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Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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Resistance et consience Bretonne (1940-1945)

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 04 Avr 2008, 19:23

Jmonnier a ouvert un débat qui me semble intéressant dans le bureau de recrutment. Je le fait rebondir ici
jmonnier a écrit:Enseignant, auteur du "Comportement politique des Bretons(1945-1994) et d'ouvrage d'histoire bretonne, j'ai écrit le livre qui fait débat et qui est un essai sur les rapports entre la conscience bretonne au sens large (= sentiment d'appartenance) et la Résistance.

Je souhaite d'abord rectifier deux interprétations qui ne correspondent pas au contenu.
Su ces sujets passionnels et sensibles, on a toujours tendance à faire une lecture personnelle.
Je me suis peut-être mal exprimé. Si c'est le cas, il faut revenir sur le sujet, pour éviter les polémiques inutiles.

1) La "juste" évoquée est Germaine Jézéquel (et non son futur mari dirigeant du PNB, qui, est, lui, complétement hors du champ de notre sujet)

2) Oui, une majorité des itinéraires conduisent des résistants à l'action culturelle ou politique bretonne après la guerre. Comme on le voit dans le livre, il n'était pas facile de passer du PNB à la Résistance, en raison de la suspicion de Collaboration qui pesait a priori sur ses membres.

Nous avons tout de même relevé nombre de cas, précisés dans le livre.

3) le cas de Joachim Darsel:les faits sont en bonne partie empruntés au livre de Kristian Hamon sur les nationalistes bretons pendant la seconde guerre mondiale.

Son action en faveur de Résistants explique sa condamnation réduite.

Le "double-jeu" apparent de beaucoup est bien expliqué par le témoignage exclusif du géologue et préhistorien Pierre-Roland Giot, récemment décédé, ancien résistant et bon connaisseur des milieux "bretons". Il serait à distinguer de la facade nécessaire -et même obligatoirepour pouvoir continuer une action de Résistance.
C'est une question à resituer dans le contexte français de l'époque, en zone occupée encore plus qu'en zone "Libre".

Le livre rapporte des faits, des témoignages le plus souvent recoupés. Il contribue à la connaissance d'un aspectméconnu de la réalité. Il n'est pas toute la réalité. Ce n'est qu'une contribution, s'ajoutant aux ouvrages parus antérieurement et à ceux qui lui succèderont!!

Les nombreux résistants qui ont témoigné par écrit (souvent avant de mourir)ont apporté un matériau irremplaçable, dont j'espère une prochaine publication.


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 04 Avr 2008, 19:51

jmonnier a écrit:1) La "juste" évoquée est Germaine Jézéquel (et non son futur mari dirigeant du PNB, qui, est, lui, complétement hors du champ de notre sujet)
.

Qui es son mari?
jmonnier a écrit:2) Oui, une majorité des itinéraires conduisent des résistants à l'action culturelle ou politique bretonne après la guerre. Comme on le voit dans le livre, il n'était pas facile de passer du PNB à la Résistance, en raison de la suspicion de Collaboration qui pesait a priori sur ses membres.

Concernant le PNB je doute quand même de sa si grande implantation das la région, les chiffres des adhérents sont très variables entre 5 et 15000 adhérents selon qu'on s'appelle Jos Jaffré ou qu'on s'appelle Paul Gaignet.
Le journal du parti l'Heure Bretonne n'a pas bonne réputation son tirage restera très aléatoire de 100000 (premier numéro gratuit) à environ 30000 lus. De plus la poltique du PNB de R Delaporte s'est engagé dans une politique de concialition tout azimth, poilitque ambigüe difficile à gérer... c'est ce qui va produite la cassure de 1943.
En 1943, le PNB connaît une véritable crise d'identité, la résistance gagne et le mouvement s'est trop engagé avec les allemands. La suspucion de collaboration des membres du PNB est avérée et vous comprendrez bien qu'il n'est pas facile de passer en Bretagne de l'un à l'autre.

jmonnier a écrit:
Le "double-jeu" apparent de beaucoup est bien expliqué par le témoignage exclusif du géologue et préhistorien Pierre-Roland Giot, récemment décédé, ancien résistant et bon connaisseur des milieux "bretons". Il serait à distinguer de la facade nécessaire -et même obligatoirepour pouvoir continuer une action de Résistance.
C'est une question à resituer dans le contexte français de l'époque, en zone occupée encore plus qu'en zone "Libre".


Prudence je vais finir par croire l'ensemble des adherents du PNB étaient des agents doubles... C'est un peu leger et demande explication de votre part. Comment positionnez vous la compagnie du service spécial autrement appelée compagnie bretonne en guerre contre la france dans ce double jeu avec les allemands et le double jeu mené avec le PNB que Delaporte va interdire ....


 

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de jmonnier  Nouveau message 04 Avr 2008, 21:07

Les effectifs du Parti national breton, selon Kristian Hamon: 300 avant l'0ccupation, 3000 adhérents au maximum pendant la guerre, seulement 300 militants.

Le double-jeu évoqué ne s'applique qu'à ceux (minoritaires et généralement peu connus) qui ont rejoint la Résistance.

Une autre source qui indique 30 000 h portant l'uniforme allemand en 1941 et 1944: P. Giolitto dans "Volontaires français sous l'unifpme allemand (Perrin, 1998)


 

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 05 Avr 2008, 04:23

Bonjour Monsieur Monnier,

Content de vous voir arriver ici car j'avais fait sur ce meme forum un poste au sujet des polemiques qui ont entoure la publication de votre livre et je n'avais pas eu de reponses.

Attention, notez bien que les critiques qui suivent ne sont pas de moi et que je les remets ici justement pour avoir votre avis a ce sujet :

A propos du livre "Résistance et conscience bretonne" de Jean-Jacques Monnier.
Image
Le comportement des Bretons pendant la seconde guerre mondiale est depuis longtemps sujet à polémique Comme dans toute l'Europe occupée, certains ont collaboré, espérant profiter des circonstances pour obtenir des nouvelles autorités ce que la République française avait refusé aux Bretons, en particulier la reconnaissance de leur langue et de leur culture. Loin de cette chimère, d'autres "militants bretons" ont participé à toutes les formes de résistance. D'une façon plus large, nombre de Résistants étaient animés d'une forte conscience bretonne et l'ont démontré par la suite, du colonel Rémy à Charles Tillon en passant par Jacques de Bollardière et beaucoup d'autres, plus anonymes. En enquêtant pendant 8 ans sur plus de 250 cas, en accumulant les témoignages de résistants, aujourd'hui très âgés ou disparus, Jean-Jacques Monnier présente un kaléidoscope, qui, peu à peu, révèle une autre Bretagne militante, celle de l'antinazisme, incroyablement plurielle et attachante, présente sur tout le territoire breton.


Mais des la publication, les polémiques fusent :
Incident au cours de la présentation du livre de Jean-Jacques Monnier à la FNAC de Montparnasse
Jean-Jacques Monnier présentait son livre «Résistance et conscience bretonne » à la FNAC Montparnasse mercredi 23 janvier.
Etaient présents, Mona Ozouf, grande historienne, directrice de recherche honoraire du CNRS, Marylise Lebranchu, ancien ministre et première vice-présidente du Conseil régional, Christian Guyonvarc'h, également vice-président du Conseil régional, la romancière Irène Frain, Dider Le Corre, rédacteur en chef de Bretons, de Jean Nemo, ancien directeur général de l'ORSTOM, Charles Foulon, fils du président du comité d'épuration de Rennes à la Libération, et d'autres personnalités...

La salle André Essel était pleine à craquer et de nombreuses personnes étaient debout. La présentation qui se déroulait dans une ambiance sereine, a été soudain interrompue brutalement par un individu, qui, prenant prétexte de l'évocation du nom du Docteur Jacq, grand défenseur de la culture bretonne, fusillé à Châteaubriant tandis que ses compagnons chantaient la Marseillaise, puis le Bro Gozh, a attaqué violemment l'orateur et dénoncé son livre comme étant une tentative scandaleuse de réhabilitation des nationalistes bretons complice des Nazis.

Venu manifestement, avec deux comparses, pour perturber la réunion et tenter d'intimider l'auteur, cet individu, un certain Jean Le Lagadec, ancien journaliste à L'Humanité, s'en est pris aussi aux pesonnalités qui entouraient Jean-Jacques monnier et à toute l'assistance qui lui demandait de se rasseoir.

Le directeur de la Fnac Montparnasse a dû intervenir lui-même pour lui demander de se calmer ou de sortir. Le perturbateur a fini par se rasseoir et se taire, et la réunion a pu alors se poursuivre normalement.

http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=9437

Résistance et identité bretonne. « Contre-vérité » selon l'Anacr
L'identité bretonne, moteur de la Résistance contre l'occupant nazi ? La thèse de Jean-Jacques Monnier, dans son livre « L'Hermine contre la croix gammée » (Le Télégramme du 29 novembre 2007), n'est pas du goût de tout le monde. L'Anacr (Association nationale des anciens combattants et des amis de la Résistance) émet de vives critiques sur cet ouvrage (*), à commencer par son titre : « Les anciens résistants ou simples citoyens du Trégor ayant vécu la période de l'occupation nazie peuvent témoigner d'avoir vu beaucoup de croix gammées, mais aucun ne se souvient avoir vu la moindre hermine ». « Dans l'ouest de notre département, pratiquement tous les résistants s'exprimaient dans leur langue maternelle, le breton, c'est une réalité, mais aucun ne se réclamait de l'identité bretonne », estime l'Anacr. L'Anacr juge comme « une contre-vérité historique mais aussi une insulte à leur mémoire » le fait « d'assimiler de grandes figures de la Résistance au mouvement breton », qui était « très proche idéologiquement de l'extrême droite dans les années 20 et 30. » * Une motion en ce sens a été adoptée dimanche par les comités de Lannion, Trébeurden et Pleumeur-Bodou, réunis en assemblée générale, à l'initiative de Serge Tilly, président délégué.

http://www.letelegramme.com/gratuit/gen ... 194071.php

Ces vives critiques, carrément violentes pour certaines, m’ayant rendu quelque peu perplexe, j’ai demande l’avis d’un autre historien breton, M. Kristian Hamon, dont le livre «Le Bezen Perrot : 1944 : des nationalistes bretons sous l'uniforme allemand» fait autorité a ce jour (Yoran Embanner, janvier 2005). Il a eu l’amabilité de me répondre en détail :

Résistance et conscience bretonne : en soi l'idée est intéressante et salutaire évidemment, encore que l'on puisse se demander ce que certains résistants viennent faire dans cet inventaire à la Prévert tant leur "conscience bretonne" semble superficielle ou anachronique. L'auteur ayant par ailleurs déclaré au Télégramme (29/11/2007) avoir : "cherché des itinéraires de militants bretons qui ont été résistants. J'en ai trouvé 300 et encore, beaucoup ont du m'échapper" il n'est pas toujours évident de savoir s'il parle de bretons qui militaient à l'époque des faits ou de militants d'après-guerre.

Rares en effet sont les nationalistes bretons d'avant-guerre a avoir fait le choix de la Résistance plutôt que celui de la collaboration, et ce dès le début de l'Occupation. Le libraire Adolphe Le Goaziou de Quimper et le journaliste Fanch Gourvil de Morlaix en sont les figures les plus emblématiques. Inutile de rappeler que ceux-ci garderont de solides rancœurs à l'égard des nationalistes bretons d'après-guerre tant ils furent l'objet de menaces incessantes de la part du PNB !

Si l'auteur avait consulté le dossier de Creston il y aurait par exemple trouvé une lettre très dure de Gourvil à son égard et adressée au CDL 35. Dans ce courrier, Gourvil s'interroge sur les conditions troublantes de la libération de Creston par les Allemands et sur ses fréquentations plutôt ambiguës avec ses anciens camarades du PNB lors de son "assignation à résidence" dans la région de Rennes. Parmi d'authentiques résistants de la première heure, il y avait bien un gendarme de Questembert qui sera fusillé par les Allemands et présenté comme adhérent ou sympathisant du PNB avant-guerre, mais je n'en n'ai pas trouvé la preuve malgré de nombreuses recherches.

Il est vrai que j'éprouve beaucoup de réticences à l'égard de témoignages oraux (surtout s'ils sont de seconde main) recueillis plus de soixante ans après les faits. J'ai trop entendu de résistants de la dernière heure ou de "collabos" me raconter seulement ce qu'ils voulaient bien me raconter tant il est impossible de recouper les faits faute de témoins encore en vie. L'idéal étant bien sur de pouvoir confronter ces témoignages oraux avec documents d'archive.

Ainsi ce résistant, aujourd'hui très âgé, que j'ai rencontré (et filmé) à plusieurs reprises. Sous l'Occupation, alors qu'il était inspecteur de police à Rennes, il fournissait des renseignements et des faux papiers à la Résistance. Fin 43, craignant d'être démasqué par sa hiérarchie, il rejoint un maquis FTP des Côtes-du-Nord. A la Libération, il réintègre son poste à Rennes. Il est alors repéré par Victor Le Gorgeu, commissaire de la République, qui lui demande de procéder aux interrogatoires des membres de la Formation Perrot. Originaire du Trégor, cet inspecteur parle en effet très bien le breton, ce qui était très utile dans cette affaire. J'ai effectivement retrouvé avec émotion son nom au bas des PV d'audition des dossiers d'instruction.

De tels témoins sont rares et exceptionnels. Il m'a dit avoir toujours fait la différence entre séparatistes et autonomistes lors de sa carrière au SRPJ et m'a avoué, en rigolant, avoir voté une fois UDB lors de sa retraite dans le Trégor !

Faire un travail d'historien sur cette période délicate n'est pas chose facile. Ne serait-ce qu'en raison des difficultés à relater des faits prescrits ou des données relatives à la vie privée. Ah ! si le lecteur avait connaissance du comportement des femmes de certains des nationalistes inculpés mis en cause…

Jean-Jacques Monnier a eu raison de rappeler que tous les nationalistes bretons n'étaient pas obligatoirement des "Collabos", comme le laissent penser certains amalgames douteux. Mais fallait-il pour autant essayer de nous apitoyer sur le sort d'Hervé Le Helloco déclaré comme "juste" pour avoir épousé une femme qui avait caché un enfant juif et qui devra s'exiler au Royaume-Uni après que ses biens furent saisis ? (A la rigueur, Céline avait aussi pour voisin un juif qu'il n'a jamais dénoncé). Faut-il rappeler que Le Helloco, condamné à mort par contumace, était le propriétaire du bateau qui déchargea des armes en provenance d'Allemagne sur une plage de Locquirec ? (En temps de guerre, un tel acte c'était douze balles dans la peau..) IL deviendra ensuite responsable du service de renseignement du PNB sous l'Occupation. S'est-il jamais demandé si les jeunes résistants bretons arrêtés sur délation, torturés par les membres de la Formation Perrot puis fusillés par les Allemands ont pu refaire leur vie ?

Etait-il nécessaire également de s'étendre sur le sort de Joachim Darsel, qui a été libéré d'un stalag par Debauvais dès 1940 puis nommé responsable local du PNB ? Il a hébergé un résistant, c'est vrai. Ce qui était bien le moins s'agissant de son propre frère. Sa présence sur une liste d'agents de la Gestapo (SR 769) avait été l'objet d'une vive polémique lors de son procès. Un document, que j'ai trouvé après la parution de mon ouvrage sur le Bezen, au siège du SD de Brest et daté du 3 mars 44 est à cet égard pour le moins problématique. Dans ce même dossier (ADIV) il y a la dénonciation de Paul Hutin, directeur de L'Ouest-Eclair, par l'agent SR 205, qui n'est autre que le sinistre Maurice Zeller. Face à de tels documents datés, signés et en allemand comment ne pas s'interroger sur le rôle exact de ces nationalistes bretons ? En fait il semble bien que bon nombre d'entre eux aient joué un double, voire un triple jeu : Vichy, l'Allemagne, puis la Résistance lorsqu'il était encore temps de retourner sa veste

Dans un autre dossier que j'ai découvert récemment aux ADIV, un nommé Roger X., qui sera condamné aux travaux forcés à perpétuité, raconte avec précision son activité d'interprète au SD de Quimper. Ce jeune homme de Quimper avait obtenu son bac en 39 et parlait couramment l'allemand. Intelligent, il était admissible à Saint-Cyr. Doté d'une excellente mémoire, son dossier, volumineux, est une mine de renseignements. Il participe aux interrogatoires et aux perquisitions : "Pour recueillir des informations, le SD de Quimper était surtout aidé par les membres du PNB. Toutefois ces derniers ne venaient jamais au siège du SD et dirigeaient leurs renseignements à la Propaganda-Staffel, rue Anatole le Braz, à la suite de quoi le chef de ce service, le Sonderführer Bruhning, les communiquait au chef du SD de Quimper.

A cet effet, les chefs de canton du PNB adressaient à leurs chefs de district des rapports d'activité qui étaient expédiés soit à la Propaganda-Staffel comme je viens de vous le déclarer, soit à la direction du parti à Rennes qui se mettait en rapport avec le service régional du SD au foyer des étudiantes rue Jules Ferry où le sous-officier Grimm s'occupait particulièrement de la question bretonne." Cet interprète donne plusieurs noms, dont celui de Brickler : "Directeur de la fabrique de crêpes dentelles, assassiné, indicateur, toujours reçu par le Scharführer Weber". Notre interprète déclare également : "Un autre agent de renseignement de la SD est un barde breton membre du PNB, demeurant à Carhaix", et il cite aussi l'abbé Perrot. (Interrogatoire du 11/9/44). Exemple, s'il en fallait encore un, du comportement controversé de l'abbé.

Je ne partage donc pas l'analyse de Jean-Jacques Monnier, qui estime que l'appellation "Bezen Perrot" est une "Contre vérité historique". Ce n'est en effet pas sans raison que les hommes de Lainé ont donné le nom du curé de Scrignac à leur formation.
Kristian Hamon.


 

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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Audie Murphy  Nouveau message 05 Avr 2008, 04:55

On blâme les Occidentaux de ne pas comprendre la réalité historique de la France résistante. Il faudrait peut-être déjà que les Européens la comprennent :roll:

C'est un peu hors-sujet, mais je me comprends...
You'd better run for cover before I start to smile...

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 05 Avr 2008, 04:57

Bonjour,
jmonnier a écrit:Une autre source qui indique 30 000 h portant l'uniforme allemand en 1941 et 1944: P. Giolitto dans "Volontaires français sous l'unifpme allemand (Perrin, 1998)

Je me suis un peu penche sur la question :
http://www.histoquiz-contemporain.com/H ... ssiers.htm

Le decompte des hommes et femmes ayant porte l'uniforme allemand est d'environ 18 000

Par contre, si on y rajoute ceux qui ont effectivement combattu pour les allemands mais sous uniforme francais (Franc-gardes de la Milice, Flak et Legion Tricolore) on arrive bien a environ 30 000.

Voir la :
http://www.histoquiz-contemporain.com/H ... ectifs.htm
Attention, pour ceux qui vont faire des additions, ne pas compter les effectifs de la Charlemagne, ils sont tous deja comptes ailleurs (LVF, Sturmbrigade, Miliciens, NSKK, etc) ni la totalite des Miliciens qui n'etaient pas tous "combattants", seuls les Franc-gardes l'etaient, grosso modo 10 a 12 000 hommes.


 

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ok

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 05 Avr 2008, 07:51

bonjour Daniel, Roger Lenevette pourrait il nous donner son avis sur cette notion de conscience Bretonne au sein de la resistance ? L'avis d'un resistant Breton me semble très intéressant.

Ceci étant, je m'interroge sur le rapport entre conscience Bretonne tel que l'entend le PNB durant la guerre et les faits de resistance qui concernent un pays tout entier et non pas une région précise. Les buts des uns peuvent ils être comparés aux buts des autres. Si j'ai pris le cas du Bezen Perrot, à c'est à dessin : il est clair que Perrot espérait obtenir la création d'un nouvel etat Breton en collaborant activement, chose que personne au sein du Reich n'avait d'ailleurs promis.

C'est pour cette raison que je me la question : la libération d'un pays tout entier et le passage au premier plan de causes régionalistes ne sont ils pas des objectifs contradictoires ?


 

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Résistance, conscience, patriotisme français

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de jmonnier  Nouveau message 05 Avr 2008, 09:14

l'attachement à la Bretagne n'empêche pas, chez beaucoup, l'attachement à la France et m^me à d'autres "patries" (le communisme international pour certains, l'URSS). On peut avoir plusieurs appartenances emboitées.

Mon long chapitre sur les Bretons de la France libre les montre très bretons et aussi très français. les deux patriotismes se combinent dans leurs motivations.
Cela dit, la cheminement vers la Résistance est largement individuel et personnel. Il faudrait des années et beaucoup de survivants pour cerner les raisons profondes, qui ne sont pas forcément communes à tous: en plus de ce qu'on a dit, la réaction face à l'occupation et à ses excès, la disparition de proches.

Mon propos a seulement mis en évidence qu'un nombre non négligeable de résistants avaient (aussi?) un attachement fort pour la Bretagne, sa langue sa culture, le plus souvent sans lien avec les nationalistes.
Mais pour la plupart d'entre eux, ce n'est pas cette motivation qui les a conduit à résister. Je m'intérroge encore sur la motivation principale qui a consuit mon propore père à quitter Brest pour la Grande-Bretagne, dès juin 1940. Sans doute le patriotisme français, l'appel de de Gaulle, mais pas seulement

Nombre de travaux et témoignages étudient les motivations des Résistants. Je les ai consultés mais ce n'était pas directement le sujet. Elles sont tellement personnelles, liés à des hasards, à des rencontres qu'il faut leur garder leur singularité


 

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Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 05 Avr 2008, 09:25

Il me semble que pour parler de la Bretgane et des mouvements autonomistes il faut faire un historique, car comme le fait remarquer judicieusement Audie, il faut déjà comprendre la rélité historique et parfois la réalité régionaliste.
Afin de d'essayer de comprendre le role des mouvements autonomistes Bretons durant la guerre , je suis entrain de préparer un historique des mouvements bretons. car on ne peut pas à mon sens seulement expurger la partie de la seconde guerre mondiale. POur completer le propos de Stéphane le rôle de l'abbé Perrot n'a pas été uniquement durant la seconde guerre mondiale, puisqu'on le retrouve déjà dans les milieux autonistes bretons en 1905.... Je devrais avoir fini demain soir.


 

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OK

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 05 Avr 2008, 09:43

L'activité du père Perrot dès 1905 coincide t'elle avec la séparation des biens de l'Eglise et de l'Etat ? Même si il convient de minimiser le rôle du bezen Perrot, qui ne comptait pas plus de 70 hommes au plus fort de son activité, force est de constater que nulle par ailleurs en France, un groupe régionaliste ne s'est ainsi constitué. A mon sens, cela confirme le lien étroit entre collaboration et nationalisme Breton.

Lorsque l'on parle de conscience Bretonne, n'y a t'il pas là une connotation séparatiste sur le fond ? la Bretagne serait elle donc la seule région possédant des racines qui lui sont propres ? . Ma Région de naissance, le Poitou, a été peuplée dès l'antiquité par des peuples Celtes Pictes qui ont donné à Poitiers son appelation Gallo Romaine (Pictavi, ou ville des Pictes). La France étant un pays aux allures de mosaïque culturelle formée à partir de provinces culturellement très différentes, le particularisme Breton mérite d'être souligné. Je précise que cette évocation ne concerne que la seconde guerre mondiale, car les mouvements séparatistes Basques et Corses était extrêmement confidentiels à l'époque.


 

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