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Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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Re: bezen perrot

Nouveau message Post Numéro: 121  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 13 Oct 2008, 14:03

Bonjour,
orpo57 a écrit:Le chiffre de 30 000 combattants Francais en armes ne me parait toujours pas plausible. Si je totalise la franc garde de la milice, la LVF, la 7ème brigade d'assaut (SS Freiwiligen Sturmbrigade Frankreich) et la Charlemagne, on dépasse difficilement les 15 000 hommes, sachant que ces unités ont joué le role de vases communicants. Au plus fort de son effectif, la Charlemagne n'a pas dépassé 6 000 hommes, dont d'ailleurs au moins 2 000 miliciens déjà comptabilisés par conséquent.

Mes chiffres sont la :
http://www.histoquiz-contemporain.com/H ... ectifs.htm
Le total "brut" est de 62.490 auquel il convient d'enlever la Charlemagne, deja comptee par ailleurs, les Miliciens non veritablement armes, environ 18.000 et la Legion tricolore, armee mais qui n'a pas combattu. Cela en laisse 36.690.
Donc parler d'environ 30.000 est prudent


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 122  Nouveau message de Judex  Nouveau message 13 Oct 2008, 16:29

Je sais que ce que je vais écrire peut facher, mais à mon sens il ne faudrait pas oublier dans une certaine mesure les GMR ! En tous cas les résistants qui étaient en face, eux s'en rappellent...
Sinon, une petite précision, le grade de SS-Oberführer est commun à toutes les branches de la SS (Waffen-SS, Allgemeine-SS, SS-VT, SS-Totenkopfverbände et SS-Sicherheitsdienst).
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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 123  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 14 Oct 2008, 09:13

Bonjour,
Judex a écrit:Je sais que ce que je vais écrire peut facher, mais à mon sens il ne faudrait pas oublier dans une certaine mesure les GMR ! En tous cas les résistants qui étaient en face, eux s'en rappellent...

En effet, il faudrait les compter. Et quid des policiers du Vel D'hiv et autres rafles de Juifs ?
Mais la difficulte va consister a soupeser la part du "volontariat" et celle du "J'ai des ordres" chez ces fonctionnaires. La, je ne suis pas de taille.

Mes chiffres cites plus haut ne concernent que les engages volontaires, plus simple a compter et, en plus, il y manque les auxiliaires francais de la Gestapo, style rue Laurisson, mais je manque de sources a ce sujet.

A ce train la, les 50 000 approchent !


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 124  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 20 Déc 2008, 22:22

Je reviens sur ce forum, un peu tardivement, à propos de Bob Le Helloco, cité comme "juste" par Jean-Jacques Monnier dans son ouvrage "Résistance et Conscience Bretonne". J'avais déjà parlé plus haut sur ce site de cet agent breton du SD qui avait infiltré puis dénoncé le réseau Gallais de Fougères en octobre 1941. Cet homme va continuer de travailler pour les Allemands durant toute l'occupation comme interprète de la NSKK à Vannes, Lorient ou Quimperlé. Il sera d'autre part considéré comme étant un des meilleurs agents du SD et du SRA d'Angers et à l'origine de nombreuses arrestations parmi la Résistance. Sa première femme bretonne étant également agent du SD va dénoncer et faire arrêter des résistants à Saint-Brieuc. En juillet 44, sentant le danger venir, cet homme va s'engager dans la Formation Perrot pour prendre la fuite. Il va être à l'origine de l'opération menée contre le maquis de Broualan et qui fera de nombreuses victimes parmi les FTP de "Loulou Petri". Le 2 août 44, il est évacué vers l'Allemagne avec la Formation Perrot, sa femme et son jeune fils suivant dans un car en compagnie de civils dont Roparz Hemon. Son épouse et son enfant vont se rendre aux américains début 45 et être rapatriés en France où elle sera jugée à Rennes. Notre membre du Bezen, alias "Marcel", va disparaitre dans la nature et refaire sa vie après la Libération sous une fausse identité en Allemagne où il va se marier (se remarier ?) et avoir des enfants. Mais tout cela est une autre histoire. L'homme n'est pas très bavard (on le comprend) et n'a pas très envie de s'étendre sur son activité au service des nazis. Pourtant, sa fille va m'envoyer d'Allemagne un mail qu'il me semble intéressant de porter à la connaissance des lecteurs du livre de Jean jacques Monnier : "Mon père a travaillé pour le SD à Rennes avec Jacques Bruchet et Henri Le Helloco." Je savais que Bob Le Helloco était responsable du service de renseignement du Parti National Breton, mais pas engagé à ce point au service des nazis. Pour un "Juste parmi les Justes", il y a de quoi s'interroger.
Jacques Bruchet était avant-guerre membre du groupe clandestin "Kadervern" (sillon de combat) de Célestin Lainé, à ce titre il participa aux manoeuvres effectués sur les Landes de Lanvaux (56) en 1938. Ensuite, il sera arrêté au mois d'août 1939, avec Alan Louarn, Guy Vissault et Ange Péresse à la suite du débarquement d'armes en provenance d'Allemagne effectué sur une plage de Locquirec (29) par le bateau "Gwalarn" appartenant à Bob Le Helloco.


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 125  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 21 Déc 2008, 07:46

bonjour Kristian,
très interessante remarque, dommage que jean Jacques Monnier fasse la sourde oreille et ne reponde pas à tes affirmations


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 126  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 27 Déc 2008, 23:26

Cher Hilarion,
J.J. Monnier ne répondra pas, c'est une évidence, mais cela n'a aucune importance. Le problème dans cette histoire n'est pas tant la réalité de son travail, sérieux mais discutable, comme peut l'être tout ouvrage de ce genre, mais bien l'attitude pour le moins étrange de la "grande historienne" Mona Ozouf. A se demander si elle a lu ce livre avant de rédiger sa préface ! Peu importe. Ce qui me gêne dans cette affaire, c'est la manipulation des faits dans un sens favorable aux nationalistes bretons de l'époque sur Wikipédia. Il suffit de taper "nationalistes bretons" ou quelque chose de ce genre sur ce site, consulté par des milliers d'internautes, pour constater que tout a été revisité, pas difficile de deviner par qui, dans un sens révisionniste favorable aux idées de J.J. Monnier dont l'ouvrage est la seule référence citée sur ce site avec celui de Bertrand Frelaut. Tout le reste, notamment la bibliographie plutôt critique à l'égard du mouvement breton, est passé à la trappe !


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 127  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 28 Déc 2008, 03:37

Bonjour,
C'est bien la tout le probleme avec Wikipedia !
Il n'y a pas de contributeurs qui reagissent a ces "revisions" ?


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 128  Nouveau message de euskal herria  Nouveau message 28 Déc 2008, 10:09

je ne connais pas assez la bretagne pour emettre une opinion mais je voudrais juste faire une précision (en toute sympathie!!) a juin 44 quand il dit (en avril 2008) : " car les mouvements séparatistes Basques et Corses était extrêmement confidentiels à l'époque."

je ne parlerais que pour les basques!!! Juin 44 a raison mais a moitié (je chipotte!! :D )

le mouvement nationaliste basque existait belle et bien et était trés puissant mais en Espagne!! (car comme je pense que vous le savez, le pays basque est divisé entre la France et l'Espagne, 3 provinces en france et 4 en espagne, beaucoup plus peuplé et industrialisé coté espagnol!!) et pour un nationaliste ce 7 provinces ne font qu'un pays (le pays basque ou euskal herria en basque!! ce sentiment nationaliste était tellement fort qu'il a provoqué l'appui des instences basques aux républicains et aprés aux alliés!! excusez moi pour le hor sujet!!! :)

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 129  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 12 Fév 2009, 14:36

Résistants PNB

Les adhérents du PNB ou sympathisants acquis à la cause bretonne d’une façon ou d’une autre sous l’occupation n’étaient pas tous des « Collabos » ou adeptes de l’idéologie nazie. Loin s’en faut. Je l’ai dit et écrit à plusieurs reprises. Un grand nombre d’entres eux n’étaient tout simplement qu’attentistes, comme tous ces français qui se sont découverts Gaullistes en 44 alors qu’ils soutenaient Pétain en 40. Mais de là à en faire des patriotes ou des résistants (300 militants peut-on lire désormais un peu partout), c’est aller un peu vite en besogne !
Des nationalistes bretons ont effectivement choisi de rejoindre la Résistance plutôt que de rester dans un parti collaborationniste et séparatiste. J’en ai repéré quelques uns tout au long de mes recherches. Mais je puis avancer sans grand risque qu’ils n’étaient pas nombreux. Les exemples qui suivent sont issus du Morbihan, département où la Résistance était très vive et a subi une répression féroce. Y compris dans les brigades de gendarmerie dont beaucoup étaient acquises à la Résistance. Leur histoire ne se résume pas à la rafle du « Vel d’Hiv ». Il y aurait beaucoup à écrire sur le rôle essentiel de bon nombre de ces gendarmes dans la libération de la Bretagne et de leur aide – même passive – à la Résistance. Certains l’ont d’ailleurs payé de leur vie.
Ces anciens adhérents ou sympathisants du PNB dont les noms figuraient sur des fichiers découverts à la Libération ont fait l’objet d’enquêtes de police et ont été lavés de tout soupçon.
- François J., 20 ans, instituteur à Plaudren déclare : « J’ai adhéré en décembre 42 au PNB. J’ai quitté le PNB lorsque je me suis aperçu que c’était un mouvement séparatiste patronné par les Allemands. Je n’ai jamais fait de propagande. Je n’ai jamais eu d’idées germanophiles, au contraire, j’ai participé à la Résistance du 11 juin au 12 septembre 44 aux combats de Saint-Marcel. »
- Constant B., 40 ans, cultivateur à Lagré-Mahé. Abonné à L’Heure Bretonne. Sympathisant du PNB depuis 1940. N’a jamais fait de propagande et se définit comme fédéraliste. N’a jamais collaboré ni ravitaillé les Allemands. Après les combats de Saint-Marcel, cache chez lui un lieutenant FFI, Emile Peter, qui témoigne en sa faveur.
- Louis H., 22 ans, cultivateur à Guiscriff. Adhère au PNB en 1939 avec Miniou (Qui va finir au Bezen). Démissionne en 42. Entre en résistance en juillet 44. Combat à Rosporden et participe à la libération de Paimpol.
- Louis P., 21 ans, de Gourin. Adhère au PNB en juin 40. Est exclu en novembre 43. Adhère au mouvement « Libération Nationale » du lieutenant Février, agent recruteur de la Résistance (Il figure parmi les victimes de Locminé). Arrêté le 20 février 44 à Gourin, il s’évade lors de sa déportation en Allemagne.
- René Le H., 20 ans, de Guéméné-sur-Scorff. Adhère au PNB en juin 42 sur l’insistance de Le Boulc’h. Démissionne en janvier 44. S’engage dans la Résistance de juin 44 à septembre 44, compagnie FFI du capitaine Moizan.
- Samuel F., 23 ans, de Gourin. Inscrit par Louis P., de Gourin, au PNB en février 43. Il ne fait pas de propagande, croyant plutôt que c’était un organisme ‘Régionaliste de folklore ». Il rejoint la Résistance en août 43. Forme un groupe et est nommé lieutenant. En août 44, il fait partie du 2ième Bureau FFI.
- Honoré G., 22 ans, de Baud. Adhère en octobre 40 au PNB. Il est membre du Cercle Celtique : « Par désir de connaître la langue bretonne ». Il démissionne en septembre 42. Réfractaire au STO, il se cache au maquis de Tréméven près de Quimperlé de mars 44 à la Libération. Ses chefs savaient qu’il avait appartenu au PNB mais « Avaient confiance en lui ».
- Jean H., de Muzillac. Adhère au PNB en 1941 à l’âge de 17 ans. Son père lui ouvre les yeux et il démissionne en 1942. Il rejoint alors un maquis en Corrèze commandé par le célèbre Guingoin.
Cette liste n’est pas exhaustive, il y a quelques cas d’authentiques résistants fichés comme « autonomistes » mais dont l’appartenance au PNB n’est pas attestée. Quoi qu’il en soit, cela ne fait pas beaucoup de monde.
Il n’empêche que la Bretagne s’est engagée très tôt dans la Résistance. Et insinuer, à coups d’amalgames douteux sur l’engagement du PNB ou du Bezen Perrot aux côtés de l’occupant que les Bretons étaient tous des « Collabos » n’a aucun sens. Car les nationalistes bretons – et c’est bien d’eux seuls dont il s’agit – n’étaient absolument pas représentatifs de la Bretagne.


 

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Re: Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 130  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 13 Oct 2009, 18:28

Hervé Le Helloco, un « juste » parmi les « collabos » ?

Les informations qui suivent sont extraites d’un rapport rédigé le 26 août 1945 par un inspecteur de police, résistant sous l’occupation et parlant la langue bretonne. Ce qui lui vaudra d’être chargé de l’enquête sur les activités clandestines des nationalistes bretons. Je ne citerai pas son nom, car il est toujours vivant. Les renseignements obtenus proviennent des interrogatoires de membres du Bezen Perrot, dont Guervenou.

« Il apparaît que l’attentat de 1932 à Rennes, revendiqué par le mouvement clandestin « Gwenn ha Du », fondé par Célestin Lainé, a bien été réalisé par André Geffroy, de Locquirec, avec des explosifs fournis par Lainé.
Les attentats qui suivront, contre différentes préfectures bretonnes, sont l’œuvre de Le Boulc’h et de Le Négaret. Les explosifs étant toujours fournis par Lainé.
En 1937, Lainé, Le Helloco et Chanteau font un voyage en Irlande, au Pays de Galles puis en Ecosse, à bord du bateau le « Gwalarn » propriété de Le Helloco. L’objectif étant de prendre contact avec les mouvements nationalistes de ces pays celtiques.
En 1938-1939, Péresse et Vissault, font un stage d’une année dans des écoles SS : Stettin, Rostock, Berlin.
En 1938 également, Lainé et Le Helloco partent pour l’Allemagne et y rencontrent Von Thevenar, grand ami de Mordrel, et que Lainé fréquente depuis 1935. Von Thevenar est également le gendre de Von Stülpnagel, futur commandant en chef des forces d’occupation allemandes en France. Grand spécialiste de la mythologie celtique, Von Thevenar fait partie de la « Communauté religieuse Germanique » qui présente de grandes affinités avec le néo-druidisme de la « Communauté Celtique » chère à Lainé, toutes imprégnées des conceptions philosophiques de Nietzsche. Ils y rencontrent aussi le Docteur Friedrich, speaker à « La Voix du Reich », chef de cette communauté religieuse, colonel SS de Postdam. Sous l’occupation, Friedrich animera des causeries « Un journaliste allemand vous parle » sur le poste Radio-Paris.
Accompagnés de Von Thevenar, Lainé, Vissault et Le Helloco se rendent également en Hollande et au Danemark, et de là en bateau à l’Ile de Man. Ils prennent ensuite contact avec les nationalistes d’Ecosse, du Pays de Galles et surtout d’Irlande (IRA). En 1939, ils retournent par la Belgique avec Péresse et ramènent de l’argent.
La même année, le « Gwalarn, après avoir contourné l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, revient de Stettin avec de l’argent et des armes. Celles-ci seront débarquées le 9 août 1939, plage des Sables Blancs à Locquirec avec la complicité de Geffroy.
Au début des hostilités, le « Service Spécial » de Lainé compte près de 200 membres : voir le descriptif et la liste des centres d’entraînement.
Une organisation d’espionnage fut créée après 1940 par la Wehrmacht. Elle comprenait uniquement des nationalistes bretons. L’école était à Nantes. Le chef était un certain « Bernier », journaliste avant-guerre à Paris-Soir, connaît bien l’Afrique du Nord et parle l’arabe. Il est envoyé après le débarquement au Maroc en compagnie de Vissault. Membres de ce réseau : Le Helloco, Gourlet, Luec, Ménard, Guérin, Vissault, Le Ruyet et deux autres noms inconnus. »
Cette histoire d’agents envoyés en Afrique du Nord est étrange. Mais il est vrai que du 14 au 24 janvier 1943, se tient la conférence d’Anfa. La ville de Casablanca grouille alors d’espions de toute sorte. A ce sujet, la fille de cet agent du SD, qui intègrera le Bezen sous le pseudo de « Marcel », pour ensuite refaire sa vie en Allemagne sous une fausse identité, m’a communiqué ceci : « En janvier 1943 mon père a été à Casablanca sur ordre du SD. Quand les Américains y arrivaient, mon père pris la fuite en camion. Il traversa avec d’autres personnes le désert pour Tripoli, occupé par les Anglais. Il réussit à prendre un des derniers bateaux qui quittaient Tripoli. Je ne suis pas sure si sa destination était l’Italie ou la Grèce. »
Elle ajoute également : « Mon père a travaillé pour le SD à Rennes, avec Jacques Bruchet et Henri Le Helloco. Il était en relation avec Londres – on souhaitait de la coopération – ce qui ne s’est pas fait. Après dissolution du SD, mon père a été affecté à la Formation Perrot. Il se trouvait dans la voiture avec Heussaf au moment ou il a été gravement blessé. Ils quittaient alors la Bretagne. » Jacques Bruchet, membre avant-guerre du « Kadervenn » puis du « Service Spécial » sera arrêté avec Alan Louarn, Vissault et Péresse à la suite du débarquement de Locquirec.
Il manque pourtant un nom dans ce tableau de la collaboration des autonomistes bretons avec le régime nazi avant la guerre, celui de Fred Moyse, nationaliste de la première heure vivant en Belgique. C’est lui qui servait d’agent de liaison entre le PNB, l’Allemagne et l’Irlande.
Et pour ceux qui douteraient encore des liaisons dangereuses du mouvement breton avec le régime nazi avant-guerre, voici l’extrait d’un texte de plusieurs pages rédigé par le SS Untersturmführer Lainé le 5 mars 1945 à Tübingen à l’occasion d’une cérémonie de remises de décorations et de médailles aux membres du Bezen qui sont sous l’uniforme allemand. Ce document a été retrouvé le 18 mai 1945 à Sulz (Allemagne) :
« A la veille de la guerre en 1939, les Breiz Atao étaient en hostilité avouée contre la France et les démocraties, et ne cachaient pas leurs sympathies et leurs espoirs en l’Allemagne. D’accord avec les services allemands, des coups de main furent préparés pour le cas d’une guerre entre la France et l’Allemagne, mais cette préparation fut trop tardive et la répression policière française en empêcha l’accomplissement. Deux des chefs du mouvement, Debauvais et Mordrel se réfugièrent en Allemagne et il fut décidé que les autres resteraient sur place (…)
A l’arrivée des franco-américains en août 1944, les restants du parti Delaporte disparurent, la formation Perrot, le CNB et le directeur de l’Institut Celtique de Bretagne ont suivis la retraite et se trouvent actuellement en Allemagne où ils continuent à travailler selon les directives de l’autorité allemande qui conduit la guerre (…) Du fait de la politique actuelle, d’accord avec le gouvernement français de Sigmaringen, nous n’avons pas la possibilité de nous exprimer publiquement, mais cela ne nous gêne pas trop à l’heure présente. Nous savons que dans tout bon français, il y a un chauvin qui sommeille et que tôt où tard, l’hypocrisie française dont nous avons une si longue habitude se manifestera. C’est pourquoi, malgré les difficultés présentes dues à la politique, notre confiance en l’Allemagne est entière et nous savons qu’un jour la fidélité et la ténacité bretonnes dont nous sommes aujourd’hui les dépositaires jaloux seront estimées à leur juste valeur. »

Index des noms :
Bezen Perrot : Louis Guervenou alias « Docteur », Célestin Lainé alias « Henaf », Alphonse Le Boulc’h alias « Jan », Yves Le Négaret alias « Le Floch » ou « Lizidour », Jean Chanteau alias « Mabinog », Ange Péresse alias « Cocal », Emile Luec alias « Forster », Auguste Ménard alias « Corentin », Pierre Heussaf alias « Professeur » ou « Rouat ».
Groupe de Guy Vissault : Gourlet, Guérin et le Ruyet.


 

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