La phase initiale de la Résistance en France, souvent réduite à une forme de préhistoire du phénomène, reste peu étudiée par les historiens comparée à la période ultérieure, celle qui voit se mettre en place à partir de 1942 un processus de structuration et d'unification.
Cette Résistance pionnière continue également de donner lieu à de nombreuses idées reçues comme le fait que les premiers résistants étaient très peu nombreux, souvent des marginaux, très isolés, décalés du reste de la société , qui acceptait passivement l'occupation.
L'ouverture de l'ensemble des archives de la période depuis un décret de décembre 2015 permet de rouvrir ces questions à nouveaux frais. Cet ouvrage propose d'étudier les débuts de la Résistance en France au prisme des archives dites de « la répression », à savoir les rapports de police ou de gendarmerie, les synthèses des renseignements généraux, les enquêtes judiciaires pour ce qui concerne le régime de Vichy, mais aussi les archives de la répression allemande. Si ces fonds d'archives doivent être utilisés avec certaines précautions du fait de leur nature particulière, ils n'en apparaissent pas moins incontournables pour qui veut étudier de façon scientifique les débuts de la Résistance. Ils permettent de combler le manque de sources produits par les Résistants eux-mêmes pour cette période. L'usage de ces archives permet de repérer des traces précises des premières formes de résistance qui se sont développées au cours de la première année de l'Occupation (été 1940-début 1941), d'examiner comme l'Occupant et le régime de Vichy les a appréhendées et de les replacer dans leur contexte en fonction des différents territoires concernés, dès lors que la France se trouve divisée en différentes zones au lendemain de sa défaite face à l'Allemagne.

Je pense que le sommaire correspondra aux actes du colloque de décembre 2021
Les premières formes d’actions résistantes envisagées par les différents acteurs de la répression
La répression judiciaire allemande des premières manifestations de refus et de désobéissances dans le ressort du MBF (été 1940-été 1941) par Gaël Eismann , maîtresse de conférences, Université de Caen Normandie
Les premiers résistants victimes de la répression (1940-1941) : étude prosopographique à travers les archives de la répression par Thomas Fontaine, docteur en histoire, directeur du Musée de la résistance nationale
Juger De Gaulle : la mutation d’une justice militaire en juridiction d’exception (juillet-septembre 1940) par Géraud Létang, docteur en histoire, chargé de recherche à la Division Recherche, Études et Enseignement du Service Historique de la Défense
Les débuts du MI6 en France occupée vus par les archives de la répression : l’exemple du réseau Georges-France par Guillaume Pollack, docteur en Histoire, ATER Université Paris-Est-Créteil
Tracts, inscriptions : des premiers marqueurs de la Résistance en Isère vus depuis les archives de la police et de la gendarmerie. 1940-1941 par Olivier Vallade, ingénieur d’études CNRS, Maison des sciences de l’Homme Alpes Grenoble
Résister par la commémoration : pratiques de résistances culturelles et symboliques en France 1940-1941. Sources, usages et héritages par Rémi Dalisson, professeur, Université de Rouen
Le scoutisme dans la résistance pionnière : le cas de l’Alsace et de la Moselle par Jean-Jacques Gauthé, magistrat et historien
Résister au départ. La désobéissance du 24e RIC à Chypre fin juin 1940. Du refus militaire au tribunal militaire par Robin Leconte, doctorant, ENS Paris-Saclay
Variations régionales : zones occupées et annexée
La Résistance des femmes des côtes de la Manche par Claire Andrieu, Professeure émérite, Sciences Po Paris
Répression et premières résistances en « zone rattachée » Nord–Pas-de-Calais (été 1940-été 1941) par Laurent Thiery, docteur en histoire, historien de La Coupole et Catherine Lacour- Astol, docteure en histoire IA-IPR académie de Lille
Désobéissance et débuts de la Résistance dans l’agglomération bordelaise au prisme des archives de la répression (été 1940 – début 1941) par Philippe Souleau, enseignant en histoire contemporaine, Université Bordeaux Montaigne
Surveiller et réprimer les premières formes de résistance dans un territoire frontalier divisé : le cas de la Franche-Comté (1940-1941) par Cécile Vast, docteure en histoire, Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon
Variations régionales : zone sud et territoires d’outre-mer
Les premières formes de résistance des petites villes-refuges françaises 1940-1941 : les exemples du Chambon-sur-Lignon, Dieulefit, Moissac, La Tronche par François Boulet, docteur en histoire
De l’inquiétude face à des formes de résistance fantasmée à l’indifférence face à l’un des tous premiers mouvements de zone non occupée : les autorités vichystes face à la résistance pionnière en Haute-Savoie (été 1940-été 1941) par Fabrice Grenard, directeur historique de la Fondation de la Résistance
Partir, rester ? Que faire ? Les dilemmes des débuts de la Résistance en région marseillaise par Jean-Marie Guillon, professeur émérite, Université Aix-Marseille
Les débuts de la Résistance en Guadeloupe par Marie-Christine Touchelay, docteure en Histoire

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