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Malgré-nous: Précisions

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 02 Aoû 2007, 11:06

Tom a écrit:
Un malgré-nous est un enrôlé de force dans l'armée allemande et non un volontaire.


Question un peu "provocatrice" : selon cette définition, un certain nombre d'Allemands, de ressortissants du Reich, qui ne tenaient peut-être pas, pour différentes raisons, à être enrôlés dans l'armée, pourraient-ils être considérés comme des conscrits de force, des malgré-nous ?


Mon cher Tomrovocateur,
:D

Essayons de renverser les roles pour y voir plus clair, avec un petit what-if :

La France ne rends pas la Sarre a l'Allemagne en 1935, l'annexe purement et simplement alors que les Sarrois, qui ont vote a 90% pour le rattachement a l'Allemagne au plebiscite de janvier 35, ne se sentent pas Francais mais Allemand. La SDN s'ecrase, comme d'hab.

A la declaration de guerre en 1939, mobilisation generale et les Sarrois, donc des Allemands annexes de force a la France, sont enroles dans l'Armee Francaise. Cela aurait fait d'eux des Malgre-Nous...


 

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Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de Narduccio  Nouveau message 02 Aoû 2007, 11:11

Tom a écrit:N.B. A propos des conscrits versés d'autorité dans la Waffen-SS, je crois me souvenir que, face aux plaintes des familles, on leur a accordé un mois de délai pour se décider à se porter volontaires, mais que, sous la pression des pairs, de la propagande et du prestige attaché à ces unités, peu d'entre eux ont choisi de rejoindre la Wehrmacht.


Euhh, tu aurais des sources, parce que ce n'est pas ce que j'ai lu à travers les divers articles et témoignages lus sur la question.

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Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de Tom  Nouveau message 02 Aoû 2007, 15:24

Voici ce qu'écrit, à ce sujet, le professeur américain George H. Stein dans The Waffen-SS (Cornell University Press, 1966), "Organization and Development of the Waffen-SS in 1943", page 204 :

In spite of Himmler's boast [on November 23, 1942, in a speech at the SS-Junkerschule Tölz, RFSS/T-175, 90/2612788] that 25 per cent of each yearly class volunteered for the Waffen-SS, his recruiters were unable to obtain the number of volunteers that had been authorized for the two new divisions ["Hohenstauffen" and "Frundsberg"].

As a result, the Waffen-SS, for the first time, had to resort to the large-scale conscription of native Germans. Thousands of youths who met SS standards, some 70 to 80 per cent of the necessary personnel, were drafted from the work camps of the Reichsarbeitsdienst (Reich Labor Service).

SS-Obergruppenführer Jüttner, chief of the SS-Führungshauptamt, later described to his colleagues the great agitation that resulted from this procedure. Complaints and letters from "parents, ministers, bishops, and cardinals" poured into Berlin (some directly to the Führer) demanding the release of the conscripted youths. According to Jüttner, the SS authorities agreed to a compromise : the youths were to be kept in training for a month or so and then offered the choice of volunteering or being released from SS service.

"I believe, Jüttner reported, that there were three [who asked to be released] out of the entire two divisions. All the rest said: 'No, we stay!' They had not known what the Waffen-SS really was, only what theirs ministers and parents had told them." Both divisions, concluded Jütnner, turned into crack formations.


Sources en note : "Rede des SS-Obergruppenführers Jüttner auf der SS-Führer-Tagung in Prag am 13. April 1944", NSDAP/T-81, 154/157539ff. ; KTB/OKW, January 5, 1943, III, 20.

Voici une traduction rapide :

Bien qu'Himmler [le 23 novembre 1942 dans un discours à la SS-Junkerschule Tölz, RFSS/T-175, 90/2612788] prétendît que 25 pour cent de chaque contingent annuel s'engageaient comme volontaires dans la Waffen-SS, ses recruteurs n'étaient pas en mesure d'obtenir le nombre de volontaires autorisés pour les deux nouvelles divisions ["Hohenstauffen" et "Frundsberg"].

En conséquence, la Waffen-SS, pour la première fois, dut recourir à la conscription des Allemands de souche sur une grande échelle. Des milliers de jeunes gens, qui satisfaisaient aux normes de la SS, environ 70 à 80 pour cent du personnel nécessaire, furent recrutés dans les camps de travail du Reichsarbeitsdienst (Service du travail du Reich).

Le SS-Obergruppenführer Jüttner, chef du SS-Führungshauptamt, décrivit plus tard à ses collègues la grande agitation qui résulta de ce procédé. Plaintes et lettres de "parents, pasteurs, évêques et cardinaux" affluèrent à Berlin (certaines directement adressées au Führer) exigeant la libération des jeunes gens enrôlés. Selon Jüttner, les autorités SS consentirent à un compromis : les jeunes gens seraient maintenus à l'entraînement pendant à peu près un mois, puis on leur laisserait le choix de s'engager comme volontaires ou d'être dispensés du service SS.

« Je crois, rapporta Jüttner, qu'il y en a eu trois [qui ont demandé à être libérés] pour l'ensemble des deux divisions. Tous les autres ont dit : 'Non, nous restons !' Ils n'avaient pas été informés sur ce qu'était vraiment la Waffen-SS ; tout ce qu'ils en savaient, ils le tenaient de leurs pasteurs et de leurs parents. » Les deux divisions, conclut Jütnner, devinrent des unités d'élite.




:cheers:
Dernière édition par Tom le 03 Aoû 2007, 11:58, édité 5 fois.

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Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 02 Aoû 2007, 15:40

Bonjour,
Interessant, Tom, merci.

Mais RIEN dans ce que tu nous cite permets de relier cela a l'Alsace et a la Moselle.
A de jeunes veritables allemands, bien embrigades par des annees dans la Hitlerjugend, oui.
Mais pas aux Malgre-Nous d'Alsace et de Moselle...

De plus, et pour ce que j'en sais via le Lexicon der Wehrmacht, les deux W-SS divisions mentionnees, la Hohenstauffen et la Frundsberg, furent creees en 1943, les "volontaires bidons", ce fut pour 1944.

Trouve autre chose
:mrgreen:


 

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Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 02 Aoû 2007, 21:13

Plusieurs précisions sur les "Malgré Nous" (rédigées sur fond de musique du film Casino Royale, pub gratuite...).

Premièrement, la situation de l'Alsace-Moselle au sein du Reich. Selon la convention d'armistice, cette région restait terre française, mais Hitler saura procéder par étapes pour opérer une annexion de fait, une sorte d'Anschluss lent. Pour commencer, le régime législatif applicable est allemand, l'administration mise en place est allemande, car dès le mois d'août 1940, l'Alsace est soumise à un Chef der Zivilverwaltung - chef d'une administration civile - qui n'est autre que le Gauleiter Robert Wagner, patron du Gau du pays de Bade. Bade et Alsace seront ensuite unifiées au sein d'un unique Gau, le Gau Oberrhein, tandis que la Moselle sera intégrée au Gau Westmark incluant la Sarre et le Palatinat, et dirigée par le Gauleiter Bürckel, qui s'était déjà fait la main au cours de l'unification de l'Autriche et de l'Allemagne en 1938.

Le 9 septembre 1940, la seule organisation de jeunesse autorisée est allemande - la Hitlerjugend. Le travail obligatoire est instauré le 8 mai 1941. Les camps de Schirmeck et de Struthof ouvrent leurs portes, le second le 21 mai 1941.

Toutefois, Hitler ne peut se permettre d'aller plus loin pour le moment dans l'annexion. Celle-ci doit s'effectuer par étapes. A Wagner, il a déclaré qu'il avait dix ans pour transformer l'Elsass. Sans doute compte-t-il ne pas négliger cette monnaie d'échange dans de futures négociations avec le régime de Vichy, s'agissant d'une éventuelle coopération militaire, et d'une inévitable et nécessaire collaboration policière. C'est pourquoi résiste-t-il aux suppliques de Wagner et Bürckel, qui proposent d'instaurer le service militaire obligatoire pour les populations de ces territoires. La Wehrmacht, pour le moment, n'a aucun besoin de ces minorités à la fidélité douteuse.

Mais 1942 bouleverse la donne. Les pertes du Front de l'Est ont été sévères. La nazification a progressé, mais a révélé ses limites, car le volontariat militaire n'a abouti qu'à 2.300 recrutements, dont certains dans la Waffen S.S. - l'un des protagonistes du massacre d'Oradour, Georg Boss, se portera volontaire chez les S.S. en avril 1941... Toutefois, Hitler ne cherche pas à froisser plus avant Vichy. Au premier semestre 1942, son ange de la mort, Reinhard Heydrich, négocie avec la police française un accord sur la "question juive" et la Résistance censé faciliter l'arrestation, la déportation et l'annihilation des Juifs de France. Ce n'est qu'une fois l'accord conclu, et plusieurs rafles effectuées (dont celle du Vel d'Hiv') que le Führer autorise enfin Wagner à procéder à l'instauration de la levée en masse le 25 août 1942. La conscription avait jusqu'à présent été autorisée, mais pour certaines catégories de populations, politiquement et racialement fiables. Il fallait attendre les résultats de la collaboration économique et policière. Or, la police française a joué son rôle avec plus ou moins d'efficacité, et Laval a proclamé le 22 juin qu'il souhaitait la victoire de l'Allemagne. Enfin, le Front de l'Est aspire plus que jamais les réserves de l'Ostheer.

La décision de Hitler est pour le moins perverse. Aux 1.800.000 otages français que sont les prisonniers de guerre, il y ajoute 130.000 Alsaciens-Mosellans - et accroît sa pression sur Vichy. Dans le même temps, il accentue le détachement de l'Alsace-Moselle de la patrie française, en y prélevant sa jeunesse et en l'intégrant à la machine de guerre nazie. Impossible, par la suite, de procéder à une rétrocession de l'Alsace-Moselle à la France : le sang versé par les "Malgré Nous" empoisonnera définitivement toute idée de rapprochement avec le pays tricolore. Et vu le souk que la question déclenche encore sur Internet, force est de constater qu'il a au moins partiellement atteint ses objectifs.

En ce qui concerne les Waffen S.S., le recrutement était en principe volontaire, c'est à dire que les Alsaciens-Mosellans ayant rejoint ces unités l'ont fait en leur âme et conscience. Toutefois, dès 1943, la Waffen S.S. allait faire face à des difficultés de recrutement croissantes, qui la pousseront à intégrer des conscrits allemands initialement réservés à la Wehrmacht, les premières unités S.S. à en bénéficier n'étant autres que les 9e et 10e divisions Frundsberg et Hohenstauffen. Le phénomène s'est diversifié à d'autres unités, particulièrement en 1944. Or, nombre d'Alsaciens impliqués dans la tragédie d'Oradour seront intégrés "de force" (mais au même titre que leurs "compatriotes" allemands) dans la division Das Reich cette année là. Là encore, le volontariat était le principe, mais était sévèrement atténué de jour en jour, pour être finalement réduit à presque rien en 1944 - sans compter la pression de l'entourage, souvent déterminante.

Bref, une partie des Waffen S.S. alsaciens-mosellans étaient des volontaires, engagés comme tels, tandis que les autres - l'écrasante majorité d'entre eux - étaient d'authentiques "Malgré Nous", qui auraient du être versés dans l'armée régulière et qui ont été finalement transférés à la S.S. parce que répondant aux critères physiques et génétiques édictés par les "experts" du IIIe Reich.
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Nouveau message Post Numéro: 26  Nouveau message de Tom  Nouveau message 03 Aoû 2007, 11:57

Voici en complément ce qu’écrit, entre autres à ce sujet, l’historien allemand Eberhard Jäckel dans La France dans l’Europe de Hitler (Fayard, 1968 – traduction de Frankreich in Hitlers Europa, Deutsche Verlags-Anstalg Gmb H Stuttgart, 1966), page 328 et suiv. (sans les notes en bas de page, à disposition) :

Si Hitler se souciait fort peu d’avoir des soldats français, il ne s’opposait pas au désir de la Wehrmacht qui entendait utiliser ceux d’Alsace, de Lorraine et du Luxembourg. Dans ces régions, le Reichsarbeitsdienst [Service du travail du Reich où tous les jeunes gens devaient passer un an après l’école et avant l’armée] avait été institué dès 1941 et, depuis l’ouverture de la campagne de Russie, Alsaciens et Lorrains pouvaient s’engager à titre volontaire dans la Wehrmacht et la Waffen-SS. Mais, malgré des efforts de recrutement intense, les résultats étaient demeurés extrêmement maigres. En raison de la crise d’effectifs qui suivit l’hiver 1941-1942, l’OKW réclama une participation plus importante au début de l’année et Hitler ordonna l’introduction du service militaire en mai. On ne songeait cependant pas à le rendre général. Seuls devaient être appelés les jeunes gens qui, nés depuis 1922, venaient de passer « par l’école » du RAD et paraissaient à peu près sûrs.

Néanmoins, et tout à fait indépendamment de l’hostilité quasi unanime des populations, ce plan se heurta à des difficultés au sein même des milieux dirigeants allemands. En effet, l’OKW, instruite par des expériences avec les recrues des régions orientales annexées par le Reich, exigeait que l’on conférât la nationalité allemande sans restriction aux hommes ainsi appelés. Le ministère de l’Intérieur projeta donc une ordonnance dans ce sens, mais le chef de l’administration civile en Alsace, le gauleiter Wagner, s’y opposa et cela pour une raison qui vaut d’être notée.

Alors qu’en Lorraine son collègue Bürckel croyait avoir atteint un haut degré de germanisation après les expulsions en masse, ayant regroupé 90% de la population dans une prétendue « communauté allemande », Wagner ne se jugeait pas si avancé. Il prévoyait encore une grande vague de « transferts et d’évacuations », une « épuration définitive » de l’Alsace. […] Or, on n’avait pas encore pu fixer de date pour cette opération, aussi craignait-il de voir conférer par le biais du service militaire la nationalité allemande à certains sujets qu’il comptait expulser, opération qui deviendrait alors difficile ou même impossible.

On touchait là du doigt les conséquences fâcheuses de l’indépendance dont jouissaient les gauleiters et qui faisait que la politique allemande avait été fort différente en Alsace et en Lorraine. […]

A la date du 15 février 1941, Wagner avait expulsé de chez eux 23 790 Alsaciens et Bürckel au moins 100 000 Lorrains [92 212 selon le SD], ce qui représentait pour l’Alsace à peine 2% de la population d’avant-guerre et pour la Lorraine plus de 15%. […] l’ « épuration raciale » de l’Alsace restait encore à faire et l’introduction du service militaire obligatoire s’en trouvait gênée.

Mais l’OKW ne voulait pas attendre si longtemps. A la fin de juillet 1942, Keitel demanda donc à Lammers la convocation, dans les plus brefs délais, d’une conférence avec le Führer. Elle eut lieu le 8 août au Q.G. de Hitler […].

Le principal objet des discussions n’était pas le service militaire obligatoire sur lequel l’unanimité était faite, mais la citoyenneté. Wagner dut renoncer à son opposition et le problème de droit posé par le statut juridique encore indéterminé des trois territoires ne semble pas avoir fait difficulté. […] le texte parut le 23 août au Journal officiel du Reich. Il stipulait que tous les Alsaciens, Lorrains et Luxembourgeois ne deviendraient pas en bloc citoyens allemands, mais seulement les appelés et ceux qui seraient reconnus comme « Allemands éprouvés » ainsi que leur épouse et leurs enfants mineurs. […] plus rien ne s’opposait au service militaire obligatoire. Bürckel signa l’ordonnance appropriée le 19 août 1942 et Wagner le 25.

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Nouveau message Post Numéro: 27  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 03 Aoû 2007, 12:34

Tom a écrit:Voici en complément ce qu’écrit, entre autres à ce sujet, l’historien allemand Eberhard Jäckel dans La France dans l’Europe de Hitler (Fayard, 1968 – traduction de Frankreich in Hitlers Europa, Deutsche Verlags-Anstalg Gmb H Stuttgart, 1966), page 328 et suiv. (sans les notes en bas de page, à disposition) :


Bouquin injustement négligé à l'époque, malgré les travaux novateurs d'Henri Michel et en attendant la parution, en 1973, de La France de Vichy de Robert Paxton...

Je reprends quelques précisions apportées ici (merci pour la longue citation).


On touchait là du doigt les conséquences fâcheuses de l’indépendance dont jouissaient les gauleiters et qui faisait que la politique allemande avait été fort différente en Alsace et en Lorraine. […]


A dire vrai, les Gauleiter n'étaient indépendants que dans la limite fixée par l Führer. Hitler a laissé Wagner et Bürckel mener deux politiques d'intégration différentes, pour procéder à une annexion par étapes, tout en pouvant par la suite prétendre aux Français que si difficultés il y avait, elles étaient liées à l'attitude du Parti nazi.

Wagner avait beau réclamer une épuration supplémentaire de la population alsacienne, il n'en militait pas moins avec force pour l'incorporation militaire de la jeunesse locale. Le 13 février 1942, au cours d'une réunion avec le Führer et Martin Bormann, Wagner put obtenir l'introduction de la conscription, les listes d'incorporation étant dressées au printemps.

Toutefois, la controverse de la citoyenneté allemande avait abouti à ce que le recrutement se limitât aux Alsaciens "dont les sentiments et l'ethnie allemands étaient incontestables et qui n'avaient jamais servi auparavant dans l'armée française".

Je ne pense pas, toutefois, que ladite controverse ait joué un rôle dans le processus décisionnel de Hitler. Ce dernier n'ignorait pas les difficultés juridiques existant parmi les Volksdeutsche, ces Allemands résidant à l'étranger. Et Wagner avait eu deux ans pour purifier l'Alsace... A mon sens, la question tient davantage du prétexte pour Hitler. Car c'est lui qui donne le rythme de la germanisation, en fonction des impératifs de sa politique française d'une part, de la guerre à l'Est d'autre part.


A la date du 15 février 1941, Wagner avait expulsé de chez eux 23 790 Alsaciens et Bürckel au moins 100 000 Lorrains [92 212 selon le SD], ce qui représentait pour l’Alsace à peine 2% de la population d’avant-guerre et pour la Lorraine plus de 15%. […] l’ « épuration raciale » de l’Alsace restait encore à faire et l’introduction du service militaire obligatoire s’en trouvait gênée.


Les expulsions intéressaient également leurs Gaue respectifs, et incluaient la totalité des ressortissants juifs locaux. Elles se déroulaient dans des conditions effroyables. Les Juifs expulsés en 1940 avaient été transférés dans le camp français de Gurs, de sinistre mémoire...
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Nouveau message Post Numéro: 28  Nouveau message de Tom  Nouveau message 03 Aoû 2007, 12:52

Un intervenant sur un forum anglophone a écrit ceci :

Das Reich Division arrived in France in 1944 with a strength of only 2500, having lost 15000 in Russia. But they regrouped and strengthened with soldiers from the Alsace region, French before the war, but annexed to Germany. So these soldiers who committed the atrocities were German AND French. A senior NCO, that morning in Limoge, was heard to say: "Today there will be blood flowing; now we shall see what these Alsatians are made of."

Traduction rapide : La division Das Reich arriva en France en 1944 avec un effectif réduit à 2 500 hommes, ayant perdu 15 000 hommes en Russie. Mais ils se ressaisirent et furent renforcés par des soldats de la région d'Alsace, française avant la guerre, mais annexée à l'Allemagne. Ainsi ces soldats qui commirent des atrocités étaient allemands ET français. Ce matin à Limoges, on entendit un sous-officier supérieur dire : "Aujourd'hui, le sang va couler ; maintenant nous allons voir de quoi ces Alsaciens sont capables."

Qu'en pensez-vous ? Sur l'effectif reconstitué de la Das Reich au printemps 1944 en France, combien de soldats étaient alsaciens ?

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Nouveau message Post Numéro: 29  Nouveau message de Tom  Nouveau message 03 Aoû 2007, 13:08

Nicolas écrit :

Je ne pense pas, toutefois, que ladite controverse ait joué un rôle dans le processus décisionnel de Hitler.


Tout à fait d'accord ; il me semble que, pour Hitler, l'Alsace et la Lorraine devaient devenir des régions complètement allemandes dans un délai de dix ans à partir de 1940...

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Nouveau message Post Numéro: 30  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 03 Aoû 2007, 13:29

Exact. Il l'avait déclaré à Wagner, peu avant la nomination de ce dernier à la tête de l'administration civile locale - transition vers l'annexion au Gau de ce dernier - au cours de l'été 1940.

Quant aux effectifs alsaciens-mosellans de la Das Reich, leur nombre n'est guère connu. L'historien Jean-Jacques Fouché mentionne un rapport de la police judiciaire en date du 16 février 1948 identifiant 129 Alsaciens ayant appartenu à cette formation, mais précise que ce chiffre pourrait ne concerner que l'unique régiment Der Führer, celui qui a massacré Oradour (Jean-Jacques Fouché, Oradour, Liana Lévi, 2001, p. 50).
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