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L'ami allemand de Kanon Joseph

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L'ami allemand de Kanon Joseph

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de pbachy  Nouveau message 04 Fév 2004, 11:14

Bonjour,

Je viens de terminer ce roman passionnant...
Je vous fais part de quelques réflexions...

Joseph Kanon a signé voilà trois ans un formidable roman d'espionnage, " L'ultime trahison ", qui racontait la vie d'un espion pendant la guerre froide mais savait y mêler une histoire personnelle entre un père et son fils entraînés malgré eux dans la spirale politique. Dans " L'ami allemand " on retrouve ce subtil cocktail de destins personnels et d'histoire majuscule. Jake, le journaliste, n'est pas un naïf ni un idéaliste mais quelqu'un qui tombe des nues en voyant comment les hommes peuvent plonger dans le cynisme, l'avidité, le mépris, la violence pour quelque argent.
Dans cette ville de Berlin hantée par des hordes de sans-abri, des hommes tuent froidement, oubliant cette belle morale qui leur a fait combattre le nazisme. Ce romancier sait à la fois raconter une intrigue policière, une passion amoureuse et offrir une vision historique et personnelle de ce lendemain de guerre.
On suit volontiers ses personnages hollywoodiens et homériques, leurs périples d’une terre à l’autre, leurs déboires. On retrouve avec le même plaisir l’entraînante vitalité de ses récits. La profonde humanité de ses héros, leurs contours attachants et sympathiques, les peintures saisissantes des hommes, tout ce qui fait la beauté atemporelle des romans de Joseph Kanon – le signe d’une œuvre qui durera – se retrouve ici.

L’effort de la documentation, les lectures nombreuses, dévorées, digérées, assimilées, une culture accumulée, considérable, et cette qualité de l’écrivain, l’amour-propre qui le situe dans cet entre-deux impossible, à mi-chemin entre la soif de reconnaissance et le désir de fuite; tous ces éléments parrainent le roman en train de se faire. L’auteur coud ensemble ces bouts de vérité, ces morceaux imaginés, les bribes d’une culture, pour en faire une œuvre. Il a pour cela son talent et, surtout, son style.
Le récit de ces événements devient un moyen incomparable de présentation et d'analyse. L'auteur s'efface derrière ses personnages, mais les discours qu'il leur fait prononcer sont si subtilement, si précisément composés, complétés ou contredits par le récit où ils prennent place, qu'ils donnent au lecteur l'impression de revivre lui-même les circonstances racontées. De les revivre et, surtout, de les comprendre, avec une irrésistible sensation d'objectivité, d'autant plus que l'auteur n'intervient pas. On pourrait donc dire qu’il s'avance masqué, ou, en termes plus clairs, qu'il est un auteur subliminal. Mais ce serait oublier sa scrupuleuse honnêteté. Son érudition ne le prend jamais en défaut de mensonge ou même de déformation sensible des faits. Dans la narration, l’auteur a su prendre le meilleur : de l'habileté des sophistes à soutenir indifféremment le pour et le contre, il a retenu l'art d'opposer les bonnes et les mauvaises raisons des uns et des autres ; des auteurs classiques, il a retenu le goût des réflexions générales, qui parsèment son oeuvre et lui donnent sa portée universelle ; de la précision revendiquée par l’Histoire moderne, il a retenu le sens de l'observation et la sûreté du diagnostic. C'est ainsi que « L’ami allemand » déroule l'implacable logique des faits et des passions qui, toujours, dominent parmi les hommes et les sociétés qu'ils constituent : l'ambition, la crainte, l'intérêt, la fierté. Ce que montre son livre, c'est que l'impérialisme se retrouve dans tout type de régime, et aussi que, finalement, tout empire est destiné à périr. Mais ce que nous révèle la lecture de ce roman, c'est que, en histoire, le dernier mot revient - toujours ? - à la littérature.

http://users.skynet.be/pierre.bachy/kan ... emand.html


 

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