où il peut se remettre de ses émotions chez Paul LEBLANC et recevoir dans la matinée du 29 la visite de Paul TURGIS et de J.B. ETIENVRE, revenu la veille de sa visite à J.B. HAYES.
Celui-ci lui a donné mission de franchir les lignes de combat en direction de Coutances et de porter aux Américains les renseignements qu’il lui a confiés sur les forces allemandes dans le sud de la Manche. Infatigable, le soir même de son retour, J.B. ETIENVRE accompagné de Roger LEMESLE participe à un coup de main du groupe de Lingreville sur une caserne de Géorgiens : des balles, des grenades, des mortiers sont enlevés et 5 hommes sont faits prisonniers.
Vers midi le 29 juillet, J.B. ÉTIENVRE regagne Trelly pour accomplir sa mission. Il part à 14 heures accompagné de Jules BACHELOT et de Georges VAUTIER, afin de prendre contact avec l’armée américaine signalée à quelques kilomètres. Il donne l’ordre à ses compagnons d’attaquer tout Allemand pour venger la mort des chefs de la Résistance granvillaise assassinés par les nazis. Un quart d’heure plus tard, les trois F.F.I. rencontrent quatre ou cinq ennemis. Ils les attaquent aussitôt à la mitraillette et au révolver en lançant des grenades. Les Allemands ripostent à la mitrailleuse. ETIENVRE donne alors l’ordre de repli, mais s’écroule à l’instant criblé de balles. Attaqués de trois côtés par un feu nourri, les deux F.F.I. se replient vers le nord-ouest : ils sont blessés mais réussissent tant bien que mal à rejoindre l’armée américaine à Orval avec un soldat allemand qu’ils ont capturé.
Ignorant la mort de leur chef, le soir de ce jour tragique, Roger LEMESLE et Paul TURGIS prennent contact au village d’Urville avec les avant-gardes alliées ; Fernand RAMÉ fait de même à Annoville. Ils signalent les points de résistance allemands, participent à la capture des isolés et s’emparent de leur armement. Sur la route de Lengronne à Coutances, le groupe JUMEL agit de même. La joie de la Libération est hélas ! très assombrie par la mort héroïque d’ETIENVRE, ce défenseur de la dignité humaine et de la Liberté. et intrépide résistant.
Dans cette région. il haut faire mention de deux groupes d’Agon, complétant l’action menée par des patriotes de cette commune pour le sauvetage des parachutistes américains, étudiée précédemment. Le 12 juillet se forma autour de Robert CHATEL, un petit noyau avec un résistant de Jersey, Jean SOYER (Marion) qu’il avait connu à la prison de St-Lô où ils avaient été internés comme suspects, en novembre 1943. Celui-ci était venu se réfugier, après sa libération, en mai 1944, chez son camarade.
Des membres du réseau " Centurie ", auquel appartient CHATEL, réfugiés de Coutances, Alexandre LELANDAIS, Madame HUBERT et LAMORLETTE y sont aussi hébergés. Ils ont, eux aussi, projeté de faire sauter le pont de la Roque. Le 29 juillet Jean SOYER se rend à Bréhat pour se procurer des explosifs. Pour son retour il emprunte une bicyclette appartenant à un Allemand. Pourchassé, il est abat-tu par l’ennemi, à la veille de la Libération.
L’autre groupe d’Agon, comprenant Maurice GUILLOT, ORANGE, GARCIA et ses deux fils, sabote un camion de munitions allemand garé dans un hangar à Heugueville. Tout est mis à l’eau dans la rivière " La Sienne ", y compris un canon de 37.
Il reste à mentionner dans l’Est de cette région, les groupes d’Action de St-Amand et de Guilberville que dirige le militant syndicaliste Maxime LELIÈVRE, réfugié de Cherbourg, en liaison avec Charles LESAUVAGE et Charles HAMEL. Ces groupes sont, dans leur plus grande partie, formés par des réfractaires de la région parisienne, très insuffisamment armés. A Guilberville, des parachutistes américains sont cachés depuis le 6 juin. En liaison avec celui de Trelly, par Roger LEMESLE, le groupe a reçu, le 23 juillet, l’ordre d’ETIENVRE de diriger les parachutistes sur la Mayenne et de fournir des observateurs pour la mission "Eric".
L’offensive américaine du 25 juillet contrarie en partie ces opérations. Région au sud de la ligne Granville-Torigni Les groupes, tout en participant à la guérilla, ont également pour mission d’assurer le sauvetage d’aviateurs alliés tombés en zone occupée. Au début de juillet, 3 d’entre eux sont hébergés par Henri LEBRETON à Champeaux. Trois autres sont accueillis et logés chez François HAMEL, cultivateur à Coulouvray.
Arsène PARIS, chef du groupe de St-Laurent-de-Cuves, les prend en charge et les cache chez lui. Ils participent à la guérilla aux côtés des F.F.I. Le 20 juillet à 12 heures 40, l’aviateur américain W.,O. CASTELLO tombe en parachute de son avion en flammes, au Mesnil-Ozenne. Recueilli par Roger VRAC, réfugié de Cherbourg, il est conduit vers Albert YVON, cultivateur, travaillant dans un champ voisin, qui envoie sa fille Denise chercher rapidement, à son domicile, des vêtements civils. L’aviateur est alors caché dans une carrière abandonnée où il est ravitaillé par MM. YVON et Louis SANSON. Sur le conseil de l’abbé LEBOUTEILLER, il est confié, avec l’accord de J.B. HAYES (Éric) et de Joseph GARNIER, chef du groupe de Marcilly à Martial FOUILLARD dont la ferme, pourtant, regorge déjà de déserteurs russes de l’armée allemande.
Quelques jours plus tard, le 27 juillet, muni d’une bicyclette, il est conduit dans une bétaillère jusqu’à la route d’Avranches à Sourdeval où Louis PINSON, du groupe de Brécey, le prend en charge pour l’accompagner jusqu’à Vernix où il reste caché dans une ferme jusqu’à la Libération. Vers la deuxième quinzaine de juillet, deux militaires américains et un déserteur allemand évadés du camp de Lingeard sont confiés par LEBOUI.ENGER, du groupe de Juvigny à son collègue instituteur Camille CROS qui les garde en sûreté jusqu’à la Libération le 2 août dans la soirée. A la même époque, André LEBOULANGER et René TANGUY du même groupe, se rendent le 18 juillet. en camionnette à Fougerolles-du-Plessis pour prendre livraison d’armes (fusils, grenades, plastic) qu’ils entreposent dans un bois à Juvigny-leTertre.
L’action des groupes de la région sud s’intensifie à l’arrière des troupes allemandes : des crève-pneus sont posés sur les routes, provoquant avaries et embouteillages. Ainsi à Tirepied, le 18 juillet : sept camions avariés, coupure d’une ligne électrique de haute tension par les F.F.I. d’Avranches et de Brécey. Le groupe de St-Hilaire-du-Harcouët attaque et détruit le 26 juillet un camion allemand tandis que deux hommes blessent un indicateur notoire de la Gestapo.
Près de Parigny le 27 juillet, LAFFAITEUR membre de ce groupe apercevant un avion américain tombant en flammes, s’élance au devant du pilote indemne. Sommé par les Allemands de s’arrêter, il continue sa course et est blessé à la main. Il se cache alors et quand l’officier allemand s’apprête à le tuer, il l’abat d’une balle de révolver et réussit à s’enfuir. Le 30 juillet, près de Ruais, le groupe attaque une colonne allemande en retraite, provoquant un embouteillage de la route nationale pendant plusieurs heures.
Le 22 juillet, sous les ordres du maréchal des logis de gendarmerie Constant DAUVERGNE, le groupe de Barenton participe, avec les hommes du maquis de la Fosse-Arthour, à l’attaque à la mitraillette d’un camion allemand. Deux S.S. sont tués, le camion est incendié, la circulation sur la route nationale de Mortain à Domfront est interrompue pendant six heures. La nuit suivante, les F.F.I. s’emparent de 2.600 litres de gas-oil stockés par les Allemands.
Vers la fin de juillet, le groupe du maquis de Rouelle), attaque deux Allemands dont un est tué sur la route menant de Barenton à Ger. DAUVERGNE participe à l’enquête avec les Allemands ; il a pris au préalable toutes dispositions pour favoriser la dispersion des maquisards dans les bois de Lonlay-l’Abbaye, ainsi l’enquête ne donne aucun résultat. La répression. Mais la répression allemande s’abat sur les patriotes résistants. Le 30 juin, les frères André et René LEMAINS sont arrêtés à Hocquigny, inculpés d’avoir caché à leur domicile un poste émetteur anglais.
Dès le lendemain, le gendarme Albert BOUQUILLION du groupe de La Haye-Pesnel se rend sur place et peut mettre en lieu sûr une quinzaine de caisses de cartouches qui ont échappé à la perquisition des Allemands. Le 9 juillet, c’est une série d’arrestations opérées par la gendarmerie allemande sur dénonciation d’agents français au service des Allemands. A Sourdeval, le chef du groupe de Résistance Marcel GOMBERI et ses hommes, Emmanuel FORTIN, Pierre CHERUAU, Pierre CHAMPAGNAC, le Docteur PUTOT.
A Mortain, le capitaine LE DIRAISON et son fils BLAIZE et PÉREZ. A St-Hilaire-du-Harcouët, une dizaine de personnes suspectes de sympathie pour les F.F.I. A Vergoncey, les deux frères François et Arnaud de ROQUEFEUIL pour leur attitude anti-allemande. Tous sont incarcérés clans les caves du château de St-Jean-du-Corail ; la plupart sont relâchés après 48 heures de détention mais GOMBERT, Albert PEREZ.et les deux frères de ROQUEFEUIL sont dirigés vers les camps de concentration.
Fort heureusement l’avance rapide des Alliés délivre le convoi le 10 septembre à Péronne. Le 29 juillet, à St-Planchers, Louis LEBAILLEUX qui proteste contre l’occupation totale de sa maison, est l’objet d’une perquisition : un poste émetteur appartenant à un ami de Granville et un fusil de chasse sont découverts. Il est arrêté ainsi que son fils, puis dans la nuit, sa femme et sa fille. Ils sont tous exécutés le lendemain à St-Pierre-Langers.
Le 30 juillet. les F.F.I. Adolphe COUPEAUX et Jean DELAHAYE sont fusillés à Bréhat et le même jour le F.F.I. Gaston DEPATIN est abattu à Lolif. Le 29 juillet, Louis PINSON est reconnu par des Allemands pour sa participation à l’attaque de camions. Il est arrêté par les S.S. et emmené comme " terroriste " à Désertines (Mayenne). Enfermé dans une grange, il réussit fort heureusement à s’évader le 2 août (674).
Dès le début de juillet, des jeunes gens ont été pris en charge à Champ-du-Rouit (Calvados) par le détachement " Guillaume le Conquérant ", auquel appartient Joseph HILLIOU, qui leur apprend le maniement des armes. Ils sont parfois hébergés à St-Michel-de-Montjoie, chez son frère, Alexandre HILLIOU ou chez son beau-frère Arsène PARIS, à St-Laurent-de-Cuves.
C’est ainsi que le 1er juillet deux jeunes gens originaires de la Sarthe, Robert STIEBERT (Paul LEFEVRE) et Noël LUTZEN (Jacques) arrivent chez A. PARIS. L’un d’eux, LUTZEN, amène avec lui, le 11 juillet, deux déserteurs russes servant dans l’armée allemande. Sans hésiter PARIS les habille en civil et cache leurs armes et leurs uniformes dans un grenier. Quatre jeunes gens du même groupe : Lucien OZANGE (Lulu), Maurice PARENT, Jacques CERCLEUX et Alain WEYDERS, arrivent entre le 18 et le 24 juillet où ils doivent attendre leur chef chez Arsène PARIS.
Ce rendez-vous n’ayant pu avoir lieu, ils décident de rejoindre, à pied, Fougerolles-du-Plessis (Mayenne) où ils avaient reçu leurs armes. Deux jours plus tard, le 26 juillet, ils sont interpellés au Teilleul, par la gendarmerie allemande. Hélas ! Chacun d’eux porte, dissimulée dans un sac tyrolien, leur mitraillette démontée ! En outre, une lettre de remerciements pour Arsène PARIS devant être postée au Teilleul, est découverte ! Les jeunes gens sont emprisonnés dans les caves du château de St-Jean-du-Corail. Frappés très brutalement, menacés d’être fusillés, interrogés sous les sévices les plus odieux, ils doivent avouer. Seul CERCLEUX qui avait été séparé de ses compagnons, resta muet sous les tortures les plus atroces.
Le lendemain 27 juillet, Arsène PARIS, sa tille Renée, son fils Marcel, son futur gendre Roger PALARIC, sa nièce Hélène OLLIVIER et les deux déserteurs russes sont arrêtés. A Champ-du-Boult, Joseph HILLIOU est aussi appréhendé. Tous sont incarcérés à St-Jean-du-Corail. Seuls. Arsène PARIS et sa nièce sont remis en liberté le 29 juillet. Deux jours plus tard, dans la carrière de Bourberouge, six patriotes sont fusillés ; quatre résistants de Fougerolles : BOSTAN, J. DERENNL, FREARD, GENEVEE, et le chef du groupe de Champ-du-Boult : J. HILLIOU ; Jacques CERCLEUX qui tentait de s’enfuir, est abattu sur la route de Mortain à Barenton. Les autres prisonniers sont transférés dans divers camps de concentration en Allemagne.
Cette atroce tragédie, se déroulant à quelques jours de la Libération constitue un des plus cruels épisodes de la lutte menée par les résistants. Plus de 30 ans après, la mémoire de ces martyrs est honorée, avec beaucoup de ferveur, par les populations du Mortainais, de la Mayenne et de l’Orne. La débâcle allemande.
Dès le contact pris avec les Alliés, les résistants ont reçu mission de les guider et de participer au ratissage de la région cri recherchant les Allemands épars afin de les désarmer, de les grouper et de les mener dans les camps de prisonniers. Le 29 juillet, le groupe JUMEL, a pris contact avec les Américains à 5 km au nord de Lengronne. Michel IIUAUX leur fournit la topographie du Bois de Buron où une formation allemande s’est réfugiée. Sous la direction de Georges LANDRIN, la troupe y pénètre, tandis que les chars américains, guidés par le gendarme BODILIS de Bréhat, cernent les environs. Au retour, le chef du détachement apprend aux F.F.I. que 17 ennemis ont été tués, 12 ont été capturés.
Près de là, à St-Sauveur-la-Pommeraye, le 30 juillet. André BLANCHETON du réseau F. 2 persuade 9 Allemands de se rendre et cache leurs armes. Quant au groupe de Trelly il peut dénombrer 100 fusils et 30 camions enlevés à l’ennemi. A Juilley, alors que les Américains sont encore à 30 km au nord, Maurice FLEURY arrive par persuasion à faire déserter le 29 juillet, trois Allemands qui lui livrent leurs armes et leurs chevaux. Alors que l’armée américaine du Général PATTON fonce droit au sud vers Avranches. après avoir délivré Granville, le 30 juillet. les groupes de la région côtière de St-Pair, de Carolles, de Marcey et d’Avranches ont reçu pour tâche de poursuivre les ennemis et d’en capturer le plus grand nombre avant leur repli vers la Bretagne.
A Ste-Pience, Émile CUNY, rescapé du bombardement de la prison de St-Lô, a reconstitué un groupe avec Pierre VAURAGNARD, LEROY, PICHON, et d’autres résistants. Le 1er août, il capture une trentaine d’ennemis, dont quelques-uns ripostent, des armes, des grenades et environ 10.000 cartouches.
Il prend contact ensuite avec le service de renseignements de l’armée américaine, le C.I.C. A Vains et à Marcey, André LEBARBENCHON réussit le 31 juillet à persuader successivement quatre groupes ennemis. totalisant 121 hommes, d’abandonner la lutte et à le suivre jusqu’au camp installé par les Américains près du château de Marcey. Ce même jour. au sud d’Avranches, les groupes de Ducey et de St-James entrent en action.
Dans la soirée du 31 juillet, à Ducey, avec l’aide du directeur de la distillerie JARDIN, le déminage des deux ponts sur la Sélune, que l’ennemi comptait détruire pour entraver une avance vers l’Est de l’armée américaine, est opéré par Albert BOUDET qui désarme un soldat allemand et s’empare de sa mitraillette. Près de là, à Marcilly, dans l’après-midi du même jour, 3 Allemands en retraite se présentent chez FOUILLARD et veulent, pour fuir. s’emparer de ses chevaux.
Les trois déserteurs russes qu’il héberge ont vite fait d’abattre les ennemis, dont les cadavres sont rapidement cachés. Fort heureusement, car une demi-heure plus tard, la ferme est occupée jusqu’au soir par une formation allemande. Le lendemain, 1er août, FOUILLARD remet aux autorités américaines 20 soldats allemands qu’il a persuadés de se rendre.
Dans la nuit du 31 juillet au 1er août plusieurs membres du groupe de St-James : F. LEROUX, C. LEBLOND, G. JOURDAM, J. BOURDET, LAPORTE, G. LECANNELIÉ et RESTOUX ont préparé une embuscade, sur la route menant à St-Hilaire-du-Harcouët, au lieu-dit " La Rencontre ". Un convoi de plusieurs camions allemands est attaqué à la mitraillette par les F.F.I. Le convoi s’arrête brusquement, les camions culbutent. Deux ennemis sont tués, un autre est blessé. Rapidement. les résistants s’éloignent tandis que les Allemands ripostent sans résultat.
Le 1er août à 12 heures 30, les Américains passent à St-James, accueillis avec une joie délirante par les F.F.I. et la population. Mais ils poursuivent leur route vers Fougères, laissant la localité sous la seule protection des F.F.I.. avec mission de capturer les groupes allemands isolés. Sur la route de Pontorson, quatre F.F.I. dirigés par Albert MOTHAY et Jacques BOURDET attaquent à la mitraillette une auto-mitrailleuse blessant 3 hommes. Furieux, tout en s’enfuyant vers Fougères, les Allemands tirent sur les civils et blessent une personne. Avec l’aide de quelques Américains de passage, les F.F.I. attaquent un char, qui est capturé. Chaque arme prise à l’ennemi est donnée à un patriote.
Pendant cinq heures, les Allemands sont poursuivis à travers bois : 6 sont tués. 27 sont capturés. A la nuit tombée, la venue inopinée d’un char de reconnaissance allemand qui stationne dans le bourg pendant une heure jette l’émoi dans la population et donne espoir aux captifs. L’attitude ferme des F.F.I. qui les gardent les contraint à rester silencieux. Pendant deux jours la chasse aux Allemands continue en liaison avec les groupes d’Ille-et-Vilaine, de Mellé et de St-Georges-de Reintembault.
Les 1er et 2 août, le groupe de Ducey, comprenant une douzaine d’hommes, sous la direction d’Aristide MANAIN, procède aussi au nettoyage de la région ; le garde-chasse Maurice CHEVREL qui connaît parfaitement les lieux, guide les F.F.I. qui désarment une trentaine d’Allemands. Sous la conduite du maire de Saint-Laurent-de-Terregatte, GAUTIER, le groupe se rend à la lisière des bois bordant le barrage de Vezins pour empêcher les Allemands de détruire l’ouvrage.
Au retour, à 5 km de Ducey, un cultivateur, ayant signalé la présence dans son champ d’ennemis cherchant à se rendre, le groupe s’en approche. Il est accueilli par des coups de feu un violent combat s’engage au cours duquel un F.F.I. Pierre VERDIER est tué, un autre Albert BOUDET est légèrement blessé. Deux Allemands sont pris et exécutés après le décrochage du groupe 14 ennemis auraient été tués au cours du combat. Le 2 août, les Américains sont à Juvigny-le-Tertre : le groupe que dirige le Docteur LEMONNIER se met à leur disposition et leur signale une formation ennemie retranchée dans un champ, qui a refusé de se rendre aux F.F.I.
Le gendarme LE DOLLEC de la brigade d’Isigny-le-Buat se rend à la police militaire américaine de Ducey pour signaler la présence d’un groupe allemand à Chalandrey. Il guide les Alliés et participe avec eux à la prise de 59 ennemis dans ce village. Au matin du 2 août, les Américains entrent à St-Hilaire-du-Harcouët avec à leur tête Jacques NAVIER qui avait passé les lignes de front, en mission Helmsman, le 17 juillet.
D’autre part, Louis BLOUET, chef du groupe, bien que remis à peine de sa blessure du 24 juin, arrivé à bicyclette de Romagny, où il avait été transporté par J.M. LEVESQUE chez l’instituteur de ce village, MONNERIE. Sur une carte d’état-major, Louis BLOUET indique les lieux de forte concentration de blindés dans la région de Mortain et de Romagny, et demande aux Alliés de retarder le bombardement de ces chars d’assaut jusqu’à 16 heures afin de prévenir à temps la population civile. Durs combats dans la partie Est du département. Si la percée américaine à l’Ouest et au Centre de la Manche a bousculé les Allemands vers le Sud, ceux-ci opposent à l’Est et au Sud-Est une résistance encore solide. A St-Lô, en grande partie détruit par les bombardements et les combats acharnés qui s’y livrent du 18 au 22 juillet, les groupes de résistance ont été dispersés.
Seuls quelques intrépides restent blottis dans de précaires abris aux abords de la ville. Marcel MENAND qui a été désigné pour prendre contact dès la libération de la cité avec M. HAAG, le nouveau Préfet désigné par le Comité National de la Résistance Lucien DUROSIER et Maurice TOURGIS qui guident, dès le 20 juillet, une patrouille américaine et. montant au seul clocher de l’église encore debout, peuvent repérer l’emplacement des troupes allemandes et renseigner les Libérateurs. Vers la même date, Julien LEPENNEC (Durandal) traverse la Vire pour indiquer aux Américains le plan des batteries allemandes en position, au château de La Tremhlaye.
Elles seront détruites le lendemain par l’aviation. Adolphe FRANCK, chef des groupes de Manche-Sud. interné à la prison de St-Lô, s’en est trouvé libéré par le bombardement dans la nuit du 6 au 7 juin. Il est abrité et caché chez LECHEVALI,IER à St-Denis-le-Gast. Le 23 juillet, André LEGRAVERAND et Raymond BENARD réfugiés à Montchaton, cherchant à entrer en liaison avec leur chef, s’adressent à Michel YVER, replié au château de Béranger. à Trelly.
Par des résistants de la préfecture transférée à Lengronne, ils sont munis d’un laissez-passer de secouristes, leur permettant de rejoindre FRANCK. Celui-ci les charge de donner l’ordre à MARLAND de se cacher, de n’opérer que des sabotages sur route par abattage d’arbres et de cesser toute activité armée. Le lendemain 24 juillet les deux agents de liaison passant à Trelly apprennent l’assassinat de MARLAND ! Ils regagnent donc leur lieu de refuge de Montchaton.
Le 28 juillet, LEGRAVERAND passe les lignes de combat à Grimesnil et re-joint FRANCK (Lefrançois). Le lendemain celui-ci et VILLIERS-MORIAME, chef des groupes de Manche-Sud sont appelés à Neuilly, siège de l’état-major du Service de Renseignements de l’armée américaine pour être interrogés sur l’activité et l’importance des troupes allemandes en retraite.
Le 27 juillet à l’ouest et au nord de Perey, la bataille fait rage. Les Allemands ont installé leur quartier général au village du Laurier, dans la maison de Georges LECLERC, membre du groupe de Résistance local qui a refusé d’évacuer sa maison où sont abrités, dans le sous-sol bétonné, sa famille et plusieurs réfugiés. Il charge son cousin René GODARD d’essayer de rejoindre à travers champs les avant-gardes américaines à deux kilomètres à l’ouest pour leur donner toutes indications utiles sur l’emplacement de l’état-major allemand.
Il fût convenu que la propriété serait bombardée à 19 heures 30. Faisant le chemin inverse, René GODARD arrive à la maison de G. LECLERC. vingt minutes avant ce bombardement sur le poste de commandement allemand, d’une durée d’un quart d’heure. Le 30 juillet, vers 16 heures, un lieutenant aviateur américain Andrew SINTER saute en parachute de son avion abattu par la D.C.A. Recueilli par le cantonnier Fernand BASNIER, il est ensuite caché sous une meule de foin par un journalier agricole Jean ROUSSEL qui s’empresse d’avertir Georges LECLERC. Des vêtements civils lui sont remis et à 16 heures 40 l’aviateur est hébergé avec les réfugiés dans le sous-sol de la propriété.
Mais devant l’intensité de la bataille, ceux-ci et l’aviateur devront évacuer le 1er août la maison du Laurier pour s’installer à 800 mètres au nord-ouest dans la ferme de Jules LHERMITTE, à la Nohlerie. Plus au nord, le 29 juillet à Moyon, Désiré FRÉMY indique aux Alliés l’emplacement des batteries allemandes installées à Troisgots. Leur tir, bien réglé par un guetteur allemand caché dans le clocher de l’église de Moyon, où flotte le drapeau de la Croix-Rouge ! arrête l’avance des Américains.
Dans la même région, au village de La Cannière, à Percy, le 30 juillet, GUIHAIRE qui n’a cessé d’observer les défenses allemandes depuis 14 heures 30 remet à une patrouille de l’armée américaine un plan de l’emplacement des nids de résistance de l’ennemi, puis à partir de 18 heures 30, la guide et participe au combat.
A 22 heures. il se rend à Percy afin d’observer 27 chars allemands " Tigre " ; il rapporte des renseignements tels qu’ils décident les Américains à opérer un repli de 5 km. Dès le matin du 31 juillet. il participe au nettoyage à la grenade des postes allemands. Vers la même époque, Jean CADET. membre de " Résistance-Fer " et du réseau F. 2, réfugié à Percy, signale à Albert LEPRINCE du même réseau à Villedieu, l’existence d’un dépôt de munitions à Montabot. La liaison est assurée par l’abbé BEAU PETIT. réfugié de St-Lô, déguisé en charretier menant une carriole attelée à un âne.
Tous les renseignements sont centralisés par Fernand LECHEVALLIER, un des chefs du réseau, réfugié dans la région de Villedieu qui les remet le 30 juillet aux Américains arrivés près de cette cité. Le 31 juillet, dans cette ville, trois résistants du groupe : Noël VIRAVEAU, Joseph COLLET et VILLAIN traversent les lignes pour avertir les Américains de la présence d’un fort détachement de S.S., caché à Saultchevreuil, au carrefour Joyeux.
En plein jour, ils conduisent les troupes à proximité et leur indiquent les meilleures positions à occuper pour empêcher la fuite des Allemands clans la nuit, avec leur matériel et leurs munitions. Toute la nuit, ils restent en contact avec les Alliés, leur fournissant toutes précisions sur l’emplacement des troupes ennemies permettant ainsi aux Américains de s’emparer d’un important matériel, dont deux tanks et de capturer 300 à 400 prisonniers.
Bien que grièvement blessé par le bombardement de la prison de St-Lô, Roger LELAISANT a réussi à s’évader au cours de son transfert vers l’Allemagne. Rentré en cachette dans ses foyers, il passera les lignes de bataille, le 1er août, à La Bloutière, et pourra donner à un officier américain l’emplacement exact des batteries allemandes installées à Beslon et à Chérencé-le-Héron.
Plus au Nord-Est, une garde-barrière sur la ligne de chemin de fer de Torigni à Guilberville, Madame DOUET, du groupe de St-Amand, donne des renseignements sur les troupes allemandes camouflées le 2 août dans les bois, et guide les troupes américaines pour leur permettre d’en capturer un grand nombre. Dans toute cette région de St-Lô à Villedieu où les Allemands s’accrochent pour ralentir l’avance alliée, des résistants tombent, victimes de l’âpreté de la bataille.
Le 1er Août, Maurice GROUET, un des rescapés du réseau " Vengeance " de Torigni est tué, au retour d’une mission dans les lignes allemandes demandée la veille par l’état-major américain installé dans cette ville. Le môme jour, à Percy, les Allemands abattent le mécanicien DELAUNAY Jules soupçonné de posséder un poste de radio. Et, par une fatale méprise, au mi-lieu de la bataille qui fait rage dans cette localité, un des meilleurs agents du réseau F. 2, Léon LEDUC, est tué par les Américains alors qu’il leur apportait des indications précieuses sur l’emplacement des troupes ennemies.
Plus au sud, clans la nuit du 2 au 3 août, Marcel BLIN traverse les lignes pour faire connaître aux Américains, arrêtés depuis quatre jours au nord du village de Bas-Bois, près de Coulouvray-Boisbenâtre, le repli des Allemands. Avec Dominique BREHIER il repère le nouvel emplacement de leurs chars et de leurs nouvelles positions. LE DERNIER SURSAUT ALLEMAND A partir du 2 août. ce sont les groupes du Mortainais qui vont entrer en lice. Ce même jour. les Allemands évacuent Mortain.
Aussitôt, ce renseignement est porté aux Américains arrivés au nord de Romagny, par les gendarmes de la brigade sous les ordres de leur chef KERVRAN. A leur retour ils s’emparent d’un lot de munitions laissé par l’ennemi. Mais les Américains continuant leur tir d’obus sur la partie ouest de la ville, KERVRAN se rend à nouveau, le 3 août au matin, pour faire cesser le tir et demander l’occupation de Mortain. II est appuyé par le lieutenant-colonel JOSSET et son fils, le commandant Jean JOSSET, réfugiés à Romagny. Les trois hommes renseignent nos Alliés sur l’importance de la position allemande de la colline St-Michel, observatoire dominant à 317 mètres toute la région s’étendant à 45 km vers l’ouest.
De retour à Mortain, le chef de brigade KERVRAN est interpellé vers 13 heures 30 par un officier allemand accompagné de trois soldats, arrivant en automobile de Sourdeval. Il lui donne des ordres qu’il affecte de ne pas comprendre. Un soldat de l’escorte ayant tiré son arme est abattu par le chef de brigade. Après un bref combat, un autre soldat est mortellement blessé ; les autres occupants sont emmenés en prison, à la gendarmerie. Pendant ce temps, les gendarmes BOUSSIN, CHAPRON, SAUBERTY et DENIS ont tendu, sur les instructions de leur chef, une embuscade à l’entrée sud de Mortain pour s’opposer à toute reconnaissance en attendant l’arrivée des Alliés ; un Allemand qui a assisté de loin à la tragédie tire à la mitrailleuse sur les civils ; il est abattu par le gendarme SAUBERTY.
A 14 heures, un side-car allemand effectue une reconnaissance ; des jeunes gens du groupe l’obligent à rebrousser chemin à toute allure. L’un d’eux, LEI3000HER, sans armes. maîtrise à la force du poignet, six conducteurs de véhicules allemands qui seront remis, après une garde de trois heures à une patrouille de reconnaissance américaine dont le commandant confie aux gendarmes le soin de capturer les Allemands en attendant l’arrivée du gros de l’armée. Quatre d’entre eux sont faits prisonniers, deux autres sont blessés ; leurs deux véhicules sont saisis ainsi que quelques fusils et pistolets.
Alertés par la fusillade, les Allemands donnent l’ordre d’arrêter les civils. Fort heureusement, les fiévreux préparatifs de la bataille ne leur en laisseront pas le temps. et l’armée américaine occupe Mortain à 18 heures 30. Le 4 août, Louis THOUROUDE, membre du groupe, signale aux Américains la présence d’un char en position de tir et d’une vingtaine d’ennemis au lieu-dit " Les Quatre Vents ", et le lendemain, deux autres membres du groupe vont reconnaître à 3 km de la ville l’emplacement d’une batterie allemande qui a causé au cours de la journée de graves dégâts. Roger GARNIER a franchi quatre fois les lignes allemandes pour apporter des renseignements aux Américains.
Arrêté, enfermé dans un bâtiment agricole pour interrogatoire, il réussit à s’évader. A la même date, le 4 août, le major J.B. HAYES du S.O.E. a, sur demande du Service de Renseignements américain, recruté dans le groupe de Résistance de Saint-Hilaire-du-Harcouët, des volontaires pour passer à travers les lignes. Ils devront recueillir des indications sur la redoutable contre-attaque que les Allemands préparent pour atteindre Avranches et couper ainsi de ses bases l’armée américaine engagée en Bretagne et dans les pays du versant nord de la Loire.
Un de ces passeurs volontaires Georges COCONNIER accomplira ces dangereuses missions d’aller et retour cinq fois : les 3, 4. 6, 7 et 9 août. Sous la pression de l’ennemi, les Américains se replient vers l’ouest sur les hauteurs de Romagny et les Allemands réoccupent Mortain. Les groupes de Résistance des cantons à l’est de cette ville, celui de Barenton et celui du Teilleul sont sous la direction du capitaine LEFEVRE (Richard), chef du sous-secteur de Domfront (Orne) et du sous-lieutenant Jean FOUQUE, chef du groupe de Saint-Cyr-du-Bailleul.
Les F.F.I. de ce groupe posent, le 2 août, une mine au pont de la Beltière sur la route de Saint-Georges-de-Rouelley ; un char et sa remorque remplie de munitions sont anéantis. Le lendemain 3 août, à la gare de la petite-vitesse de Saint-Cyr-Saint-Georges, une patrouille du groupe, récupérant les mines antérieurement posées sur la voie ferrée de Domfront à Mortain, est surprise par les Allemands. Au cours d’une brève échauffourée, deux Allemands sont mis hors de combat et le groupe se replie en emportant son matériel.
Dans la nuit du 4 au 5 août, les F.F.I. posent une mine sur la route nationale entre Saint-Georges-de-Rouelley et Barenton : par son éclatement l’engin fait des blessés et provoque l’immobilisation de matériel allemand. L’après-midi du 5 août. le sous-lieutenant Jean FOUQUÉ, à la tête de plus d’une douzaine d’hommes, attaque sur la route de Saint-Cyr-du-Bailleul à Barenton.
Plusieurs ennemis sont tués, des armes et des muni


 

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