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Les Frontstalags

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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Les Frontstalags

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de chazette  Nouveau message 24 Déc 2008, 01:46

Les Frontstalags
texte A.Chazette
Au cours de la campagne de France de 1940, un grand nombre de nos soldats ont été fait prisonnier par les forces allemandes. Si l’on se base sur les statistiques ont constate que le plus fort contingent a été fait prisonnier en Belgique, dans le nord de la France, dans les Vosges et en Alsace, c’est à dire où les grandes armées ont été encerclées sans rémission par les manoeuvres allemandes. D’autre part on constate aussi que 16,71 % des prisonniers ont été pris avant le 31 mai 1940, 80,56 % l’ont été en juin et 1,72 % en juillet. Evidemment la grande masse des PG a été capturée après l’offensive du 10 mai 1940 et 50 % ont été capturés dans l’interval entre la demande d’armistice et l’entrée en vigueur de celui-ci. Enfin 5 % ont encore été capturés après l’entrée en vigueur de l’armistice. Du point de vue des statistiques 50,47 % des soldats français ont été capturés sans combat, 44,86 % sont capturés après combat et 4,66 % sont indéterminés.
Après une marche interminable une partie des prisonniers va rester en France dans des camps improvisés appelés Frontstalags et ceux-ci sont répartis sur la totalité du territoire français conquis. Les Frontstalags ont tout d’abord hébergé des PG de toutes origines, puis progressivement à la fin de l’année 1940 et au début de 1941, avec le départ des soldats français vers les camps allemands, ils n’abritent plus progressivement que des soldats d’outre-mer. Seul un petit encadrement français resté sur place assure dorénavant l’administratif du camp. Ces prisonniers internés, alors employés comme main-d’oeuvre au profit de l’Allemagne, sont regroupés en Kommando de travail et participent activement, dès 1942, à la mise en place du grand chantier du mur de l’Atlantique sur les côtes de notre littoral. Cette main-d’oeuvre bon marchée est tout de suite acceptée par l’Organisation Todt dont la tache est Kolossal, car il faut réaliser en un minimum de temps un rempart infranchissable pour faire échouer un hypothétique débarquement. C’est pourquoi bon nombre d’habitants des villes côtières remarqueront ces Nord-Africains, Sénégalais, indochinois travaillant aux défenses du littoral sous encadrement français et tutelle allemande. Un document daté du 8 octobre 1941, nous permet d’apprécier les effectifs des internés, originaires d’outre-mer : 43973 Nord-Africains, 15777 Sénégalais, 3888 Malgaches, 2317 Indochinois, 380 Martiniquais et 2718 autres soldats non classés par race. Si ces PG étaient en grand nombre à la fin de l’année 40, soit approximativement 80000 hommes cantonnant dans les camps, à la fin de l’année 1941 il n’étaient plus que 60000, faisant suite à la décision allemande datée du 3 juillet autorisant 20000 Nord-Africains de race blanche a retourner chez eux. A l’intérieur de la zone administrée par les Beziks B (Angers) et Bo (Bordeaux) devenant par la suite SW, on compte pas moins de 11 Stalags régis sous le système de la Kommandantur. Les Frontstalags dépendent totalement du Bezirkchef, qui administre les différents départements situés dans son secteur de commandement. En juillet 1940 les camps implantés dans l’ouest de la France, passent sous la direction du Kriegsgefangenen-Bezirk IX de Rennes, alors dirigé par le Generalmajor Hans von Mayer. Son service centralise les trois zones de regroupement des prisonniers : le Kdr J en Bretagne, le Kdr L en pays de Loire et le Kdr D en Aquitaine. Avec l’évolution de la situation et les départs des prisonniers français, certains camps vont être alors progressivement fermés et en janvier 1942 seules cinq Frontstalags sont encore en activité : le 133 de Rennes, le 232 de Savenay, le 221 de St-Médard, le 195 d’Onesse et Laharie et le 222 de Bayonne. En 1942, résultant de cette situation, seul ne subsiste, à l’intérieur du Bezirk B, qu’un commandement unique, le Kdr D sous les ordres de l’Oberst Kuntze dont le PC est installé à Bordeaux entre 1940 à 1944.


Organisation des différents Frontstalags dans l’ouest de la France

Kriegsgefangenen-Bezirk IX Rennes (1940 /1941)
Generalmajor Hans von Mayer, né en 1874 en poste du 1/7/40 au 18/7/40
Generalmajor Victor Gaissert, né en 1879, en poste du 19/7/1940 au 23/6/1941
Kdr J :Generalmajor Paul Biess (23/6/1941-24/4/42)
Oberst Erich Voss (25/4/42-3/1/43)
Oberst von Busse (4/1/43-9/2/44)
Oberst Reim (10/2/44-?)
Adj : Oberleutnant Dr Begen
Stalag-Kommandantur 135 Châteaulin/Quimper (Finistère) (40-20/1/42) Oberstleutnant Friedrich
Stalag-Kommandantur 134 St-Brieuc (Côtes du nord) (1940) Major Laash
Stalag-Kommandantur 133 Rennes (Ille et Vilaine) Major Hartdegen
Stalag-Kommandantur 132 Laval (Mayenne) (1940 / 1941) Major Eckert puis Major Weber
Kdr L : Oberst Sturm Angers (1940 / 1942)
Stalag-Kommandantur 232 Luçon puis Savenay (Loire-Inf) Major von Münch Stalag XI A
Stalag-Kommandantur 230 Poitiers (Vienne) (1940 / 1941) Major List
Stalag-Kommandantur 181 Saumur (Maine et Loire) (1940-20/1/42) Oberstleutnant Nau
Kdr D : Oberst Kuntze Bordeaux (1940 / 1944)
Stalag-Kommandantur 195 Onesse et Laharie (Landes) Oberstleutnant Berthold
Stalag-Kommandantur 221 St-Médard (Gironde) Major de Ahna
Stalag-Kommandantur 222 Bayonne (basses-Pyrenées) Major Beste
Stalag-Kommandantur 184 Angoulème (Charente) (1940 / 1941)
*********************************************************
Les Frontstalags sont gardés en permanence par des unités spéciales dénommées Landesschützen-Bataillone. Leur rôle premier est le gardiennage des différents camps de prisonniers et de les conduire sous bonne garde par petites unités Kommando vers leur destination de travail et éventuellement d’être engagé pour une répression ponctuelle dans le cadre d’une action contre les maquis ou la résistance. De plus chaque unité est bien sur employée dans le maintient de l’ordre au niveau local. Au 15 mai 1941 le Beziks B d’Angers dispose de deux unités le Landesschützen-Regiment-Stab.65 à Pontivy et le Landesschützen-Regiment-Stab.64 à Angers, se répartissant onze Landesschützen-Bataillone. Le Landesschützen-Regiment-Stab.65 met à disposition en Finistère le Lds.Btl. der Stalag 452 (1-4 Kp) à Quimper pour garder le camp 135, le Lds.Btl. der Stalag 745 (1-3 Kp) à Vannes, le Lds.Btl. der Stalag 746 (1-6 Kp) à Rennes, le Lds.Btl. der Stalag 677 à Rennes (1-3 Kp) et le Lds.Btl. der Stalag 389 (1-3 Kp) à St-Brieuc.


AC


 

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