Post Numéro: 542
de Baury
08 Sep 2013, 07:11
Bonjour Roger,
Pardonnez-moi pour mon outrecuidance et l'utilisation abusive du tutoiement, emporté que j'étais par les us et coutumes du monde facebookien... L'école de la 4ème République m'avait appris tout autre chose et je m'en réjouis. Je reprends donc, si vous le permettez, les bonnes règles de la tradition respectueuse de l'interlocuteur que l'on ne connaît pas... Pour ma culture personnelle qu'est-ce que ce terme barbare, la "netiquette" ?
Je suis vraiment désolé que mes différents exposés ne vous permettent pas de lever vos interrogations. En effet, ce sont seulement quelques morceaux de voile qui ne paraissent pas avoir de cohérence entre eux : une demande expresse de mon éditeur tant que le travail complet n'est pas édité : 86 p. d'analyse et plus de 200 p. de témoignages et pièces inédites... A paraître bientôt en librairie. Patience donc.
Quelques remarques, cependant, sur votre texte :
1- Diekmann n'est pas allé à Oradour pour venger Kämpfe, mais pour appliquer les ordres de son commandant de régiment Stadler, lui-même avec le feu vert de Lammerding. Diekmann n'est pour moi que le maître d'oeuvre du massacre (ce qui n'enlève rien à l'horreur de son acte). Les maîtres d'ouvrage se nomment Stadler et Lammerding...
2- Comme Lidice, Oradour-sur-Glane a été donné par la délation locale. Dans le cas d'Oradour/Glane par la milice de Limoges (Davoine parle bien de trois réunions de la milice, une le vendredi soir à 21h , l'autre le samedi matin avec la venue de Diekmann à Limoges pour exprimer son impuissance à raser Saint-Junien et une dernière à Saint-Junien pour préparer le massacre)...
Souvenons-nous :
10 juin 1942, Heydrich et le massacre de Lidice sur délation, 333 morts
10 juin 1944, Kämpfe et le massacre d'Oradour-sur-Glane, sur stigmatisation de la milice locale et de Filliol, 642 morts
Un 10 juin fatidique pour les malheureuses victimes de l'horreur nazie et de la délation nationale...
La réconciliation franco-allemande n'est pas le sujet de mes préoccupations vous l'avez compris. Je cherche seulement à approcher la vérité historique dont le coeur même a été sans cesse brouillé par une histoire écrite à partir de simples opportunités. Voir l'écriture d'un certain négationnisme initié par Weidinger à Bordeaux dans les années 50 et qui a conduit à la FALSIFICATION ALLEMANDE au cimetière allemand de Berneuil en Charente-Maritime : la dalle de l'officier SS Helmut Kämpfe repose sur les restes d'un soldat inconnu tombé le 8 juin 44 dans une embuscade de la Résistance à Breuilaufa à quelques 10 km seulement d'Oradour-sur-Glane. J'espérais sans trop y croire que nos deux présidents feraient un geste concret pour effacer cette falsification et éradiquer un pan de négationnisme... Mais l'histoire est écrite et il y a un mot qu'il ne faut surtout pas prononcer et qui marque toute la complexité de ce dossier (si, si, c'est sérieux, permettez-moi d'insister au risque d'apparaître peu crédible comme vous l'écrivez), c'est le mot "REPRESAILLES" qui mériterait d'être beaucoup plus développé. Attendez mon analyse complète...
Alors s'il n'y avait pas eu la capture de Kämpfe, il n'y aurait pas eu Oradour/Glane, j'en suis persuadé. Mais il y aurait probablement eu un autre bourg sur le trajet du 1er bataillon du régiment Der Führer, commandé par Diekmann : Saint-Brice, Saint-Victurnien ou bien, peut-être, Peyrilhac où fut capturé, le 9 juin également, le lieutenant Gerlach. Parce que Saint-Junien était trop importante pour un simple bataillon, même de la SS qui venait prendre le relais d'une action initié dès le 8 juin par le général Gleiniger : l'envoi d'un train blindé de la Wehrmacht et de la police SS de Limoges pour exercer des représailles sur la population de la ville... Gleiniger un des éléments générateurs du massacre d'Oradour/Glane...
C'est dire la complexité du mystère Kämpfe et du silence assourdissant de la Résistance sur le sujet, silence qui a permis hélas le développement d'un certain négationnisme..
Je pense vous avoir fourni quelques éléments de lecture de mes différents exposés sur ce sujet. Nous reprendrons nos échanges après la publication de l'analyse définitive qui n'est pas pour autant exhaustive et mérite encore d'être enrichie notamment sur l'action fondamentale de la milice locale, utre élément générateur du massacre... mais les archives pour ce faire sont elles aussi bien silencieuses !
Bien à vous et bon dimanche.
Michel Baury
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