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Le Parti National Breton et le Nazisme

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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Nouveau message Post Numéro: 11  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 12 Juil 2006, 12:59

Bonjour Roger,
LENEVETTE Roger a écrit:Bonjour à tous
Pour ce qui est du Nationalisme breton pendant la Seconde Guerre, je conseille de lire le dernier livre de Kristian Hamon "Le Bezen Perrot"

Nous en avons deja parle tous les deux, j'ai quelques doutes quant a l'objectivite de Kristian Amon que de nombreux circuits ont accuses de tenter de faire une sorte de rehabilitation des franges collaborationnistes bretonnes.
Au début de 1943, les dirigeants du PNB prennent conscience qu'ils ne doivent plus se compromettre davantage avec l'occupant et adoptent une attitude un peu plus neutre dans ce conflit.

Voila, par exemple. "Un peu plus neutre" mais les nervis du Bezen Perrot, emanation directe du PNB, continuerons jusqu'au bout, eux !

Maintenant, je suis peu etre un peu trop "Chat echaude craint l'eau froide" apres avoir failli me faire avoir par Dominique Venner...

Alors, si, tu persistes et signes que Kristian Amon est objectif, toi qui a eu d'une part affaire a eux et d'autre part ne peut pas voir en peinture ces tentatives de rehabilitation, je me rangerais a ton sage avis.

Amicalement
Daniel


 

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Nouveau message Post Numéro: 12  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 12 Juil 2006, 16:39

Je suis toujours très prudent sur ce qui parle de la guerre menée par les autonomistes bretons... Les livres concernés sont souvent écrits par des sympatisants engagés.


 

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Nouveau message Post Numéro: 13  Nouveau message de panzer5  Nouveau message 12 Juil 2006, 16:46

Effectivement je confirme. J'ai pu m'apercevoir qu'une sorte de légende dorée s'est formée autour de personnages au passé douteux, une sorte de romantisme révolutionnaire faisant l'impasse sur certains faits pouvant discréditer le mouvement.


 

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Nouveau message Post Numéro: 14  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 12 Juil 2006, 17:08

Bonjour,
Oui, Hilarion, oui Panzer5, d'ou mes reserves et mes questions au sujet de Kristian Hamon.

Mais si Roger nous confirme que ce livre est "correct", c'est qu'il l'est.
Voyons voir ce qu'il va nous en dire.

Je vois mal un ancien FTP Breton, un camarade de Yvonnick Laurent, un homme dont la culture et l'agilite intellectuelle m'epate tous les jours depuis que je le connais, se tromper sur un tel sujet, lui qui serait toujours capable aujourd'hui, malgre son age, de planter sa fourche ou sa pioche dans la bedaine du Milicien Di Constanzo ou autres ordures si l'occasion lui en etait donnee...


 

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Nouveau message Post Numéro: 15  Nouveau message de LENEVETTE Roger  Nouveau message 15 Juil 2006, 23:46

Pour avoir lu le livre de kristian Hamon, je ne vois pas ce qu'on peut lui reprocher
Les actions du Bezen y sont transcrites avec veracité et jusque dans l'horreur. Si c'est réhabiliter ces hommes, alors j'aimerais savoir ce qu'il aurait fallu écrire pour que cela trouve grâce à vos yeux.
Pour avoir connu et vécu cette époque dans un groupe FTP qui a eu affaire à eux, j'ai retrouvé dans le livre le climat d'angoisse qui pouvait saisir les esprite et les groupes FTP lorsqu'il s'agissait de cette bande.
Leur passe temps favori était la chasse aux FTP
Arrêter. Torturer . Violer . Assassiner . Piller et brûler les fermes. Tout cela vous le trouverez dans le livre
Je vous livre trois textes de ce livre qui ne prête pas à confusion selon moi dont le dernier est une opération menée par des franc-garde et 3 groupes du Bezen Perrot sous la direction du SP opération du 7 juillet
suivie d'une autre le 8 juillet par le même groupe à la Roche aux Merles en Vieux Vy sur Couesnon et je puis vous assurer qu'il n'y a pas un mot à retirer ou à ajouter/
Je vous en souhaite bonne lecture. Amicalement

Roger

La naissance du Bezen :
Au cours de l'année 1943, les choses ne s'arrangent pas pour les Allemands. Alors que leurs troupes en sont réduites à la défense sur le front de l'Est ou en Italie, ils doivent faire face en France à une inquiétante progression des maquis. Si elles veulent éviter de dégarnir leurs nombreux fronts extérieurs, les autorités d'occupation n'ont d'autres choix que de mettre sur pied des unités de supplétifs connaissant bien le pays pour lutter efficacement contre la Résistance. C'est dans ce contexte que les membres du Service Spécial effectuent leurs manœuvre au mois d'Août de la même année. Et ce sont ces hommes que l'on retrouvera dans la Bretonische Waffenverband der SS, appelée aussi "Bezen Cadoudal", intégrée au SD et non à la Wermacht.
La convention de cette unité est signée le 11 novembre 1943 entre Lainé et le colonel Hartmut Pulmer, chef du SD de Rennes. C'est également en novembre 1943 que les Allemands arment la Milice de Darnand. Le 4 décembre, c'est un véritable diktat qu'adresse Hitler à Pétain, trouvant la situation en France intolérable, la menace d'un Gauleiter étant à peine voilée. En conséquence les Allemands autorisent l'extension de la Milice à la Zone Nord. Le 15 décembre 1943, trois jours après l'assassinat de l'abbé Perrot, sur proposition du Kadven Ange Péresse, les 33 premiers volontaires du "Bezen Cadoudal" votent à main levée l'appellation de "Bezen Perrot"
Il y aura bien quelques défections, mais ce noyau dur du Bezen, dont les membres sont pour la plupart issus du Service Spécial, suivront leur chef jusqu'à la capitulation du Reich. Les membres ont au sein du SD un statut équivalent à celui des Allemands.. A défaut d'un uniforme spécifique réclamé en vain par Lainé, ils porteront la tenue des Waffen SS qu'ils recevront fin mars 1944. Maigre consolation, le Bezen peut déployer le Kroaz Du, son drapeau blanc à croix noire, sous lequel fut cousu un morceau maculé du sang de l'Abbé Perrot..
Le groupe aménage d'abord dans une maison réquisitionnée par les Allemands au 7 rue de Vincennes puis dans une propriété située au 19 rue Lesage, prés de l'avenue Jules Ferry où se trouve le siège du SD. Les nouvelles recrues seront cantonnée au 19 boulevard de Sévigné. Dés leur incorporation, les nouvelles recrues doivent abandonner leur patronyme et adopter un, voire deux pseudonymes. Bon nombre ne connaîtront jamais la véritable identité de leurs camarades ce qui ne facilitera pas la tâche des enquêteurs à la Libération. Unité militaire allemande, le Bezen est soumis à une discipline stricte. En plus de l'instruction militaire, les recrues doivent suivre différents cours. Signature du contrat définitif le 1er mars.
Les trois premiers mois, les membres du Bezen opèrent en civil. Le contrat (en Allemand) signé une trentaine de gours sont dirigé à Paris avenue Foch, siège de la Gestapo pour y être habillés et armés. C'est seulement fin mars 1944 qu'ils endosseront l'uniforme feldgrau des Waffen SS : Uniforme vert feldmütze à tête de mort, épaulette noire avec liseré vert, chemise brune, cravate noire, ceinturon SS. Il n'y avait pas assez d'uniformes pour tout le monde, ils étaient donc réservés pour les opérations et les gardes.
Au départ, les "gours" touchent 75 Francs par jour puis la solde passe à 4 000 F par mois, ce qui est assez notable lorsqu'on sait qu'un professeur touche 2 500 F à l'époque. Mais il faut enlever 1 800 F pour la nourriture plus 500 F versés aux "Fonds Debauvais", en fait destinés à l'école en langue bretonne créée par Kerlann à Plestin-les-Grèves.

La collaboration armée en civil :
Lorsque les Allemands décident d'une opération contre un réseau de Résistance ou un maquis, ceux ci ont déjà fait l'objet d'une infiltration ou d'un repérage par des agents Français du SD. Dans ces bas fond de la collaboration se distingue tout particulièrement la quinzaine de membres du groupe d'Action du PPF.
A son origine au mois de mai 1944, le groupe d'Action placé sous l'autorité du Service Allemand de la main d'œuvre était chargé de dépister et arrêter les réfractaires au STO. Il va très vite passer sous le contrôle du SD et participer aux opérations contre la Résistance. Ses membres sont rétribués 3 600 F par mois, plus diverses primes. Ils sont armés et disposent de carte de police. Certains d'entre eux se livrant à des trafics en tous genres reconnaîtront gagner jusqu'à 20 000 F par mois. Tout ce beau monde loge au 25 Rue d'échange à Rennes. La discipline y est apparemment plus souple qu'au Bezen puisque ces hommes vivent avec leurs femmes ou maîtresses. Le groupe d'Action est dirigé par un certain Rollin et Maurice Imbert, dit "Le Caïd", employé au garage Hopmann de Saint Malo, comme son acolyte Chappron qui se distinguera contre le maquis de Broualan.
Ils ont tous été recruté par le docteur Daussat, responsable du PPF à Saint Malo. Ce docteur qui est également le médecin de l'organisation. Todt, pour un secteur s'étendant de Granville à Saint Brieux rencontre Lainé le 24 mai 1944 à Rennes et lui de confie son projet de constituer à Saint Malo une formation militaire semblable à l'unité Perrot. Daussat lui manifeste également son désir de voir leurs hommes rendre communes leurs actions anti-terroristes. Composé essentiellement d'éléments du PPF de Saint Malo, la section la plus importante du département avec 165 adhérents, le groupe s'installe à Rennes le 8 juin 1944.
S'il fallait établir une graduation sur l'échelle des horreurs commises sous l'occupation, les exactions du groupe d'action du PPF dépassent de loin celles du Bezen. D'après un membre du groupe qui ne passe pas pour être lui même un enfant de cœur, il faut reconnaître que Imbert s'est retrouvé à la tête d'une bande de gangster qu'il n'a pas pu toujours maîtriser. Parmi ces gangster qui ont fait la une dans la presse à la Libération, le cas de Georges Tily est intéressant car c'est un transfuge du Bezen. Avant guerre il travaillait dans une carrière de granit de la Clarté en Perros Guirec. Sous l'occupation, on le retrouve employé à la Kriegsmarine. Recherché par les Allemands pour une histoire de vols de pneus il se dissimule en rejoignant le maquis de Priziac dans le Morbihan. Tout du moins, c'est sa version des faits. En réalité, il semble bien qu'il était déjà au service de l'occupant lorsqu'il fut accueilli par ce maquis. Affecté à la surveillance d'un carrefour, il se fait prendre les armes à la main par les allemands. Sur ses indications, le maquis est neutralisé le 8 juin 1944.
De si bonnes dispositions le font évidemment remarquer par le SD qui stationne alors à Guémené sur Scorff avec le Bezen. Georges Tily participe ensuite à diverses opérations dans la région aux côtés du Bezen. C'est vers le 14 juin 1944 que j'ai adhéré au sd de Rennes. Les bureaux auxquels j'étais rattachés étaient installés à Guémené sur Scorff. Le 2 juillet j'ai été envoyé à Uzel jusqu'au 8 juillet. De retour à Rennes, il devient garde au QG de Lainé. Finalement, il ne sera pas accepté au Bezen à cause de son vol de pneus. Il entrera au Groupe d'Action.
Le 24 juillet 1944, avec un autre membre, il arrête le patron d'un café du boulevard Chezy à Rennes suspecté de relations avec la Résistance. Emmené rue d'Echange, le pauvre homme est torturé dans la cave. L'interrogatoire ne donnant rien, Tilly et deux autres acolytes vont chercher la femme du cafetier et la violent à tour de rôle devant lui. Reconduite à son domicile, ils lui volent 30 000 F . De retour rue d'Echange ils retrouvent le prisonnier trop esquinté pour l'interroger de nouveau et lui tire une balle dans la tête puis ensuite vont jeter le corps dans le canal d'Ile de Rance face au Bd de Chezy..
L'un des participants qui a participé à la scène du viol, un GMR (Groupe Mobile de Réserve) et qui devient trop compromettant est emmené dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier par ses deux camarades puis égorgé. La sentence sera sans appel pour ces deux hommes à la libérations. Ils seront fusillés. Le groupe d'Action quittera Rennes pour l'Allemagne en août 1944. Ses membres intègreront l'école de sabotage et d'espionnage de Reuntlingen à côté de Tübingen, ou bien finiront dans la Waffen

Le Bezen contre les maquis en Ille et Vilaine :
Le Nord de ce département voit passer de nombreuses troupes allemandes, rendues nerveuses à l'annonce du débarquement.
C'est ainsi que le 7 juin 1944, une petite formation traverse Cuguen, commune située entre Combourg et Dol de Bretagne. Un des soldats, isolé à l'arrière de la colonne est abattu en plein jour par deux individus qui prennent la fuite. Des renforts commandés par le lieutenant Poppner, dit "Bébé rose" arrivent aussitôt de Combourg. "Bébé rose" rassemble les habitants du village, les enferme dans l'église, puis place une mitrailleuse face au porche. Pendant ce temps les allemands procèdent à des perquisitions dans le bourg et réquisitionnent toutes les bicyclettes. Il faudra l'intervention de personnalités locales pour empêcher qu'ils ne mettent le feu à l'église et au village. Trois jours avant le drame d'Oradour, le pire est évité. La troupe ne traîne pas et prend la direction du front de Normandie. Non sans avoir incendié la mairie, l'école et la maison du secrétaire de mairie.
A Quelques kilomètres de Cuguen se trouve le maquis du Bois de Buzot en Broualan. C'est un des rares que compte l'Ille et Vilaine. Il ne s'agit pas d'un maquis à proprement parler mais plutôt d'un camp de transit utilisé par une centaine de FTP et de réfractaires au STO de la région malouine. Un parachutage devait être fait, mais rien n'a eu lieu.. Le 6 juillet 1944, venant de Cuguen où ils avaient été repérés trois hommes armés de mitraillettes descendent d'une traction Citroën et pénètrent dans un café du bourg de Broualan. Se disant membres d'un maquis de Haute Savoie, ils veulent entrer en contact avec un "Adjudant Lambert". Trouvant ces individus louches, le patron du café se rend au village de La Lopinière, un hameau situé à quelques centaines de mètres de Broualan, pour prévenir Raoul Bourdet, un Résistant de 38 ans originaire de Paramé. Celui ci se rend alors sur les lieux pour voir de quoi il retourne, mais à son arrivée les trois individus avaient déjà quitté le bourg. Cette étrange visite ne manquant d'éveiller les soupçons des Résistants, le camp est mis en état d'alerte et les sentinelles renforcées. Bien leur en a pris car le lendemain 7 juillet, vers 4 H du matin, une centaine de miliciens de la Franc-Garde, le groupe d'action du PPF et trois groupes du Bezen, dirigés par le SD investissent Broualan.
Parfaitement renseignés, les Allemands arrêtent aussitôt l'adjudant Lambert qui dormait au bourg chez son beau frère Mr Hubert. L'autocar s'arrête en plein bourg et presque aussitôt, l'adjudant Lambert a été amené par des miliciens et des civils déclare lors de son interrogatoire R.P. un des membres du groupe d'action. Le chef du maquis arrêté, le convoi part donner l'assaut au camp situé à quelques kilomètres. R.P. assure que lui et son groupe assuraient la garde des véhicules pendant que les Allemands, la franc-garde et les membres du Bezen montaient à l'assaut. Il y a tout lieu de le croire, la présence de civils lors de l'attaque risquait de compliquer les choses. Grâce aux précautions prisent la veille, les maquisards étaient sur leurs gardes et parviennent à se dégager en bon ordre pour se regrouper à Vieux Vel. Peu de temps après , toujours selon R.P. les miliciens reviennent avec une douzaine d'hommes dont certains à peine vêtus.. Ces Résistants ont été arrêtés, certains dans leur sommeil, alors qu'ils avaient trouvé refuge dans une ferme du village de la Lopinière situé à mi chemin entre Broualan et le Bois de Buzot. La ferme pillée et incendiée, ils sont ensuite dirigés vers le bourg où stationnent les autocars. Parmi ces Résistants, on retrouve Raoul Bourdet : Lorsque j'ai été arrêté à Broualan, je me suis trouvé avec 17 autres prisonniers alignés devant un talus à environ 200 mètres.
Ce qui va alors se passer au bord de cette petite route, qui mène de la Lopinière à Broualan est d'une rare violence confirmée par tous les témoignages recueillis à la Libération. Imbert, le chef du groupe d'action, ordonne à l'adjudant Lambert de se déshabiller, puis Di Constanzo, le chef des franc-gardes le frappe à coups de ceinturons. On retrouve là une pratique courante chez tous ces tortionnaires : dénuder l'adversaire pour lui ôter toute dignité. Une liste de Résistants ayant été trouvé dans ses vêtements, l'adjudant reçoit l'ordre de se revêtir mais tombe à terre sous les coups. Un autre membre du groupe d'action R.C. originaire de Saint Servan reconnaît alors René Capitain, un résistant de Saint-Malo, parmi les prisonniers.
S'acharnant sur lui à coups de nerf de bœuf, il lui donne l'ordre de se déshabiller , et pour l'avilir encore plus l'oblige à se mettre à cheval sur le dos de l'adjudant Lambert. Les coups pleuvent à nouveau et Capitain ne peut plus se relever. Un officier de la Milice décide de l'abattre mais un membre du groupe d'action le repousse en criant : Je veux essayer mon colt ! Il envoie une balle à bout portant dans la nuque de Capitain puis déclare aux miliciens : Chouette, je sais qu'il marche ! Une femme d'une cinquantaine d'années, armée et portant un brassard de la Croix Rouge tourne alors la tête du malheureux avec son pied.
Pendant ce temps "Heric" un des membres du Bezen, présent sur place remarque un adjudant du 1° Régiment de France et un officier Américain, parmi les Résistants arrêtés à la Lopinière. L'officier Américain était en civil mais portait sa plaque d'identité militaire. Sur l'ordre de Péresse qui l'avait réclamé comme prisonnier de guerre pour être mis à la disposition des autorités allemandes : " Je fis office d'interprète et le questionnais : 28 ans, originaire de New York, il était capitaine dans l'aviation. Fait prisonnier à Saint-Lô, il s'était évadé. Je demandais les clés des menottes à Di Constanzo. Celui ci me répondit qu'il n'en apportait jamais, n'ayant pas l'habitude de libérer ses prisonniers. Aidé de mes camarades je fis sauter l'attache des menottes, ce qui permit à l'officier de boire et manger ".
Le cadavre de Capitain laissé sur place, le convoi quitte Broualan, non sans avoir fait trois victimes dans le bourg : Jean Lebois, Hélène Lebois et Joseph Hue et prend la direction de Rennes. Sur le chemin du retour, les miliciens de la franc-garde en profite pour effectuer des contrôles et des arrestations. Après avoir parcouru une quinzaine de kilomètres, le convoi s'arrête au bord de la route à proximité du bourg de Saint-Rémy-du-Plain. : " Les miliciens font alors descendre de la camionnette les Résistants arrêtés et les emmènent par un chemin creux dans un bois situé à environ 200 mètres de la route déclare R.P. qui est toujours dans l'autocar. Au bout d'une vingtaine de minutes d'attente, les membres du convoi perçoivent le bruit de rafales de mitraillettes puis sept ou huit maquisards reviennent escortés par les miliciens, déclare R.P. qui remarque aussi que l'un d'entre eux porte le blouson de cuir d'un jeune résistant de Saint-Servan qui venait d'être abattu ".
Quand à l'officier Américain selon "Héric" son sort semble avoir été décidé dans l'intervalle : " Deux ou trois heures après, Péresse change d'idée et avec l'accord de Di Constanzo et de Rieck de la SD, il décide de faire fusiller cet officier américain. Après que Rieck ai pris sa plaque militaire, Péresse nomma pour le fusiller "Poher", "Lizidour" et "Jan". Tous trois refusèrent. Se présentent alors comme volontaire "Targaz", Gwirieg" et "Glaz". Accompagnés de Rieck, Péresse et Di Constanzo, ils emmènent l'officier à environ 200 mètres et le lieutenant de la milice tira dans le dos de l'officier qui ne se rendit compte qu'au dernier moment de ce qui lui arrivait. Avant l'assassinat de cet officier, les miliciens avaient déjà tué six autres personnes au même endroit dans la matinée du même jour ".
Lors de son interrogatoire "Cadoudal" qui n'était pas sur les lieux donne une autre version : " Ils ont fait prisonnier un officier Américain. Tout d'abord, il a été décidé qu'il serait considéré comme prisonnier de guerre. Mais Di Constanzo prétendant qu'il était en civil a voulu qu'il soit fusillé et a demandé des volontaire. Il s'est adressé à "Lizidour", "Cardinal" "Héric" qui ont refusé. Di Constanzo l'a abattu lui même. Huit Résistants dont l'adjudant Lambert sont exécutés dans cette carrière de Touchasse. Le convoi reprend sa route vers Rennes et l'asile de Saint-Méen où les personnes arrêtées sont regroupées puis dirigées vers le château d'Apigné pour y être interrogés par la Milice.
Toujours dans cette région, une autre opération est menée le 27 juillet 1944 à Saint-Marc-sur-Couesnon. Une cinquantaine d'Allemands, un groupe du Bezen et les hommes du Groupe d'Action encerclent une ferme située à proximité du Moulin d'Everre. Après un échange de coups de feu, Quatre Résistants sont arrêtés et alignés contre le mur de la ferme.

Frappés à coups de crosse par les membres du Groupe d'Action, ils sont ensuite exécutés sur place. Il s'agit de André Charron, 19 ans – Roger Grosnier, 21 ans – Joseph Lemoine, 23 ans - Léon Pépin, vingt ans. Un petit monument a été érigé non loin des ruines du moulin.
Cinq personnes sont arrêtées puis emmenées à Rennes d'où elles sont déportées. En fait une équipe du Groupe d'Action était venue quelques heures auparavant au moulin qui servait de refuge à un groupe de jeunes maquisards FTP, mais n'y avait trouvé qu'une caisse vide. Un des hommes se dirige alors vers une ferme voisine et obtient des renseignements précis sur l'emplacement des maquisards. Le groupe décide alors d'appeler des renforts à Rennes à partir d'un poste Allemand de Saint Aubin-du-Cormier.
Cette expédition fait suite à la visite rue d'Echange d'un cultivateur de Saint-Jezan-sur-Couesnon et d'un marchand de bestiaux de Saint-Marc-sur-Couesnon qui étaient venus pour se plaindre de vols de bicyclettes et de pillage de fermes aux alentours d'un moulin. Ils avaient été envoyés là par un membre du PNB, Georges H., qui pensait que le Groupe d'Action était un service de police comme un autre.
Cette opération est la dernière du Bezen en Ille et Vilaine. Dans les deux jours qui suivent, les groupes encore présents dans les Côtes-du-Nord et le Finistère regagnent Rennes précipitamment. Le 31 juillet 1944, avec pratiquement un mois de retard sur leurs plans, les Américains sont aux portes de la Bretagne.

Il y a beaucoup d'autres opérations qui vont encore plus loin dans l'horreur et je ne pense pas que ce soit en les racontant et en les faisant découvrir qu'on fasse ou qu'on aide à la réhabilitation de ces hommes
Cette bande a été notre bête noire pendant l'occupation et je l'ai retrouvée dans ce livre telle qu'elle était restée dans mon esprit et dans ma mémoire.
Roger


 

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Nouveau message Post Numéro: 16  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 16 Juil 2006, 03:49

Bonjour Roger,
LENEVETTE Roger a écrit:Cette bande a été notre bête noire pendant l'occupation et je l'ai retrouvée dans ce livre telle qu'elle était restée dans mon esprit et dans ma mémoire

Merci, c'est tout ce que je voulais savoir.
Il va maintenant falloir reviser mon avis sur la question
Amities
Daniel


 

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Nouveau message Post Numéro: 17  Nouveau message de LENEVETTE Roger  Nouveau message 16 Juil 2006, 22:30

J'ai seulement défendu ce livre et l'autenthicité de ce qui y est écrit et je pense que les reproches qui lui sont faits seraient plus justifiés pour le livre précédent sur les Nationalistes Bretons du même auteur et qui date de quelques années.
Je pense donc qu'il n'est pas nécessaire que tu remettes en question ta prudence.
A propos du Nationalisme tu sais ce que j'en pense, et le Nationalisme Breton a été la triste illustration pendant la dernière guerre de ce que cela peut engendrer sans que cela aie tellement servi de leçon y compris à la Bretagne.
Roger


 

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Nouveau message Post Numéro: 18  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 19 Juil 2006, 14:55

Bonjour Roger,
LENEVETTE Roger a écrit:A propos du Nationalisme tu sais ce que j'en pense, et le Nationalisme Breton a été la triste illustration pendant la dernière guerre de ce que cela peut engendrer sans que cela aie tellement servi de leçon y compris à la Bretagne.

Eternelle question !
Ou fini le Patriotisme et ou commence le Nationalisme ?
Mais, helas, je ne peux que constater que tu as raison, les lecons n'ont pas encore suffisamment porte et les Nationalismes continuent a sevir, en France et dans certaines provinces comme la Bretagne, la Corse, le Pays Basque et d'autres.
Ne generant, comme toujours, que du sang, des larmes et de la haine.
Amities
Daniel


 

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Nouveau message Post Numéro: 19  Nouveau message de betacam  Nouveau message 27 Juil 2006, 15:57

daniel laurent dit : où fini le patriostisme, où commence le nationalisme ?

à trop tirer sur la corde, on génère ces nationalismes. Pourquoi ne pas adopter le modèle allemand ou espagnol.

Panzer 5 site historhabreiz , impossible de retrouver l'article sur Gilles Eskob ( un du bezen ), mais il doit s'agir du même sité dans le livre de Caerleon. A noter, qu'avant d'intégrer le bezen, il pensait s'engager dans la LVF. Ce n'est pas franchement la même orientation. Mais j'aime beaucoup son témoignage ( il me paraît quelqu'un de saint d'esprit et non un vulgaire voyou).

J'ai retrouver le livre de Caerleon , réedité par les Editions Celtics-chadenn 20, rue Joffre 22520 - Binic - 02.96.73.30.00
apparament, il n'y a plus de site. Ils réeditent une série de livres plutôt intéressants.

quand au livre de Kristian Hamon, que je n'ai pas encore lu, sur un site breton http://www.anarvorig.com, le forum est fermé actuellement, il était accusé de faire le jeu des jacobins (? ).

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Nouveau message Post Numéro: 20  Nouveau message de LENEVETTE Roger  Nouveau message 31 Juil 2006, 09:42

J'ai lu également ce genre de commentaires de Ernest Le Barazer qui attaque le livre à partir de deux phrases qui ne sont pss de Kristian Hamon mais de Loeiz ar Beg dans la préface du livre.
Le Barazer n'est d'ailleurs pas d'accord avec lui même lorsqu'il se sert du livre ensuite pour faire son article "La Résistance au banc des Accusés".
Pour avoir lu "Le Bezen Perrot", je m'interroge sur ce qu'attendent ceux qui le critiquent alors qu'on peut y voir les Nationalistes Bretons se livrer à ce qu'il y a eu de plus ignoble pendant la dernière guerre et jusque dans l'horreur. De plus sur un certain nombre de faits relatés, je puis attester l'authenticité de certains faits pour avoir vécu cette époque dans un groupe qui en a été la victime.
Je parle ici du livre et de son contenu, et non de Kristian Hamon que je ne connais pas. Pour avoir lu son livre précédent également sur les Autonomiste Breton, il est loin d'avoir la valeur historique de celui ci, je me garderai donc de porter un jugement sur l'auteur.
En toute amitié à tous
Roger


 

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