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Beutologie

Venez nous présenter votre dernière lecture ou des ouvrages qui vous tiennent particulièrement à coeur. Parlons des dernières parutions concernant la seconde guerre mondiale. Une belle photo de la couverture est toujours la bienvenue...
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Re: Beutologie

Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de Didier  Nouveau message 12 Mar 2023, 13:43

Bonjour,

Pourtant il me semble bien qu'il y eut un nombre assez conséquent de Chassepot modifiés en service en Allemagne post 1870/71, surtout en Prusse :

"entre 1872 et 1873, les arsenaux d'Etat et les armuriers civils, proposent leur conversion du Chassepot à la cartouche métallique du Mauser 1871. En 1873 deux types de conversion en 11 mm mauser du Chassepot en carabine intéressent les autorités militaires, celle présentée par le royaume de Saxe et le modèle concocté par la Prusse, de loin le plus fiable qui sera adopté à la fin de l'année 1874, sous l'appelation: Aptierter Chassepot-Karabiner M/71.
Environ 250 000 fusils modèle 1866, vont subir la transformation Prussiène, à la fois dans l'arsenal d'Etat de Herberg et par le consortium des armuriers de Suhl.
La Waffenfabrik de Steyr, en Autriche, va également pour le compte de la Saxe et de la Prusse, procéder à la modification d'environs 55 000 armes, qui équiperont d'abors la cavalerie, le train, puis l'artillerie de siège et les pionniers. Les bavarois tentèrent eux aussi de présenter un projet portant sur la transformation de 10 000 armes qui fut purement et simplement refusé.
Initialement le prix de la conversion s'élevait à 47 marks mais en raison de l'importance du marché et de la concurrence, le coût descendit de façon notoire pour se situer entre 36 et 38 marks."

http://www.armeetpassion.com/chassepotkarabiner71.html

https://www.k98kforum.com/threads/aptie ... 871.43108/

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Re: Beutologie

Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de Didier  Nouveau message 12 Mar 2023, 13:58

Un article sur le sujet GAZETTE DES ARMES N°224 JUI/AOÛ 1992

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Re: Beutologie

Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 12 Mar 2023, 17:29

Alfred a écrit:Un de mes amis ,auteur de quelques livres sur les originaux et répliques d'armes à poudre noire avait l'intention,il y a une trentaine d'année de mettre en chantier une étude sur le Chassepot original et tous les "dérivés"....à ce qu'il m'avait expliqué les éditeurs comme Crépin-Leblond ne l'avaient pas spécialement encouragé à développer...son ouvrage était donc resté à l'état de projet..il avait été intéressé par mes trouvailles chez certains marchands d'antiquités diverses...Le gouvernement de défense nationale achetait la production Anglaise et Belge de copies officielles du Chassepot dont une bonne partie transitait par nos départements nord et pas de Calais dont les liaisons maritimes avec la France non occupée fonctionnaient parfaitement.Des ateliers de forges un peu partout en France fabriquaient aussi sans aucun marquage....des usines belges avaient aussi continué une production pour des pays d amérique latine des variantes


Certes, entre septembre 70 et janvier 1871, le Ministère de la Guerre et la Commission d'Armement, qui avaient migré, d'abord, à Tours, puis à Bordeaux, avaient multiplié les commandes, aussi bien, auprès de fabricants français (en zone non-occupée par les Prussiens) qu'étrangers; mais, en gros, les fournitures avaient été soit insuffisantes, soit livrées trop tardivement et, bien trop souvent, hélas, refusées par les services de contrôle et réception de l'Armée, pour des raisons de non-conformité aux cahiers des charges - nous avions beau être dans une période de "m... noire", il n'était pas, pour autant, question de refiler du matériel de mauvaise qualité à nos "pioupious", d'autant qu'après la fessée monumentale du mois d'août 1870 et le siège de Metz, le gros de nos troupes était, alors, constituée d'une aimable bleusaille inexpérimentée et très mal instruite -.

A très peu de choses près, les Chassepots, issus de la production nationale d'avant 1870, qui étaient restés dans des mains françaises ( en service ou en dépot) jusqu'à la fin du conflit, puis les exemplaires fabriqués, à dater de 1871, avant l'adoption du fusil Gras, avaient, tous, été très soigneusement inventoriés, puis stockés par l'Armée Française, qui n'avait pas hésité, en 14-18, d'en doter, encore, quelques troupes de l'arrière... avec les aiguilles, les joints d'étanchéité caoutchouc et les cartouches "papier" nécessaires! ::mal-a-la-tete::

L'essentiel des "Chassepots" qu'on pouvait dénicher dans les années 1960-70, chez les brocanteurs et "antiquaires", qui disposaient d'un rayon militaire, étaient, en réalité, des pièces rebutées par la recette militaire, qui avaient, dès lors, le plus souvent fini leur carrière comme "trophée" familiale, sur le rebord de la cheminée, ou avaient été fourgué, après le conflit, à des chasseurs de gros gibiers.

Je sais à peu près de quoi je cause, car, passionné des armes, dès mon adolescence, j'ai eu longtemps hanté les rayons et les arrières-salles de ces vendeurs, en achetant, ici, un sabre, là, un revolver "allemand",etc., tous étant supposés datés "1870" - hélas, les fusils et mousquetons étaient, eux, rop chers pour ma modeste bourse de lycéen! -. L'arme de poing, au demeurant très sympa, s'était rapidement révélée être une production espagnole de très médiocre qualité, fabriquée dans la première décennie du XXème siècle... autrement dit, elle ne valait pas "tripette", même si je l'avais, moi-même, achetée à un prix des plus modiques... c'était le bon temps! ::mortderire::

A sa mise en service, le Chassepot, dont l'emploi militaire avait été inauguré en Italie, en 1867, face aux "Garibaldiens"... - les mêmes qui viendront se "joindre", après septembre 1870, à l'armée française, Dijon et ses "approches" en ayant longtemps gardé un souvenir déplaisant! -.... avait, certes, été considérée comme une arme de qualité, notamment, grâce à son calibre de 11 mm (15mm pour le Dreyse allemand) et ses performances, alors, inédites en Europe - les Américains disposant, déjà, dans ce domaine, d'un arsenal largement aussi performant, voire plus, sans parler de la "carabine" Winchester, dotée, elle, d'un magasin longitudinal et d'un levier de sous-garde à fonctionnement aisé et très rapide. Sinon, l'usage du fusil réglementaire français à culasse Modèle 1866, dont la distribution générale, au sein des différents corps de troupes de l'armée impériale, était très loin d'être achevée, en août 1870, s'était révélé être très perfectible au combat - problème des munitions "papier", de leurs amorces, usure rapide des aiguilles et joints d'étanchéité de culasse. Ce n'est pas le simple fait du hasard, si le fusil Gras avait été accepté comme successeur, dès 1874, soit 8 huit ans, seulement, après la mise en service du Chassepot Modèle 1866, homologation accélérée, au passage, par l'adoption, côté allemand, du Mauser Modèle 1871.

Sinon, pour bien se rendre compte des problèmes d’approvisionnement qu'avait pu rencontrer l'armée française, au cours du second trimestre 1870, il existe, entre autres, un document officiel, établi fin janvier 1871, qui récapitule, dans le cadre du Siège de Paris (septembre 1870, fin janvier 1871), un, les commandes de fourniture de "mitrailleuses" et leurs munitions, deux, les réceptions, trois, les matériels acceptés puis livrés à l'armée - à l'époque, les "mitrailleuses" dépendaient de l'Artillerie-. Paris étant assiégé, on avait, alors, du faire appel à des fabricants, eux-aussi, locaux; sur 526 exemplaires commandées, dont 405 " répliques de Gatling - des répliques plus ou moins réussies mâtinées "cochons d'Inde", Modèle 1962, révisé plus ou moins bien en Modèle 1865 -, à des adjudicataires parisiens, la livraison s'était résumée 78 exemplaires divers, dont 43 avaient finalement été confiés à l'artillerie!

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... et, disposant des documents y relatifs, je préfère prévenir, tout de suite, la situation n'était pas meilleure pour le reste de l'armée française. Dans un domaine similaire, le canon à balles de Reffye (calibre 13 mm), produit à 190 exemplaires entre 1866 et 1968,était était, alors, la "mitrailleuse" française réglementaire. 144 pièces avaient été engagées le 1er août 1870, qui pour leur très grande majorité, étaient tombées aux mains de l'ennemi. Les fournitures de canons à balles, entre le 11 09 1870 et le 08 02 1871 s'étaient elles, résumées à...
Ateliers de Nantes – 54 pièces
Ateliers d’Indret – 76 pièces
Ateliers du Creusot – 25 pièces
La production dans les Ateliers de Tarbes ne débutant, elle, qu'en mars 1871!
... soit 155 canons à balles destinés à armer 24 batteries et, très généralement, mal utilisés!

NOTA: De toute manière, à l'époque, l'Artillerie française, à l'instar des autres armées européennes (américains inclus), n'était pas foutu de définir correctement le rôle exact des "mitrailleuses" sur le terrain, contrairement à la Marine, qui, elle, avait très vite pigé tout l'intérêt de leur emploi (canons "mécaniques" Hotchkiss, Nordenfeld), face à des attaques de petits torpilleurs. Il avait fallu attendre le début de la décennie 1890, pour que les armées terrestres finissent par, enfin, prendre en compte la puissance de feu que pouvaient développer les mitrailleuses, désormais à fonctionnement automatique, par recul de la culasse et/ou emprunt des gaz.
Le conflit russo-japonais, en 1904-1905, avait été le premier engagement "moderne" de mitrailleuses "automatiques", chez les deux adversaires, entrainant, au passage, la mise en place de tranchées (inaugurées durant la Guerre de sécession), afin de tenter de protéger, à minima, les "pinpins" de leur tirs meurtriers, entre deux assauts. Visiblement, l'armée française, dix ans plus tard, n'avait toujours pas intégré l'effet de leurs tirs et, plus particulièrement ceux des formations allemandes de mitrailleuses. d'où les très lourds dégâts humains subis par l'armée française, lors des premières semaines du conflit et, alors, que l'assaut en ligne, mené à la baïonnette, constituait, encore, la "règle" pour l'état-major et les chefs de corps,. Formation d'attaque de l'infanterie de ligne française, qui n'était que le résultat, entre autres, de l'existence d'une supposée "furia francese", étiquette, elle-même, abusivement héritée, à l'occasion de lointaines batailles menées durant le XVIème siècle, en Italie, du temps de François Ier! Sauf que, entre les effets du mousquet "à mèche", à l'emploi long et compliqué, et les ravages causées par les mitrailleuses, il y avait une très sérieuse différence "mortelle". Différence que, au passage, l'armée française n'avait pas, non plus, sérieusement assimilée, durant les combats de 1870-1871, face à l'artillerie de campagne allemande. ::mal-a-la-tete::

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Re: Beutologie

Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de Alfred  Nouveau message 12 Mar 2023, 19:59

Il faut se souvenir du témoignage de Maurice Genevoix après le tout début de la guerre,après la traversée de terrains sous le tir ennemi...Il a fait passer sa section par des talwegs utilisant les lisiéres ,et elle n'a pas eu de lourdes pertes...Il se fait vertement réprimander par le capitaine pour sa conduite...son manque de courage..........Six mois plus tard,à la prise de conscience officielle de la situation des effectifs,le même capitaine lui présente ses excuses et lui dit:"Vous aviez raison...."

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Re: Beutologie

Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 12 Mar 2023, 20:00

Didier a écrit:Un article sur le sujet GAZETTE DES ARMES N°224 JUI/AOÛ 1992

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Merci:: ... L'article de la Gazette des Armes se contente de développe beaucoup plus finement mon propre "résumé" quelque peu abrupt. Le seul détail technique intéressant qui en ressort est la conversion des Chassepot Modèle 1866, à l'emploi des munitions Mauser à étui métallique, ce qui en faisait, en réalité, une évolution allemande très proche de notre propre fusil Gras Modèle 1874.

Accessoirement, il s'agissait de notre seule production nationale de Chassepots datant, à très peu de choses près, d'avant août 1870. Les Chassepots qu'on parvenait à dénicher, durant la décennie 1960 - j'insiste sur la période -, chez les brocanteurs et antiquaires, étaient, soit des productions rebutées, soit, en Alsace-Moselle, des conversions allemandes au "système Mauser", dont avaient "hérité" les familles, entre +/- 1873 et 1918.

Le réemploi supposé immédiat par la troupe "prussienne" de Chassepots capturés, durant le conflit 1870-1971, qui est évoqué cet article, est très excessif, car il impliquait une nécessaire formation préalable pour son utilisation, plus un sérieux problème d'intendance, sachant que par, exemple, les troupes bavaroises, elles, utilisaient, de leur côté, le fusil Werder modèle 1869, à étui métallique! ::mal-a-la-tete::

Je vais prendre un exemple tout bête, les troupes allemandes n'avaient jamais retourné le moindre "canon à balles de Reffie", contre leurs anciens propriétaires.

De manière générale, le fantassin était, aussi, longuement instruit afin de pouvoir exploiter, au mieux, l'arme réglementaire qui lui était confiée. Il y a 150 ans de çà, cette instruction se compliquait, aussi, très sérieusement, compte-tenu du niveau général d'instruction des "recrues", quelque était leur camp. Si vous vous amusez à feuilleter les réglements d'engagement de l'infanterie, aussi bien française qu'allemande,d' avant 1914, vous allez très vite constater que leurs contenus étaient, essentiellement, conçus afin que les officiers puissent faire manœuvrer un aimable troupeau de "demeurés", tous, conditionnés, de plus ou moins longue date, à obéir aux ordres primaires, insatiablement ressassés!

On était, alors, à des années-lumières, des dispositions prises, de nos jours, en commun, au sein des unités de pointe ou "spéciales", même si elles ne sont, elles-mêmes, issues que des pratiques de préparation, développées par l'armée allemande, dans l'entre-deux-guerre, puis utilisées durant la Seconde Guerre Mondiale. La préparation d'un mouvement offensif ou défensif ne s'effectue, désormais, plus qu'après avoir, préalablement, consulté les subordonnés de la formation, officiers subalternes et sous-officiers supérieurs... on est, désormais très éloigné de la montée au casse-pipe, façon 1870 ou 14/18. ...Au demeurant, çà risque fort de coincer, actuellement, dans le cadre du conflit russo-ukrainien, avec l'engagement et les pertes actuelles côté russe, mais, pour le moment, faute d'informations fiables et sérieuses, on va admettre qu' il ne s'agit, là, que d'un épiphénomène circonstancié! ::elu boulet::

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