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Vidkun Quisling

Pétain, Laval, le régime de Vichy et tous ceux qui furent acteurs de cette période sombre de notre histoire. La collaboration, les collaborateurs, la vie quotidienne sous la botte de l'occupant, les privations, le marché noir...
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Vidkun Quisling

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Joachim  Nouveau message 10 Déc 2006, 21:37

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Vidkun Quisling naît à Fyresdal le 18 juillet 1887. Fils de pasteur luthérien, il entre dans l'armée royale norvégienne en 1911, passe ses examens avec succès et devient rapidement officier. Il sert à Petrograd de 1918 à 1919 en tant qu'attaché militaire. Sur place, il est très impressionné par les méthodes des Bolcheviques et fait la connaissance de Trotsky. De 1919 à 1921, Quisling vit en Finlande, à Helsinki, où il occupe à nouveau un poste d'attaché militaire. Marié à une Russe née en Ukraine, il connaît très bien l'histoire russe et maîtrise la langue. De retour en Norvège, il se rapproche du puissant parti travailliste contrôlé par les communistes et propose à ces derniers de constituer une organisation paramilitaire, les "Gardes Rouges". Les communistes se méfient d'une telle proposition... d'autant qu'elle vient d'un ex-officier de l'armée royale. Ils finissent par rejeter l'offre de Quisling.

En 1921, notre homme quitte l'armée pour soutenir la cause humanitaire du célèbre explorateur, scientifique et humaniste Frithjof Nansen. A force de persuasion et de diplomatie Nansen, soutenue par le Croix Rouge Internationale, parvient à faire libérer 400.000 prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois internés en Russie. Assisté par Quisling et d'autres, il organise des convois de secours pour sauver des centaines de milliers de Russes menacés par la famine et la guerre civile entre Blancs et Rouges. De 1924 à 1925, Quisling est dans les Balkans puis en Crimée, pour le compte de la Ligue des Nations. Il organise des missions d'assistance humanitaires. Fin 1925, il part rejoindre Nansen en Arménie avant de s'installer un temps à Moscou.

De 1927 à 1929, Vidkun Quisling, occupe un poste assez particulier, puisqu'il représente diplomatiquement les intérêts de la Grande-Bretagne à Moscou. A cette époque, Il était courant qu'en l'absence de relations diplomatiques, un représentant issu d'une nation neutre comme la Norvège soit désigné. Pour les services rendus, Londres décore Quisling. De retour dans son pays, le major Vidkun Quisling devient ministre de la défense de 1931 à 1933. Il se taille une réputation d'homme énergique en brisant par la force la grève des ouvriers des usines hydroélectriques nationales. Rapidement les médias s'emparent du personnage, décrit comme étant incapable de dialoguer. Désormais Quisling compte parmi les hommes publics les plus controversés de Norvège. En 1933, le major Quisling présente sa démission et quitte le gouvernement.

Le 17 mai 33, avec ses amis Hjort, Hamsun, Hvoslef et Prytz, il fonde le Nasjonal Samling (NS) ou Parti d'Union Nationale. Le parti de Quisling est à proprement parlé calqué sur le N.S.D.A.P d'Hitler. On y trouve une "Organisation Nationale" (Riksorganisasjon), une association identique au BDM nazi (NS Kvinneorganisasjon), l'équivalent des SA (NS Kamporganisasjon), une sorte de jeunesse hitlérienne à la mode Quisling (Nasjonal Samlings Ungdoms-Fylking – NSUF), etc. Fascistes et nationalistes, les cadres fondateurs du Nasjonal Samling se fixent comme but de chasser le communisme et d'établir un ordre nouveau dans le pays. Le choix du symbole du NS, la croix de Saint Olaf, en dit long sur leur programme. En 1934, le NS adopte le salut hitlérien... Malgré les efforts de Vidkun Quisling, le NS n'obtient aucun siège à la "Storting", le parlement norvégien. Cet échec compromet l'avenir même de la formation politique. Quisling échoue à nouveau aux élections de 1936. 1937 voit le Nasjonal Samling voler en éclats, la majorité de ses membres quittant le parti. On ne compte plus que 10.000 adhérents à la place de 55.000 ! Quisling se retrouve pratiquement seul. Il saisit alors l'occasion pour écrire un ouvrage sur sa lutte contre le communisme et expliciter sa "philosophie universaliste".

Parallèlement, Quisling poursuit son lobbying afin d'obtenir la signature par la Norvège d'un traité d'alliance avec l'Italie du Duce et le Reich hitlérien. La lutte semble inutile, lorsqu'en décembre 1939, le major Quisling revient sur le devant de la scène. Grâce à ses relations avec le théoricien et "philosophe" national-socialiste Alfred Rosenberg, Quisling rencontre le Grossadmiral Erich Raeder le 11 décembre. A en croire le Norvégien, la Grande-Bretagne serait en passe de maître la main sur la Norvège. Si tel était le cas, la route du fer suédois serait coupée et l'Allemagne, privée de matières premières, ne pourrait alors se maintenir en guerre. Quisling souligne que dans un cas de figure comme celui-ci, personne au gouvernement norvégien ne résisterait, encore moins le président de l'Assemblée, Hambro. D'ailleurs, Hambro n'est-il pas Juif ? Raeder et Rosenberg sont tous deux favorables à une opération en Norvège. Pour le premier, il s'agirait de mettre en pratique les théories de l'amiral Wegener et de s'octroyer de vastes bases sur la façade de l'Atlantique Nord. Avec ces ports libres de glace, la Kriegsmarine ne serait plus "bloquée" en Baltique et pourrait menacer les routes de ravitaillement alliées. Pour Rosenberg, il s'agirait de réunir les Norvégiens, purs Aryens et de les intégrer au Reich de mille ans.

A l'issue de son entrevue avec Raeder, Quisling est conduit devant Hitler. Le major norvégien presse le Führer de l'aider à monter un coup d'état. Il affirme être en mesure de conquérir le pouvoir à l'aide de ses groupes de combat, les NS Kamporganisasjon. Il réclame l'invasion de la Norvège par le Reich, se déclare prêt à tout pour aider l'Allemagne et se propose de livrer un maximum de renseignements. Si Hitler reçoit Quisling, il ne semble pas pour autant lui accorder une grande importance. En cette fin d'année 39, rien n'est joué pour le Führer. Il est avant tout préoccupé par la bataille qu'il devra livrer à l'Ouest, contre les Français et les Anglais. Malgré tout, Quisling semble être bien informé, aussi le Reichkanzler charge-t'il Raeder de suivre le dossier norvégien.

En janvier 1940, l'OKW ordonne la constitution d'une cellule spéciale "Etude Nord", visant à imaginer des plans d'invasion de la Norvège. L'Abwehr de l'amiral Canaris accumule des masses de renseignements. Parmi ces derniers, il est un qui inquiète le Führer : les franco-britanniques envisageraient d'expédier en Norvège le corps expéditionnaire de 40.000 hommes initialement constitué pour intervenir au profit des Finlandais dans la guerre d'hiver ! Hitler se décide à battre les alliés de vitesse et exige que les préparatifs d'invasion débutent dès le 19 février 1940. La route du fer suédois doit rester ouverte coûte que coûte ! le 02 avril, le maître de l'Allemagne nazie ordonne la mise en route de la conquête de la Norvège.

Le 05 avril 1940, Hitler et Quisling se rencontrent à nouveau à Berlin. Le Führer annonce au norvégien, que l'invasion allemande, baptisée "opération Weserübung", aura lieu à le 08 prochain. Quisling, qui n'a joué qu'un rôle mineur dans la prise de décision du Reichkanzler, assure ce dernier de l'absence de résistance de ses compatriotes. Le Jour-J la petite armée norvégienne est dépassée, les Allemands marchent sur Oslo. Dès Le matin du 09 avril, Avec la bénédiction de Berlin, Vidkun Quisling s'autoproclame chef du "gouvernement national". La nouvelle du coup d'état du major ne fait que renforcer la détermination et la résistance des Norvégiens. D'autant que Londres s'en mêle. La B.B.C. et la presse anglaise se déchaînent contre Vidkun Quisling et sa trahison. Bientôt l'on désigne tous les collaborateurs d'Hitler sous Le sobriquet de "Quisling", Churchill parlera même de la "vile race des Quislings"... Le roi Håkon VII se réfugie dans le Nord du pays et fait officiellement appel aux forces alliées pour l'aider.

Hitler, conscient de la situation, décide de retirer sa marionnette du pouvoir. C'est chose faîte le 15 avril. Malgré les efforts des alliés et des Norvégiens, l'armée allemande s'empare du pays puis s'installe durablement pour l'occuper. La nazification peut débuter... Quisling joue un rôle mineur.

En février 1942, tandis que la résistance norvégienne se durcit, Hitler installe à nouveau Quisling au pouvoir. En réalité, une fois de plus, il n'est qu'une marionnette entre les mains allemandes. Sous la direction du Commissaire du Reich, Josef Terboven, il est nommé "ministre présidentiel". Quisling est disposé à toutes les compromissions pour conserver sa charge.

Tout au long de l'occupation allemande, il cherche à entraîner la Norvège dans une hystérie nationale-socialiste. Il calque, sans succès, sa politique et l'organisation de la nation norvégienne sur Le modèle du Reich allemand. Antisémite, il est responsable de la déportation d'un millier de juifs norvégiens vers les camps de la mort. Il facilite la mise en place d'un système de recrutement destiné à proposer aux jeunes norvégiens de servir à l'Est, dans la Waffen-SS. Il "dirige" Le pays avec une poigne d'acier, luttant contre ses propres compatriotes engagés dans la résistance, collaborant avec la Gestapo, il fait exécuter ceux qui refusent de se soumettre aux nazis. Singeant Hitler dans les moindres détails, il fait constituer l'équivalent d'une "Leibstandarte", la Førergarde.

En mai 1945, lorsque la guerre est terminée et que les troupes allemandes capitulent, Quisling est arrêté, puis conduit au commissariat central d'Oslo. Il y est surveillé par un commando de 160 parachutistes anglais mené par le général Urquhart. Si Josef Terboven se suicide, Quisling, lui est jugé pour haute trahison et de nombreux autres crimes. Reconnu coupable il est condamné à mort. Il est fusillé le 24 octobre 1945 dans l'enceinte de la forteresse d'Akerhus à Oslo. De son nom de famille, les Norvégiens ont fait un mot signifiant : traître.

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http://www.1939-45.org/bios/quisling.htm


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 10 Déc 2006, 22:35

Bonsoir Joachim,
Je connais très bien le site 1939-1945.org de mon ami Yannis Kadari.
Si tu voulais nous faire connaître l'histoir de ce sombre personnage, il te suffisait de nous le faire savoir en quelque lignes et de mettre un lien vers le site de yannis.
Il était inutile de faire un copier/coller
Nous ne sommes pas friand de ce genre de procédé.
Bien cordialement
Prosper
P.S. La même remarque vaut naturellement pour ta contribution sur le Natter
L'Union fait la force -- Eendracht maakt macht

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http://www.freebelgians.be

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