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La fin de la RSI

De l'assaut sur Dakar à la bataille d'El Alamein, les combats en Méditerranée. Opération Torch et la suite logique avec le débarquement en Sicile et les affrontements dans la péninsule italienne. Anzio, Monte Cassino, le Garigliano...
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La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 01 Juil 2014, 23:41

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Le 25 avril, Mussolini quitte la préfecture de Milan à bord de son Alfa Romeo en compagnie de Cesare Maria Baraccu (sous-secrétaire à la présidence du Conseil), le préfet de la province de Milan Mario Bassi suivis par Paolo Zerbino, ministre de l'Intérieur avec l'industriel Gian Riccardo Cella. Le maréchal Graziani rejoint le groupe à l'Archevêché à 17h00. Mussolini échange quelques mots avec Monseigneur Schuster en attendant l'arrivée des membres du CLNAI: Rafaelle Cadorna, commandant le CVL (Corpo Volontari della Liberta), Achille Marazza pour la Démocratie-Chrétienne et Riccardo Lombardi pour le Parti d'Action. Les communistes sont absents. Mussolini souhaite négocier une reddition honorable et une passation de pouvoirs sans effusion de sang. Les représentants du CLNAI restent intransigeants, ce sera une reddition sans condition. Durant les discussions, Mussolini apprend que Wolff a entamé des négociations secrètes et il quitte de rage la réunion sous un ultimatum, si dans deux heures il n'a pas capitulé, le CLNAI lancera l'insurrection générale à Milan et dans toute l'Italie du nord. Il est 19h00. Une déclaration est proclamée:
...l'exécution de Mussolini et de ses complices est la conclusion nécessaire d'une phase d'histoire qui laisse notre pays couvert encore de ruines matérielles et morales. Elle est la conclusion d'une lutte insurrectionnelle, prémices pour la patrie d'une renaissance et d'une reconstruction....
Le Duce se rend à la préfecture de Milan, rassemble son état-major et ordonne de se mettre en route pour Côme. Cette décision semble avoir été décidée avant la réunion à l'Archevêché. Suivi de son escorte de SD du SS-Obersturmführer Fritz Birzer qui a été désigné personnellement (Führerbefehl) par Hitler pour le protéger, Mussolini monte à bord de son Alfa Romeo, avec Zerbino et Bombacci. Suivent les véhicules des hiérarques fascistes, du clan Petacci : Clara et son frère Marcello, et tout à la fin, une camionnette Balilla. A l'intérieur, il y a des documents secrets, mais le véhicule tombe en panne au bout de quelques kilomètres et est abandonné. Les documents n'ont jamais été retrouvés. A Milan, les dernières troupes de la RSI: Brigades Noires et GNR quittent la capitale lombarde, 4636 hommes en armes, décidés à se battre jusqu'au bout. Ils se dirigent vers Côme, à la suite du Duce.


Le trajet n'est long que d'une quarantaine de kilomètres et la colonne atteint Côme vers 21h00. Mussolini dîne chez le préfet Lorenzo Celio. Pendant ce temps, le questeur de la ville traite la reddition de toutes les forces fascistes rassemblées à Côme et la présence du dictateur déchu est encombrante. Il dépeint exagérément une situation tragique afin de convaincre le Duce à lever le camp. Celui-ci appelle son épouse Rachele durant la nuit, il lui dit «...Tout est fini, je suis seul...».
Le lendemain 26 avril, tôt le matin, il est 4h30, Mussolini prend congé de sa femme et s'apprête à partir à l'insu de son escorte. Mais les véhicules des SD ont bloqué le passage de l'Alfa qui repart avec le cortège de voitures où sont massés les hiérarques et leur famille, qui n'a rien de martial.
Pendant ce temps, les forces fascistes qui avaient quittées Milan arrivent à Côme vers 9h00. Ils apprennent que Mussolini est parti, cette absence porte un coup fatal au moral des troupes. Elles restent désœuvrées en ville, sans ordres précis. Certains commencent à échanger leur uniforme contre une tenue civile. C'est à ce moment précis que s'est jouée la désagrégation de la RSI. Image
Alors que Mussolini est arrivé à Menaggio, Pavolini retourne à Côme vers midi pour constater que les BBNN qui devaient combattre jusqu'au bout en Valtellina ont fondu comme neige au soleil. Désarmés par les partisans qui leur ont promis la vie sauve, ils sont battus, enfermés et malgré la parole donnée, exécutés après un simulacre de procès.
La colonne des hiérarques redémarre de Menaggio mais l'itinéraire a changé, elle ne poursuit plus sa route le long des rives septentrionales du lac de Côme mais bifurque vers les montagnes jusqu'à Grandola. Birzer, méfiant, ne quitte plus Mussolini d'une semelle, il craint une tentative d'évasion vers la Suisse toute proche. Celui-ci s'installe dans un hôtel, la présence d'Elena Curti, la fille naturelle du Duce déclenche une crise d'hystérie de la part de Clara Petacci, si ce n'était pas un moment aussi grave, cela pourrait ressembler à une comédie à l'italienne.
La colonne se remet en route pour Menaggio et le lendemain 27 avril, à 4h00 du matin, Pavolini réapparaît à bord d'un camion Lancia 3RO, monstre blindé, armé d'un canon de 20 mm et trois mitrailleuses appartenant à la 36eme BN de Lucques. Image
Mussolini s'en prend à Pavolini «où sont les 3000 brigadisti promis?» Avant de reprendre la route, une colonne de la Flak en retraite, commandée par l'Oberleutnant Hans Fallmeyer , se joint aux fascistes. Avec eux, Pietro Callisti, as de l'ANR (Aviazione Nazionale Repubblicana), inapte au vol. Le convoi quitte Menaggio, c'est le camion blindé conduit par Merano Chiavacci, avec Pavolini à son bord qui ouvre la marche. En tout 28 véhicules, formant un cortège long d'un kilomètre, rassemblant 177 Allemands et 174 Italiens. D'un coup, Pavolini fait stopper le camion et part chercher Mussolini pour le mettre en sécurité à l'intérieur.
A l'entrée de Musso (un signe du destin?), Image
Merano Chiavacci freine violemment, la route est obstruée par un tronc d'arbre et des rochers. Des coups de feu sont échangés, la mitrailleuse de bord du Lancia répond quand un groupe d'Allemands de la Luftwaffe brandit un drapeau blanc et se dirige vers les partisans. Fallmeyer veut négocier son passage pour rejoindre le Brenner, sans effusion de sang. Il entame les négociations avec le chef de l'unité partisane: la 52a Brigata d'Assalto Garibaldi «Luigi Clerici». Son chef est le comte Pier Luigi Bellini delle Stelle (Pedro). Les négociations vont s'éterniser et durer six heures. Pedro veut gagner du temps pour faire rameuter des renforts. Il n'est pas intéressé par les Allemands mais par contre, il compte faire arrêter les fascistes, il est loin de savoir qu'il va toucher «le gros lot» et entrer dans l'Histoire pour avoir procédé à l'arrestation du Duce et de ses ministres.
Vers 13h00, Fallmeyer revient, les conditions imposées par les partisans sont les suivantes: seuls les Allemands pourront passer, les fascistes doivent se rendre. Pour Birzer, sa mission est simple, il doit coûte que coûte préserver la vie du Duce, celle des autres hiérarques ne l'intéresse pas. Il réussit à convaincre Mussolini d'enfiler une capote militaire et un casque allemand. Bien que cette idée lui répugne, le Duce accepte à contrecœur sous l'insistance des ses fidèles. Il monte à bord du camion de la Luftwaffe avec sous son bras le cartable qu'il n'a pas quitté depuis Milan. A l'intérieur, des documents secrets doivent le disculper en cas de procès, prouvant qu'il avait tout tenté pour empêcher la guerre. Les véhicules allemands se mettent en route et s'arrêtent à Dongo pour être inspectés comme il a été conclu avec Bellini.
A 15h30, ce 27 avril 1945, Mussolini, faisant semblant de dormir, est reconnu par Giuseppe Negri (Zocolin) et Urbano Lazzaro (Bill), commissaire politique de la 52e Brigata, confirme qu'il s'agit bien du Duce. Il descend du véhicule sans opposer de résistance, se déleste de son MP40 et est conduit à la mairie de Dongo où le rejoignent les autres hiérarques. Seul Pavolini tente d'échapper à son sort, il sort du Lancia, échange des coups de feu et se cache sur les rives du lac. Blessé, il ne sera retrouvé qu'en soirée et emmené à Dongo.

LA MORT DE MUSSOLINI
Bellini (Pedro) entend bien remettre l'ex-dictateur déchu et ses ministres au CLNAI. Il décide d'enfermer Mussolini à Germasino dans la caserne de la douane, plus facile à garder et à défendre en cas de tentative de libération par un commando fasciste ou de SS. Luigi Canali (Neri) propose de transférer en lieu sûr Mussolini et Clara Petacci qui a demandé de rejoindre son amant. Pedro retourne chercher le Duce à Germasino avec Neri et son chauffeur. Avec un bandage placé autour du visage, le dictateur est emmené à Dongo où Clara le rejoint. Deux véhicules emmènent les captifs à Bonzanigo di Mezzegra, avec pour les surveiller, une partisane: Giuseppina Tuissi (Gianna). Dans cette nuit du 27 au 28 avril, ils sont conduits à la demeure des de Maria, paysans qui ont caché Luigi Canali(Neri) lorsqu'il était recherché par les autorités de Salo.
A partir de ce moment, les faits commencent à devenir divergents avec l'entrée en scène de Walter Audisio (Valerio), colonel auto-proclamé et vétéran des brigades internationales en Espagne. Ayant appris l'arrestation de Mussolini, il est chargé de procéder avec son commando de partisans à son exécution immédiate ainsi qu'à celle des hiérarques.
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Valerio arrive à Dongo vers 14 heures, le 28 avril. Il fait part à Pedro de sa mission qu'il doit remplir à tout prix. Il dresse une liste des fascistes à fusiller, parmi les condamnés d'office, Pietro Calisti, as de l'ANR, qui s'était joint avec l'unité de la Flak à la colonne. Il faut 15 hommes à fusiller pour venger les quinze partisans exécutés Piazza Loreto le 10 août 1944. A 15h10, Valerio et ses hommes, ayant appris où étaient cachés les captifs, se rendent chez les de Maria. Audisio se fait passer pour leur libérateur. Mussolini et Clara montent à bord de leur véhicule qui s'arrête quelques instants plus tard, devant le portail de la villa Belmonte. On les fait descendre, Audisio prononce la sentence de la condamnation, appuie sur la détente, son arme s’enraille, prend des mains de Michele Moretti ((Gatti) son MAS 38 et tire la rafale mettant fin aux jours de Mussolini et de sa maîtresse. Il est 16h10. Audisio, retourne à Dongo pour s'occuper des hiérarques, dont le sort est déjà fixé.
Il s'agit de l'histoire «officielle», celle qui paraît dans les pages du quotidien communiste l'Unità et qui deviendra une vulgate.
Dans le Corriere della Sera du 26 avril 1994, Michele Moretti affirme être l'auteur de la rafale mortelle. Les de Maria ne reconnaissent pas Walter Audisio en Valerio,car l'auteur de l'exécution n'est autre que Luigi Longo (Gallo), chef du PCI, ancien commissaire aux Brigades Internationales en Espagne. Un autre mystère demeure quant à l'heure de l'exécution. Giorgio Pisano, en recoupant des témoignages a démontré que des témoins ont entendu les coups de feux vers midi chez les de Maria (donc antérieurs à 16h10), alors qu'Audisio était en route pour Giulino di Mezzagra à ce moment-là. L'exécution devant le portail des Belmonte ne serait qu'un simulacre selon le témoignage visuel de Dorina Mazzola. Une expertise de la capote militaire de Mussolini montre qu'elle ne porte aucune trace de perforation, elle aurait été donc enfilée post-mortem.


C'est au tour des hiérarques, gardés dans la mairie de Dongo de se diriger vers 17h00 au bord du lac de Côme contre une rambarde toujours visible de nos jours. Walter Audisio leur ordonne de tourner le dos au peloton d'exécution, refusant de consentir à Baraccu le droit d'être fusillé de face (il est décore de la médaille d'or de la Valeur Militaire, plus haute distinction militaire italienne). Les quinze se retournent finalement, leur dernière volonté est que Marcello Petacci ne soit pas fusillé avec eux est accordée. Après l'exécution et le coup de grâce, vient le tour au frère de Clara. Celui-ci réussit à fausser compagnie au peloton d'exécution, plonge dans le lac mais est abattu finalement.
Les corps des suppliciés sont jetés dans un camion, avec ceux de Mussolini et Clara Petacci. A 7h00 du matin, les cadavres sont déposés Piazza Loreto où le 10 août 1944 avaient été fusillés 15 partisans par la legione autonome Ettore Muti, unité chargée de la répression et de la lutte antiguérilla .
La foule à l'annonce de la présence des corps, s'amoncelle, couvre de crachats, de coups, de gestes obscènes parfois...Un autre corps est jeté, il s'agit du hiérarque fasciste déchu Achille Starace qui faisait son jogging ce moment-là. Reconnu, il est fusillé en tendant le bras pour un dernier salut fasciste. Les cadavres sont accrochés tête en bas sur le toit d'une station essence.
Fichiers joints
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Re: La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 02 Juil 2014, 00:40

Grand merci Alex, c'est une contribution très intéressante.
Amicalement
Prosper ;)
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Re: La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 02 Juil 2014, 00:47

Merci
C'est un de mes thèmes de prédilection avec la défenestration au Palazzo Venezia du Duce, le 25 juillet 1943.
ALEX
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Re: La fin de la RSI

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 02 Juil 2014, 00:49

J4ai essayé de savoir si deux des plus importants témoins ont laissé des témoignage : le SS Birzer et le lieutenant Fallmeyer, n'ai pas trouvé de traces.
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