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La 1ère DFL sur le Garigliano

De l'assaut sur Dakar à la bataille d'El Alamein, les combats en Méditerranée. Opération Torch et la suite logique avec le débarquement en Sicile et les affrontements dans la péninsule italienne. Anzio, Monte Cassino, le Garigliano...
MODÉRATEURS : Gherla,alfa1965

La 1ère DFL sur le Garigliano

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Lorenzo Calabrese  Nouveau message 12 Juin 2009, 19:50

Pendant l’été 1943, un tournant décisif est engagé en Méditerranée. Les alliés ont débarqués en Sicile en juillet ce qui a provoqué la chute de Mussolini. Le 8 septembre l’Italie signe un armistice avec les alliés se qui entraînent les Allemands à désarmer les Italiens et à l’occupation de Rome. Les alliés débarquent à Salerne le 9 septembre pour conquérir la péninsule. Une victoire contre l’Italie fasciste sera une victoire retentissante pour les alliés, ainsi que pour les Français qui se sont heurtés plus d’une fois aux troupes italiennes dans en Afrique du nord, se serait une revanche contre « le coup de poignard dans le dos » de juin 1940. La 1ère DFL savoure les événements, sans savoir qu’elle va s’embarquer dans cette aventure déjà commencée.
Les troupes alliées sont bloquées par les unités allemandes de Kesselring, le maréchal a organisé de solide position entre Rome et Naples sur la ligne Gustav qui coupe l’Italie en deux en passant par le Monte Cassino. Les alliés éprouvent les pires difficultés pour enfoncer cette position et tout laisse à croire que Eisenhower fera appel à des divisions françaises pour les envoyer en Italie.
En effet, la 2e division d’infanterie marocaine et la 3e division d’infanterie algéro-tunisienne embarquent à Oran et Bizerte à destination de Naples, elles seront suivis de la 4e division marocaine de montagne. La 1ère DFL sous le commandement du général Brosset sera affecté au corps expéditionnaire français mais le commandement américain ne veut pas de cette division équipée à l’anglaise, elle sera donc substituée par la 9e division d’infanterie coloniale. De Gaulle s’oppose à cette décision et les alliés cèdent. La division sera alors équipée à l’américaine et affecté à l’armée B qui est sous le commandement du général De Lattre.
En mars 1944 elle est prête au combat et compte 18 000 hommes. Elle affectée officiellement au corps expéditionnaire en Italie le 26 mars, déçue de ne pas faire partir des forces qui libéreront la France, en étant dirigée vers l’Italie les hommes de la 1ère DFL craignent de ne pouvoir participer aux futures opérations en territoire français.

En Italie les alliés préparent une nouvelle offensive contre la ligne gustav alors que les attaques de l’hiver précédent ont toutes échouées. L’offensive est décidée pour le mois de mai avec une attaque de la 8ème armée britannique dans la vallée du Liri aidée par la 5ème armée américaine dont fait partie le CEF (corps expéditionnaire français). Le général juin n’est pas d’accord avec ce plan, estimant d’une part que seules de grandes manœuvres peuvent réussir et que le CEF ne joue qu’un second rôle. Juin est bien décidé de faire entendre sa voix et propose son plan au général Clark et au général Giraud, l’idée de Juin séduit les deux hommes et le plan sera accepté malgré les réticences britanniques. Le CEF jouera le rôle principal dans cette bataille. Dans sa manœuvre, Juin réserve la belle part à deux divisions marocaines pour leur capacité dans les combats de montagne, la 1ère DFL sera à l’aile du dispositif pour nettoyer la boucle du Garigliano.

La 1ère DFL opérera au nord du Garigliano et au sud du Liri, au pied de la montagne et au pied de la vallée. Pour cette tache la division sera renforcée d’une compagnie muletière pour permettre son ravitaillement ainsi que des éléments blindés pour assurer la défense de la vallée. La division dispose alors de 150 chars.
La division monte au front début mai, elle se familiarise avec le terrain pour être prête le 11, le jour de l’offensive.
A 23 h, 2 300 canons dont plus de 400 pièces françaises ouvrent le feu déchirant l’air, les tirailleurs marocains passent à l’attaque. L’objectif du BIMP (bataillon d’infanterie de marine et du pacifique) et du BM 24 (bataillon de marche) qui seront le fer de lance de la 2e DIM (division d’infanterie moracaine) et de la 4e RTM (régiment de tirailleurs marocains) est le mont Girofano qui doit être enlevé le soir même, la 4ème brigade de la 1ère DFL, sous les ordres du colonel Raynal doit prendre le relais après que les hauteurs du Girofano soit conquises. L’attaque échoue et le BIMP doit se replier, on compte déjà 200 hommes de perdus dans cette attaque.

Un groupement mixte sous le commandement américain du colonel Dickey passe à l’attaque pour nettoyer la boucle du Liri. Les français du BMNA (bataillon de marche nord-africain) établissent une tête de pont battue sous le feu allemand. Dickey fait savoir que son groupement ne peut aller plus loin, les français décident tout de même d’exploiter cette tête de pont et avance de deux Km dans les lignes allemandes et enlèves les hauteurs de Coventi.
Mais sur l’ensemble du front du CEF, l’assaut à échouer. Les trois divisions françaises n’ont pas entamé la première ligne allemande.
Juin apprend de la bouche de prisonniers que les allemands ont l’intention de tenir leurs positions ce qui rassure le général, il craint que l’ennemi se replie sur la ligne Hitler et que son attaque tombe dans le vide. En cas de percée, sa manœuvre réussira. L’ordre de lancer un nouvel assaut pour le 13 est donné.
Après une préparation d’artillerie qui dure une heure, le 4ème RTM monte à l’assaut et encercle le sommet du Girofano. La 4ème brigade s’élance à son tour et emporte les défenses allemandes et prend son objectif, San Andrea.
De son côté le groupement mixte pénètre dans la vallée du Liri, et occupe un important carrefour routier qui mène à San Appolinare et San Ambrogio. Le 22ème BMNA lui, marche sur San Ambrogio, nettoie les rives du Garigliano puis occupe le village de San Ambrogio.
Au soir du 13, la percée tant attendue est réussie.
Le lendemain le CEF se lance dans l’exploitation de son succès de la veille pour empêcher les allemands de s’établir sur la ligne Hitler. San Appolinare est emporté, les prisonniers affluent. Il faut prendre maintenant San Giorgio-a-Liri, une patrouille de reconnaissance est poussée en avant, la route est libre, le soir le village est dans les mains du 22ème BMNA.

Les allemands ne comprennent pas tout de suite l’ampleur de cette percée. Le général Raapke qui commande les unités du secteur décide de se maintenir sur la ligne Gustav mais il est maintenant trop tard pour contre-attaquer massivement, Kesselring ne prend connaissance de la situation que dans la nuit du 14 au 15 à cause de disfonctionnement de liaisons.
Profitant des erreurs allemandes, le CEF exploite ces précédents succès, la 3ème DIA (division d’infanterie algérienne) du général Monsabert marche vers Esperia. La 1ère DFL doit couvrir la 3ème DIA et attaquer de front la ligne Dora et Hitler alors que la 3ème DIA débordera ces positions.
La division va se heurter à des combats retardateurs de la part des Allemands qui exploitent à leur compte les accidents de terrain. Le terrain à l’ouest de San Giorgio est impraticable pour les chars, se sera un combat d’infanterie. Brosset met ses blindés en réserve, ordonne à la 4ème brigade et au BM 24 (bataillon de marche) de se regrouper près de San Giorgio. Le 16 mai, la brigade se lance dans la bataille mais est accroché vivement par les Allemands et les pertes sont lourdes. Il faut tout de même que la division maintienne la pression pour que l’ennemi ne puisse se ressaisir sur la ligne Hitler. Les allemands, pensent arrêter les Français à Esperia et envoient des renforts dans cette zone clef de la ligne. La défense s’est renforcée, Juin décide donc une action de rupture, l’opération « Ernestine » employant la 3ème DIA et la 1ère DFL. La DIA devra prendre Esperia et la DFL longera le Liri et prendra le Monte Calvo.
La marche commence le 17, les français se heurtent à une défense acharnée, le terrain est encore une fois favorable aux défenseurs. Les Allemands organisent des points d’appui partout où ils peuvent, des tireurs isolés s’en prennent particulièrement aux officiers européens et aux porteurs de FM. Les positions allemandes sont difficiles à localiser et le feu des puissantes batteries ne peut être dirigé. Les Allemands évacuent tout de même leurs positions et la DFL prend le Monte Calvo dans la nuit et font face à la ligne Hitler.
Des unités ont renforcées la ligne Hitler, ce qui renforce la défense déjà tenace, un Kampfgruppe fait face entre Pontecorvo et San Oliva. La 2e brigade est bloquée, le général Brosset donne lui-même les ordres et veut qu’on franchisse le Rio Forma Quesa. L’avance ne se fait pas malgré l’appui de l’artillerie et des blindés mais au moment où le repli est ordonné, une patrouille trouve la position allemande abandonnée et le génie établi un passage sur le cours d’eau. Les Allemands se sont retirés sur toute la longueur du Rio Forma Quesa. La manœuvre de Juin est un succès, la ligne Hitler est débordée par le sud. La 3e DIA a enlevé San Oliva et menace d’encercler les défenseurs du Rio Forma Quesa.
Le 20 mai, la 1ère DFL passe sous les ordres du général Larminat qui est chargé d’appuyer la 3e DIA et couvrir le Liri car les Canadiens sont à la traîne sur la rive nord. La 2e brigade mènera l’offensive vers le nord-ouest pendant que la 4e brigade couvrira le flanc droit du fleuve. Soutenues par l’artillerie canadienne et l’aviation, les objectifs de la journée sont atteints. Les Allemands sont pris de flanc alors qu’ils combattent contre les Canadiens. La 1ère brigade monte en ligne le 21 avec la 13e DBLE (demi brigade de la légion étrangère) et gènent les contre attaques allemandes. Le général von Senger fait tout pour empêcher les Français d’effectuer leur manœuvre de débordement. La 13e DBLE est prise à partie par les blindés ennemis mais les chars des chasseurs d’Afrique entrent en action et obligent les Allemands à rompre le combat.
Le 22 et le 23 la 1ère DFL reste fixée le long du Liri, subissant des tirs de harcèlement puis continue sa progression le 24 et arrive jusqu’à Colle Tronco, la pointe extrême de son avance. La manœuvre imaginé par Juin sur le Garigliano s’est terminée avec succès. La division passe en réserve et bivouac à Pontecorvo.
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Re: La 1ère DFL sur le Garigliano

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de loupiote  Nouveau message 20 Oct 2010, 14:57

Bonjour à tous ,

Bel article que celui de laurentlemiltonien qui évoque bien les enjeux car il nous permet de mieux comprendre les grandes manoeuvres des états majors pour que la première DFL équipée à l' anglaise ne soit pas éclipsée ..... Reste le lien à établir avec les propos de ceux qui se posaient des questions sur les combats du" Monte Cassino" pour que l'on puisse mieux apprécier la résistance de l'armée Française du fait de son périple car elle a su démontrer aux US et aux Allemands sa valeur au Combat en première ligne pour favoriser la libération de ROME ou des éléments de la 1 DFL ont finit par s'infiltrer ! Merci pour eux ...loupiote


 

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