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Les carnets de guerre de Nikolaï Nikouline

Venez nous présenter votre dernière lecture ou des ouvrages qui vous tiennent particulièrement à coeur. Parlons des dernières parutions concernant la seconde guerre mondiale. Une belle photo de la couverture est toujours la bienvenue...
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Les carnets de guerre de Nikolaï Nikouline

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 31 Mar 2019, 01:28

Les carnets de guerre de Nikolaï Nikouline. Soldat de l'Armée Rouge 1941-1945

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L'ouvrage est publié en février 2019 (Editions Les Arènes). Je pense que c'est le type de bouquin qui devrait plaire à un certain nombre de passionnés de la seconde guerre mondiale. J'ai donc pensé qu'il fallait signaler la parution de cette traduction en français.


Préface d’Alexandre Sumpf.
Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs.

DE LENINGRAD A BERLIN, QUATRE ANS AU COEUR DE L'ARMEE ROUGE
Leningrad, juin 1941. Lorsque l'URSS entre en guerre contre le IIIe Reich, Nikolaï Nikouline a 17 ans. Engagé comme radio, il est tour à tour artilleur, puis soldat de l'infanterie. Quatre ans plus tard, il ressort miraculeusement vivant du vaste carnage qui, avec 27 millions de morts, totalise le plus grand nombre de pertes civiles et militaires de la Seconde Guerre mondiale.
Pendant ces quatre années, il a vécu au plus près l'horreur du front de l'Est, l'enlisement dans des affrontements voués à l'échec, le froid qui gèle les soldats en plein combat. Dès lors, il note, il analyse ; l'absurdité des ordres, la lâcheté des hommes, la violence, la corruption systématisée. Il raconte aussi les temps morts, l'attente, la camaraderie et le courage, les rares instants de poésie que lui offrent la guerre.
Devenu conservateur au musée de l'Ermitage, il rédige ses Mémoires pour vaincre son traumatisme. Le texte est publié en 2007 à la demande de ses proches. Il crée un événement considérable en Russie où l'Armée rouge et la "Grande Guerre patriotique" sont sacralisées. Ce texte puissant consacre Nikolaï Nikouline comme un grand témoin de la Seconde Guerre mondiale, loin des récits officiels et de la propagande d'Etat.


L'AUTEUR : Nikolaï Nikouline (1923-2009) s’engage dans l’Armée rouge en 1941. Il passe quatre années au front, est blessé à quatre reprises. Nommé sergent à la fin de la guerre à Berlin, il est plusieurs fois décoré. Après la guerre, il poursuit des études d’histoire et devient conservateur au musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg de 1991 à sa mort. Il est membre de l’Académie russe des beaux-arts.

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Re: Les carnets de guerre de Nikolaï Nikouline

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Soxton  Nouveau message 31 Mar 2019, 02:12


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Re: Les carnets de guerre de Nikolaï Nikouline

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Christian27  Nouveau message 09 Mar 2020, 19:09

Je viens de terminer ce livre de Nikolaï Nikouline « Les Carnets de guerre de Nikolaï Nikouline ». C’est tout simplement hallucinant ! Envoyé sur le front à l’âge de 18 ans, tout le temps en première ligne, alors qu’il voyait tous ses camarades tués et remplacés…envoyé au combat par des officiers incompétents (les compétents ayant été liquidés par le petit père du peuple), planqués dans leur PC, occupés à se goinfrer et autres joyeusetés…si vous voyez..et les vagues se succédaient, fauchées par les mitrailleuses allemandes, à tel point que cela dégoûtait même les officiers allemands. Cela dit Nikouline dément totalement l’idée d’une Wehrmacht correcte. Elle commit des atrocités comparables aux pires SS, je renonce aux détails.

Je vais cependant oser vous décrire ce paragraphe, même, s’il provenait d’une autre source on serait en droit de le contester. Sauf que cette source c’est un héros de guerre plusieurs fois décorés, ce qui change la donne.

Voici :

C’est à la p 151

Le grand Staline, dépourvu de conscience, de morale et de considérations religieuses a créé un grand parti à son image, et celui-ci a perverti notre pays écrasant toute pensée dissidente. D’où notre façon de traiter les gens. Un jour, j’ai entendu par hasard la conversation d’un commissaire et du commandant d’un bataillon d’infanterie en train de se battre. C’était une description parfaite de ce qui était en train de se passer. « On va se battre encore deux jours, histoire d’achever ceux qui restent, et on ira se réorganiser à l’arrière. Et là, on va pouvoir faire la fête ! »

Il faut se rendre compte que Nikouline était croyant, donc anti communiste et très très anti stalinien et pourtant il s’est battu à fond, pour quelles raisons ? Eh bien, et cela est assez paradoxal, pour les même raisons, que Staline a trouvées : patriotisme et..religion et point de marxisme du tout.

Il l’explique ici :

Etrangement, c’est Staline qui l’a le mieux compris. Dès 1941, ayant constaté que l’armée était en pleine débâcle, qu’il ne restait que huit pour cent des troupes à la frontière et que le pays était au bord de la catastrophe, il s’est adressé à ceux qu’il avait tourmentés et piétinés pendant si longtemps : le peuple, qu’il a appelé « frères et sœurs ». Plus tard il a relâché la pression sur l’Eglise, a introduit les épaulettes dans l’armée, faisant ainsi renaître les traditions d’avant la Révolution, a supprimé les commissaires, dissous le Komintern et réhabilité de nombreux hauts gradés incarcérés. Les grands chefs militaires du passé, Souvorov, Koutouzov, encore récemment traînés dans la boue par ce même Staline, ont retrouvé leur place sur les étendards. D’autant plus que les Allemands, par leurs exactions, leurs meurtres et leurs violences à l’encontre de la population civile, ont détruit tous les espoirs qu’on pouvait nourrir à leur encontre au début du conflit : beaucoup de paysans intégrés de force dans les kolkhozes, beaucoup de détenus du Goulag, et aussi de simples habitants des villes et des campagnes les attendaient comme des libérateurs. A présent, les Allemands devaient affronter la résistance d’un peuple uni
A la fin de cette horrible guerre, Nikouline ne savait pas quels étaient vraiment ses amis, ni les vainqueurs, cela se comprend, en voici une des raisons :

On sait parfaitement à quel point les Allemandes furent violées par les Russes, même sil y eut aussi des Allemandes volontaires, il le mentionne aussi. Par contre pour ce qui le concerne :

Il rencontra un fille allemande, fille d’un pharmacien, qu’il secouru si je me souviens bien, je n’ai plus le livre…bref ils tombèrent vraiment amoureux, d’un amour pur..sans relation…un échange de leurs passions au niveau culturel et musical…bref tout le contraire du genre soldatesque. Mais à un moment donné il dû quitter l’endroit et donc se séparer de sa bien-aimée. Plus tard on lui confia une mission dans une ville, avec un motard. Il constata que la ville de son amoureuse était presque sur le trajet et il convainc le motard à faire ce petit détour. Ils se firent mitrailler par des Allemands mais comme il avait une chance inouïe ça passa. Arrivé devant la maison de la fille, il vit que le lieu avait été saccagé et plus personne…il vit cependant un vieillard et lui demanda ce qu’étaient devenus les occupants, le pharmacien et sa fille. Le vieillard lui répondit qu’on groupe de Russes l’avaient violée et qu’elle s’était jetée par la fenêtre…

La victoire ? Nikouline se dit quelle victoire ? Celle d’avoir eu, par la faute de Staline, des millions et des millions de morts dans le camp victorieux...

Malgré tout il y a aussi de l’humour dans ce livre, voici pour terminer :
(Cela se passe à Berlin en 1945, armée soviétique)
Un jour des soldats ont rapporté une jolie cage avec un perroquet parleur. Ils le nourrissaient de bouillie de pois, lui apprenaient à réciter des injures, mais Coco s’obstinait à parler allemand. Le jour de la victoire, les officiers du régiment ont organisé une fête. Au moment où l’on a prononcé le premier toast en l’honneur du petit père des peuples, le chef si glorieux et si sage de nos forces armées, et que chacun a levé son verre, le perroquet s’est mis à crier Heil Hitler ! Ce qui a signé son arrêt de mort.

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