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Villa Jasmin

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Villa Jasmin

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de St Ex  Nouveau message 14 Avr 2006, 10:01

Acheté et lu (6 roros 50 en "Livre de poche") "Villa Jasmin" de Serge Moati. En fait c'est la vie romancée des parents de l'animateur de "Ripostes" sur la 5. Les fans de métempsychose y trouveront leur compte. Les amateurs de seconde guerre mondiale en Tunisie aussi. En fait, roman basé sur une trame historique absolument exacte (dates, noms, lieux, je n'ai repéré qu'une légère invraisemblance et encore je ne suis pas sûr!).

Comme au générique d'un film, Villa jasmin s'ouvre sur une vieille photographie prise à Tunis. Un homme la regarde et se souvient. Le cliché lui suffit à faire surgir un monde englouti, coloré et joyeux, à reformer le puzzle d'une histoire familiale brisée par l'Histoire.
Le narrateur, omniprésent, navigue à sa guise dans le temps et dans l'espace. Il retrouve avec ses parents les jours heureux d'avant sa naissance, l'odeur têtue du jasmin de la Tunisie du Protectorat, la nonchalance de l'avant-guerre. C'est la douce présence de sa mère, Odette, le courage de son père, Serge, un juif, socialiste et franc-maçon. C'est l'Occupation, quand le drapeau nazi flotte sur la villa et qu'un jeune fasciste français règne cruellement sur le pays. C'est la résistance du père, déporté en Allemagne, relâché par miracle et libérateur de Paris.
Dans une fresque qui mêle, des deux côtés de la Méditerranée, les collabos de Paris et les combattants antifascistes, les Allemands et leurs victimes, Villa jasmin dévoile des aspects peu connus de la colonisation et de la Seconde Guerre mondiale. Mais c'est aussi un chant d'amour offert par l'auteur à la mémoire de ceux, exilés du côté de la Mort, qui ne cessent de frapper à la porte des vivants, contre l'oubli.

St Ex

PS: le 1 er paragraphe est de moi, le second est d'un critique mais non signé.

PS2: tout sur Serge Moati, mitterrandolâtre, qu'on aime ou qu'on déteste, mais qui ne laisse pas indifférent (caractère de cochon), là:

http://www.biosstars.com/s/serge_moati.htm


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de St Ex  Nouveau message 21 Avr 2006, 10:48

Et comme on a parlé sur un autre post ("sturmbrigade") de la phalange africaine, j'en remets une couche sur ce livre avec une critique bien faite (et plus complet) sur un site collecteur d'info tunisien ("Tunezine").

St Ex

La littérature de l’indicible

Après la parution de son livre « Villa Jasmin », Serge Moatti, invité par l’IFC à l’Espace Millefeuilles tente de dédramatiser 386 pages d’émotion... relatant le « Protectorat » tunisien collaborateur de l’Allemagne Nazie au siècle dernier...

Il est tout d’abord artiste ou professionnel de la communication (scénariste, réalisateur au cinéma et à la télé) : et c’est avec l’œil de la distance, l’œil du créateur qu’il continue à mettre un écran, entre le ressenti intime, personnel, et ce qu’il livre au public.
Très simplement, il explique sa trouvaille littéraire : pour tenter de remplacer la douleur et l’horreur par le rire.
Et c’est en « narrateur-fœtus », en « fils rêvé par son père », en « rêve de fils » qu’il rend témoignage à la mémoire de son père. Rien de grandiloquent, tout est écrit, à la fois dans la parodie, la révolte ou l’échauffement, mais dans tous les cas, avec le naturel de la vie.
Serge Moatti se trouvait face à la difficulté commune aux écrivains du 2Oème siècle, de transmettre leur expérience de la déportation. Son père n’y a survécu que Il ans après la libération.... Au tout début... quelques mois à peine, après la proclamation de l’indépendance de la Tunisie.
L’expérience de l’écriture du génocide organisé, Jorge Semprun comme Robert Anselme, en soulevaient la problématique, au cours de leur relation autobiographique.
Peut-on réussir à transmettre l’inadmissible, quand il est encore présent dans la mémoire du corps comme un cauchemar. Ils évoquaient de nouvelles formes de littérature pour réussir à se faire entendre du lectorat...
Serge Moatti, trouve ce subterfuge d’être, dans cette sorte de relation romancée de la biographie de son père (juif tunisien, socialiste, athée et franc-maçon, résistant de surcroît), un narrateur informel, sorte de spectre suivant pas à pas son père avant même que de naître, puis réintégrant son âge véritable à partir de 11 ans.
Révolte sur révolte : du garçon qui rejette cette première intrusion de la mort dans sa vie réelle... à la veille de son anniversaire... qui rejette l’histoire aussi dans ce qu’elle a décidé concernant sa communauté ; garçon, jeune homme, adulte, que la violence répugne... et celle de l’attentat perpétré sur son domicile... (lorsqu’il avait 7 ans)... et qui tente de chasser les fantômes de l’horreur... véhiculés par la mémoire collective...
L’écrivain bouleverse alors la chronologie du récit... et achève cette fiction historique sur un éclat de rire au cimetière... nouveau « pied de nez » à la mort ; détermination à traiter par la dérision les sales périodes de l’Histoire...
Décidé à guérir de son traumatisme et déçu de ne pas avoir pu l’éviter à son père...
un père revenu muet des camps, de la clandestinité à Paris, de ses espoirs sur la Tunisie à part entière... un père mort de chagrin... amaigri... « spolié de sa terre d’origine ».
Rire exorciste de la souffrance ; l’attitude professionnelle et créatrice de Serge Moatti, c’est de positiver l’avenir, après avoir tenté d’en comprendre les fondements passés. Serge Moatti, d’après les témoins tunisiens, toutes confessions confondues, qui se sont exprimés durant la présentation et signature de son livre : l’ont félicité d’avoir pu recréer « l’atmosphère d’une époque, d’avoir reconstitué le portrait d’un homme, tel qu’ils l’avaient connu ».
Intuition de créateur ou souci de retracer, au plus près de la véracité l’histoire ?
La visée de ce livre, Serge Moatti l’exprime, au moment où au carrefour de la Marsa, explosent les premiers cris de joie saluant la Coupe d’Afrique : elle tient en un seul terme : « La vie. Combat de tolérance et de réconciliation ».

M.A.K
© Le Temps
17 mars 2004


 

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