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Robert Merle - Week-end à Zuydcoote

Venez nous présenter votre dernière lecture ou des ouvrages qui vous tiennent particulièrement à coeur.
Parlons des dernières parutions concernant la seconde guerre mondiale.
Une belle photo de la couverture est toujours la bienvenue...
MODÉRATEURS: Gherla, Marc_91

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Robert Merle - Week-end à Zuydcoote

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 08 Mar 2006, 06:22

Hello

(Version remaniée d'une critique du 06/09/02)



Lors de sa sortie en 1964, le film WEEK END A ZUYDCOOTE d'Henri VERNEUIL avec Jean-Paul Belmondo et Marie Dubois avait attiré quelques 3 millions de spectateurs et je ne doute pas que grace à ses nombreuses rediffusions télévisuelles, il est moins tombé dans l'oubli que ne le prétend à regret la critique que je viens de lire sur un site anglo-saxon consacré au cinéma français.
http://www.ifrance.com/films-francais/n ... e_rev.html

Ce film est tiré d'un excellent roman de Robert MERLE qui obtint le Prix Goncourt en 1949 .



LE SUJET

Le livre et le film racontent par le petit bout de la lorgnette ces quelques jours de juin 1940 où les troupes françaises et anglaises massées sur les plages des environs de Dunkerque n'avaient qu'un hypothétique et périlleux embarquement pour la Grande-Bretagne comme seul espoir d'échapper aux allemands tous proches et à leurs bombardements incessants. Pour ces hommes acculés la guerre était finie et ils ne pouvaient qu'attendre, soit un bateau providentiel, soit la captivité, soit une mort inutile et absurde.



MON AVIS

Dans une quasi unité de temps, de lieu et d'action ou plutôt d'inaction sur 250 pages, nous suivons 2 journées décisives de la vie de Julien Maillat, un homme presque ordinaire et pas forcément sympathique, découpée en 4 parties : samedi matin, samedi après-midi, dimanche matin, dimanche après-midi.

Plus que la peur et la colère, la lenteur, l'ennui, la résignation, la violence mais aussi une certaine tendresse suintent du style faussement simple de l'auteur, des mots, des remarques banales appuyées par de nombreuses répétitions volontaires, des situations absurdes, des observations de détails comme la tâche ronde laissée par un verre de vin rouge sur une toile cirée ou une robe qui se relève d'elle-même sur les cuisses d'une morte portée sur un brancard, faites sur le même ton factuel si bien qu'on se demande presque laquelle de ces 2 situations est la plus banale.

Bien sûr, le style a un peu vieilli mais WEEK END A ZUYDCOOTE est un livre émouvant et habile qui ne verse ni dans le pamphlet ni dans la sensiblerie facile. L'auteur parvient à écrire un livre fort et implacable sans chercher à ce que le lecteur s'attache aux personnages, pas forcément sympathiques, souvent mesquins et aucunement des héros, des hommes de passage regroupés là bien malgré eux dans une attente commune et aux vies tellement aléatoires qu'on imagine qu'en juin 40 non plus il était impossible de s'attacher à qui que se soit.



QUELQUES EXTRAITS

Sur sa droite, entre deux maisons détruites, Maillat remarqua dans un enclos un cheval mort. Il était étendu les quatre pattes en l'air, le ventre énorme. A quelques mètres de lui, deux autres chevaux se dressaient, immobiles. L'un d'eux était blessé à l'épaule. L'autre se tenait près de lui, croupe contre croupe, et de temps en temps lui léchait sa blessure. Tout à coup le cheval blessé leva la tête comme s'il allait se mettre à hennir. Sa gueule s'entrouvrit, mais aucun son ne sortit. Il agita alors la tête de droite à gauche, et Maillat vit dans un éclair ses yeux tristes et doux se poser sur lui. De nouveau, le cheval blessé leva la tête, puis il recula d'un pas, posa son museau sur l'encolure de son compagnon et ferma les yeux. Il resta ainsi quelques secondes, dans une attitude indéfinissable de lassitude et de tendresse. Ses pattes de derrière n'arrêtaient pas de trembler. (P.67)


- Il prend son thé
- Ah bon ! dit Maillat. Et pourriez-vous me dire quand il reviendra ?
- Il est parti il y a vingt minutes.
- Alors, il va bientôt revenir ?
- Oh ! non, le capitaine Feery ne prend jamais moins de 3/4 d'heures pour son thé.
- c'est un homme qui boit lentement.
- Je ne dirais pas cela, dit le tommy d'un air de réfléchir sérieusement aux données du problème. Je dirais plutôt que c'est un homme qui boit vite, mais qui mange lentement.
(P.85)


A la fin ils pouvaient plus le piffer mon F.M. : ils ont même essayé de me le piquer, une nuit. C'est salaud, quand même, tu avoueras.
Il reprit d'un air rageur.
- J'serais même pas étonné, quand je les ai perdus, qu'ils aient fait exprès de me semer.
Maillat le regarda du coin de l'oeil. Il l'imaginait pendant les dix jours où il avait marché seul sur les routes, seul dans une cohue de soldats où il ne connaissait personne, dix jours sous un soleil de plomb, sous ce fourniment qui le tassait et le boudinait ridiculement, avec sa vareuse boutonnée jusqu'au col, son chandail, ses deux énormes musettes, ses molletières, et sur l'épaule, ses dix kilos de F.M. ! Et il avait cherché des cartouches pour continuer à tirer, et à chaque avion qui piquait sur la colonne, il avait lâché une rafale, sans que personne le lui commande, simplement parce que ça lui déplaisait, quand on lui tirait dessus, de ne pas répondre. Maillat regardait avec étonnement ce drôle de petit guerrier farouche qui continuait à faire la guerre, quand tout le monde y avait renoncé.
(P.96/97)


Ils font les sucrés, comme ça, devant le monde, n'empêche que je les ai déjà vus, qui piquaient des alliances, en douce, aux macabs. Tu me diras, qu'est-ce qu'ils en ont à foutre, les macabs, de leurs alliances ? Je ne dis pas, mais c'est quand même pas une chose que je ferais. Les morts, c'est les morts, hein? Ils voient plus rien, ils sentent plus rien, les pauvres gars. D'accord et c'est pas la peine de la leur faire au respect, alors que tout ce qu'on va en faire, c'est de les foutre dans la glaise. Mais ce n'est pas une raison, non plus, pour leur piquer leurs alliances. C'est pas pour eux, tu comprends, c'est pour toi. C'est pour toi que c'est dégueulasse. (P.192)

A +

Cécile


 

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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Thierrybulle  Nouveau message 15 Mar 2006, 12:40

Connaissez-vous "la Mort est mon Métier" de Robert Merle ?

Un roman à la première personne qui raconte la vie d'un chef d'un camp de concentration, basé sur le procès Eichman (si je ne m'abuse).

Comment un homme normal devient responsable de l'élimination d'humains. c'est édifiant.


 

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week end à Zuydcoote, souvenirs

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 16 Mar 2006, 00:26

Je me souviens étant gamin être allé sur le tournage du film.
Celui ci avait été filmé sur les lieux de 1940 (aujourd'hui le film serait fait en Tunisie ou en Slovaquie)
Je me rappelle être resté de longs moments le nez en l'air fasciné par les passes du Messerschmidt 109 qui mitraillait les soldats sur la plage.
Cet avion a d'ailleurs fini sa carrière dans un parc d'attractions à Fort-Mardyck.
L'économie locale avait été perturbée par ce film car la production engageait de nombreux figurants, trés bien rémunérés.
Résultat: quelques grosses entreprises industrielles tournaient au ralenti car leurs employés jouaient aux soldats dans les dunes.
Le port n'avait plus de docker et les bateaux attendaient en rade pour être déchargé.

J'imagine bien une version modernisée réalisée par Kassovitch avec Dany Boon et Sylvie Testud.

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de sgtarno  Nouveau message 16 Mar 2006, 08:07

Salut

Aujourd'hui les films n'ont plus la magie comme avant, maintenant les effets spéciaux remplacent tout


 

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Re: week end à Zuydcoote, souvenirs

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Colombe  Nouveau message 17 Mar 2006, 13:10

dynamo a écrit:Je me souviens étant gamin être allé sur le tournage du film.
Celui ci avait été filmé sur les lieux de 1940 (aujourd'hui le film serait fait en Tunisie ou en Slovaquie)
Je me rappelle être resté de longs moments le nez en l'air fasciné par les passes du Messerschmidt 109 qui mitraillait les soldats sur la plage.
Cet avion a d'ailleurs fini sa carrière dans un parc d'attractions à Fort-Mardyck.
L'économie locale avait été perturbée par ce film car la production engageait de nombreux figurants, trés bien rémunérés.
Résultat: quelques grosses entreprises industrielles tournaient au ralenti car leurs employés jouaient aux soldats dans les dunes.
Le port n'avait plus de docker et les bateaux attendaient en rade pour être déchargé.


Ah la la... La guerre a décidément des conséquences inattendues :wink:

Cécile (qui maintient que la version "livre" vaut le coup d'être


 

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de warbird  Nouveau message 17 Mar 2006, 16:46

concernant le film de Verneuil je viens de le revoir dernierement et je l'ai toujours trouvé aussi bon il y a une scéne que je trouve assez forte c'est le moment ou l'avion allemand est abattu et que le pilote saute il avait a peine touché le sable que des centaines d'anglais et de francais lui tire dessus


 

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Marc Binazzi  Nouveau message 20 Mar 2006, 21:29

Alors, c'est un con, Pinaut?


Week-End à Zuydcoote, un des meilleurs films de Verneuil, ce qui évidemment n'en fait pas un chef d'oeuvre, mais ce télescopage entre des destinées individuelles et un événement de portée universelle en fait un exercice intéressant, et les personnages autour de Belmondo sont tous excellents, avec une mention particulière pour Georges Géret, merveilleux Pinaut, archétype du Français râleur, individualiste mais courageux, et Marielle en moine soldat.

Puisqu'il est mort, quelques mots sur Robert Merle. Dans les années 1970 je l'ai cotoyé à l'Université de Nanterre, au département d'anglais où lui était professeur et moi éudiant, et il avait la réputation d'avoir la main baladeuse auprès des étudiantes lorsqu'il faisait passer des oraux, rumeur insistante que j'ai souvent entendue.... :lol:


 

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