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Présumé Jean Moulin...une nouvelle histoire de la Résistance

Venez nous présenter votre dernière lecture ou des ouvrages qui vous tiennent particulièrement à coeur.
Parlons des dernières parutions concernant la seconde guerre mondiale.
Une belle photo de la couverture est toujours la bienvenue...
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Nouveau message Post Numéro: 41  Nouveau message de Tom  Nouveau message 06 Fév 2007, 14:28

:D :D Juste un dernier petit mot pour dire que, finalement, à la réflexion, les arguments de Nicolas ont fait leur œuvre et je dois bien reconnaître qu’il est fort probable que René Hardy ait « donné » la réunion de Caluire (sans toutefois identifier aucun des participants), les circonstances de ses deux évasions rocambolesques ne venant pas plaider pour lui après les accusations formelles de Klaus Barbie et d’Edmée Delétraz. Voilà, c’est dit.

:cheers:

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Nouveau message Post Numéro: 42  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 07 Fév 2007, 20:03

Avant-hier soir, sur France 3, il y avait Jacques Bayac et son nouveau livre, "Présumé Jean Moulin" et Eric Roussel qui présentait son nouveau livre sur De Gaulle. Les deux hommes se sont un peu frités, Roussel reprochant à Baynac sa partialité. Il faut dire que l'objet de la discorde était la 1ere entrevevue entre De Gaulle et Jean Moulin. Apparemment, il ne se sont pas rencontrés à Carlton Garden, mais dans l'appartement privé du Général, à l'Hôtel ....(je ne me rappelle plus le nom !). Baynac qui affirmait qu'il y avait de la tension entre les deux hommes, était repris par Roussel qui soulignait que le fait que le résistant ait été reçu dans les appartement privées du général était une marque de confiance.

Tout le monde a reconnu que le livre de Baynac était très fouillé au niveau des archives (qui se sont ouvertes il y a assez peu de temps !) et il innocente René Hardy. Sa thèse est que les allemands avaient envoyé une équipe spéciale pour pacifier la France, et que Moulin est tombé tout simplement à la suite des investigations de cette équipe allemande, notamment à cause d'un résitant marseillais, que les allemands ont réussi à retourner et qui a donné une partie de l'organigramme de la Résistance.
http://livres.nouvelobs.com/parutions/p2204/a2204_025.html


 

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Nouveau message Post Numéro: 43  Nouveau message de Tom  Nouveau message 08 Fév 2007, 11:30

Sa thèse est que les allemands avaient envoyé une équipe spéciale pour pacifier la France, et que Moulin est tombé tout simplement à la suite des investigations de cette équipe allemande, notamment à cause d'un résitant marseillais, que les allemands ont réussi à retourner et qui a donné une partie de l'organigramme de la Résistance.


Je n'ai pas vu l'émission ni encore lu l'ouvrage de Jacques Baynac, mais, de mémoire, je sais déjà que le RSHA avait envoyé un commando spécial (Sonderkommando ou SK), dirigé, si je ne m'abuse, par un certain Werth, pour renforcer les hommes du KDS (Einsatzkommando ou EK) de Lyon. Quant au résistant marseillais que les Allemands ont retourné et qui a été expédié à Lyon après avoir fait des ravages à Marseille, c'est, sans doute, le tristement célèbre Multon, lequel a reconnu Hardy dans le train de Paris, ce qui a conduit Moog à faire arrêter ce dernier et à prévenir Barbie, etc.
Dernière édition par Tom le 17 Fév 2007, 14:17, édité 2 fois.

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Nouveau message Post Numéro: 44  Nouveau message de tietie007  Nouveau message 08 Fév 2007, 14:55

Oui, de mémoire, ça doit être ça ! Ce Multon, qui s'est mis à la solde des allemands juste après son arrestation, a fait des ravages dans l'organigramme de la Résistance. C'est avec lui que les allemands ont pour la première fois entendu parler de Jean Moulin.
D'ailleurs Banayc a analysé les méthodes de la police française et des allemands.
Les français privilégiaient les filatures, alors que les allemands axaient tout sur l'infiltration et le retournement du résistant.[/i]


 

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Nouveau message Post Numéro: 45  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 08 Fév 2007, 17:18

Tom a écrit::D :D Juste un dernier petit mot pour dire que, finalement, à la réflexion, les arguments de Nicolas ont fait leur œuvre et je dois bien reconnaître qu’il est fort probable que René Hardy ait « donné » la réunion de Caluire (sans toutefois identifier aucun des participants), les circonstances de ses deux évasions rocambolesques ne venant pas plaider pour lui après les accusations formelles de Klaus Barbie et d’Edmée Delétraz. Voilà, c’est dit.

:cheers:


Ach, es ist kool ! A part ça, je ne vous oublie pas, mais je suis incapable de causer de l'"évasion" de René Hardy sur la foi de mes seuls souvenirs de lecture. Le temps que je retrouve mes bouquins là dessus, je suis à vous - d'ailleurs, je ne devrais pas tarder à recevoir Présumé Jean Moulin, qui pourra peut-être apporter des éléments supplémentaires à ce ch'tit débat.
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Nouveau message Post Numéro: 46  Nouveau message de François Delpla  Nouveau message 08 Fév 2007, 17:47

Je suis dans la même situation.

Cela dit, en avant-première, je remarquerai le très grand cas que fait Baynac dans son premier livre de la première évasion d'Hardy, pour tenter de prouver qu'elle était plausible. Il s'étend beaucoup moins sur la seconde...

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Nouveau message Post Numéro: 47  Nouveau message de Tom  Nouveau message 08 Fév 2007, 18:00

Nicolas écrit :

à ce ch'tit débat


Etes-vous du Nord, Nicolas ? En tout cas, lorsque je faisais mon service militaire il y a belle lurette (j'aime bien cette expression) au 12e cuir (le 12e régiment de cuirassiers, celui de Céline en 14 !) dans les FFA (pas les FFI comme mon père, hélas : les Forces françaises en Allemagne !), j'ai eu l'occasion de rencontrer des chtis, très nombreux dans les escadrons de combat, parmi lesquels certains ne parlaient que le chtimi. Eh bien ! je dois avouer qu'un "crétin des Alpes" et un chti ont du mal à se comprendre ! ;)

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Nouveau message Post Numéro: 48  Nouveau message de Tom  Nouveau message 08 Fév 2007, 19:19

François Delpla écrit :

Cela dit, en avant-première, je remarquerai le très grand cas que fait Baynac dans son premier livre de la première évasion d'Hardy, pour tenter de prouver qu'elle était plausible. Il s'étend beaucoup moins sur la seconde...


C'est exact. Il ne s'étend pas non plus dans sa description de la première évasion sur le fait que René Hardy a apparemment été le seul à ne pas être menotté. De plus, l'argument qu'il invoque afin de prouver que René Hardy n'a pas pu se blesser lui-même est parfaitement irrecevable.

En effet, arrivé blessé chez les Damas vers 17 h, René Hardy, s'il n'a pas été touché par les agents de Barbie (ce que laissent supposer les témoins oculaires Marcel Pariaud et Mme Comte qui l'ont vu fléchir le buste et tenir son bras gauche au cours de sa fuite sous le feu), n'a pas eu le temps de bénéficier des services d'un médecin allemand (ainsi que le soutient Pierre Péan) et s'est forcément tiré lui-même une balle dans le bras comme tend à l'établir l'examen scientifique de son veston en 1949.

Or, Jacques Baynac prétend qu'il n'a pu le faire, car il restait quatre cartouches dans le chargeur de son pistolet Herstal 6,35 (cinq coups + un dans le canon) lorsqu'il a été arrêté le soir même et, selon ses dires, René Hardy aurait tiré deux balles sur ses poursuivants ! Comme aucun témoin direct n'a mentionné l'avoir vu ouvrir le feu sur les Allemands, Jacques Baynac déclare qu'il faut se fier à la parole de René Hardy, car celui-ci n'a pas toujours menti !
Dernière édition par Tom le 12 Fév 2007, 12:27, édité 1 fois.

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Nouveau message Post Numéro: 49  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 08 Fév 2007, 23:11

Tom a écrit:En fait, il s'agit d'une remarque de Laure Moulin qui a recueilli le témoignage d'André Lassagne.

A propos des coups de feu, Albert Lacaze (colonel) en a entendu une quinzaine ; le docteur Dugoujon, lui, a perçu des cris en allemand, des rafales de pistolet-mitrailleur et des coups de pistolet, puis un bris de verre...


Certes.



Marcel Pariaud, qui observait la scène depuis une fenêtre de la mairie, a déclaré : "Hardy parut blessé au bras gauche. Je l'ai vu marquer le coup (...) il a soutenu son bras gauche avec sa main droite."

Madame Comte a confirmé, de son côté, qu'un Allemand a tiré trois coups de pistolet sur le fuyard : "A la deuxième balle, il a perdu son chapeau, à la troisième, il a accusé le coup en fléchissant sur la hanche droite et en serrant le coude droit au corps. Aussitôt, il a fait un brusque écart à droite, a sauté trois ou quatre marches d'escalier et a disparu à mes yeux."


Ce sont effectivement les passages préférés de Jacques Baynac. Malheureusement, ils ne sont pas probants. La déclaration de Pariaud est reproduite, sans mention de source, par l'avocat de René Hardy dans son Plaidoyer pour René Hardy (op. cit., p. 127) : impossible de déterminer si nous causons du témoignage formulé par ce témoin en 1944 ou en 1950, ce qui en atténue quelque peu la portée, d'autant que Baynac, contrairement à ses "habitudes", ne fournit aucune précision à l'appui de sa citation.

L'autre témoin, Mme Comte, est la seule à nous parler d'un chapeau perdu par René Hardy. En revanche, sa description des faits ne saurait emporter la conviction que ce dernier a été blessé.

Rien de concluant, donc. En revanche, Baynac s'abstient évidemment de citer deux autres témoins, Marguerite Brossier d'une part, le Dr. Dugoujon d'autre part.

Que dit Brossier ? Ceci :

Peu de temps après, j'ai vu redescendre un des trois hommes (celui s'est évadé) qui étaient montés ensemble, il était encadré de quatre hommes de la Gestapo. Ils ne le brutalisaient pas à ce moment là et je n'ai pas remarqué s'il avait les menottes. De toute façon, il ne les avait pas dans le dos, car lorsqu'il s'est enfui, je ne les ai pas vues. Presqu'au même moment, j'ai entendu claquer une portière d'une voiture, les Allemands se sont mis à crier puis à tirer des coups de feu. J'ai vu l'homme précité s'enfuir à toutes jambes et quatre membres de la Gestapo lui ont tiré dessus un certain nombre de coups de revolver. Par la suite, en y réfléchissant, j'ai été étonnée qu'ils ne l'aient pas tué, car ils lui tiraient dessus de très près. L'Allemand en stationnement sur la porte d'entrée et armé d'une mitraillette ne lui a pas tiré dessus bien qu'il ait pu le faire.

De toute façon, l'homme qui se sauvait a tourné brusquement à droite et a disparu derrière une haie, sans que les autres Allemands qui le poursuivaient aient cherché à l'atteindre ou à voir où il s'était enfui : sur le moment, j'ai été satisfaite de voir que cet homme avait pu se sauver, mais par la suite en y réfléchissant, j'ai trouvé ça bizarre.

(citée in Daniel Cordier, op. cit., p. 464)

Laure Moulin (Jean Moulin, Presses de la Cité, 1969, p. 446-447) cite le témoignage du Dr. Dugoujon :

Le docteur Dugoujon a déclaré l'audience qu'il était impossible, à son avis, qu'un homme poursuivi par des policiers armés, et placé sous le feu d'une mitraillette, pût s'échapper. Il a ajouté qu'une enfant, jouant à cache-cache, aurait découvert Hardy dans ce fossé.


On ne saurait mieux dire.

Car enfin, imaginons la chose : en admettant que Hardy fût innocent, Barbie pourrait très bien le suspecter d'être Max, son obsession ! Or, il ne fait pas preuve d'un zèle particulier, pas plus que ses hommes, aussi réactifs et habiles au tir que le colonel Klink et son acolyte Papa Schulz. Et il ne lancera aucun avis de recherche. Etonnant, non ?




Le cantonnier Claude Rougis, qui a vu René Hardy caché dans les herbes hautes d'un profond fossé, puis déguerpir, a simplement déclaré qu'il n'avait pas remarqué de blessure, mais que René Hardy était pâle...


Et c'est là, s'agissant de ce témoignage, que se révèle la parfaite malhonnêteté de Jacques Baynac, qui se met à produire des spéculations embarrassées sur la véracité des déclarations de Rougis (p. 405-406). Et on le comprend très bien : son témoignage annihile toute sa thèse. Citation :

Le jeune homme [Hardy, dissimulé dans un fossé après son évasion, NDLR] s'est levé et je lui ai demandé s'il était blessé. Il m'a répondu "non" en faisant un signe négatif de la tête. Je n'ai pas remarqué d'ailleurs qu'il zit de blessure à ce moment là ; à mon avis, il n'était pas blessé. Le jeune homme est parti en rasant les murs. [...] Il était un peu pâle.

(cité in Baynac, Les secrets de l'affaire Jean Moulin, op. cit., p. 406)

Notez ce détail : Hardy s'est relevé. Notre cantonnier a donc eu tout le loisir de remarquer sa prétendue blessure, pour autant qu'elle ait existé. D'autres témoins la verront, mais plus tard. Or, à cet instant précis, il n'en voit pas.

Pire encore : Hardy lui certifie qu'il n'a pas été blessé ! Qu'il est indemne !Or, les Allemands ont cessé de tirer et ont abandonné la poursuite, ce qui amènera Rougis à être surpris de leur naïveté (Baynac, op. cit., p. 405).

Ce qui n'empêche nullement Baynac de conclure que ce témoignage... n'est pas concluant !



En 1949, le rapport d'expertise à la suite de l'examen du veston porté par René Hardy a conclu que le coup de feu qui a blessé ce dernier n'a pas été tiré à bout touchant, mais que le tir a été effectué à une distance inférieure à quarante centimètres. Cependant, ces résultats ont été obtenus à partir de traces de poudre dont on n'a pas pu établir la nature.


S'agissant de ce dernier détail, peu importe : la présence de poudre prouve que la balle a été tirée à proximité, et il n'est d'aucun intérêt de déterminer l'origine allemande ou française de ladite poudre. De fait, l'expertise, accomplie par deux pointures incontestables (Dr. Charles Sannie, directeur du service judiciaire de la Préfecture de Police de Paris, Henri Moureu, Directeur du Laboratoire municipal de Paris) a démontré que la balle avait été tirée à moins de quarante centimètres.

Preuve absolue et irréfutable du coup monté.

Baynac se livre à des contorsions ridicules pour réfuter la thèse selon laquelle Hardy se serait blessé avec son arme (p. 408-409). Il semble même adhérer à l'ineptie selon laquelle il a usé de son arme sur les Allemands - fait démenti par absolument tous les témoignages -, ce qui l'aurait amené à vider son chargeur, et donc à être dans l'incapacité de se tirer une balle lui-même... Mais outre que Hardy n'a jamais fait usage de son arme au cours de l'évasion, il est absolument impossible de déterminer avec précision le nombre de coups de feu échangés.

Et surtout, Baynac n'examine même pas la possibilité que la blessure lui ait été occasionnée par un médecin allemand... Belle preuve de son manque total de professionnalisme - ou pire !

Or, il reste à expliquer ce que fait Hardy des deux heures qui le séparent de son évasion et de son apparition chez les époux Damas !



Quant à la citation de Pierre Péan concernant les déclarations du médecin militaire allemand qui aurait blessé René Hardy à sa demande, j'aimerais bien en connaître la référence, si tant est que Pierre Péan la donne. En effet, lorsque René Hardy est parvenu chez les Damas, militants de France d'Abord, quai de Serin, vers six heures du soir, il était déjà blessé.


Mais précisément : que fait donc Hardy pendant deux heures ?



Donc, il se serait blessé lui-même, ce qui paraît difficile compte tenu de la trajectoire de la balle dans le bras...


Non, il a été blessé par le Sanitatrenter-Offizier Brackmann (témoignage retrouvé par le colonel Groussard, qui l'a communiqué à l'ancienne compagne de Jean Moulin, Antoinette Sachs, qui le signalera dans une note rédigée en 1963 - voir Pierre Péan, Vies et morts de Jean Moulin, Fayard, 1998, p. 661). Selon Antoinette Sachs, Brackmann n'aurait rien voulu confirmer à l'écrit.



Je ne trouve pas cette explication très convaincante, dans la mesure où Klaus Barbie n'a, aux dires d'Aubry, obtenu la confirmation de détenir Max que le soir dans ses locaux et qu'il a mis deux jours à l'identifier.


Mais il dispose d'autres prisonniers, qui pourront l'aider, après torture, à retrouver Max : les raflés de Caluire, qui sont de haut gradés de la Résistance.

Max ou pas Max, Hardy a accompli son boulot : il a contribué à accélérer sa chute. En l'occurrence, mais Barbie ne l'apprendra qu'en soirée, Hardy a causé ladite chute.



Je veux bien que René Hardy ait "donné" la réunion de Caluire, mais tout est loin d'être aussi simple et clair que vous le prétendez...


Et pourtant... :mrgreen:

La culpabilité de René Hardy est la seule explication un tant soit peu convaincante de cette affaire. Les autres "hypothèses" ne reposent sur rien : excès de prudence des auteurs (Henri Noguères, par exemple), ou excès d'excès des spéculateurs (Benfredj, Baynac, Chauvy).



D'ailleurs, si l'on écarte les accusations du gestapiste Barbie, qui a énormément fabulé, et celles de l'agent "multiple" Delétraz, dont les propos ne sont pas exempts de contradictions, (et j'accepte de ne pas les écarter sur le fond) sa culpabilité n'est pas établie...


Mais vous ne pouvez pas écarter le témoignage de l'agent triple Delettraz, qui servait in fine la Résistance. Par ailleurs, vous ne pouvez pas non plus écarter les rapports allemands et j'ai démontré qu'il était absolument impensable que Barbie ait pu mentir à ses supérieurs. Enfin, nul de sensé ne peut considérer que l'évasion de René Hardy était un véritable exploit.

Mais quitte à parler des contradictions (réelles) de Barbie ou de celles (rares et classiquement liées aux lacunes mémorielles) de Delettraz, si donc il faut discréditer un témoignage par ses contradictions, alors la meilleure preuve de la culpabilité de René Hardy reste René Hardy lui-même, qui a multiplié les mensonges les plus éhontés et les plus gros pour duper ses confrères, les tribunaux, et l'Histoire. A tel point que même ses anciens amis, de Frenay à Bénouville, ont fini par nourrir des doutes sur sa sincérité.

Non, Hardy est bel et bien l'homme sans qui Barbie n'aurait jamais pu arrêter Moulin. Il a trahi, et il a menti pour couvrir cette trahison. Peu importe ses raisons : le fait est là. Que Baynac prétende le contraire, à coups de manipulations de témoignages soigneusement sélectionnés, n'enlève rien à cette réalité.
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Nouveau message Post Numéro: 50  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 08 Fév 2007, 23:19

Tom a écrit:C'est exact. Il ne s'étend pas non plus dans sa description de la première évasion sur le fait que René Hardy a été le seul à ne pas être menotté. De plus, l'argument qu'il invoque afin de prouver que René Hardy n'a pas pu se blesser lui-même est parfaitement irrecevable.


Indeed. Son argumentation relève même du délire...



En effet, arrivé blessé chez les Damas vers 17 h, René Hardy, s'il n'a pas été touché par les agents de Barbie (ce que laissent supposer les témoins oculaires Marcel Pariaud et Mme Comte qui l'ont vu fléchir les jambes et tenir son bras gauche au cours de sa fuite sous le feu), n'a pas eu le temps de bénéficier des services d'un médecin allemand (ainsi que le soutient Pierre Péan)


Discutable, pour ne pas dire plus. Il a bénéficié de deux heures pour le faire.



et s'est forcément tiré lui-même une balle dans le bras comme tend à l'établir l'examen scientifique de son veston en 1949.

Or, Jacques Baynac prétend qu'il n'a pu le faire, car il restait quatre cartouches dans le chargeur de son pistolet Herstal 6,35 (cinq coups + un dans le canon) lorsqu'il a été arrêté le soir même et, selon ses dires, René Hardy aurait tiré deux balles sur ses poursuivants ! Comme aucun témoin direct n'a mentionné l'avoir vu ouvrir le feu sur les Allemands, Jacques Baynac déclare qu'il faut se fier à la parole de René Hardy, car celui-ci n'a pas toujours menti !


C'est peut-être le "baynacisme" le plus hilarant - et je m'attends à ce qu'il le ressorte dans son nouveau bouquin.

Donc, faisons confiance à un menteur pathologique, mythomane confirmé, qui a travesti constamment les faits en sa faveur (allant jusqu'à prétendre ne jamais avoir été arrêté par l'ennemi !), a produit un faux témoignage pour réfuter un témoin adverse qui l'accablait, a accusé les autres d'avoir été responsables de la chute de Jean Moulin, faisons confiance à cet homme, sous le prétexte... qu'il n'a pas toujours menti ! :shock: :roll: :mrgreen:

Faisons confiance à ce témoignage, contre d'autres témoignages - auxquels Baynac accorde pourtant foi.

Là encore transparaît la méthode Baynac : mauvaise foi, manipulation des sources, incohérence aussi maladroite que stupide. Ce qui trahit soit une incompétence crasse, soit une malhonnêteté certaine. En tous les cas, un royal mépris du lecteur, une véritable insulte à son intelligence.
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